Chapitre 5 : L'entraînement

4 minutes de lecture



― Allez, enfile ça rapidement.

En disant ça, il me fourra des habits dans les bras, puis me poussa vers une cabine avec pour seul rempart un rideau crème. J'y entrais. Aucune issue et rien pour me servir d'arme autour de moi, juste trois grands miroirs. Je secouai la tête pour me remettre les idées en place. Colombe. Il fallait juste que je me concentre la-dessus.


J'enlevai alors mes habits. Au moment où j'otai mon pantalon, mon portable en profita pour aller s'écraser au sol. Le rideau s'ouvrit brusquement sur l'ange. J'eus beau me recroqueviller en cachant ma presque nudité comme je le pouvais, son regard acéré semblait voir à travers mes faibles remparts et me scruter. Il finit tout de même par refermer et j'expirai de soulagement. Je ne m'étais même pas rendu compte que je retenais mon souffle jusqu'à lors.


J'enfilai la toge. Elle était toute blanche et d'un style très sobre avec deux notes de fantaisie : seule une bretelle maintenait le haut du vêtement et derrière cette dernière cascadait un pan de tissu. Mais d'où sortaient ces espèces de costumes romains ? Tout ça n'avait aucun sens. L'heure n'était cependant pas aux questions alors je sortis, écrasant au passage mon téléphone. Le bruit de verre brisé n'atteignit même pas mon esprit, focalisé sur son objectif.


― J'ai failli attendre.


L'ange m'attendait, adossé contre le mur, caressant délicatement ses ailes. Geste qui détonnait complètement avec sa violence naturelle. Cela voulait-il suggérer qu'elles étaient fragiles ou sensibles ? Il se baissa et me tendit une paire de chaussures identiques à celles des autres enfants. Une fois mise, il alla récupérer une lance qui reposait une chaise. Son bois était sombre, presque noir, et sa pointe aussi bien tranchante que la garde était finement gravée.


Un air solennel au visage, mon nouveau maître attrapa brusquement ma main gauche. Je ne pus retenir un glapissement de douleur quand il écrasa mes doigts pour m'empêcher de me détacher. Il se servit ensuite de la pointe de la lance pour m'ouvrir la paume. La souffrance et la perplexité se mêlaient en moi tandis que le sang commençait à couler et goutter sur le sol.


― Si quos propinquus sanguis, vident quod vitam non nisi mors binding.


Le sang arrêta alors de couler. Abasourdie, je dévisageai l'ange, mais il arborait un air concentré.

― Bien, maintenant cette arme est la tienne. Tu es la seule humaine qui puisse la manipuler, et tu ne peux pas te servir de celles des autres champions.


Il m'attrapa par la poignet et me guida vers la piste. À la lueur des spots, la pointe devenait presque blanche et rutilait. Mon Maître remonta dans les gradins avec les autres qui me jaugeaient comme j'aurais pu le faire avec une marchandise il y avait de cela pas si longtemps.


Je tentai d'en faire abstraction et avançai vers le centre de la piste, à la recherche de la petite Charlotte. Je l'aperçus soudain, se battant contre un adolescent enveloppé qui devait être le fameux Sacha. Je ne savais pas si son embonpoint était gênant, mais son adversaire ne cessait de le faire reculer. Avec son épée simple, il n'avait que le temps de parer les coups qu'elle lui assénait sans ménagement.


Le regard noir de la fillette glissa sur moi et elle s'arrêta aussitôt.


― Sacha tu retournes voir Maître, toi, dit-elle en me désignant, tu viens là. C'est parti.


Aussitôt le jeune garçon parti qu'elle se rua sur moi avec un sourire. Un mélange de peur et de colère naquit en moi alors que je l'esquivais sur le côté. Et les explications ? Quand elle abattit son arme à ma gauche, je balayais ces questions. Visiblement, les explications étaient superflues maintenant, tout ce qui comptait était de se battre sans laisser place aux émotions.


Je ne sais pas combien de temps dura cet « entraînement », toujours est il que quand les anges nous intimèrent de nous arrêter, mes muscles criaient au supplice et la transpiration me collait à la peau. Je desserrai doucement ma poigne crispée du manche de ma lance. De grosses ampoules gonflées meurtrissaient l'intérieur de mes paumes.


― Allez, les macaques, en route !


À la manière d'un automate, je suivis les autres en tentant de me fondre dans la masse. Une fois sortie, notre troupeau se scinda en petits groupe qui partirent chacun à la suite d'un ange. L'air s'était encre rafraîchi et la lune avait déjà commencer à lever son voile. Docilement, je marchais dans les pas de Charlotte. On quitta le jard, puis l'ange s'approcha d'une immense maison qu'il ouvrit en sifflotant. Voyant les deux autres enfants y entrer, je les imitai, la boule au ventre.


La tension qui me maintenait en alerte s'envola un tout petit peu quand l'ange resta au rez-de-chaussé et qu'on monta à l'étage. Sacha partir de son côté alors je suivis Charlotte. Mais ça ne sembla pas lui plaire.


― Mais lâche moi les basques et va te trouver un coin ! Allez, dégage !


Surprise par sa véhémence, je demeurai muette et elle en profita pour me claquer la porte de laquelle elle venait de rentrer au nez.


Je me retrouvais alors seule dans ce couloir désert. La présence de l'ange en-bas rendait mes gestes à mesure que je me déplaçais à l'étage. Je fis rapidement le tour et finis par m'installer dans ce qui me semblait être la chambre d'une petite fille d'après le papier peint rose pâle décoré de fées et la parure de lit à chatons.


Je m'y assis, tentant de faire abstraction de la tristesse et du dégoût qui m'envahissait. Malheureusement, ces sentiments revinrent au galop quand je vis la photo de famille qui trônait sur la table de chevet blanche. Une famille souriait à l'objectif. Ils semblaient tous heureux, même le nouveau-né que la mère serrait fermement contre elle.


Sans que je m'en rende compte, les larmes roulèrent sur mes joues. Et cette famille, qu'en avaient-ils fait ? Tuer pendant l'orage ? Traquée par la suite ou je ne savais encore quelle horreur ?


Avant que je ne le réalise, je m'étais allongée, puis endormie, les muscles et l'esprit douloureux.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

niiiiico


Bonjour et bienvenue dans cette Potter-fiction (érotique). Je me suis amusé à imaginer une huitième année à Poudlard, qui réserve quelques surprises à notre jeune sorcier… Ceci n’est qu’une distraction et j’ai pris quelques libertés sur l’œuvre de J. K. Rowling (par exemple Fred et Rogue sont toujours vivants : concernant ce dernier comment imaginer des cours à Poudlard sans lui ? ;)). Par ailleurs, même si j’adore cette saga, et que j’essaie de respecter la psychologie des personnages, je ne suis pas pour autant un « encyclopédiste » de HP, donc ne vous étonnez pas s’il y a des approximations et erreurs. Encore une fois, j’écris ce récit pour me (et vous) distraire avant tout. Bonne lecture !
P.S. : Si vous appréciez le récit, n'hésitez pas à liker/commenter, car cela permet de faire "vivre" le récit en le mettant au-dessus de la pile. Sinon, il tombe vite dans les limbes, et du coup le pauvre doit se sentir délaissé ;). Merci d'avance !

C’était la veille de la huitième année de Harry à Poudlard. Une année qui n’était pas prévue au programme, mais qui avait été organisée au dernier moment, sans doute pour pallier l’absence de cours de l’année précédente. Harry avait été surpris de cette nouvelle, mais il s’en était vite réjoui : il restait très attaché à cette école où il avait tant appris. Tant mais pas tout… s’était-il d’ailleurs fait la réflexion. Il était comme chaque veille de rentrée invité chez les Weasley. C’était l’occasion de retrouver ses amis Ron et Hermione, même s’il se sentait un peu moins proche d’eux depuis qu’ils formaient un couple. Il retrouvait également Ginny, avec qui il avait rompu au début des vacances. C’est elle qui avait pris la décision. Il l’avait mal pris sur le coup mais s’était rendu compte que sa réaction relevait davantage de l’amour-propre que de l’amour tout court. Il avait assez vite encaissé la nouvelle : son idylle resterait aussi éphémère qu’intense. Il avait donc tiré un trait sur la benjamine de la famille Weasley, et se sentait prêt à vivre d’autres aventures… D’autant plus qu’entre l’éloignement avec Ron et Hermione et sa rupture, Harry se sentait un peu esseulé. Il aurait dû être euphorique après la victoire du monde du Bien sur Voldemort, et pourtant… Fred et George le coupèrent dans ses pensées mélancoliques :
« - Et toi alors Harry, tu as fait quelques rencontres depuis la victoire contre ce bon Tom Elvis ?
- Non aucune… Et vous ?
- Nous tu sais, tu nous connais. On fait toujours les choses ensemble. Et on a eu la chance de tomber sur une jolie fille qui a flashé sur nous, alors…
- Pouah, vous me choquez, les garçons, comment pouvez-vous faire ça ? » intervint Hermione.
- C’est vrai vous êtes lourds », renchérit Ron.
- On plaisante Hermione, calme-toi » répondit Fred. « Et toi Ron, tu fais le choqué mais quand on te l’a dit il y a quelques jours, tu y as cru, et en plus ça avait un peu l’air de t’émoustiller, coquin. Sacré Ronald. Bon revenons à toi Harry, du coup pas de rencontres depuis la petite sœur ? (demanda-t-il en montrant Ginny)
- Non rien du tout.
- Ah là là, Harry, tu es le héros de Poudlard, et le monde des sorciers te doit beaucoup, mais tu as un défaut.
- Oui un gros défaut, même, continua George. Tu es beaucoup, beaucoup trop sérieux. Mais quelque chose me dit que ça pourrait changer cette année…
- Ah pourquoi ?
- Vous allez accueillir une nouvelle pensionnaire à Poudlard. Une charmante demoiselle qui vient d’une autre école. Elle aime bien séduire, d’après ce que je me suis laissé entendre. On peut dire qu’elle a du mal à lutter contre les forces du mâle. Je suis même tenté de faire une blague sur Beauxbâtons, mais je ne vais pas la faire ! Et elle serait assez efficace sur le plan de la séduction. Selon la prophétie, quand elle trouve une cible, celle-ci n’a aucune chance de lui résister. Au fait tu connais quelqu’un qui est habitué aux prophéties toi, Fred ?
- Absolument pas. Et je ne connais personne non plus qui plaise aux filles. Et je ne connais personne qui s’appelle Harry P.
- Hé hé, bon et comment s’appelle cette fille alors ? » demanda Harry.
- Lena. Lena Hotgood, cher Harry. Retiens bien ce nom. Et si elle te met le grappin dessus, profites-en, car apparemment ce serait vraiment dommage de passer à côté ».
Harry digérait toutes ces paroles, qui l’intriguaient assez. Il se faisait la réflexion que décidément, cette rentrée ne risquait pas d’être comme les autres…
189
229
1
69

Vous aimez lire Furet on fire ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0