Chapitre 4 : Une mise à mort

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Une lumière éblouissante me força à ouvrir des yeux ensommeillés. Un soleil radieux trônait dans le ciel, projetant son éclat au sol. Je ne pus garder les yeux ouverts et les refermai en un instant. Je l'avais revu hier, mais le début de soirée avait terni son flamboiement... En pensant à la dernière fois, tout me revint en mémoire, achevant de me tirer de ce sommeil forcé dans lequel je m'étais laissée tomber.


J'étais à genoux sur l'asphalte, les poignets liés par une corde épaisse à un poteau. En regardant tout autour de moi, je vis la mairie, imposante, les drapeaux déchirés de la France et de l'Europe flottants au vent. Puis quelqu'un d'autre.


― Colombe ! hurlai-je d'une voix rauque.


Aussitôt, elle releva la tête, faisant voler ses boucles décoiffées. Ses yeux étaient rouges et bouffis. Il lui manquait également un chausson.


― Juliette ! Aide-moi à me détacher, me supplia-t-elle.


Son regard océan était écarquillé de peur. Je m'activais, essayant de défaire ce nœud qui me m'entravait, mais tous mes efforts n'eurent que pour effet de le resserrer. Que pouvais-je bien faire, totalement immobilisée ?


Je ne pus pas y réfléchir plus longtemps, car les trois anges qui nous avaient capturées descendirent du ciel. Ma mère se tenait dans les bras de celui aux ailes noires.


― Maman...


Ce murmure éraillé était sorti de lui-même.


Ma mère était bâillonnée et ligotée, mais remuait avec vigueur, ramenant des mèches folles devant sa vue. L'être qui la portait la posa au sol, à genoux tout comme nous. Dans son regard brun semblable au mien, je pouvais parfaitement distinguer une lueur de terreur.


― Maman ! Maman, viens me détacher, gémit ma sœur.


Des larmes roulaient le long de ses joues rebondies. Elle tentait de se relever et gigotait pour se détacher. En face, me mère laissa elle aussi libre cours à ses émotions, fondant en larmes. Elle ne pleurait presque jamais. Je réessayais de me libérer. Mon jean commençait à se déchirer contre le goudron froid, insensible, et la corde me cisaillait la peau.


Nos ravisseurs nous observaient en rigolant, puis Ailes Irisées siffla un air à la fois sinistre et enjoué. Une mélodie qui me fit frissonner, malgré la douceur de l'air ambiant.


En quelques instants, le soleil fut voilé par une nuée colorée qui atterrit sur terre avec des cris de joies. Ils s'installèrent de part et d'autres de notre famille déchirée, tapant dans leurs mains. Terrifiée, je sentis l'énergie du désespoir affluer en moi. Cependant, le nœud resta en place.
Colombe avait commencé à crier, s'attirant les moqueries et les rires de ces monstres. Mais alors qu'un nouvel être arrivait derrière le groupe de trois, un silence empli de respect et d'impatience s'abattit sur la place de la mairie.


Celui-ci semblait différent des autres, plus imposant, plus apeurant. Ses ailes immaculées se teintaient de bleu en leurs pointes. Au creux de ses mains, il tenait une épée fine et élégamment ciselée. Mon sang ne fit qu'un tour. Je hurlai des insultes, qui m'auraient valu une bonne crise de mes parents la semaine dernière, tout en me redressant autant que je le pouvais. Ailes blanches et bleues me regarda avec un rictus amusé qui me tétanisa.


L'épée passa dans les mains de Ailes Noires qui la fit tourner un peu avant de la pointer dans le direction de ma mère. À cet instant, les créatures recommencèrent à taper des pieds et des mains en rythme créant une cacophonie assourdissante.


Je n'entendais pourtant que mon cœur battre à toute allure.

Les deux autres anges se saisirent de ma mère, chacun par un bras. Elle se débattit comme elle le pouvait, mais, ligotée comme elle l'était, ce n'eut pas d'effets. À par celui d'exciter encore plus les anges-psychopathes.


Celui aux aussi sombres qu'une nuit sans lune leva alors son épée bien haut. Elle reflétait le soleil, dardant ses rayons aveuglants dans notre direction. Autour de moi, le bruit de la masse ailée avait couvert tous les autres, dont les gémissements de ma mère et ma sœur mêlés.


― Non, non, non ! hurlai-je en vain.


Quand la tension atteignit atteignit son paroxysme, l'épée vint faucher le cou de ma mère. J'eus tout juste le temps de lire «protège ta sœur » sur ses lèvres avant que sa tête ne se détache dans un flot de sang et roule au sol. Son regard figé à jamais pointé dans ma direction. Derrière, son corps sans vie s'écroula mollement dans un bruit sourd. Tout l'air contenu dans mes poumons fut rejeté en un mugissement assourdissant.


La foule exulta, applaudissant le meurtrier et le félicitant.


Ce capharnaüm ne m'atteignit pas. Un sifflement vrillait mes tympans. Mes yeux ne lâchaient pas ceux de ma mère, pas même pour regarder ma sœur. Des larmes muettes dévalèrent mes joues pour venir s'écraser contre l'asphalte maintenant taché de sang.


― Maman...


Mon murmure s'était évanoui, emporté par tous les cris.


― Maman...


Mon corps s'agita de tremblements.


Les anges se tournèrent alors vers nous avec des regards emplis de hâte. Un frisson remonta le long de mon dos comme l'auraient fait des insectes. Allaient-ils nous faire subir le même sort ? Laquelle de nous deux en première ? Moi car j'étais la plus âgée, ou ma sœur car elle la plus petite ? Je ne savais pas ce que je préférais.


Ailes blanches fendit la foule pour rejoindre une Colombe en larmes, complètement terrifiée et hurlant à tout va. Il l'a détacha, puis la souleva par les poignets. Sous le coup de la peur, elle battit des jambes à toute allure, comme pour essayer de s'éloigner.


― Mon nouvel esclave, Colombe de Lys ! proclama-t-il.


Les applaudissements se firent nombreux et sonores. Colombe avait arrêté de bouger et dévisageait maintenant les monstres qui l'entourait tout en tremblant comme un petit animal abandonné. Ou comme moi. Le monstre l'emporta alors dans vers la mairie.


― Juliette ! cria ma sœur en me jetant un regard désespéré.


La masse se referma derrière eux, les faisant disparaître derrière le rideau de leurs ailes.


― Colombe, je vais te sauver. Je te le promets, jurai-je.


Ailes irisées s'approcha alors de moi. Il me détacha et me souleva aussi du sol, tout comme il l'avait fait pour m'enlever.


― Mon nouveau champion, Juliette de Lys !

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niiiiico


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