Chapitre 3 : Les bonnes idées n'en sont pas toujours (partie 2)

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Certes il était plus facile de se déplacer en plein jour, mais l'obscurité apportait un camouflage non négligeable contre les ennemis potentiels, peu importe qui ils étaient.


Autour de moi, le paysage était toujours le même : maison défoncées, voitures abandonnées sur la route – dans les deux sens - , nature soumise... La trace de destruction omniprésente ne faisait que me rappeler ce jour de merde où tout avait commencé.


En avançant le long des rues désertes, je longeais les murs encore sur pied, tentant de me fondre dans les ombres mouvantes des branchages souvent brisés. À mes oreilles résonnaient les battements tendus de mon cœur dans le silence surnaturel de cette nuit. Derrière les fenêtres obscures encore en état, j'imaginais quelques prédateurs m'espionner, se pourléchant déjà les babines à l'idée de ne faire qu'une bouchée de moi.


Le temps s'écoula rapidement jusqu'à la maison de Lu. Lorsque je débouchai à l'angle de la petite rue en sens unique, je découvris une maison auparavant si accueillante maintenant détruite. Intégralement. Elle semblait avoir été soufflée. Mon cœur tambourina et ma vue se brouilla.


Pendant quelques instants, je fus incapable de bouger à l'idée que le moindre de mes mouvement ne rendrait la chose plus réelle encore. Je finis malgré tout par m'approcher à pas tremblants pour repousser les décombres à la recherche de mon amie.


Malheureusement, les débris étaient lourds et plusieurs bouts de fenêtres et de tuiles morcelées vinrent se loger dans mes paumes. Plic, ploc. Le sang gouttait le long de mes doigts, puis venait former de petites flaques contre les débris.


Je donnais un coup de pied rageur dans le tas, tout en retirant les morceaux comme je le pouvais. Il faudrait que je les soigne en rentrant, avant que ma mère ou Colombe ne me pose des questions. Il valait peut-être même mieux que je repasse au sous-sol avant de me rendre au travail de mon père.


Avant de partir, j'allais arracher plusieurs fleurs à demi écrasée, à demi fanée, puis les déposait doucement sur ce qu'il restait de la maison de Lucie. Les mains jointes, je pris le temps de faire une prière à son attention et à celle de sa mère qui avait toujours été si gentille avec moi.


Une larme, une seule, eut le temps de se frayer un chemin à travers mes cils épais avant que je ne fasse demi-tour à toutes jambes.


Je n'avais vu aucune trace de cadavre, ni sentit d'odeur ou vu de sang, mais peut-être étais-je tout simplement trop effondrée pour y avoir fait attention. Quand j'étais de retour dans ma rue, une voix fluette m'interpella.


― Juliette ?


Je m'arrêtai en un instant, scrutant le noir à la recherche de son propriétaire.


― Juliette ?


Et là, je la vis. Ma petite sœur en pyjama pilou-pilou, chaussons chatons avec son doudou serré très fort contre elle déambulait dans notre rue, à ma recherche, les yeux écarquillés. La panique me submergea. Je me ruai sur elle en l'emprisonnant de mes bras.


― Qu'est-ce que tu fais là ? lui demandai-je, chuchotant malgré la panique.


― J'ai fait un cauchemar, mais tu n'étais pas dans ton lit et il y avait de la lumière en haut des escaliers.


Dans la nuit, son regard aussi profond que l'océan me dévisageait.


J'avais été très, très idiote sur ce coup là : j'avais oublié qu'elle venait dans mon lit quand elle était victime d'un mauvais rêve.


― Qu'est-ce que tu fais dehors, Juju ?


Sa voix fluette me ramena à moi.


― Rien, rien du tout.


―Tu cherches papa ?


Ce fut à mon tour de la dévisager, lisant l'innocence sur son visage et sa question malgré l'obscurité et les battements fous à mes oreilles.


À ce moment, un bruit étrange se fit entendre, nous poussant au silence le plus total. Je reculai doucement sous le couvert d'un arbre immense dont la partie supérieur tombait à moitié.
Dans le ciel, sous la couverture étoilée volait quelques chose. Ou plutôt trois quelque chose. Mon estomac se tordit quand je compris ce dont il s'agissait.


Les monstres décrivaient des cercles au-dessus de nos têtes. J'aurais trouvé leurs ailes blanches,irisées et d'une couleur très sombres plutôt belles en temps normal. Mais c'était avant qu'elles ne deviennent synonymes de chaos et de morts.


Alors que leurs cercles déclinaient peu à peu pour s'approcher de nous, je me relevai et pris mes jambes à mon cou, une Colombe aussi tétanisée que moi dans les bras. L'adrénaline pulsa en moi.


― Cours, cours, macaque ! clama l'un des êtres d'une voix caverneuse.


Heureusement, en quelques instants – qui me parurent durer des heures – j'atteignis notre maison, toujours menacée par ce vol funèbre. Les mains tremblantes de peur, je poussais ma sœur dans la trappe toujours ouverte.


Des bras puissants et un rire sinistre me happèrent. En quelques instants, mes pieds avaient quitté le sol. Je hurlai. Un cri animal et désespéré. Je battis des jambes et des bras, tentant de me défaire de cette étreinte effrayante à mesure que les débris de ma maison s'éloignaient.


De la dalle qu'observaient les deux autres créatures sortit soudain une tête blonde, suivit de près par une deuxième.


Maman, Colombe, non !


Ma sœur s'élança vers moi dès qu'elle me vit, les bras levé vers le ciel pour tenter de m'attraper. Mais j'étais trop haut. Pas assez cependant pour ne pas voir une créature ailée se saisir d'elle, puis la dernière de ma mère.


Mon cri se mua alors en hurlement. L'être, bien que puissant avait du mal à rester ferme tant je me débattais, poussée par le désespoir. Il m'asséna alors un coup dans la tempe. Étourdie, j'essayais de ne pas vomir à cause du monde qui tournait tout autour de moi et des monstres qui venaient de nous enlever.


La créature avait dû me cogner fort, car des points blancs envahirent ma vision qui se voila peu après.

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En ce moment, un peu plus de onze heures, changement de vent. Je suis en train de ressentir ce que j'appelle le syndrome du périphérique, ou syndrome de la caisse de supermarché.  
 
Ce syndrome peut se résumer en cette simple phrase : je ne suis jamais sur la file qui avance !!! Et ceci quoi que je fasse, si la file à côté avance plus vite que la mienne, il suffit que je m'y insère pour qu'elle s'arrête aussitôt ! Je le sais, c'est comme ça, je n'y puis rien changer, je suis né avec ce syndrome, et si un jour vous me voyez dans la même file que vous, hâtez vous d'en changer, vous regretteriez amèrement de m'avoir suivi.
Au supermarché, c'est la même chose. D'un coup d'oeil j'ai repéré la file qui n'est pas excessivement longue, et dont les caddies ne sont pas excessivement chargés. J ' arrive par un mouvement fluide et décontracté à me mettre à la fin de la file, avec mon caddie raisonnablement chargé, je suis assez content de ma manoeuvre, le tapis roulant de la caisse n'est pas très loin, encore deux personnes devant moi, je vais très bientôt disposer artistiquement mes produits sur ce tapis étroit, je commence déjà à sélectionner mentalement ce que je vais déposer d'abord. J'opère quelques modifications dans l'agencement dans le caddy puis je me laisse aller à l'observation de mon entourage. Avec une condescendance amusée, je regarde la file à côté, en me disant que la mémé poudrée, aux cheveux bleus n'est pas rendue la pauvre, pourvu qu'elle n'aie pas des invités ce midi. J'observe le nez un peu long de la caissière qui passe les produits avec sérieux et concentration, les petites clochettes qui saluent chaque passage, ont pris un rythme régulier, quand tout à coup, tout s'arrête. La caissière au long nez, passe et repasse le même produit dans un silence coupable, puis dépose devant elle la boite dont  je ne peux voir, ni les inscriptions colorées, ni le contenu, Un jouet à mon avis, mais je n'en suis pas sûr. La caissière, s'appelle Marie-Claire, c'est écrit sur un badge épinglé sur sa poitrine plutôt normale, ni trop imposante, ni trop plate.Je détourne le regard, espérant avoir été discret. Elle décroche un téléphone prés d'elle et parle à un interlocuteur invisible avec quelques mouvements irrités. Puis elle lit des codes sur la boite, son interlocuteur doit avoir l'ouïe plutôt déficiente, car elle répète à plusieurs reprises des chiffres en haussant un peu la voix. Celle-ci est bien timbrée, un peu haute, mais agréable.Marie-Claire prend un petit air contrarié en raccrochant le téléphone. On vient de perdre dix minutes. La mémé aux cheveux bleus est déjà à ma hauteur, dans la file voisine. Ceci commence à m'agacer prodigieusement, mais je garde malgré tout une attitude  fataliste. Marie-Claire continue à passer les produits suivants, du même client, les ding ding reprennent leur rythme régulier. puis s'arrêtent. Avec un sourire un peu contraint elle parle au client, lui demandant, je crois de patienter un peu, que quelqu'un va venir. Moi, dans cette situation, je laisse tomber, et dis : tant pis, enlevez-le je ne vais pas attendre pour si peu, lui, le client semble y tenir à son machin, il prend une attitude décontractée, prêt à attendre la journée s'il le faut. Je lui donnerais des claques, une tête à claque, voilà, c'est çà, une évidence, je suis sûr qu'il jubile intérieurement de voir ces gens derrière lui, appuyés sur leur caddy.
Un coup d'oeil à côté, la mémé est en train de payer. Derrière elle, il y a trois clients, mais des caddies pleins à ras bord, ce qui n'est pas forcément un signe de longueur à la caisse, il peut y avoir plusieurs produits semblables, qui passent d'un seul coup.... J'ai la tentation de sauter sur la file à côté, mais j'ai trop attendu, il y a deux clients de plus dans la file !!! Tant pis je vais rester avec Marie-Claire, et son nez un peu long, lui va bien quand-même. Elle a dû deviner un regard insistant, car elle me regarde  en souriant. Un peu confus je lui rend son sourire et m'empresse de regarder ailleurs, vers la mémé aux cheveux bleus qui s'en va sans se presser vers la sortie, en poussant son caddy paisiblement. Bon ! On avance ou quoi ? 
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