Chapitre 1 : la fin du monde a commencé un jour de merde (partie 2)

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( J'ai eu beaucoup de mal à écrire cette partie, je trouve que le rendu n'est pas assez réussi au niveau de l'atmosphère, du coup n'hésitez pas à badigeonner le texte pour que je puisse l'améliorer ^-^)

Une nuée d'êtres ailés descendait du ciel. Ils ressemblaient beaucoup aux nombreuses images toutes faites des anges, exceptées leurs ailes colorées de toutes les teintes possibles. Était-ce de vrais anges ? Des extraterrestres ? Quelque chose d'autre ? S'agissait-il d'un rêve ou était-ce bel et bien réel ? Je détachai mes yeux un instant de cette pluie céleste et observai les gens autour de moi.

Tous avaient le nez levé vers les nuages, même les automobilistes qui en étaient tous descendus sans exception. Il ne pouvait pas s'agir d'une illusion...

Je relevai la tête. Qui étaient-ils ? D'où venaient-ils ? Que voulaient-ils ? Tant de questions se bousculaient en tout sens dans mon esprits confus, mais je n'avais malheureusement aucune réponse.

Au-dessus de nous, les anges continuaient leur descente paisible, inconscients du trouble qu'ils avaient répandus ici-bas. La cacophonie résonnait jusqu'à dans mes os, m'empêchant de bouger.

Une plume vermillon virevolta en spirale avant de venir se poser à mes pieds. Elle fut suivie de près par les anges qui atterrirent avec une grâce inhumaine un peu partout dans la ville. De près, ils irradiaient d'une beauté d'un autre monde, leurs splendides ailes drapant leurs corps divins. Leurs simples tenues blanches semblables à de courtes toges éclataient de pureté et valorisaient chaqu'un d'entre eux.

Le vacarme assourdissant se stoppa, puis les cloches de l'église sonnèrent la mi-journée, perçant l'abcès de silence qui nous englobait. Tous les anges que je pouvais voir ouvrirent alors leurs yeux. Ils étaient habités d'une lueur ineffable, mais inquiétante. L'atmosphère était électrique et, quand les tintements s'arrêtèrent, aucun autre son ne se fit entendre. Le monde semblait être devenu muet.

J'étais aussi immobile qu'une statue, attendant avec angoisse que l'un des deux camps  fasse le premier mouvement car je n'osais pas me mettre à courir. Les yeux des anges s'illuminèrent et ils levèrent les bras vers les cieux qu'ils venaient de quitter. Notre subjugation première se mua peu à peu en peur quand une vague de nuages noir d'encre envahirent le ciel déjà couvert jusqu'à plonger la ville dans une obscurité morbide.

La tension dans l'air atteignit son paroxysme et un énorme éclair zébra le ciel. Il s'abattit sur la statue d'un illustre personnage qui surplombait la fontaine du centre-ville, la brisant en centaines de morceaux sous le choc. D'autres crevèrent les nuages et s'écrasèrent au sol dans un tumulte assomant.

Des cris de terreur s'élevèrent. Le fracas avait ramené les gens à la réalité et ils avaient commencé à fuir. Enfin, c'était ce qu'ils tentaient de fairecar la foudre frappait partout, enflammant les grands arbres qui s'écroulaient.

Les pieds ancrés au le sol, je n'avais toujours pas bougé. Il fallait que je me sauve et vite ! Un éclair qui mit le feu à une voiture stationnée juste devant moi m'obligea à partir. Je pris mes jambes à mon cou et m'élançai sur la route, jonchée d'anges, qui menait à ma maison. Les gens qui s'étaient déjà engagés dans cette direction avaient tous disparus.

Mon instinct me poussait à me réfugier sous un arbre, pour me protéger de ces êtres qui avaient déclenchés la fureur de la foudre. Qu'étaient-ils exactement ? Des êtres d'une autre planète ? Des machines crées par une branche méconnue du gouvernement ? De vrais anges ? Une pluie diluvienne tomba peu après des nuages toujours aussi sombres. Je fus trempée pour la deuxième fois de la journée, mais, cette fois-ci, je n'en avais rien à faire.

L'averse martelait le sol, mouillant même les anges. Ils ne cillèrent cependant pas, leurs bras toujours levés et leurs yeux toujours illuminés. Le tonnerre tonitruant continuait à s'abattre aussi bien devant moi qu'autour.

À ma gauche, se trouvait maintenant le parc adjacent à l'école de ma petite sœur. D'immenses flammes, qui persistaient à brûler sous la pluie, dévoraient sa végétation. Mon cœur se serra. Un enfant était agenouillé au-dessus d'une femme qu'il secouait inlassablement. Mes yeux s'écarquillèrent quand je remarquai la marre de sang qui s'écoulait à travers son épaisse chevelure noire.

Je m'arrêtai dans ma course, haletante. Une colère sans nom remonta du fond de mon être. Je n'avais jamais ressenti ça. Ces êtres arrivaient des nuages comme des papillons et, sans même nous dire quoi que se soit, ils commençaient à tuer des gens ?

La main agitée de rage, je saisis une branche qui avait été projetée hors du parc par une puissante secousse. Mon souffle se fit plus saccadé. Je me retournai vers un ange aux ailes d'un bleu profond et abattis mon arme de fortune sur son crâne avant même de m'en rendre compte.

Il ne trembla même pas sous l'impact qui avait pourtant brisé le bois en deux. Cependant, il se retourna vers moi. Ses yeux redevenus « normaux » étaient habités d'une rage dansante au cœur de ses prunelles azur. D'un geste de la main, il souleva une bourrasque violente qui m'envoya valser.

Mon corps atterrit face au bitume. Le choc chassa l'air de mes poumons, mais je me relevai tout de même en tremblant. Mon pantalon s'était déchiré au niveau du genou gauche et plein de saletés maculaient la plaie. Chacune de mes inspirations engendrait des pics de douleur.

Je clignai plusieurs fois des yeux pour essayer de chasser les larmes qui troublaient ma vue. Le petit garçon s'était allongé sur le corps de sa mère qu'il tenait fermement. De part et d'autres, les anges demeuraient totalement impassibles. J'aurais aimé faire quelque chose, mais que pouvais-je faire face à des êtres dotés de si grands pouvoirs ? Rien. Celui que j'avais frappé s'était contenté de me balayer comme une mouche qui lui tournait autour.

Je me remis en route, le cœur au bord des lèvres. J'étais un monstre d'abandonner le petit à sort. Je me rassurai en me répétant en boucle que ma famille passait avant tout le reste. Les poings serrés, je slalomai entre la foule d'anges et de véhicules désertés, parfois même en flammes. Un vent puissant se leva, charriant avec lui l'odeur âcre du feu.

Je débouchai sur la grande route menant à chez moi. Plusieurs maisons avaient été frappées par la foudre et des langues de flammes les dévoraient petit à petit. Envoûtée par cette vision, je posai mon pied sur quelque chose d'inerte qui me fit tomber au sol.

D'un rapide mouvement de tête, je regardai ce sur quoi j'avais marché. Un violent haut-le-cœur me souleva l'estomac. J'avais trébuché sur un corps complètement brûlé. Je me relevai et m'éloignai aussi vite que je le pus. L'image gravée derrière les paupières, je bifurquai dans une rue perpendiculaire et sprintai une dernière fois.

J'arrivai enfin devant chez moi. Les anges occupaient les lieux ici aussi. Je sortis mes clefs et parvins à ouvrir la porte malgré les tressautements de mes mains.

― Maman ! hurlai-je aussitôt.

Elle surgit du couloir et me serra fort dans ses bras, m'enveloppant dans une étreinte rassurante. Colombe, que je n'avais pas entendu arriver, se joignit à elle. Pour une fois qu'elle voulait bien me faire un câlin.

― Que s'est-il passé ?

Je relevai la tête et croisai le regard bleu océan de ma mère. Au fond de ses prunelles dansait une inquiétude qui fit ressurgir en moi toutes les émotions que j'avais réussi à calmer.

― Je suis sortie du lycée et là, il y a eu ce son, je ne savais pas ce que c'était, mais il est vite devenu tellement fort que j'en ai été paralysée. Et après ça, ils sont descendus du ciel et puis leurs yeux sont devenus blancs. Le ciel s'est assombri, un énorme orage à éclaté, rejoint après par la pluie, puis le vent et j'ai couru le plus vite possible jusqu'ici.

Je venais de tout déblatérer d'une traite, essoufflée. Pour ne pas les effrayer, j'avais volontairement omis de lui parler des deux scènes horribles que j'avais vu.

― Maman est sorie quand il y a eu le bruit bizarre, a commencé Colombe. Elle ne voulait pas que je la suive, mais je suis venue quand même, parce que je suis très courageuse moi !

― Oui, je le sais, murmurai-je.

Aucune peur ne se lisait sur ses traits quand elle parlait. Du haut de ses six ans, elle n'avait pas saisi l'ampleur de la situation.

― Et après, les "gens-oiseaux" sont descendus du ciel et d'un coup, c'était le silence.Ensuite, il y a eu un éclair alors maman m'a portée dans la maison.

― Depuis tout ce temps, reprit ma mère, nous attendons votre retour.

― Papa n'est pas rentré  ? 

― Non, j'ai essayé de le joindre, tout comme tes grands frères et sœurs, mais rien ne fonctionne.

― Même plus le téléphone ? me renseignai-je.

― Non, l'électricité ne fonctionne plus du tout.

Ce qui expliquait que l'entrée ne soit pas éclairée malgré l'obscurité de l'orage. Je sortis rapidement mon téléphone de la poche de ma veste et tentai tout de même de l'allumer pour prendre des nouvelles de Lu. Après tout, la batterie fonctionnait à l'énergie chimique. J'eus beau marteler le bouton qui permettait de l'allumer, mais l'écran resta désespérément noir, et les larmes que j'avais retenues se mirent à couler.

Des sanglots secouèrent violemment mes épaules.

― Qu'est-ce qui ne va pas, ma chérie ?

Je secouai la tête. Ce que j'avais vu m'avait chamboulée plus que je ne l'avais admis. Et tout ça à cause des ces aliens-anges-robots ! Mais que voulaient-ils exactement ? Semer la destruction ? Nous éradiquer ? Juste s'amuser ? Et qui leur avait ordonné de faire ce qu'ils avaient commis ?  

― Viens, ma puce. On va aller au sous-sol pour soigner ton genou.

Je relevai la tête, interrompu dans mes réflexions.

― Depuis quand est-ce qu'on a un sous-sol ?

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