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Une minute de lecture

Les murs de la chambre d’hôtel sont tâchés, comme la moquette. Les meubles sont couverts de poussière et la salle de bain ne semble pas avoir vu l’ombre d’un produit nettoyant depuis des années. Tu dors déjà, allongée sous les draps miteux. Le voyage t’a épuisée.

À peine arrivées à la gare, nous avons cherché un endroit où dormir, de préférence le plus près possible afin d’éviter de déambuler pendant des heures dans les rues. Nous avions déjà vu trop de monde pour aujourd’hui. Je suis assise sur la seule chaise de la chambre à me demander si ce n’était pas une mauvaise idée de t’éloigner de Paris. Peut-être as-tu besoin de repères, auquel cas je viens de t’en priver. J’espère que ma présence suffira à t’apaiser, même si cette pensée me semble un peu égocentrique.

Je profite de ton sommeil pour me doucher et me changer. Je me glisse ensuite à tes côtés et te serre dans mes bras. Pelotonnées ainsi, je me souviens de ce temps où nos intimités se sont mélangées, où j’ai tout connu de toi et inversement. Je me souviens de nous, faisant l’amour dans nos lits. Ou ailleurs.

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Défi
Jacques IONEAU
Ce texte, co-écrit par carolinemarie78 et Jacques Ioneau, en réponse au défi "Imaginaire", est une suite de Fleur de nave : "https://www.scribay.com/text/337348389/fleur-de-nave" .
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Anna Greensayer
Voici un calcul simple :

Harcèlement + Injustice - Un "grand" homme.

10 ans après, on y applique également le calcul suivant :

Un beau détective + Un policier qui sort de l'académie - 420 de Q.I

Impossible mais non.

= Flandre
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Victor Bouvier


Il vit un profond calvaire dans cet enfer
Banal qu’est cette inhumaine planète terre.
Attendant que sa peine soit exécutée
Il doit porter sa croix, solitaire oublié.
Au milieux de ces Hommes, il se sent bien seul.

Eux, d'ailleurs, tissent succinctement son linceul,
Lors de leurs dégoulinantes veillées passées
A se bourrer, ne pouvant y participer,
Ange déchu, risquant de s’électrocuter.
Corneille déçu aux artères écœurées,

Le vermeil poison, la virulente sangsue,
S'éparpille dans ces veines bleutées. Perdu
Dans ces folles nuées de possibilités
Il ne sait comment agir, rester éveillé
Toujours sur ces gardes, sortant ces rêches griffes.

Son destin ne cesse de le gifler, nocif,
Alors obnubiler par l'espoir, il encaisse.
Il les voit sans les voir, tous tenus en liesse,
Pauvres chiens drogués par cette rouge fontaine
De jouvence, profit, aveuglés par la haine,

Haine quotidienne. La sale violence
Etend rapidement ses tentacules fourbes.
Fourbes et viles sont les divines puissances
Qui règnent sur ce monde d'ondes et de courbes.
Courber l’échine, s’échiner à en pleurer

Le soir, saignant, devant son enfant affamé.
Il lit dans les métro, sur les suants visages
De ces êtres, la désillusion des rêves
Enfantins, des palpitants, colorés, paysages
Imaginaire. Mais sombre est sa vie de rêve.

Le jour est devenu nuit depuis qu'il s'enlise,
Que les barres d'immeubles sont devenus grises,
Blanchâtres, à en faire pâlir un croc mort.
Devant son noir miroir, il regarde la mort
L'enlacer. Il avale des médicaments

Pour mentir puisque c'est la loi, le monde ment,
Tout le monde tente de se voiler la face.
Alors il cherche à faire partie de la masse
Pour être tranquille, libre. Lui fils de rien,
Il veut devenir fils du bon dieu, fils de chien.
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