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Tu étais si vivante. Au milieu de la foule, les bras levés et chantant à tue-tête, tu faisais corps avec la musique. Plus rien n’avait d’importance, seul l’instant présent comptait. Même moi je n’existais plus. J’aurais tant aimé voir ça. Toi, dansant avec ton âme, les étoiles dans tes yeux et la musique qui sort de ton cœur. J’aurais dû être là, avec toi, et non dans ce minuscule lit à prier de toutes mes forces que mon estomac cesse de me remonter dans la gorge toutes les cinq minutes. Mais même si je n’étais pas là, je te connais suffisamment pour visualiser chaque émotion sur ton visage.

Tu danses les yeux fermés. Le monde autour de toi s’est volatilisé. Tu ne sens même plus les corps transpirants qui bougent autour de toi. Tu n’entends pas les autres chanter autour de toi. Ton cœur est léger et bat fort. Tes cheveux frisés flottent autour de ton visage. Tu souris. Tu es belle.

Soudain, une petite voix dans ta tête te dit que quelque chose cloche, l’air a changé. Les mouvements ont changé. Les cris ont changé. Alors que tu ouvres les paupières, que ta bulle éclate et que la réalité te frappe en pleine figure, tu vois des gens courir dans tous les sens. La musique s’est éteinte, on te bouscule, la panique te gagne. Elle te prend à la gorge et te serre si fort que tu peux à peine respirer.

Tu entends des coups de feu. Tes jambes réagissent, te portent vers la sortie. Tes mains écartent des corps, cherchent une porte, une issue. Les cris te vrillent les tympans, les coups de feu les éclatent. Tu ne veux pas te retourner, tu ne veux pas voir. Pourtant, à quelques mètres de la sortie, tu ne peux pas t’en empêcher. C’est là que les choses ont déraillé. Quand tu as vu cette violence, cette peur, cette douleur, quelque chose s’est brisé en toi.

Car même si tu as réussi à sortir, à courir dans la rue, à monter jusqu’à ma chambre et à te glisser dans mon lit, une partie de toi est restée là-bas. Tu ne m’as rien dit, mais je savais déjà. Les réseaux sociaux, les journaux, la télévision, tous ont parlé pour toi.

Tu n’as plus jamais rien dit.

Tu étais si vivante.

La seconde suivante, tu t’es éteinte.

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Défi
Jacques IONEAU
Ce texte, co-écrit par carolinemarie78 et Jacques Ioneau, en réponse au défi "Imaginaire", est une suite de Fleur de nave : "https://www.scribay.com/text/337348389/fleur-de-nave" .
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Anna Greensayer
Voici un calcul simple :

Harcèlement + Injustice - Un "grand" homme.

10 ans après, on y applique également le calcul suivant :

Un beau détective + Un policier qui sort de l'académie - 420 de Q.I

Impossible mais non.

= Flandre
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Victor Bouvier


Il vit un profond calvaire dans cet enfer
Banal qu’est cette inhumaine planète terre.
Attendant que sa peine soit exécutée
Il doit porter sa croix, solitaire oublié.
Au milieux de ces Hommes, il se sent bien seul.

Eux, d'ailleurs, tissent succinctement son linceul,
Lors de leurs dégoulinantes veillées passées
A se bourrer, ne pouvant y participer,
Ange déchu, risquant de s’électrocuter.
Corneille déçu aux artères écœurées,

Le vermeil poison, la virulente sangsue,
S'éparpille dans ces veines bleutées. Perdu
Dans ces folles nuées de possibilités
Il ne sait comment agir, rester éveillé
Toujours sur ces gardes, sortant ces rêches griffes.

Son destin ne cesse de le gifler, nocif,
Alors obnubiler par l'espoir, il encaisse.
Il les voit sans les voir, tous tenus en liesse,
Pauvres chiens drogués par cette rouge fontaine
De jouvence, profit, aveuglés par la haine,

Haine quotidienne. La sale violence
Etend rapidement ses tentacules fourbes.
Fourbes et viles sont les divines puissances
Qui règnent sur ce monde d'ondes et de courbes.
Courber l’échine, s’échiner à en pleurer

Le soir, saignant, devant son enfant affamé.
Il lit dans les métro, sur les suants visages
De ces êtres, la désillusion des rêves
Enfantins, des palpitants, colorés, paysages
Imaginaire. Mais sombre est sa vie de rêve.

Le jour est devenu nuit depuis qu'il s'enlise,
Que les barres d'immeubles sont devenus grises,
Blanchâtres, à en faire pâlir un croc mort.
Devant son noir miroir, il regarde la mort
L'enlacer. Il avale des médicaments

Pour mentir puisque c'est la loi, le monde ment,
Tout le monde tente de se voiler la face.
Alors il cherche à faire partie de la masse
Pour être tranquille, libre. Lui fils de rien,
Il veut devenir fils du bon dieu, fils de chien.
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