Robert

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Le vent glacial du Nord ne lui avait décidément pas manqué.

Après neuf jours de marche, il avait enfin aperçu l'immense forteresse qui s'étendait à l'horizon. Cela ne faisait que quelques mois qu'il avait quitté Winterfell avec ses hommes et pourtant, il avait l'impression de ne pas l'avoir vue depuis des années. Tellement de choses s'étaient passées entre-temps. Il était devenu Roi de l'Est et avait dû établir un Conseil, choisir sa couronne, signer un tas de papiers dont il ne comprenait pas le moindre mot. Après son couronnement, il avait dû écouter tout un tas de paysans, de chevaliers ou de Lords se plaignant de tout et de rien. Il avait de la chance néanmoins de vivre dans un château à des milliers de pieds de hauteur. Cela en dissuadait quelques un de monter tout un tas de marche pour se plaindre de la perte de leur poule.

Mais le temps lui avait paru long. Terriblement long. Il ne pouvait s'empêcher de penser à Sansa, l'imaginant seule, dans son immense château, à écouter comme lui divers gens, assise sur son trône en bois sculpté. Il savait qu'elle n'avait pas besoin de lui. Elle avait connu pire. Se séparer avait certainement été plus douloureux pour lui que pour elle. En tout cas, si elle souffrait, elle ne le montrait aucunement.

Cela l'importait guère à présent. Il allait la retrouver. Il allait retrouver sa Reine.

Lorsqu'il traversa la ville d'hiver, quelques personnes sortirent de leur taudis pour l'observer passer, mais ils savaient à présent qui il était. Certains ne s'arrêtèrent même pas dans leur tâche. La grande porte était déjà grande ouverte. Lord Glover, nommé Main de la Reine après la Bataille de l'Hiver, l'accueillit à son arrivée. De Sansa, aucune trace.

-Où est la Reine ?

-Sa Majesté vous attend sur les remparts.

Il savait de quels remparts il s'agissait.

Lorsqu'il monta, il sentit le vent se faire plus violent. Il s'avança sur le chemin de ronde. Il se rappelait s'être battu, il y avait deux ou trois mois de cela, en ces lieux mêmes, contre des ennemis qui étaient soit morts, soit partis en exil. Les immaculés étaient repartis à Essos, où il ne sut ce qu'il était advenu d'eux. Quant aux seigneurs qui avaient pris le parti de Daenerys, ils avaient tous été dépossédés de leurs titres et terres. Il se souvint de l’effroi dans l'expression de Devan Lannister lorsqu'il lui avait annoncé que les richesses de Castral Roc ne lui appartenaient plus.

Il aperçut une silhouette, postée devant les créneaux, au dessus de la Grande Porte. Deux gardes l'encadraient.

-Sansa, appela-t-il lorsqu'il fut arrivé assez proche d'elle pour qu'elle puisse l'entendre.

Elle se retourna, presque en sursaut, puis lorsqu'elle l'aperçut, un grand sourire illumina son visage. Il s'approcha à grands pas d'elle puis l'embrassa fougueusement. Sansa passa ses mains dans ses cheveux et lui rendit son baiser. Au bout de quelques instants de pur bonheur, ils finirent par se détacher, mais se maintinrent si proche qu'il pouvait sentir son doux souffle caresser sa peau.

-Robert. murmura-t-elle. Quel effet cela fait d'être roi ?

-Rien, si tu n'es pas à mes côtés.

Elle laissa échapper un petit rire.

-Je suis reine moi aussi, ne l'oublie pas.

-Je veux rester avec toi pour l'éternité.

-L'éternité, c'est long quand même.

-Pas si je suis avec toi.

Sans qu'elle ne le prévienne, elle l'embrassa de nouveau, cette fois tendrement.

-Robert, prononça-t-elle une fois qu'elle eut écarté ses lèvres des siennes, j'ai quelque chose à t'annoncer.

-Mauvaise ou bonne nouvelle ?

-Ça dépend comment on le voit.

Il fronça les sourcils. Elle lui rendit son interrogation par un sourire. Puis elle lui prit sa main qui était posée sur sa taille et l'emmena sur son ventre.

-Non, souffla-t-il.

C'était un « non » accompagné d'un sourire.

Il n'en revenait pas.

-Sansa, c'est... c'est formidable ! Je...

Pour seule réponse elle l'embrassa de nouveau.

-Je ne souhaite pas que mes enfants soient des bâtards.

-Tu... tu veux que...

-Oui.

-Et tu n'as pas peur que...

-Non. Je suis Reine, tu es Roi. Personne ne pourra rien nous dire. J'ai longtemps réfléchi Robert. Une union entre le Nord et le Val n'en serait que bénéfique pour nos peuples. Mes seigneurs n'ont rien trouvé à dire pour contrer ma décision.

Il ne put s'empêcher de sourire.

Ce jour était le plus beau jour de sa vie.

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