La lune

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Un long silence glissa sur la question de Mary. Les crépitements du feu résonnaient dans les oreilles de Melody.

« Je… Oui, je sais… Mais… ça n’a pas de rapport… »

Elle fronçait les sourcils, cherchant vainement à mettre de l’ordre dans ses idées. Pourquoi est-ce qu’un vampire lui posait cette question ? Pour changer de sujet ? C’était un étrange choix pour un changement de sujet.

« Maman a dit que le papa et la maman font un câlin et s’aiment très fort.

— C’est la version pour les bébés, ça… »

Mary entreprit alors de lui expliquer, sans concession et de manière très scientifique, en quoi consistait l’amour des adultes. L’horreur disparut du visage de l’enfant pour être remplacée par du dégoût. À la fin du court exposé sur la reproduction humaine, Melody s’exclama :

« Mais… Mais vous êtes dégoûtants ! »

Josh sourit de toutes ses dents.

« Tes parents font ça aussi…

— C’est pas vrai ! Mes parents, ils… ils… »

La petite était rouge. Mary gronda, mais ce pouvait être un rire.

« Josh… Tu le fais exprès…

— Mes parents ils ont fait un câlin pour qu’on naisse, Sans et moi ! Vous, vous ne voulez pas avoir de bébé !

— Non, répondit Josh sans grande émotion. Non, on ne fait pas ça pour avoir des bébés…

— Alors, pourquoi ?

— Parce que c’est bon », souffla Mary, canines dégagées, dans une expression de prédateur.

Elle s’étira avec une sensualité qui mit l’enfant mal à l’aise. La vampire lui adressa un haussement de sourcils puis leva le regard vers le ciel. Melody l’imita et sursauta dans un petit cri apeuré. Elle se protégea, les deux bras au-dessus de la tête. Mais rien ne se passa. Les deux créatures l’observaient, intriguées.

La fillette leur jeta un coup d’œil à travers ses bras.

« Il y a quelque chose dans le ciel…, murmura-t-elle, comme si ces simples paroles allaient déclencher une guerre.

— Non, il n’y a rien.

— Si, le truc, là… »

Elle montra un trait jaunâtre légèrement incurvé qui disparaissait à moitié derrière un nuage.

« Ça !

— La lune ?

— Mais non, la lune, c’est plus gros que ça ! Et c’est rond !

— She never saw the moon, Fitz1 …

— En effet… Elle n’a jamais vu la lune… »

Ils la regardaient étrangement, surpris qu’elle ne connaisse pas l’astre qui éclairait leurs nuits. Melody décida de leur faire confiance. C’était la lune. Elle s’étendit dans l’herbe et contempla le satellite qu’elle n’avait jamais vu qu’en dessin et ronde. C’était bien plus simple que de penser aux propos sexuels et répugnants de Mary.

Ils restèrent immobiles un long moment, si long que Melody finit par s’endormir. Un mouvement vif autour du feu de camp la réveilla. Quelque chose, une boule blanche, détala. Josh se jeta sur l’animal qui tentait d’échapper du sac où il l’avait enfermé. La bestiole émit des cris stridents quand le vampire la souleva par les oreilles.

« Un lapin ! » s’exclama Melody en bondissant vers eux.

Elle trébucha et la tête lui tourna. Elle se rappela qu’elle avait faim et qu’elle n’avait pas encore mangé.

« Un lapin ! » répéta-t-elle plus calmement, vacillante.

Mary gronda doucement et Josh, le lapin dans une main, la fit s’asseoir de l’autre. Même sous la lumière orangée du foyer, elle était pâle.

« Tu dois manger.

— Pas lui, il est trop mignon… »

Elle saisit l’animal sous le regard attentif des deux êtres multicentenaires. Le lapin se calma dans ses bras et se blottit contre son torse. Elle eut un beau rire et frotta son nez dans sa fourrure. Josh sourit du bout de ses dents pointues et releva les yeux vers sa compagne qui hocha la tête. Ils avaient la même idée.

Le vampire alla chercher ce qu’il restait de viande et éteignit le feu. Puis il s’adressa à la gamine :

« On ne peut pas avancer durant plusieurs heures si tu es dans cet état. Tu vas manger et dormir cette nuit. On retourne à la maison de terre et on bougera la nuit prochaine. »

Il lui tendit une nouvelle brochette.

« Mange ça sur la route ! »

La gamine, obnubilée par le lapin, obéit sans vraiment y prêter attention.

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