Chapitre 4. La réunion d'équipe

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« Hello Loïc ! Tu ne m’as jamais répondu… J’espère que tout va bien pour toi. Ça me dirait bien de te revoir. Tu sais où me trouver si jamais l’envie te (re)prend ».

Et un clin d’œil pour agrémenter le texte… Le message n’est pas signé. Le numéro inconnu. Il s’agit du même que celui qui m’avait envoyé un message le jour du pot de départ d’Alvaro. Confus, je m’efforce de fouiller au plus profond de ma mémoire. De rembobiner le film de cette soirée passée avec Maria sur les quais du centre-ville. A la recherche d’un visage, d’une silhouette masculine se détachant du reste de la foule. Le message ne laisse plus aucun doute sur la nature de ma rencontre avec cet individu. Nous avons évidemment flirté, lui et moi, nous avons sans doute dansé, peut-être nous sommes nous même embrassés. Pas plus, j’espère. Car je ne me souviens absolument de rien… Et je ne me pense pas capable d’oublier un détail aussi important. Hébété, je reste bouche bée, les yeux vides fixés sur l’écran de mon téléphone. C’est vraiment étrange, et ça ne me ressemble pas.

Soudain, je prends conscience de l’heure. Je suis en retard pour la réunion d’équipe ! Je mets de l’ordre dans mes papiers avec précipitation, et prépare quelques notes dans un cahier, au cas où on me demanderait de présenter mes dossiers en cours. Rien de trop technique, juste de quoi satisfaire la curiosité de Catherine, la cheffe, et de ces quelques collègues qui profitent inlassablement de ces réunions pour évaluer la charge de travail des autres et demander à se délester d’une tâche rébarbative. Rodés par des années de pratique de l’administration. Avec ça, je devrais être à l’abri d’une énième redistribution de l’effort, du moins pour cette semaine. Je sors en trombe de mon bureau et passe la tête par la porte de celui de Maria, pour vérifier si elle m’a devancé. Elle qui est régulièrement en retard à ces réunions. C’est le cas. Je suis donc sûrement le dernier. Pressentiment confirmé quand j’entre dans la salle de réunion, déjà pleine à craquer.

Il n’y a plus qu’un siège disponible, dans un coin de table. Celui-là même où on se cogne le genou à chaque fois qu’on croise ou décroise les jambes. Rien de tel pour achever de me décourager. Comme si la perspective d’une réunion d’une heure à écouter les problèmes des autres n’était pas suffisante. De sa place confortable, à quelques sièges seulement de la cheffe, position privilégiée, Maria me jette un regard amusé, devinant mon désarroi.

- Allez, Loïc, prenez place, insiste Catherine d’un ton agacé. On attend plus que vous pour commencer !

Je baisse la tête, murmurant quelques excuses convenues, et me dirige avec empressement vers le recoin maudit. Sur la chaise d’à côté, un inconnu me salue d’un léger hochement de tête. Une jeune homme, sans doute d’un âge comparable au mien, voire même quelques années plus jeune, au visage doux et aux traits fins, presque félins. Les yeux clairs et les cheveux châtains, mi-longs, attachés en queue de cheval. Vêtu d’une chemise à rayures bleues et blanches, d’un jeans clair et de baskets, il dénote franchement du reste de l’assistance. Et ce de manière plutôt séduisante. La réunion commence.

- Loïc, enchanté, chuchoté-je à son attention. Je ne suis pas toujours en retard, je le jure. Tu es nouveau ?

- J’ai commencé hier, me répond-il à voix basse également, comme tous les stagiaires !

- Et tu es ?

- Belge.

- Non, ton prénom !

- Ulysse, pardon…

- Enchanté, Ulysse, dis-je avec un sourire bienveillant.

Encore un belge, songé-je. Décidément ! Le dernier était plutôt une bonne surprise, espérons que ça soit également le cas d’Ulysse. J’ai un léger pincement au cœur en me remémorant Filip. Je n’ai pas pris de ses nouvelles depuis plusieurs semaines. Peut-être faudra-t-il que je le fasse à nouveau ? En même temps, j’aimerais qu’il en prenne l’initiative. Les demandes ne peuvent pas toujours émaner de la même personne, sans quoi on frôle le harcèlement, à la longue. Remarque, l’informer qu’un jeune compatriote plutôt mignon vient de rejoindre l’équipe à Genève pourrait sans doute jouer en ma faveur, réveillant en lui une pointe de jalousie endormie. Enfin, celui-là à l’air wallon, d’après son léger accent francophone en anglais. Et il ne faut pas mélanger les flamands et les wallons, paraît-il.

La réunion prend fin sans que je ne puisse prendre la parole. La faute aux bavards qui l’ont monopolisé pour se plaindre pour la énième fois des mises à jour à répétition imposées par le service informatique. Je ne m’en plains pas. Je n’avais pas grand-chose d’intéressant à dire. Catherine, cachant difficilement son agacement quant à la trivialité des sujets abordés lors de cette réunion d’équipe, invite les collègues à rompre les rangs et à retourner à leurs bureaux. Tout le monde se lève dans un brouhaha général.

Ulysse également, révélant à l’ensemble des collègues son bon mètre quatre-vingt-quinze.

Il nous toise tous, tel un géant des Flandres avec son catogan. Bon, s’il est wallon, l’image ne fonctionne pas. Dommage. On ne peut pas gagner à tous les coups. Maria s’approche d’un pas décidé, le visage fendu d’un beau sourire. Visiblement heureuse de découvrir un nouveau visage, et sans rides qui est plus est. Je me charge de lui présenter Ulysse. Nous convenons de prendre le déjeuner ensemble, pour faire plus ample connaissance.

*

A la sortie de la salle, Hristov m’interpelle, visiblement un peu nerveux.

- Dis Loïc, tu peux venir me briefer rapidement sur le Protocole de Jakarta sur la lutte contre la désertification ? J’ai un appel avec les tchadiens à onze heures et j’aurais besoin que tu rafraichisses ma mémoire.

- Bien sûr, réponds-je poliment, laisse-moi quelques minutes et j’arrive. On fait ça dans ton bureau ?

- Parfait, je t’attends. Et dans mon bureau, oui, s’il-te-plait.

Et comme tout employé modèle, je me précipite à mon ordinateur pour lire l’article Wikipédia sur le Protocole de Jakarta. Une fois que j’ai suffisamment d’éléments à présenter à Hristov, je le retrouve dans son bureau et lui explique ce qu’il faudra répondre aux tchadiens. Il boit littéralement mes paroles, prend quelques notes griffonnées à la va-vite sur un carnet, et me remercie chaleureusement. J’ai à peine le temps de répondre que son téléphone retentit déjà, et je m’éclipse pour le laisser se débrouiller seul avec le Tchad et ses problèmes de désertification.

Je retrouve alors Maria et Ulysse et nous descendons tous les trois à la cafétéria. Il était temps, je suis affamé. Soudain épris d’un esprit fraternel, j’oriente Ulysse vers les stands où la nourriture est généralement la plus mangeable. Et la plus respectueuse de l’environnement, tant qu’à faire. Maria gronde, me fustige pour avoir « corrompu le stagiaire dès le premier jour avec ma propagande végétarienne », et déguste avec appétit son assiette de jambon cru. Nous rions de bon cœur. Comme je l’avais suspecté, Ulysse s’avère être wallon, originaire de Charleroi. Je m’amuse de son léger accent belge sans le laisser paraître : après tout, pour lui, je suis celui qui a un accent. Accent mis à part, Ulysse est plus drôle et à l’aise que la moyenne des stagiaires. Il est sans doute un peu plus âgé, aussi, et a déjà travaillé dans le secteur privé avant de commencer son stage. Ce qui explique sans doute pourquoi il ne semble pas aussi timoré que certains dans sa position.

*

De retour du déjeuner, j’aperçois Hristov adossé contre ma porte. Il m’attend visiblement de pied ferme.

- Je peux t’aider, Hristov ? Excuse-moi si tu m’as attendu, j’étais à la cafétéria avec Maria et le nouveau stagiaire.

- Oh tu as déjà mangé ? Dommage, je voulais t’inviter pour te remercier. Le briefing éclair que tu m’as fait tout à l’heure m’a vraiment été super utile. Les tchadiens étaient ravis !

- Il n’y a pas de quoi ! J’ai juste fait ce que tu m’as demandé, c’est-à-dire mon travail… Ne te sens pas obliger de me corrompre avec de la nourriture !

- Loin de moi l’idée de te corrompre, Loïc, dit-il d’un ton presque aguicheur. Vraiment. D’ailleurs, à ce sujet, tu fais quelque chose ce soir ?

- Je ne crois pas.

- Dans ce cas, est-ce que tu accepterais de prendre un verre avec ton supérieur hiérarchique ?

- C’est un ordre ?

- Je ne suis pas ce genre de manager, enfin, Loïc, tu le sais bien ! dit Hristov d’un ton faussement outré. Je cherche juste une excuse bidon pour t’inviter. Et puisque tu ne veux pas manger avec moi, j’espère bien que tu accepteras de boire un verre.

Je réfléchis une seconde, pèse le pour et le contre, puis décide rapidement d’abdiquer et accepte son invitation. Je ne suis pas sûr d’où cela nous mènera, mais refuser devant tant d’insistance me semble tout simplement impossible.

- Génial, dit-il, visiblement ravi. Je passe te prendre à la sortie du bureau.

*

Vers dix-sept heures trente, Hristov frappe à ma porte et me fait signe d’éteindre mon ordinateur. Je m’exécute sans rechigner. Il rayonne, visiblement ravi de m’avoir coincé de la sorte. Je n’y prête pas trop attention, et me résout à prendre la soirée comme elle vient. Sans trop d’a priori. Hristov me conduit en ville, dans un joli bar à vins italien avec vue sur le lac, sans trop prendre de risque. L’air est frais mais le ciel est pur, d’un bleu pastel, presque gris. Le soleil termine sa course par-delà des montagnes. Nous nous asseyons en terrasse. Il commande un soi-disant grand cru dont j’ignore le nom et la couleur. Je commande la même chose pour ne pas avoir à faire de choix et ainsi exposer mon incurie en matière de vins italiens. De vins tout court, d’ailleurs. Indéniablement, je ne possède pas encore tous les codes du milieu.

Une fois servis, nous sirotons notre vin (rouge) tout en discutant de choses et d’autres.

La conversation est légère, agréable. Elle tourne inévitablement autour de la vie du bureau, mais, contrairement à d’autres fois où je me suis retrouvé seul face à Hristov, le ton n’est ni convenu, ni banal. Pas de plaisanterie graveleuse, pas de sous-entendus non-sollicités. Je suis surpris. Jusqu’à présent, Hristov m’avait semblé être ce chef-adjoint un peu gauche, facilement déstabilisé par mes remarques et celles de Maria. Un peu lourd, aussi, enfin ça, surtout avec moi. Mais ce soir, il se révèle être charmant, l’esprit affuté. Ses marques d’intérêt à mon égard se font plus subtiles. Plus efficaces, aussi. Sur le ton de la confidence, il me livre une version sans filtre de la manière dont Catherine gère l’équipe. Et me fournit quelques anecdotes ma foi plutôt amusantes sur la manière dont fonctionne l’institution. Mon verre se vide sans que j’y prête attention. Il m’en commande un deuxième sans prendre la peine de me consulter.

- Un employé aviné est un employé heureux, se justifie-t-il avec un large sourire. Il faut bien que je continue à t’abreuver, je ne peux pas prendre le risque de te voir rentrer chez toi si tôt, et sobre de surcroit.

- Qu’est-ce qui te fais penser que j’ai envie de rentrer chez moi, maintenant ? réponds-je, le ton empli de défi, sans doute un peu émoussé par l’alcool.

Il marque un pose. Son large sourire se fane légèrement, se mue en demie moue. Interloqué, il me scrute le visage de ses yeux bleus, à la recherche d’une explication pour ce soudain changement d’attitude de ma part. Ne trouvant rien que puisse le satisfaire, il abandonne et me jette dans un soupir :

- Tu es un véritable mystère pour moi, Loïc.

- Un mystère, moi ? dis-je sans ciller. Je ne vois pas où tu veux en venir, Hristov.

J’ai quand même bien une petite idée... Mais je ne veux pas lui faire le cadeau de céder si vite. Pas sans lui opposer une certaine résistance, pour le principe. Pour la forme. Sinon, c’est trop facile. Lui qui semble d’ordinaire si prompt à enchainer les petites phrases pleines de double-sens sans jamais vraiment se dévoiler, il va falloir qu’il se mouille un peu plus. Il a petit rire nerveux.

- Ah non ? C’est exactement de ça dont je veux parler, Loïc. Ce petit côté ingénu, cet air de ne pas y toucher… Ça me rend dingue.

- J’ai l’air de ne pas y toucher, moi ?

- Arrête !

- Arrête quoi ?

- Ce petit jeu, s’exclame-t-il soudain dans un éclat de voix, faisant se retourner sur nous quelques touristes émiratis, visiblement importunés. Cette petite gueule d’ange qui fait semblant de ne pas voir qu’on s’intéresse à lui. Cet employé modèle, bien sous tous rapports, toujours à l’heure, toujours poli, toujours bien habillé, bien coiffé, souriant et affable. Irréprochable. Ça doit bien cacher quelque chose !

- Qu’est-ce que tu imagines ?

- Tu veux vraiment que je te le dise ?

- Je t’écoute.

L’espace d’une seconde, il semble hésiter. Me fuit du regard. Puis se jette à l’eau.

- J’imagine que tu dois être un sacré bon coup. Et, si tu me permets, j’aimerais bien essayer.

J’avale ma salive. Je l’ai testé, il n’a pas déçu. Je ne peux plus faire marche arrière. Je n’en ai plus vraiment envie non plus, du moins je ne crois pas. Etrange retournement de situation !

- Je suis libre ce soir, dis-je sans laisser transparaître la moindre hésitation.

Un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Autant pour lui-même que pour moi.

- Je règle l’addition et je t’invite prendre une rakia chez moi, alors. Elle vient de chez moi, en Serbie. Tu ne peux pas refuser, ce serait un affront incroyable à ma culture et à celle de mes ancêtres.

- Alors j’accepte, volontiers.

Il se lève, comme monté sur ressort, et s’empresse d’aller payer au comptoir. Visiblement impatient de me faire découvrir sa rakia serbe, et sans doute bien plus encore.

*

La terrasse de l’appartement de Hristov offre une superbe vue dégagée sur les pics enneigés qui entourent la ville. Appuyé contre la rambarde du balcon, je contemple le patchwork coloré des toits de Genève qui s’étendent à perte de vue, pendant que Hristov verse savamment un fond de rakia dans de petits verres à liqueur. Il me tend un verre, et nous trinquons. Le panorama est majestueux. Le soleil couchant couvre sa peau claire et à ses cheveux blonds de reflets roux. Il est beau. Je l’oublie parfois, tant il est agaçant au travail. Mais c’est un bel homme.

Je bois la rakia d’un trait. Naïf que je suis. La brûlure qui me parcoure alors de ma gorge fait naitre quelques larmes au coin de mes yeux. Il le remarque, et laisse échapper un petit ricanement. Je lui réponds par un regard faussement offusqué. Il se penche vers moi tout doucement. Son haleine chaude et parfumée par la rakia me file sur la nuque et vient s’évanouir dans l’encolure de ma chemise. Ses lèvres fines effleurent ma peau. Il m’embrasse dans le cou. Défait quelques boutons de ma chemise. Je le laisse faire, jugeant que c’est à lui, mon supérieur, de prendre l’initiative. Il semble l’avoir compris, puisqu’il m’entoure la taille de ses bras puissants et me presse contre son torse.

- Enfin, je te tiens, me glisse-t-il à l’oreille.

Je lui mordille la lèvre inférieure en guise d’approbation. Ce qui ne manquer pas de l’exciter, à en juger par la fougue du long baiser qu’il m’offre en retour. Sans interrompre notre étreinte, il déboutonne sa chemise de haut en bas, et laisse entrevoir sa large poitrine imberbe à la peau claire, diaphane. J’y dépose une caresse appuyée. Lui vient glisser sa main dans mon pantalon, au niveau de mon entrejambe, pour y tâter mon sexe déjà mi-dressé. La mine satisfaite, il abaisse ma fermeture éclair et sors ma queue au grand jour. D’un geste lent et précis, il entreprend alors de me branler, son regard azur plongé dans le mien.

- Peut-être qu’on serait mieux à l’intérieur, non ? lâche-t-il d’un ton amusé.

J’acquiesce d’un hochement de la tête. Il me soulève alors sans efforts. J’enroule mes jambes autour de sa taille et le laisse me porter jusqu’à son canapé, sur lequel il m’allonge avec précaution. Comme si j’étais un objet de porcelaine. Une statue de cristal. La chemise ouverte, déjà tombée de l’une de ses épaules, et le pantalon largement déformé à l’entrejambe, il me toise de toute sa hauteur. Et semble apprécier ce qu’il voit. Il se mord les lèvres pour ne laisser aucun doute.

Soudain, le claquement de la ceinture qu’il retire brusquement résonne à mes oreilles. Il la jette au loin, négligemment. Et lentement, il déboutonne son pantalon. Je ne perds pas une miette du spectacle. Et à mon infinie surprise, et pour mon plus grand bonheur, je découvre qu’il ne porte rien en dessous. C’est à mon tour de me mordre les lèvres. Son sexe déjà quelque peu enflé est tout simplement gigantesque. Je n’ai jamais rien vu de tel. Il est si épais, si charnu, qu’il ne semble pas pouvoir être tout à fait dur.

- Tu aimes ce que tu vois ? me demande-t-il d’une voix suave, un petit peu exagérée.

- Tu parles, c’est… impressionnant.

Il laisse échapper un filet de salive de ses lèvres entrouvertes pour humifier son membre viril. Et d’un geste du menton, m’invite à en rapprocher mon visage. Je m’exécute. Joueur, il s’amuse alors à faire claquer son lourd pénis sur ma joue tendue. Et y laisse une légère marque rose et humide.

- Prends-la dans ta bouche, s’il te plait, implore-t-il.

Je cède, ouvre grand, et avale sa queue autant qu’il soit humainement possible de le faire. Sa peau est douce. Comme une caresse sur ma langue, où elle dépose un goût légèrement salé. Une fois acclimaté à l’épaisseur de son membre, je commence à le sucer. Je ne peux pas vraiment faire de miracle avec un tel gabarit, mais il semble prendre du plaisir. Son souffle s’accélère. Et s’accompagne parfois de petit gémissements.

Vite lassé, et la mâchoire endolorie, je finis par délaisser sa queue trop large et remonte petit-à-petit le long de son torse moite pour venir l’embrasser sur les lèvres. Ses mains se glissent discrètement dans mon caleçon pour y caresser mes fesses. Très vite, les caresses se font plus rudes. D’une main ferme, il m’empoigne le derrière et lui administre de petites claques sèches qui donnent un nouveau souffle à notre étreinte passionnée. Je me crispe d’excitation. Le regard plus avide que jamais, Hristov me fixe et guette les signes de la douleur, de la surprise ou du plaisir sur mon visage. Et les découvre tous, les uns après les autres.

- Je me doutais bien que tu aimerais ça… dit-il à voix basse. Depuis le jour où tu es arrivé je rêve de te donner la fessée. Un petit cul comme le tien… Tu n’imagines pas comment ça a été difficile de me retenir jusqu’à aujourd’hui.

- Ce n’est vraiment, mais alors vraiment pas le moment de te retenir, Hristov !

Il répond à mon invitation avec vigueur, m’arrachant un léger cri de surprise. Une douleur cuisante s’écrase sur ma fesse gauche, imprimée par la paume de sa main. L’excitation monte encore. Je saisis mon sexe et commence à me branler frénétiquement. Il me gratifie d’une dernière tape sur les fesses, et reprend lui aussi son énorme queue en main. En quelques secondes à peine, nous jouissons presque en même temps l’un sur l’autre. Moi sur la peau nue et tiède de son ventre. Lui sur ma chemise encore boutonnée, comme par miracle.

Je m’effondre sur le canapé, épuisé par l’effort, et émoussé par le plaisir. Il s’allonge contre moi et, avec une tendresse infinie, dépose quelques rapides baisers sur ma joue. Nous laissons ainsi passer quelques minutes, le temps que l’orgasme s’estompe. Puis il se lève, quitte la pièce et revient quelques instants plus tard. D’un geste attentionné, me tend un mouchoir en papier pour essuyer ma chemise tâchée. Il rechigne à se rhabiller, laissant son sexe rétréci mais toujours impressionnant se balancer au rythme de ses mouvements.

- Tu restes manger ? me demande-t-il alors, tout nu et plein d’espoir. Tu es végétarien, non ? Je peux te préparer des aubergines farcies, si ça te dit...

J’accepte volontiers, ces ébats avec mon supérieur hiérarchique m’ont ouvert l’appétit.

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