XIV – Le Gigolo cheap pour vieilles folles

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Le type qui apparaît sur le seuil, obèse et sans un poil sur le caillou dans un costume de lin beige se fige. Son œil épuisé nous dévisage. Je ne comprends pas. Éric n’a pas laissé entendre que nous serions trois. Je ne panique pas. Avec son cartable en cuir et ses poils blancs qui dépassent de sa chemise trop ouverte, il paraît inoffensif. On dirait un François Hollande chauve. Lui non plus ne fait pas partie de mes goûts de prédilection, mais… pourquoi pas ? N’est-ce pas ce que ferait Arthur ?

— Bonsoir… ?

— Bonsoir, mon chéri ! Tu n’avais pas ton Conseil d’administration ? demande Éric d’une voix mielleuse.

— Il a été reporté… Tu n’es pas seul… ?

— Je te présente… Martin.

Je ne le corrige pas. Le nouvel arrivant paraît tendu. Il n’a pas l’air au courant. Il ne devait pas être là ce soir. Soit un grain de sable s’est glissé dans le plan d’Éric, soit il voulait se faire surprendre pour mieux finir à trois. Voilà un scénario de porno bien rodé.

— Bébé, je t’ai parlé du stagiaire qui commence aujourd’hui ?

— Non.

Apparemment, le sexe à plusieurs n’est pas dans les projets de mon hôte. Et probablement pas dans celui de François Hollande, dont le regard si pénétrant me donne l’impression de subir une IRM. Comme pour un tel examen, je reste immobile. Lui cherche un détail révélateur. Il scanne les verres sur la table basse et le canapé. Il avance au ralenti. Il dépose son porte-documents sur une chaise, l’œil perçant. Son économie de mouvements tranche avec l’agitation d’Éric qui s’exprime avec force gestes et pas inutiles.

— Eh bien, c’est lui.

Ma présence étonne François Hollande.

— On s’est pris une saucée. Comme on était juste à côté, je lui ai proposé de sécher ses vêtements à la maison, plutôt que d’attraper froid.

— Tu l’invites à sécher ses vêtements et la première chose que tu fais, c’est le foutre trempé sur le canapé en cuir italien qui nous a coûté trois mille balles pour boire un whisky ? Mais où as-tu la tête Éric ?!

Je me lève et balbutie des excuses, en tentant de la main d’effacer ma silhouette d’eau du sofa.

— Ce n’est pas ta faute, Martin, c’est Éric qui oublie toujours la valeur des choses et le sens des priorités.

— Il fallait d’abord le réchauffer, non ?

— Il existe des douches pour ça, Éric ! Des douches ! Ça coûte moins cher que de retapisser un canapé !

François Hollande attrape un rouleau d’essuie-tout et se hâte d’éponger le canapé. Je reste à l’écart. Alors qu’il tamponne le cuir, son œil frôle mon short et ma braguette encore ouverte. Même s’il a repris sa taille normale, il ne doit rien manquer de mon sexe.

Son opération terminée, François Hollande évalue le résultat du bout du doigt.

— Ça devrait suffire. On verra bien si ça gondole dans les prochaines heures.

Il s’éloigne dans la cuisine en continuant de grommeler pour y jeter les feuilles usagées. J’en profite pour refermer mon short. Éric s’est calmé. Il présente même une mine victorieuse. L’épisode du canapé semble avoir détourné Éric de ma présence. Quand François Hollande revient, il avance un timide sourire.

— Il faut croire que c’est moi maintenant qui perds le sens des priorités. Bernard, enchanté.

Il me tend une main molle. J’accepte sa poignée en renouvelant mes excuses. Il les refuse d’un mouvement de doigts et m’invite à passer à autre chose.

— À la douche maintenant ! déclare Éric. Tu vas me donner tes vêtements. Nous allons les passer au sèche-linge. Je vais te prêter quelque chose en attendant.

Je le suis dans les escaliers. Bernard reste à inspecter le canapé. Je n’arrive pas à savoir ce qu’il pense de moi. Croit-il vraiment en cette histoire de stagiaire ? Et s’il devinait mes véritables intentions, serait-il capable de se transformer en Hannibal Lecter ? À bien l’observer depuis la mezzanine, je doute que quelqu’un d’aussi mou puisse se transformer en prédateur.

— La salle de bain est ici. Je t’apporte des rechanges.

J’entre dans la pièce en question. Je ne ferme pas la porte. J’ai envie de jouer avec Éric et la naïveté de Bernard. C’est probablement dégueulasse pour ce dernier, mais c’est Éric qui a commencé. À l’image du reste de la maison, la salle de bain est immense et dans des nuances de blanc, dorures et marbre. J’ôte mon t-shirt et mon short. Dans les miroirs qui me scrutent froidement, je constate que ma bouée de graisse a mû en gilet de sauvetage. Merci aux rosés et plats surgelés de Jean-Kum Kardashian. Je grimace. Il faut croire que chaque jeu a son prix à payer.

La porte s’ouvre. Éric pose sur une chaise un short et un débardeur. Il se fige et me reluque.

— Je n’ai pas mieux, mais ça sera parfait pour toi. (Il s’arrête pour me reluquer.) Tu es très joli. J’ai envie de toi.

Il s’approche et commence à me caresser devant et derrière. Il s’apprête à m’embrasser, quand l'autre le hèle. Nous grognons en chœur. Ma réaction semble lui faire plaisir.

— On remet ça plus tard.

Il me tapote la fesse, virevolte et en un « J’arrive ! » disparaît sur le palier. Je me retrouve à nouveau seul face aux miroirs. La seule chose qui a changé est mon sexe maintenant érigé. Une goutte perle en son sommet. Je l’empoigne. Mon corps s’électrise. Je l’agite lentement. Je repense à Jean-Kum Kardashian dressé sur son kayak. Sous mes paupières, je revois son corps toujours offert et… refusé. La frustration stoppe mon élan. J’ouvre les yeux. Je préfère que les deux hommes en bas s’occupent de ça.

***

C’est un nouvel homme qui descend. La douche a évacué le stress qui s’est noué à Fontainebleau. Dans le microshort blanc et le débardeur pastel G-STAR qu’Éric m’a filés, il ne reste rien du Parisien que je suis devenu. Me voilà dans la peau d’un lycéen à la mode de Salon-de-Provence. On ne fait pas dans la finesse. Ce n’était en tout cas pas l’intention d’Éric quand il a choisi cet ensemble qui ne masque rien de mon anatomie. Si je tire sur le short, mon ventre déborde ; si je le remonte, mon sexe se barre par une jambe (parce que, bien sûr, Éric ne m’a prêté aucun sous-vêtement). J’ai l’impression d’être un gigolo cheap pour vieilles folles. Le reflet que me renvoie la baie vitrée déjà sombre m'arrache un sourire.

La réaction de Bernard en me voyant est illisible. Je ne sais pas s’il tique ou s’il se rince l'œil. Éric s’approche de moi, badin. Il me tend un verre de whisky et m’installe face à eux sur un canapé. L’apéritif est déjà dressé.

— Donc tu es stagiaire. J’imaginais des stagiaires un peu plus… jeunes.

Dans le dos de Bernard, les yeux d’Éric s'affolent. Ses lèvres tentent d’articuler quelque chose. Il plaque encore et encore ses épis sur son crâne. Je le coiffe au poteau.

— Oui, je suis en reconversion professionnelle. C’est un stage de trois mois pour valider une formation continue d’un an. Je suis arrivé aujourd’hui dans l’entreprise d’Éric.

— Une formation pour être commercial ambulant ? Ça me paraît excessif. Je recrute aussi des vendeurs en reconversion, mais nous nous chargeons nous-mêmes de les former.

Commercial ambulant ? Éric m’avait dit être chef d’entreprise.

— C’était dans quelle école ?

Je ne me démonte pas. J’invente un nom. Pour m’amuser, je lui demande s’il connaît.

— Non.

L’inverse m’aurait étonné. Il m’interroge sur l’école. Où elle se trouve, les certifications proposées, etc. Je brode. Je détourne rapidement la conversation. J’explique que je viens de quitter la capitale. Je lui sers les quelques clichés sur la vie parisienne que me ressasse ma mère chaque fois que je l’ai au téléphone. Nous échangeons ensuite quelques banalités sur ma soi-disant première journée et mes attentes dans cette entreprise dont je ne connais rien. J’alterne remarques vagues et faussement précises pour noyer le poisson en picorant des cacahuètes sous le regard amusé d’Éric.

— Je ne veux pas gâcher ton expérience, mais si tu rêves d’une grande évolution à la parisienne, ce n’est pas chez Tous les outils que tu seras comblé. Après presque dix ans chez eux, Éric continue de faire du porte-à-porte de garages et de découcher deux nuits par semaine…

Quel coquin cet Éric ! Je doute que son métier requière vraiment des nuits d’hôtel. Bernard est trop crédule. Il est d’ailleurs facilement tombé sous mon charme. Il semble même tout à fait à l’aise dans sa position de celui qui sait, les deux jambes écartées dans son fauteuil.

— Et vous ? Que faites-vous dans la vie ?

— Tu peux me tutoyer. Je dirige une boîte de maçonnerie. C’est étonnant, n’est-ce pas, un pédé dans le bâtiment ?

Il feint un rire avant de me raconter l’histoire de l’entreprise familiale que son père lui a léguée à lui plutôt qu’à sa sœur pourtant plus encline à diriger une boîte. Pendant ce temps, Éric, qui doit souvent entendre ce récit, se lève et nous verse un nouveau whisky.

Je réalise alors que le chef d’entreprise du couple est Bernard et non Éric. Ce dernier doit se faire passer pour son mec pour amadouer ses conquêtes. La maison doit aussi être l’œuvre de Bernard. Je ne remarque d’ailleurs que maintenant sa tenue pâle, comme les murs et le mobilier. Il doit être obsédé par l’immaculé. Finalement, il y a peu d’Éric ici. Le rouge de Rothko attire mon regard. Il n’y a peut-être même rien de lui…

Alors que Bernard expose une anecdote quelconque, du reste probablement très passionnante, je comprends qu’il ne se passera rien, ni maintenant ni plus tard. La seule chose qui intéresse le vieux patron est de lustrer son image devant le jeune stagiaire que je suis censé être. Le ciel est par ailleurs noir. Je ne dois pas traîner. Je vide mon verre et me lève. Le sol chancelle sous mes pieds.

— Mes vêtements doivent être secs. Je vais y aller. Il faut que je m’enregistre à l’hôtel.

— Non !

— Qu’est-ce qui te prend, Éric ?

— Il a bu cinq whiskies. Ce serait criminel de le laisser reprendre la route.

Bernard m’observe me balançant d’un talon sur l’autre pour forcer l’équilibre. Il soupire.

— Il a raison, Martin. Oublie ton hôtel. Notre chambre d’amis sera plus confortable.

L’invitation est tentante. Rouler sous un ciel d’encre ne me fait pas rêver. Mais quitte à subir une énième nuit de frustration, autant la vivre chez ma mère. Quoique… Dans le doute, je refuse en restant dans mon personnage.

— On se verra demain, Éric.

Je m’apprête à partir quand il sort une clé de voiture de son jean DIESEL. Je reconnais le porte-clés de l’entreprise de location. Il a dû la récupérer dans mon short.

— Je te la confisque. Je te la rendrai demain. C’est non négociable.

— Éric a raison. Ce serait irresponsable de notre part de te laisser partir dans cet état.

Il faut croire que je n’ai pas le choix. Et puis, j’aurais l’air bien con à expliquer à un policier que l’arbre dans lequel je me suis embouti est responsable de l’accident. Il a déboulé sans prévenir, monsieur l’agent !

***

— Tu habites seul ? demande Bernard.

— C’est vrai ça, t’as quelqu’un dans ta vie ?

— Oui. Je suis marié.

— Comment s’appelle l’heureuse élue ?

Bernard sait aussi bien que moi que je suis gay, mais il joue sur l’ambiguïté de sa formule pour me mettre à l’aise. Après tout, je pourrais être dans le placard. Bien sûr, il ne voit pas le pied d’Éric qui joue avec mon sexe à deux doigts d’exploser sous la table.

— Il s’appelle Arthur.

— Il serait temps qu’on le fasse, nous aussi… On aurait pu en mai 2013 quand la loi est passée, mais on ne s’est pas posé la question. C’était tellement ancré en nous que deux pédés qui se sont rencontrés dans une partouze ne peuvent se marier que l’idée ne nous a pas traversé l’esprit.

Je fronce les sourcils face à son impudeur. Maintenant qu’il n’a plus de doute quant à ma sexualité, il ouvre les vannes, comme si lui annoncer que je suis gay lui donnait le droit de me révéler ses penchants les plus sombres.

— Oh… j’étais… différent à l’époque, répondit-il à ma surprise. J’étais svelte. Je mangeais pour trois et ne prenais pas un kilo. La vie m’a rattrapé, je crois. Nous étions aussi un peu plus… fous. Nous traînions sur les parkings et aires de repos pour rencontrer des garçons. C’était bien avant Grindr.

Il explose de rire. Je bois une nouvelle gorgée de vin pour rafraîchir mes ardeurs.

— Nous nous montrions bien inconséquents, quand nos amis se battaient jusqu’à épuisement pour obtenir « le droit à la normalité », comme ils disaient. Ils couchaient avec des apollons, habitaient pour certains dans de véritables manoirs, mais ça ne leur suffisait pas. Ils avaient besoin de ce certificat de mariage pour accepter d’être heureux.

« À côté d’eux, j’avais honte. Au début, on leur racontait nos aventures. Ça les faisait marrer. C’était « exotique ». Puis les sourires gênés ont remplacé leur complicité à mesure qu’ils s’enfonçaient dans leur militantisme. Vers la fin, ils répétaient des choses comme « je ne suis pas sûr que vous renvoyiez une bonne image de la communauté ». J’en suis arrivé à me détester, à me sentir… anormal. Nous avons arrêté de leur parler. Puis de les voir.

Il se lève et rapporte le fromage.

— Le mariage c’était pour eux, pas pour nous qui couchions avec un gars différent tous les soirs… Ne te méprends pas, Martin, Éric et moi nous aimions follement. Je sais que tu es de la génération du PACS. Tu n’as probablement connu que la monogamie, bercé par les images des gays aux amours bien hétéros qui émaillent tes séries télé. Mais voilà, notre monde était différent. Nous aimions le cul et nous l’expérimentions avec tout le monde, mais toujours ensemble. C’était ça, notre vie, et nous ne l’aurions échangée pour rien au monde.

Il glousse de son jeu de mots. L’image d’Éric seul aux pissotières me rend triste pour lui. D’un coup de main, j’écarte les orteils qui me chatouillent encore mon sexe devenu mou. D’une grimace, il tente de négocier, mais le regard que je tire sur son copain le calme.

— Le temps étouffe les ardeurs. Il nous arrivait de plus en plus souvent d’être trop fatigués pour errer la nuit à l’orée des bois. L’inconfort des voitures, surtout avec le gabarit que j'ai fini par occuper, a eu raison de nos excursions sur les parkings. Et l’envie s’est tarie.

Il ricane, mélancolique.

— Jeunes, on pensait que c’était triste les vieux qui ne baisent plus. Éric et moi nous étions même promis de nous suicider à la Roméo et Juliette le jour où nous ne ferions plus l’amour… Mais comme tu peux le voir, nous sommes encore en vie.

Bernard se lève et change de CD. Un violoncelle emplit la salle, quand il s’assoit à nouveau entre nous.

Suite pour violoncelle seul de Bach. Rien n’est plus beau que cet instrument. Et ce compositeur. Aujourd’hui, la musique est la seule chose qui me fasse autant vibrer que le sexe à l’époque. La vieillesse rend romantique.

Il avale son verre d’un trait et essuie la larme qui glisse sur sa joue. Éric reste sourd dans son fromage.

— Alors, oui, peut-être qu’il est temps de penser à nous marier.

La tristesse de cet homme me tord l’estomac. J’ai envie de l’enlacer et de lui chuchoter qu’il doit mettre Éric à la porte. Je crève de lui avouer qu’il n’a jamais été fidèle, si ce n’est à son propre plaisir. Mais qui suis-je pour m’immiscer dans leur vie et faire voler en éclat leur belle utopie ?

***

Je suis allongé sur le lit. Je fixe le plafond de la chambre d’amis. Il tourne sur lui-même. J’ai trop bu. Je n’ai pas eu la force de fermer les volets. La lumière du parking transperce la fenêtre. Mes paupières sont lourdes, mais le sommeil ne veut pas me prendre. Je suis agité. Ma boîte d’antidépresseurs gît à côté de la clé de voiture, sur mes chaussures sèches et mes vêtements pliés et repassés par Bernard, mais je n’ai plus la force de me lever. Mes jambes commencent déjà à se crisper par l’équitation de l’après-midi et ma danse sous la pluie.

La soirée s’est achevée sans drame. Éric n’a pas tenté de nouvelle approche. Il a fini par comprendre que l’instant est passé. J’en suis moi-même déçu. Je suis venu désespéré à l’idée d’être enfin touché et mon désir a été anéanti par le récit touchant de Bernard. Malgré ce que mes tripes veulent, je refuse de trahir la confiance qu’il m’a accordée.

— Tu regrettes de ne pas t’être soulagé sous la douche maintenant, n’est-ce pas ?

Je tourne à peine la tête et grogne. Arthur est appuyé contre un mur, dans un pyjama écossais. Il arbore un bonnet de nuit, comme les gosses de Peter Pan. Je laisse retomber ma tête. Je plante à nouveau mes yeux dans le plafond.

— Lequel trahit lequel selon toi ? Le vieil alibidineux qui a passé sa jeunesse sur les lieux de drague ou le vieux dépravé qui continue de traîner autour des urinoirs ? (Je soupire.) Est-ce donc ce qui nous attend ?… Nous vivons pour assouvir nos désirs sans filet comme si nous étions certains qu’ils dureraient toujours, quand ils ne peuvent que se fracasser contre la perte de libido, la mienne ou la tienne…

— Tu es incapable de franchir un feu rouge. Tu ne me trahiras jamais.

— Qu’ai-je fait alors ces dernières heures ?

— Sucer n’est pas tromper.

— Connerie.

— Contrairement à Éric, toi tu m’en parles.

— Tu n’es qu’une illusion.

— Je ne suis donc que ça pour toi ?

— Tu m’épuises, Arthur…

Je tourne la tête. Il joue avec le pompon de son bonnet. Mes yeux se ferment tout seuls. Je laisse ma tête retomber sur l’oreiller. Arthur me manque… Le vrai. J’ai envie de l'écouter, qu’il me parle de sa journée ou de choses sans conséquence. Mais c’est impossible. Que répondrais-je à ses interrogations ? Que je lui ai menti et que je ne suis pas chez Blanche ? Que j'ai vécu cinq jours chez un fan de ma bite et que je suis à présent chez un type avec qui j’avais prévu de baiser ? Non non. Ce qu’il ne sait pas le rend plus fort…

— Tu n’as rien fait.

— J'ai failli.

— Mais tu n’as rien fait.

— C’est un coup de chance.

— Tu le crois sérieusement ?

J’essaie d’y réfléchir. Mon cerveau cale. Peut-être. Il a sûrement raison. Mon inconscient décide pour moi.

— Parfois, ne pas trahir revient à se trahir soi-même.

Je tente de le dévisager. Il a disparu. Je me laisse retomber sur le matelas. Et s’il avait raison ? Et si pour le respecter je devais me respecter moi-même ? N’est-ce pas comme ça

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