III – Le Public honteux

6 minutes de lecture

Mes yeux brûlent de fatigue. Il est deux heures moins le quart sur l’horloge de l’ordinateur. Arthur ronfle dans la chambre à côté et le chien dans son panier, au pied de l’étagère des projets avortés. Celle-ci aligne les boîtes en similicuir cloîtrant comme des cercueils les feuillets de romans entamés et les fiches préparatoires sur lesquelles sont couchés portrait des personnages et structure des intrigues inachevées. Un vrai mausolée…

Face à elle, une autre bibliothèque expose les livres que j’ai adorés, ceux qui me servent à documenter mes histoires, et ceux que j’ai gardés pour répondre, sans avoir l’air trop con, au journaliste de France Culture. « Bien sûr, c’est ce que Zola appelait… » Aucune idée… Merde.

La pièce est vide si ce n’est, adossés aux murs, les deux étagères, le tourne-disque, le panier du chien et le bureau en verre trempé sur lequel reposent mon manuscrit en cours et ma machine à écrire, une Remington Super Riter que j’ai fini par dénicher à Londres, après des mois à écumer les brocantes et marchés aux puces de France et de Navarre. Quand je suis assis devant ma page blanche, je fais face à la fenêtre ouverte sur la cour, silencieuse à cette heure-ci. Seul résonne encore le vinyle rose transparent de La Vita Nuova de Christine And The Queens, dont les disques sont les rares que j’écoute quand ne tourne pas, lorsque j’écris, une compilation des meilleurs morceaux de musique classique.

It's just that me, myself and I…

Je soupire de satisfaction et m’enfonce dans mon fauteuil (en vrai cuir celui-ci). La nuit ne pouvait mieux finir. Je ferme les yeux encore en extase. Je m’enivre du parfum de la crème solaire et du goût fumé du Birthday Boy qui me reste sur la peau. Ses longs doigts m’agrippant la nuque, les cheveux, les hanches. Son sexe dressé comme un cierge… Nul besoin de se faire prier… Arthur officiant la communion. Ceci est son corps, livré pour nous. Les gravillons crissant comme des louanges de l’autre côté de la haie. Nos enveloppes charnelles. Partagées. Consacrées. En transe. Et Arthur sanctifié.

Une alerte tonne. Je me redresse. La vidéo est chargée. Je double-clique sur le fichier. Mon dos en accordéon apparaît, claqué par le bas-ventre de Birthday Boy. Je reconnais ses chaussures jaunes. Et les ombres des spectateurs. Je bricole un montage sommaire, glousse de mon jeu de mots, et enregistre le nouveau fichier.

J’ouvre Tumblr. Une vidéo s’anime. Un homme body-buildé et tatoué travaille le derrière d’un autre, blanc de jeunesse, offert au bord d’un lit. On dirait une chambre d’étudiant, avec un poster de Troye Sivan légèrement de travers. Le lumberjack et le twink… un classique du répertoire gay qui fonctionne toujours. L’image est floue et tremble, signe d’un caméraman amateur qui n’en perd pas une goutte. Mon œil se suspend devant le spectacle. Lorsque la scène se fige, je clique sur le cœur sous la vignette.

Je crée un nouveau billet. Je glisse le film tout juste remonté. Je ricane à nouveau comme un gosse, le temps que le fichier se charge. J’ajoute une description, sans faire dans la périphrase (mes abonnés Tumblr n’attendent pas de poésie) : Bourriné au jardin du Louvre. Le correcteur automatique remplace le premier mot par « boudiné ». Con d’intelligence artificielle… Je grogne et rectifie la légende. J’ajoute quelques hashtags et publie.

Je m’immobilise et regarde de travers la porte du bureau. Elle reste silencieuse. Arthur dort profondément. Il ne débarquera pas. Je clique sur l’icône de la messagerie. Kum Kardashian a envoyé de nouveaux messages.

Kum Kardashian : Alors ? T’arrives à quelle heure ?

Kum Kardashian : Tu peux dormir à la maison, j’ai de la place !

Kum Kardashian : Si tu n’as pas peur de la proximité…

Kum Kardashian : Je n’ai qu’une seule couverture…

Kum Kardashian : ;)

Je souris et réponds.

Narcissus Is Black : J’ai pensé à toi. Je viens de publier une nouvelle vidéo.

Je joins le lien. Comme j’aime le faire deux à trois fois par semaine, je clique ensuite sur « Trafic du Tumblr ».

2 006 abonnés, 318 notes et 16 nouveaux abonnés ces trois derniers jours.

Voilà, en moins d’un an, j’ai passé la barre des deux mille abonnés. Et ça va crescendo… Je me renfonce dans le dossier. C’est quoi deux mille personnes ? Une salle de spectacle ? Quelque chose comme L’Olympia ? Je soupire, impressionné par mes propres performances. J’imagine déjà les lettres rouges de mon nom se déployant sur la façade… Narcissus Is Black. Tant de succès laisse songeur…

Je me relève. Le cuir craque. Maintenant que j’y pense, avec les partages et les likes qui affichent mes publications sur le profil d’autres blogueurs, le nombre de personnes ayant reluqué ma bite et mon cul doit être vertigineux… Là, on ne passe peut-être pas au niveau de Bercy, mais très clairement au Zénith de Paris. D’un coup, je me vois sur la scène où se produisait Christine And The Queens, nu, en érection, devant des milliers d’hommes sans visage. De toute taille. De toute corpulence. De toute sexualité. Probablement de tout genre. Voire de tout âge. Merde, peut-être aussi des enfants… Non non, pas d’enfant.

Je visualise alors le visage de mes parents qui auraient quitté leur Auvergne d’adoption pour assister au spectacle. Leur fils remplit une salle ! Ma respiration s’enraye. La honte. Ils auraient quitté le chantier de Notre-Dame pour rejoindre Bercy, sans savoir ce qui les attend. Ils se retrouveraient alors dans une salle bourrée de sales pervers remplis de joie à l’idée de reluquer leur fils et se rematant mon profil pour patienter.

J’ai l’impression d’avaler l’air par grumeaux. Quelle honte ! Mon cœur battrait jusqu’à imploser. Mon producteur me pousserait sur scène dans mon plus cruel appareil. J’essaierais tant mal que bien de me dérober à la vue du public. Je me sentirais violé. Humilié face à ces inconnus. Alors même que, seul devant mon portable, je cherche sans cesse de nouveaux scénarios pour les exciter. Je croiserais le regard de ma mère, incapable de réagir. Elle a accepté que son fils soit homosexuel, elle a appris à prononcer le mot gay, mais là… Il n’y a rien. Pas même un adjectif acceptable pour me qualifier. Même Caïn ne se serait pas rendu coupable d’un tel péché. Je serais l’unique coupable. C’est moi qui m’exhibe et me mets en scène.

J’inspire. J’attrape ma tasse et avale de travers une gorgée de tisane brûlante. La chaleur refroidit mes esprits. Il vaut mieux ne pas y penser. Tout ça ne sortira jamais de mon téléphone. J’ai un public secret. C’est tout. J’ouvre une autre fenêtre. J’entre l’adresse de mon blog de nouvelles, comme pour recouvrir cette perversité d’une page de littérature. Je clique sur « trafic ».

Fréquentation : 12 lecteurs en mai, 4 en juin. Temps de lecture moyen : 30 secondes. Nouveaux visiteurs : 0 %.

Je me plante dans le dossier. Je comprime mes paupières et presse mes tempes avec les pouces pour étau. C’est pitoyable. J’ai créé mon blog de nouvelles il y a quatre ans et je tourne encore à quinze lecteurs par mois. Si je le voulais, je pourrais tous les réunir. Ils ne rempliraient même pas une salle de classe de petite section… Quatre ans de travail pour satisfaire douze gamins de trois ans… Et encore, satisfaire… ce n’est pas en trente secondes, temps de consultation moyen, qu’on lit une nouvelle de dix pages. Sur les rares lecteurs enregistrés comme tels, une très faible proportion a vraiment dû s’attarder sur mes écrits. Alors, les aimer… On est très loin des fans de Tumblr…

Je rouvre les yeux et analyse le détail du trafic. Facebook m’a ramené trois visiteurs. Je ricane, les dents serrées. Je cumule cent cinquante amis sur le réseau social et une vingtaine de « j’aime » à chaque publication vers mon blog, et seulement trois font l’effort de cliquer sur le lien. Dans mon entourage, plus d’une quinzaine de personnes sont donc des menteurs. Et des abrutis qui pensent que je ne le remarquerais pas…

Le bras de la platine se lève et se range sur son support. Le disque s’arrête.

D’un coup sur la souris, je ferme la fenêtre. Tumblr ressurgit. Ma vidéo comptabilise déjà trente-neuf cœurs, onze partages et trois commentaires. Considérablement plus que les zéros commentaires de mon blog…

Une pastille « 3 » est fichée sur l’icône de la messagerie. Kum Kardashian a déjà répondu. Fait chier… Je me lève, comme écrasé par une colline de déchets. Je claque le capot de l’ordinateur, celui du tourne-disque et la porte sur cette journée décevante.

Deux vues sur mon blog de nouvelles… Allez, c’est toujours une de plus qu’hier…

Nan… ça reste pitoyable.

Annotations

Recommandations

Adrien de saint-Alban


George Duroy se demandait s'il était correctement habillé lorsqu'il posa la main sur la poignée de porte. Il se toisa, se jugea apte à l’examen en remettant son col de chemise bien droit. L’appréhension qu’il pouvait décevoir l’angoissait. Son apparence était comme une garantie de crédibilité, de respectabilité. Aussi, lui servait elle de bouclier face au jugement qu’une femme pouvait avoir sur sa personnalité physique. Et donc le moindre détail vestimentaire comptait. Il était toutefois rassuré car il allait séduire par son vocabulaire assez riche et détonant. Il se regarda dans le reflet de la porte pour s’assurer qu’il s’ était correctement apprêté. Il allait pénétrer dans un monde qui n’était pas le sien. Un monde qui n’était plus le sien, celui de l’usine, le monde des hommes et des machines, le monde du bruit et des cadences infernales. Il entrait dans “l’autre monde”. Un monde où il ne serait plus le maître mais un intrus. Le royaume de la toute puissance de la femme où l’homme, l’ouvrier “sale” qu’il était, n’a pas sa place. Un monde propre et feutré où il faut savoir parler, mesurer son langage. Un monde qui décide de la vie et de la mort sociale du salarié. Un monde qui peut se muer en un tribunal implacable et sans merci dès lors que l’ouvrier ne sera plus en mesure de remplir sa tâche de productif. Tel un animal malade ou blessé devenu improductif, il se verra alors signifier la fin de son parcours vers la “déchetterie”, abattoir pour animal humain appelé par euphémisme pôle emploi, où le salarié devenu inutile ira végéter dans l’antichambre de la mort sociale attendant la mort physique. Les “ressources humaines”. Un concept qui nous vient des ricains. Un doux euphémisme subtilement paradoxal qui vide la personne humaine de sa dignité et de sa substance philosophique pour ne garder que l’aspect purement productif. La recherche de rentabilité exige de la “ressource humaine” corvéable et échangeable à souhait. Un matériel humain “flexible”. De la chair à canon en temps de guerre, de la chair à patron en temps de paix. De la chair “renouvelable”. La mode est au jetable et au renouvelable. Le patron n’ a qu’à se servir. Ressources naturelles, on creuse et on a du pétrole, sans se soucier à qui appartient ce pétrole. Les “ressources humaines”. Depuis que l’éboueur est devenu “ ripeur ”, la femme de ménage une “ technicienne de surface ”, le service du personnel le bureau des “ ressources humaines ”, le salarié n’a jamais été autant méprisé, humilié, bafoué. On le flatte par une carotte sémantique, une carotte qu’en fin de compte on lui fourre dans le cul une fois le dos tourné. La vaseline étant fournie par les syndicats. Le salarié comme ressource humaine on le presse comme un citron. Une ressource renouvelable et inépuisable. Une fois pressé et qu’il a donné tout son jus, on le jette et on en prend un autre. Comme un puits de pétrole sitôt épuisé, on en creuse un autre et ainsi de suite. On le jette à pôle emploi dès qu'on ne veut plus de lui. Si c’est une vieille peau on le met à la retraite, on lui fait comprendre par des moyens divers et variés qu’il n’est plus bon à rien, désormais mauvais à tout.
Voilà ce que signifie le concept ”ressources humaines”.
Georges Duroy courba l’échine et entra. Lorsque Wonderwoman aperçut George Duroy sur le pas de porte, elle s’avança vers lui la main tendue pour le saluer, le sourire aux lèvres, un sourire convenu. Il ne se faisait pas d’illusion sur cette femme. Une femme puissante, le gendarme de la boîte, un gendarme dressé à l’affût de tout absentéisme injustifié. Petite de taille mais grande dans l’échiquier du pouvoir, un pouvoir exclusivement aux mains des femmes. Un pouvoir dont les hommes ont été exclus. Un féminisme instauré comme une chape. Un féminisme imposé. Un féminisme idéologique. Un féminisme exclusif, étriqué pondu par un esprit non moins étriqué. L’ennemi du féminisme est la femme elle même. Derrière sa silhouette avenante se cache une femme sans merci pour le type qui oublie que tous les jours il doit franchir les tourniquets de sécurité avec pour mission servir l’entreprise. Il a signé pour en chier. Et il en chiera tant que Wonderwoman n’aura pas sonné le gong de la retraite, à moins que l’esclave n’ait rendu l’âme avant l’échéance programmée. Les cancers, les suicides ou risques psychosociaux pour utiliser un euphémisme à la mode liés aux cadences, les troubles musculosquelettiques, les AVC, les malaises cardiaques, les rachialgies, autant de pathologies qui guettent l’ouvrier esclave moderne dont toutes les wonderwomen macronnisées du monde se foutent comme de leur première culotte.


Adrien de saint-Alban
0
1
0
3
Défi
Aden Dofworld

Je n’étais pas nu en arrivant hier soir. La lumière légèrement filtrée par les rideaux de la grande fenêtre me réveillait lentement. C’est le fouillis dans ma tête. Des images s’entrechoquent. Des odeurs, des goûts. Non, vraiment. Je ne me souviens pas d’être arrivé totalement dévêtu dans ce grand lit. J’avais mon jeans usé mais qui a beaucoup de cachet, que je voyais devant moi, sur la chaise devant une coiffeuse ancienne, avec son miroir et mon reflet, mes tatouages marqués de griffures, et un drap juste entre ses jambes, juste pour me cacher mes propres parties intimes. « Je les connais, pas la peine de les cacher ». Mon tee-shirt aussi s’y trouvait sur cette chaise, ainsi que ma veste de costume. Mes chaussettes et mon boxer se trouvait par terre, près de mes Converses toutes neuves. J’étais en train de me rappeler mon accoutrement lorsqu’un mal de crâne me prit. Je me recouchais alors aussitôt. Je regardais autour de moi, et j’avais du mal à rassembler mes souvenirs. Encore une fois ça devait être tout l’alcool que j’ai bu une fois de plus depuis que j’ai arrêté mon travail pour cette année sabbatique. D’ailleurs je sentais encore le malt. En plus d’une odeur plus parfumée et sucrée. Et Dieu seul sait, s’il existe vraiment, que ce n’est pas mon parfum car j’en mets très peu.
Et cette odeur persistait sur l’oreiller à coté de moi. J’y mis mon nez pour essayer d’inspirer fortement tout le parfum, laissant alors se découvrir mes fesses. Je m’en suis rendu compte par le rafraîchissement sur leurs joues.
Un bruit de porte finit par me sortir de mon shoot. Je levais la tête du coussin et sans regarder derrière moi, et je me sentais évidemment, non pas juste observé, mais dévoré du regard. Je fermais les yeux un instant en espérant juste que ce ne soit pas un homme qui me reluquait. « Pitié… Pitié… », pensais-je au fond de mon esprit. Je rouvris les yeux et me remis dans la position de mon réveil.
- Bien dormi? Je lâchai un soupir de soulagement.
Devant moi, une jeune demoiselle en nuisette tenait encore la poignée de la porte dans sa main en me souriant. Un sourire malicieux, avec des lèvres roses appétissantes. Sa chevelure légèrement rousse s’arrêtait au niveau de ses épaules recouvertes par deux fines ficelles qui tenait une nuisette soyeuse avec un décolleté incroyable. J’attardais mon regard sur sa poitrine qui paraissait parfaite. Aucune trace de soutien-gorge ou d’autre artifice ne me paraissait exister. J’en avais pour preuve la forme de ses tétons qui étaient dessinés en reliefs sur la soie blanche et pure de sa nuisette. Ses seins avaient même l’air de tenir tout seul. Il me venait à l’idée de les toucher. Je voulais absolument les toucher. Sa nuisette s’arrêtait au niveau de son entrejambes laissait apercevoir un string assortis. En dépassaient deux magnifiques et longues cuisses, suivies de mollets finement dessinés à la correspondance du reste, et des pieds nus.
- Tu es moins bavard qu’hier soir.
- Désolé… je…
- Tu bavais… ?
- On peut dire ça comme ça.
Elle lâcha la porte et la poussa afin qu’elle claque sensuellement derrière elle. Je ne sais pas comment elle avait réussi à faire ça, mais l’effet était très réussi. Elle avança délicatement vers moi et attrapa la couverture qui cachait mon pénis. Elle tira sur le tissus que je m’empressai de rattraper de mes mains. Elle força la pression et je lâchais prise comme par envoûtement. Il faut dire que, comme tout homme, j’avais la montée facile, et le fait de voir une si belle créature arriver de la sorte ne pouvait que me donner envie de me montrer très enchanté de faire, ou apparemment refaire, sa connaissance. Elle sourit tout en faisant délicatement glisser le drap qui vit bouger mon pénis en érection. Un petit sentiment de gêne me parcourut qui disparut très vite après qu’elle se mise à faire glisser ses mains sur mes cuisses, les approchants de mon sexe. J’eu un moment d’égarement lorsqu’elle se mis à baiser autour de mon engin dressé. Je sais qu’il n’est pas surprenant, mais il sait être très utile.
Après y avoir fait le tour sur mes parties rasées avec ses lèvres et sa langue, elle fit glisser cette dernière tout le long avant de faire passer le tout entre ses lèvres. Un effet de succions qui finit par me faire ouvrir la bouche et lâcher un soupir de plaisir.
Pendant qu’elle avait l’air de se délecter de moi j’avais quelques questions qui me traversaient l’esprit. Où étais- je ? Qui était-elle ? Et qu’est ce que j’ai bien pu faire cette nuit ? Evidemment, aucune réponse me venait à l’esprit, vu la belle demoiselle qui s’occupait de moi. J’avais mes mains posées sur ma tête, elles accompagnaient une touche d’extase et de réflexion. Mais ce fut surtout l’extase qui gagnait. Et qui fit les descendre afin de caresser les soyeux cheveux de la douce rousse nymphe. Son travail commençait faire monter grandement l’excitation en moi. Afin de calmer mes ardeurs et de prendre le contrôle, j’agrippais alors ses cheveux afin d’aller profondément dans sa bouche. Elle me faisait comprendre qu’elle voulait accélérer le mouvement de manière à ce que je finisse au fond de sa gorge. Mais ce jeu commençait à me plaire et je percevais ses gémissements de plaisir. Je serrais plus fermement ses flammes entre mes mains et j’insistais de plus. Elle pressait en même temps mon pénis avec deux doigts afin de me donner de plus en plus de plaisir. Et c’était bon. Très bon. Trop bon même. Elle stoppa le mouvement lorsqu’elle me sentit au bord afin de me faire retomber :
- A mon tour de jouer avec toi.
Je n’avais pas vraiment saisi pourquoi elle m’avait dit cela, mais elle recommença avec encore plus d’insistance sa fellation divine. Au bon sang, s’il y avait un Dieu, il m’aurait instinctivement condamné lorsque que j’ai fini par jouir au fond de sa gorge. Je la sentis déglutir ma sève au fond de sa gorge avec délectation. Son « humm » qui suivit et sa belle langue qui glissait cette fois ci sur les rouges lèvres de sa bouche me fit saisir qu’elle avait envie de bien plus que ça et qu’elle adorait ce genre de chose. En règle générale ça s’arrête à ce niveau avec d’autres partenaires, mais elle recommença son travail comme pour vider tout ce qui pourrait se trouver encore une fois. Elle réussit. Et des insultes sortirent de ma bouche : - Tu aimes çà, hein… petite salope.
Etrangement, elle arrêta. Elle s’appuya sur ses bras et me fixa droit dans les yeux. Des siens, que je n’avais pas vu jusque là. Ils étaient d’un vert magnifique. Mais le regard qu’elle avait au départ avait changé. Elle aurait pu me tuer avec ses yeux qui brillaient. Elle me cracha au visage avant de se lever et de sortir à une vitesse faramineuse. Je crois que j’avais dis une chose que je n’aurais pas dû. Elle ne souhaitait donc pas être sali par des mots.
5
1
5
11
Défi
Sara Horchani

Julien - Chérie tu peux sortir acheter des chocolatines
Muriel -On dit pain au chocolat
Julien-C'est la même chose non?
Muriel-Toute suite se démarquer de reste de la France avec "chocolatine".
Tiens moi je vais aussi dire à ma manière, achète moi du chocolafrique ou chocolabelge
Julien- Très drôle. T'as bien dormi pourtant cette nuit. T'as même ronflé comme un camion de pompier.
Muriel- Si tu continues à me gonfler. Tu iras toi chercher tes pains au chocolat.
Julien: On dit chocolatine
Muriel-On dit pain au chocolat. C'est simple pain au chocolat. ça ne fait pas les snobs du sud-ouest
Julien- Quoi? Je suis un snob maintenant?
Muriel- Tu n'es pas snob mais l'expression "chocolatine " fait snob.
Julien- Pas du tout. Chocolatine c'est très joli. ça chante. ça rayonne. C'est simple. Un mot. Un simple joli mot. Pain au chocolat. Trois mot.
Muriel- Parce qu'il faut économiser les mots. Moins de salive sauve la planète peut-être.
Julien-Moins tes conneries sauvent la planète oui.
Muriel-Charmant.
Julien- C'est toi qui a commencé.
Muriel- Chocolatine rime avec enfantine
Julien-Un pain au chocolat dans ta gueule
Muriel-Susceptible
Julien-Ridicule
Muriel -ça pour être ridicule on est ridicule à nous diviser pour une expression. Je réclame l'unité de la France du pain au chocolat
Julien: Je réclame un réferendum. Objectivement, chocolatine sera élue. Si jolie chocolatine
Muriel: bon dans un couple il faut comprendre l'autre, se montrer ouvert. Je te propose juste pour ce matin une trêve. Tu dis pain au chocolat et moi chocolatine.
Julien: Moi renoncer à la chocolatine.
Muriel: Moi prononcer chocolatine? Faut me donner des cours d'aristocratie
Julien: Tu recommences?
Muriel: Tu as poursuivis. Je n'ai rien recommencé.
Julien: Ecoute pain rime avec vin. On ouvre une bouteille et on oublie cette discussion franchement conne.
Muriel: Du vin du bon matin? Remarque faut être des bourrés pour inventer chocolatine et décider contre toute la France dire chocolatine au lieu de pain au chocolat
Julien: Oui oui nous sommes anticonformistes et libres. On ne va pas suivre le troupeau. Chocolatine c'est joli.
Muriel: Je m'appelle Chocolatine jolie.
Julien: Tu t'appelles Muriel jolie. Il l'embrasse.
1
0
0
2

Vous aimez lire Étienne Bompais-Pham ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0