IV – La Drama Queen

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Le chien dort encore. Il ne bouge jamais avant Arthur. Il ne se jettera sur ses pattes hystériques que dans deux heures. Avant, c’est trop tôt pour l’un comme pour l’autre. Ce matin, ça l’est aussi pour moi. La douche glacée n’a pas suffi à me débarrasser du sommeil. Mes mouvements sont lourds. Mes yeux brûlent de fatigue. J’entre et ferme quand même la porte derrière moi. Du travail m’attend.

Je pose la tasse de thé sur le bureau. Je retire le vinyle rose de La Vita Nuova et le glisse dans sa pochette. J’attrape le coffret de musique classique et sors un disque au hasard. Je le dépose sur la platine, positionne le diamant et fais descendre le bras. La musique démarre au milieu d’un mouvement. J’ai manqué le premier sillon. Une ride tremble à peine sur le front du chien. Sa queue fait un tour et se fige à nouveau.

Je m’assois à mon bureau. L’ordinateur y repose, froid. Le souvenir des messages non lus de Kum Kardashian me revient. Je les ignore. Si Arthur tombait sur cette conversation, il pourrait croire que je me lève tôt pour entretenir mes liaisons adultères. Je soupire, malgré la tentation de savoir combien de nouveaux cœurs et partages la vidéo de la veille a obtenus. Je glisse l’appareil sur une ramette de papier. J’attrape la machine à écrire et la place au centre du plateau. Je tire la feuille encore enroulée autour du cylindre. Je prends mon thé et le sirote en relisant la production de la veille.

Les mots s’impriment à peine dans mon cerveau, mais fatigue ou non, j’avance. Je ne peux pas perdre une journée. Si je chômais aujourd’hui, pourquoi me lèverais-je demain ? Mon corps s’habituerait à fainéanter et je serais alors celui qui consacre son temps à ne rien produire.

Il faut que j’accouche de ce roman. Et je n’en suis encore qu’à l'embryon. L’inspecteur assiste à l’autopsie. Le médecin légiste prend un malin plaisir à faire siffler la perceuse dans le crâne de la victime et à briser les côtes lorsqu’il ouvre la cage thoracique. Le dégoût provoqué par la scène est réaliste et documenté. Je replace la page. Je positionne mes doigts sur le clavier, index sur les touches F et J, et attends. Que doit-il maintenant arriver à l’inspecteur ? Il est déjà lâché par son commandant divisionnaire. Dans son groupe, il est le seul à croire en l’assassinat du célèbre présentateur. Une menace se dessine à l’intérieur de l’unité. Une autre viendra de l’extérieur. Les médias pourraient disposer d’informations. Lesquelles ? Mon raisonnement s’arrête encore là.

Je soupire et avale une nouvelle gorgée de thé. Je plante la tête sur une paume. Mon regard flatte le chien. Sa respiration suit le rythme lent de la musique. Il est enveloppé dans ses rêves de carlin. Je suis jaloux. Je n’ai pas dormi de la nuit. Couché après deux heures, je pensais tomber comme une pierre, alourdi par les litres d’alcool et les activités dans le labyrinthe. Mes yeux sont restés écarquillés, mes poings serrés. J’ai eu beau tourner et retourner, baisser et remonter la couette, la nuit noire est restée blanche. Je tendais la main, j’étais trop épuisé pour saisir le sens de cette insomnie. Je tentais de faire voguer mes pensées en imaginant la suite de mon roman, mais les contours restaient flous. Je me représentais le destin que je vise et la réalité m’étouffait. Je suis à des kilomètres d’un Goncourt, même celui des lycéens. J’arrive à peine à la malléole d’un Marc Levy ou d’un Guillaume Musso. Alors, me hisser sur leur médiocrité…

Une détonation éclate. Un coup en plein front. Un grognement retentit. Une douleur à la tempe. J’ouvre une paupière. Une touche de ma Remington se dresse à deux millimètres de mon œil. Je me suis endormi… Ma tête a glissé et s’est fichée dans le clavier. Merde… J’essaie de la relever. Des mèches de cheveux prises dans les barres de caractère me retiennent. J’attrape les côtés de la machine et tire. Une touffe reste coincée dans le mécanisme. Je porte une main au front. Du sang coule sur mes doigts. Je ronchonne. Le chien est levé. Il renifle et éternue sur mon mollet. Je lui accorde deux petites tapes sur la tête et marmonne un panier. Il obéit.

Je me traîne jusqu’à la salle de bain. Dans le miroir, une sale tête me dévisage. Une plaie de cinq centimètres sectionne mon front, à la limite des cheveux. Les cernes attaquent mes joues. Ma mâchoire disparaît dans un pli de mon double menton éternel. Je nettoie la blessure, la recouvre d’un pansement et retourne au bureau. Des barres de caractères sont tordues. La page dans le cylindre est déchirée, mouillée par mes cheveux humides et maculée de sang. Écrire, c’est saigner, paraît-il. Ça n’a jamais été aussi vrai.

Je retire un à un les cheveux, puis la feuille éventrée. Je caresse les barres de caractères maintenant inutilisables. Dois-je y lire un signe ? Un abandon par forfait technique ? Je grogne. Non, je ne vais pas me laisser abattre. J’écarte la machine. J’attrape un stylo-plume et commence à recopier le feuillet perforé, quand la réalité me transperce. Je ne produis que de la merde. Enfin, le style est rythmé, percutant, mais ça ne rime à rien. Pourquoi écrire un roman policier et pas un space opera ? J’en connais autant sur la police que sur les voyages interstellaires, après tout ! Mais est-ce que j’ai envie d’être un écrivain de seconde zone ? Non non, je veux être mémorable, pas l’auteur d’un roman dont on oublie l’intrigue et le coupable une fois la quatrième de couverture refermée. Je ne veux pas qu’on se demande si j’ai un nom avec un rond sur le a, une barre sur le o ou des s à ne plus pouvoir les compter. Qui sont mes modèles ? J’en sais rien, monsieur France Culture !

J’ai envie de hurler. Je tente d’inspirer, mais l’air refuse d’entrer dans ma gorge.

J’ai passé des mois à préparer le nouvel Harry Potter, alliant sorcières, anges, mages, réunissant mythologies grecque, juive, chrétienne, musulmane… avant de réaliser qu’il fallait d’abord que je lise Homère, la Bible, la Torah… J’ai développé un univers futuriste mêlant voyages dans le temps, prophéties et conspirations à la superproduction américaine. J’ai étudié les trous noirs, la relativité absolue et le totalitarisme pour bâtir un univers crédible. J’ai tout stoppé. On ne prendrait pas au sérieux un gamin de 17 ans développant une saga d’anticipation sur l’effondrement du monde.

J’ai tenté le comics à la française, avec Martine, mère au foyer bretonne et grassouillette, pour nouvelle Superwoman. L’éditeur à qui je l’ai présenté m’a conseillé de viser plus haut que ces livres en kit que l’on retrouve dans toutes les gares. Je sais que vous voulez être un auteur dont on se souvient. Je lui ai proposé une histoire d’amour chaotique entre deux hommes, il a ri : quelle est la différence avec une romance hétéro ? Aucune… Mon roman ne présentait pas l’urgence d’un Hervé Guibert ou la décadence d’un Renaud Camus que je n’avais pas encore lus. J’ai viré vers le feuilleton littéraire se déroulant dans un café parisien. La profusion de personnages, l’accumulation de micropéripéties et la leçon de brassage l’ont rendu sans intérêt. L’éditeur ne m’a jamais recontacté.

Me voilà dans le policier et je sais déjà que je n’irai nulle part. Je ne suis pas un auteur de polars, de fantastique ou d’anticipation… J’accapare le genre de ma dernière lecture. Je n’ai aucune urgence à accoucher. J’ai autant envie de raconter un meurtre à la Maison de la Radio qu’un débarquement alien à l’Élysée. L’histoire me passionne le temps qu’une allumette se consume. Puis l’enthousiasme part en fumée. Je n’ai ni conviction ni expertise, ma vie n'a pas la curiosité de Christiane F, Christine Angot ou Nabila. Mes opinions n’intéressent personne. Ma vie se fonde sur une seule blague : je veux devenir écrivain sans avoir rien à raconter.

Ça fait vingt ans que j’essaie de me convaincre que ça finira par venir, comme une oie qu’on gave de fausses certitudes. Mais il faut que j’arrête de me leurrer, je n’obtiendrais qu’une foi grasse de désillusions. Marie a raison, des rêves de gosses n’ont jamais fait des carrières d’adulte.

Ma montre vibre. Je lève le poignet. Une notification s’agite.

Rythme cardiaque

Vous faites une attaque. Vous allez crever.

Mes yeux se figent et se brouillent. Mes doigts s’engourdissent. Mes poumons se compriment. Mon cœur martèle mon thorax. Ma poitrine va imploser. Une douleur sourde, comme venue du bout du monde, me fait prendre conscience de ma chute. Je suis à terre. Ma nuque semble brisée. Je ne peux plus bouger.

Le chien ouvre un œil. Ses rides lui raient le front. Épuisé, il se dresse sur ses pattes et approche. Allongé au sol, il pense que je veux jouer avec lui. Il me surplombe. Il me renifle et éternue. Il me lèche les lèvres. Je ne sens rien. Je n’ai même pas le réflexe de froncer le nez.

***

Quand j’ouvre les yeux, je suis au sol. Les premiers rayons de soleil sillonnent la pièce. Le chien dort à quelques centimètres. J’essaie de me lever. Mes épaules s’agitent, puis retombent. Mon corps est lourd. À plat. Il refuse de répondre. Mon cœur tremble. Ma respiration siffle. Mes tympans bourdonnent. Ma vue se trouble.

Je vais mourir. Mon corps me le martèle. Une crise cardiaque à 30 ans… je ne l’ai pas vue venir celle-là. Et il ne restera rien de moi. Seulement des regrets. Je ferme les yeux pour me laisser partir. Un tunnel va venir me chercher. Ce n’est qu’une question de temps.

— Bien sûr que non, tu ne vas pas mourir !

Je rouvre les paupières. Arthur est assis au milieu de la pièce, à côté du chien, une main sur sa tête.

— Combien de temps suis-je resté inconscient ?

— Aucune idée.

— Je n’arrive pas à me lever. Tu peux m’aider ?

Il sourit, mais ne bouge pas.

— Alors ?

— Je ne peux pas t’aider.

Je ne comprends pas. Il continue de flatter le chien qui reste étrangement calme. Il ne lui fait pas la fête. Il ne bronche pas. Son ombre s’étire jusqu’à moi. La silhouette d’Arthur, elle, ne se dessine pas sur la moquette. C’est comme si le soleil le transperçait. Ou qu’il n’était pas là. Je relève légèrement le cou. Ma nuque ne doit pas être brisée, après tout.

— Quelque chose ne va pas. Tu n’es pas le vrai Arthur, n’est-ce pas ? Qu’es-tu au juste ? Une sorte d’ange ou d’être de lumière ? Je suis déjà mort et c’est toi, ou une représentation de toi, qui dois me conduire au paradis, c’est ça ? Saint Pierre ?

Il éclate de rire.

— Et pourquoi pas saint Jean non plus ? Un phénomène inexplicable se présente à toi et la première référence qui te vient est l’être de lumière ? Tu t’es cru dans Charmed ?

— J’ai cité l’ange, avant !

— Quelle mauvaise foi !

Je rougis.

— T’inquiète pas, c’est aussi pour ça que je t’aime !

Je vais pour protester, mais manque de souffle. Il veut attraper une oreille du chien, mais n’y parvient pas. Un ronflement traverse la porte fermée, comme après chaque soirée arrosée.

— T’es pas Arthur… Tu dors encore à côté… On dirait que tu n’es pas là et que tu ne peux pas avoir de contact avec les objets. Les oreilles du chien et la lumière te passent au travers. Comme dans Ghost.

— Après la série B des années 2000, tu passes à un classique des années 90… Ta culture monte d’un cran. C’est mieux !

— Qu’es-tu exactement ?

Je soupire. Cet échange m’épuise. Mes paupières cillent.

— C’est plutôt moi qui devrais te poser la question. Que suis-je censé être ? C’est ta tête qui me fantasme !

La folie m’emporte. Avant la mort. C’est le coup que j’ai pris sur le front. Ou suis-je déjà mort. Personne ne peut m’aider. Même mon chien n’est d’aucune utilité. Il pourrait aller chercher les secours, réveiller Arthur ou juste aboyer, mais il reste comme un abruti à se lover dans les rayons du soleil. Son maître meurt et lui kiffe la vie.

Je lève les yeux pour éviter ceux d’Arthur qui m’étudient. Je fixe la bibliothèque des romans inachevés. J’aurais dû m’emmerder à faire des gosses pour laisser quelque chose derrière moi, plutôt que de m’obséder l’esprit avec une œuvre littéraire. Que diront les gens à mon enterrement ?

— Moi, je connais déjà ton épitaphe : « Dalida voulait mourir sur scène, lui est mort sur sa machine à écrire. » Ou, mieux : « Oh ! L’art l’a tuer ! »

— Un calembour sur ma tombe ? N’as-tu donc aucun respect ?

— C’est un hommage, voyons !

Je vais crever. Je vais crever. Et la seule chose que mon esprit pervers trouve à faire c’est de s’autohumilier. Non non, il faut que je m’active, que je hurle, que je siffle, comme Rose sur sa porte flottant au milieu de l’Atlantique. Soudain, la voix de Mickey annonce : « Il est six heures, bonjour ! » Je baisse les yeux. Ma montre est allumée. Je la scrute et la présentation par Apple de ses fonctionnalités inutiles me revient. Je ne vais peut-être pas mourir après tout. J’inspire et secoue mes épaules. Je roule sur le dos. Ma main gauche attrape la droite. Je glisse ma montre sous mes doigts. Je sens le bouton latéral et appuie longtemps dessus. Pourvu que cet achat compulsif se révèle aussi capital que ce que j’essaie de croire.

Il ne se passe rien.

Je baisse les doigts. Je suis épuisé. Je vais simplement me laisser couler vers le fond, comme Jack.

— Roooh, arrête de jouer les drama queens !

— Je vais m’éteindre lentement, comme un portable sans chargeur. Je ne laisserai rien derrière moi – si ce n’est un chien inutile. Peut-être que ma vie aura un sens pour quelqu’un d’autre. Ma mort signifiera sûrement quelque chose pour toi.

Ses yeux verts fixent les miens. Il n’est pas triste. Juste amusé.

— Je dois être le brouillon de ton véritable amour. Notre relation défectueuse t’évitera peut-être de rater la prochaine. Tu trouveras l’homme parfait, celui que tu n’as pas pu rencontrer quand j’encombrais ta vie, quelqu’un qui saura t’aimer comme tu le mérites, quelqu’un qui ne sera pas mort pour un polar.

— Qui te dit que je ne l’ai pas déjà trouvé ?

J’écarquille les yeux. Il se marre. Vexée, ma main droite se dresse et écrase le bouton latéral de ma montre. Je garde le bouton enfoncé.

— Non, tu ne vas pas t’en sortir comme ça, petit con. Je vais vivre et te faire regretter tes sous-entendus.

— C’est tes sous-entendus. Je te rappelle que je ne suis pas là…

Deux vibrations agitent mon poignet. Puis trois longs bips hurlent.

— Vous êtes bien sur le numéro d’urgence 112.

Je soupire, soulagé.

— Je te l’avais bien dit : tu ne vas pas encore mourir, sourit Arthur. Ton obsession de la réussite te sauvera.

Annotations

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Adrien de saint-Alban


George Duroy se demandait s'il était correctement habillé lorsqu'il posa la main sur la poignée de porte. Il se toisa, se jugea apte à l’examen en remettant son col de chemise bien droit. L’appréhension qu’il pouvait décevoir l’angoissait. Son apparence était comme une garantie de crédibilité, de respectabilité. Aussi, lui servait elle de bouclier face au jugement qu’une femme pouvait avoir sur sa personnalité physique. Et donc le moindre détail vestimentaire comptait. Il était toutefois rassuré car il allait séduire par son vocabulaire assez riche et détonant. Il se regarda dans le reflet de la porte pour s’assurer qu’il s’ était correctement apprêté. Il allait pénétrer dans un monde qui n’était pas le sien. Un monde qui n’était plus le sien, celui de l’usine, le monde des hommes et des machines, le monde du bruit et des cadences infernales. Il entrait dans “l’autre monde”. Un monde où il ne serait plus le maître mais un intrus. Le royaume de la toute puissance de la femme où l’homme, l’ouvrier “sale” qu’il était, n’a pas sa place. Un monde propre et feutré où il faut savoir parler, mesurer son langage. Un monde qui décide de la vie et de la mort sociale du salarié. Un monde qui peut se muer en un tribunal implacable et sans merci dès lors que l’ouvrier ne sera plus en mesure de remplir sa tâche de productif. Tel un animal malade ou blessé devenu improductif, il se verra alors signifier la fin de son parcours vers la “déchetterie”, abattoir pour animal humain appelé par euphémisme pôle emploi, où le salarié devenu inutile ira végéter dans l’antichambre de la mort sociale attendant la mort physique. Les “ressources humaines”. Un concept qui nous vient des ricains. Un doux euphémisme subtilement paradoxal qui vide la personne humaine de sa dignité et de sa substance philosophique pour ne garder que l’aspect purement productif. La recherche de rentabilité exige de la “ressource humaine” corvéable et échangeable à souhait. Un matériel humain “flexible”. De la chair à canon en temps de guerre, de la chair à patron en temps de paix. De la chair “renouvelable”. La mode est au jetable et au renouvelable. Le patron n’ a qu’à se servir. Ressources naturelles, on creuse et on a du pétrole, sans se soucier à qui appartient ce pétrole. Les “ressources humaines”. Depuis que l’éboueur est devenu “ ripeur ”, la femme de ménage une “ technicienne de surface ”, le service du personnel le bureau des “ ressources humaines ”, le salarié n’a jamais été autant méprisé, humilié, bafoué. On le flatte par une carotte sémantique, une carotte qu’en fin de compte on lui fourre dans le cul une fois le dos tourné. La vaseline étant fournie par les syndicats. Le salarié comme ressource humaine on le presse comme un citron. Une ressource renouvelable et inépuisable. Une fois pressé et qu’il a donné tout son jus, on le jette et on en prend un autre. Comme un puits de pétrole sitôt épuisé, on en creuse un autre et ainsi de suite. On le jette à pôle emploi dès qu'on ne veut plus de lui. Si c’est une vieille peau on le met à la retraite, on lui fait comprendre par des moyens divers et variés qu’il n’est plus bon à rien, désormais mauvais à tout.
Voilà ce que signifie le concept ”ressources humaines”.
Georges Duroy courba l’échine et entra. Lorsque Wonderwoman aperçut George Duroy sur le pas de porte, elle s’avança vers lui la main tendue pour le saluer, le sourire aux lèvres, un sourire convenu. Il ne se faisait pas d’illusion sur cette femme. Une femme puissante, le gendarme de la boîte, un gendarme dressé à l’affût de tout absentéisme injustifié. Petite de taille mais grande dans l’échiquier du pouvoir, un pouvoir exclusivement aux mains des femmes. Un pouvoir dont les hommes ont été exclus. Un féminisme instauré comme une chape. Un féminisme imposé. Un féminisme idéologique. Un féminisme exclusif, étriqué pondu par un esprit non moins étriqué. L’ennemi du féminisme est la femme elle même. Derrière sa silhouette avenante se cache une femme sans merci pour le type qui oublie que tous les jours il doit franchir les tourniquets de sécurité avec pour mission servir l’entreprise. Il a signé pour en chier. Et il en chiera tant que Wonderwoman n’aura pas sonné le gong de la retraite, à moins que l’esclave n’ait rendu l’âme avant l’échéance programmée. Les cancers, les suicides ou risques psychosociaux pour utiliser un euphémisme à la mode liés aux cadences, les troubles musculosquelettiques, les AVC, les malaises cardiaques, les rachialgies, autant de pathologies qui guettent l’ouvrier esclave moderne dont toutes les wonderwomen macronnisées du monde se foutent comme de leur première culotte.


Adrien de saint-Alban
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Défi
Aden Dofworld

Je n’étais pas nu en arrivant hier soir. La lumière légèrement filtrée par les rideaux de la grande fenêtre me réveillait lentement. C’est le fouillis dans ma tête. Des images s’entrechoquent. Des odeurs, des goûts. Non, vraiment. Je ne me souviens pas d’être arrivé totalement dévêtu dans ce grand lit. J’avais mon jeans usé mais qui a beaucoup de cachet, que je voyais devant moi, sur la chaise devant une coiffeuse ancienne, avec son miroir et mon reflet, mes tatouages marqués de griffures, et un drap juste entre ses jambes, juste pour me cacher mes propres parties intimes. « Je les connais, pas la peine de les cacher ». Mon tee-shirt aussi s’y trouvait sur cette chaise, ainsi que ma veste de costume. Mes chaussettes et mon boxer se trouvait par terre, près de mes Converses toutes neuves. J’étais en train de me rappeler mon accoutrement lorsqu’un mal de crâne me prit. Je me recouchais alors aussitôt. Je regardais autour de moi, et j’avais du mal à rassembler mes souvenirs. Encore une fois ça devait être tout l’alcool que j’ai bu une fois de plus depuis que j’ai arrêté mon travail pour cette année sabbatique. D’ailleurs je sentais encore le malt. En plus d’une odeur plus parfumée et sucrée. Et Dieu seul sait, s’il existe vraiment, que ce n’est pas mon parfum car j’en mets très peu.
Et cette odeur persistait sur l’oreiller à coté de moi. J’y mis mon nez pour essayer d’inspirer fortement tout le parfum, laissant alors se découvrir mes fesses. Je m’en suis rendu compte par le rafraîchissement sur leurs joues.
Un bruit de porte finit par me sortir de mon shoot. Je levais la tête du coussin et sans regarder derrière moi, et je me sentais évidemment, non pas juste observé, mais dévoré du regard. Je fermais les yeux un instant en espérant juste que ce ne soit pas un homme qui me reluquait. « Pitié… Pitié… », pensais-je au fond de mon esprit. Je rouvris les yeux et me remis dans la position de mon réveil.
- Bien dormi? Je lâchai un soupir de soulagement.
Devant moi, une jeune demoiselle en nuisette tenait encore la poignée de la porte dans sa main en me souriant. Un sourire malicieux, avec des lèvres roses appétissantes. Sa chevelure légèrement rousse s’arrêtait au niveau de ses épaules recouvertes par deux fines ficelles qui tenait une nuisette soyeuse avec un décolleté incroyable. J’attardais mon regard sur sa poitrine qui paraissait parfaite. Aucune trace de soutien-gorge ou d’autre artifice ne me paraissait exister. J’en avais pour preuve la forme de ses tétons qui étaient dessinés en reliefs sur la soie blanche et pure de sa nuisette. Ses seins avaient même l’air de tenir tout seul. Il me venait à l’idée de les toucher. Je voulais absolument les toucher. Sa nuisette s’arrêtait au niveau de son entrejambes laissait apercevoir un string assortis. En dépassaient deux magnifiques et longues cuisses, suivies de mollets finement dessinés à la correspondance du reste, et des pieds nus.
- Tu es moins bavard qu’hier soir.
- Désolé… je…
- Tu bavais… ?
- On peut dire ça comme ça.
Elle lâcha la porte et la poussa afin qu’elle claque sensuellement derrière elle. Je ne sais pas comment elle avait réussi à faire ça, mais l’effet était très réussi. Elle avança délicatement vers moi et attrapa la couverture qui cachait mon pénis. Elle tira sur le tissus que je m’empressai de rattraper de mes mains. Elle força la pression et je lâchais prise comme par envoûtement. Il faut dire que, comme tout homme, j’avais la montée facile, et le fait de voir une si belle créature arriver de la sorte ne pouvait que me donner envie de me montrer très enchanté de faire, ou apparemment refaire, sa connaissance. Elle sourit tout en faisant délicatement glisser le drap qui vit bouger mon pénis en érection. Un petit sentiment de gêne me parcourut qui disparut très vite après qu’elle se mise à faire glisser ses mains sur mes cuisses, les approchants de mon sexe. J’eu un moment d’égarement lorsqu’elle se mis à baiser autour de mon engin dressé. Je sais qu’il n’est pas surprenant, mais il sait être très utile.
Après y avoir fait le tour sur mes parties rasées avec ses lèvres et sa langue, elle fit glisser cette dernière tout le long avant de faire passer le tout entre ses lèvres. Un effet de succions qui finit par me faire ouvrir la bouche et lâcher un soupir de plaisir.
Pendant qu’elle avait l’air de se délecter de moi j’avais quelques questions qui me traversaient l’esprit. Où étais- je ? Qui était-elle ? Et qu’est ce que j’ai bien pu faire cette nuit ? Evidemment, aucune réponse me venait à l’esprit, vu la belle demoiselle qui s’occupait de moi. J’avais mes mains posées sur ma tête, elles accompagnaient une touche d’extase et de réflexion. Mais ce fut surtout l’extase qui gagnait. Et qui fit les descendre afin de caresser les soyeux cheveux de la douce rousse nymphe. Son travail commençait faire monter grandement l’excitation en moi. Afin de calmer mes ardeurs et de prendre le contrôle, j’agrippais alors ses cheveux afin d’aller profondément dans sa bouche. Elle me faisait comprendre qu’elle voulait accélérer le mouvement de manière à ce que je finisse au fond de sa gorge. Mais ce jeu commençait à me plaire et je percevais ses gémissements de plaisir. Je serrais plus fermement ses flammes entre mes mains et j’insistais de plus. Elle pressait en même temps mon pénis avec deux doigts afin de me donner de plus en plus de plaisir. Et c’était bon. Très bon. Trop bon même. Elle stoppa le mouvement lorsqu’elle me sentit au bord afin de me faire retomber :
- A mon tour de jouer avec toi.
Je n’avais pas vraiment saisi pourquoi elle m’avait dit cela, mais elle recommença avec encore plus d’insistance sa fellation divine. Au bon sang, s’il y avait un Dieu, il m’aurait instinctivement condamné lorsque que j’ai fini par jouir au fond de sa gorge. Je la sentis déglutir ma sève au fond de sa gorge avec délectation. Son « humm » qui suivit et sa belle langue qui glissait cette fois ci sur les rouges lèvres de sa bouche me fit saisir qu’elle avait envie de bien plus que ça et qu’elle adorait ce genre de chose. En règle générale ça s’arrête à ce niveau avec d’autres partenaires, mais elle recommença son travail comme pour vider tout ce qui pourrait se trouver encore une fois. Elle réussit. Et des insultes sortirent de ma bouche : - Tu aimes çà, hein… petite salope.
Etrangement, elle arrêta. Elle s’appuya sur ses bras et me fixa droit dans les yeux. Des siens, que je n’avais pas vu jusque là. Ils étaient d’un vert magnifique. Mais le regard qu’elle avait au départ avait changé. Elle aurait pu me tuer avec ses yeux qui brillaient. Elle me cracha au visage avant de se lever et de sortir à une vitesse faramineuse. Je crois que j’avais dis une chose que je n’aurais pas dû. Elle ne souhaitait donc pas être sali par des mots.
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Sara Horchani

Julien - Chérie tu peux sortir acheter des chocolatines
Muriel -On dit pain au chocolat
Julien-C'est la même chose non?
Muriel-Toute suite se démarquer de reste de la France avec "chocolatine".
Tiens moi je vais aussi dire à ma manière, achète moi du chocolafrique ou chocolabelge
Julien- Très drôle. T'as bien dormi pourtant cette nuit. T'as même ronflé comme un camion de pompier.
Muriel- Si tu continues à me gonfler. Tu iras toi chercher tes pains au chocolat.
Julien: On dit chocolatine
Muriel-On dit pain au chocolat. C'est simple pain au chocolat. ça ne fait pas les snobs du sud-ouest
Julien- Quoi? Je suis un snob maintenant?
Muriel- Tu n'es pas snob mais l'expression "chocolatine " fait snob.
Julien- Pas du tout. Chocolatine c'est très joli. ça chante. ça rayonne. C'est simple. Un mot. Un simple joli mot. Pain au chocolat. Trois mot.
Muriel- Parce qu'il faut économiser les mots. Moins de salive sauve la planète peut-être.
Julien-Moins tes conneries sauvent la planète oui.
Muriel-Charmant.
Julien- C'est toi qui a commencé.
Muriel- Chocolatine rime avec enfantine
Julien-Un pain au chocolat dans ta gueule
Muriel-Susceptible
Julien-Ridicule
Muriel -ça pour être ridicule on est ridicule à nous diviser pour une expression. Je réclame l'unité de la France du pain au chocolat
Julien: Je réclame un réferendum. Objectivement, chocolatine sera élue. Si jolie chocolatine
Muriel: bon dans un couple il faut comprendre l'autre, se montrer ouvert. Je te propose juste pour ce matin une trêve. Tu dis pain au chocolat et moi chocolatine.
Julien: Moi renoncer à la chocolatine.
Muriel: Moi prononcer chocolatine? Faut me donner des cours d'aristocratie
Julien: Tu recommences?
Muriel: Tu as poursuivis. Je n'ai rien recommencé.
Julien: Ecoute pain rime avec vin. On ouvre une bouteille et on oublie cette discussion franchement conne.
Muriel: Du vin du bon matin? Remarque faut être des bourrés pour inventer chocolatine et décider contre toute la France dire chocolatine au lieu de pain au chocolat
Julien: Oui oui nous sommes anticonformistes et libres. On ne va pas suivre le troupeau. Chocolatine c'est joli.
Muriel: Je m'appelle Chocolatine jolie.
Julien: Tu t'appelles Muriel jolie. Il l'embrasse.
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