?

3 minutes de lecture

 Aloysius est un chauffard, assumé. C’est son métier. Rouler à tombeau ouvert, faire en sorte d’effrayer, parfois de blesser légèrement. Jamais de tuer !

 C’est un métier de niveau cadsoc 3, deux marches avant le sommet. Très prisé car il participe directement aux mises au point et aux améliorations des glisseurs. Le sien n’a rien à voir avec celui du commun des mortels. Sa technique est autre, son design différent, unique même et ses capacités sans commune mesure. Le prétexte de l’apport pour les séries « grand public » est, à minima, une chimère. Les rares avancées n’interviennent généralement pas avant six à dix ans. C’est l’éternel justificatif pour contrer un résidu de culpabilité sans motif dans un monde tel que Taira.

 Aloysius adore ce métier, la sensation de vitesse, raser les immeubles, les arbres, les passants, zigzaguer au milieu des piétons qui traversent. Chaque fois il s’emplit les yeux du spectacle. Bien harnaché dans son siège, les capteurs ancrés dans ses avant-bras, sa tête, il n’a qu’une chose à faire, penser, visualiser les trajectoires, estimer la vitesse possible à atteindre. Le reste, la conduite et le guidage, les androigenus s’en chargent. Il est la quintessence humaine, peu importe qu’elle s’incarne dans le sport. De la vélocité de ses pensées, réflexions, déductions, anticipations dépendent vie et mort. Ni plus, ni moins, qu’être une incarnation de Dieu !

*

 Une balise pourpre s’allume sur mon bandeau de vision. Le signal qu’un imprudent va traverser hors zone, acceptant et assumant les risques délibérément courus. Immédiatement je décide de le blesser assez gravement. Il y a longtemps que ma machine et moi n’avons pas réalisées de scénario de stockhom. Bien réalisé, il rapporte des points. Comme dit le proverbe, « les points, c’est du crédit » et son corollaire « le crédit, c’est la liberté ! »

 Le choc devrait se produire d’ici une minute. j’initialise un écran. Je demande le panoramique. D’abord vérifier les alentours pour ne pas provoquer une avalanche d’estropiés. A cette heure, il y a peu de mondes. C’est l’heure des andronurses, pas la catégorie de population la plus importante. Quelques passants, touristes, oisifs ou retardataires de fêtes sans fin en quête de leurs lits. Les conditions sont idéales pour faire un strike.

 Je me cale un peu mieux dans mon fauteuil. Je mets mon cerveau en phase optimale avec les androgenus de bord. La vitesse atteinte est de 354 km/h. Le but visé est de 822 à atteindre au bout de la voie rectiligne de trois kilomètres. Touché un humain à cette vitesse relève de l’opération chirurgicale. Il nous faut l’effleurer à peine sous peine de le tuer purement et simplement, voire de le déchiqueter. Il ne resterait pas assez de masse pour le reconstruire. Les prépaiements affluent. Si nous réussissons, sans le moindre doute, nous serons élus comme équipage le plus lucratif de la dizaine écoulée. Le chiffre atteint commence à vraiment être vertigineux, un million de crédits désindexés donc à valeur constante quel que soit la tendance des marchés. Hausse ou baisse n’influeraient plus sur sa valeur à la clôture des inscriptions. L’androgenus de commande de bord me signale que nous recevons des demandes par centaine pour se greffer à nos capteurs. Jusqu'alors, nous, andros et humain du bord, avons toujours été réticents au greffon. Considérant que ces volontaires ne voulaient connaître qu’une décharge d’adrénaline, sans grand risque, sans en prendre un seul. Dire que nous les méprisons est un euphémisme. Mais aujourd’hui est spécial. Celui d’un record international tenant depuis près d’un siècle !

 Derrière les mots sans âme de l’androgenus, du simple fait qu’il m’ai reporté la demande, j’ai quand même ressenti comme une acceptation tacite, genre « ça va remplir les cartes ! » Je n’ai guère besoin de réfléchir pour valider. La course va être ardue pour les candidats ; places limitées, enchères d’achat élevées va en rejeter plus d’un. Pas d’angoisses à se faire, en quelques secondes les greffons seront vendus. Des crédits encore, indexés ceux-là mais bon à prendre. Tous les voyants de mon bandeau passent au vert. Action, j’appuie sur le plot de départ et je me retrouve plaqué violemment en arrière. Le compteur est passé de 500 à 650 en même pas le temps d’y penser. La moitié de la voie accélérative est franchie. Je braque mon regard sur la cible et…

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Recommandations

NM Lysias
Au sommet de sa tour, Raison rêve d’aventures, loin des mises en gardes de sa mère-Sauveuse. Mais en elle, un pouvoir circule et le danger rode derrière la barrière protectrice des rosiers anesthésiques. Pourtant, Raison ne sent plus la présence des Dépouilleurs, ces monstres mangeurs de magie. L’odeur de mort a disparu, et le manoir qu’elle contemple chaque jour semble vouloir lui dire quelque chose... Tout comme cet être de lumière qu’elle a créé. Raison trouve le temps long et les paroles de Brünhild, répétitives. Quel est ce sentiment qui ne cesse d’accroitre en elle ? Pourquoi ne trouve-t-elle pas de logique à son existence ? N’était-il pas temps de visiter l’île de Grisland ?

Publication 6 janvier 2021

Merci à vous...
5
7
0
1
Défi
no97434

J'ai toujours un loukoum à la rose dans ma poche.
Besoin de cet Orient.
Couleur nécessaire.
Urgence de douceur.

Un mot cinglant, hop le loukoum l'efface !
Un regard méchant, hop le goût de la rose l'arrondit !

Un serment d'amour, je le glisse dans sa coupe de champagne
Loukoum garant d'un long voyage.
6
5
0
0
TimeWasted Writer
Au gré de l'envie est un recueil poétique qui porte bien son nom. J'y mettrai de courtes ou moyennes oeuvres, en général basées sur la poésie, selon la forme et le thème que je voudrai aborder le plus sur le moment. Ce recueil est là pour me laisser porter par mes envies, et vous partager l'art qui en résulte.
En vous souhaitant une bonne lecture,
Enjoy writing,

T.W.W
6
3
0
0

Vous aimez lire JPierre ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0