Etuhidor

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Note : Auditeur, auditrice, libre est un métier complètement à part du monde taïrien. Avant la survenue des évènements recensés comme l’Humanandroid, la plus grande majorité des populations constituant TaÏra n’en connaissait que la description énoncée par la fiche technique : personnel en charge de tous les contrôles de conformité envers les règles élémentaires de moralité, d’hygiène, de sécurité et de libéralisme sans exclusive de domaine d’applications. Pour la plupart, la fonction revêtait sans conteste le rôle de sinécure pure et simple, grassement créditée, abondamment pourvue en avantages de toutes sortes et représentation presque exclusive de l’avenir politique des taïriens. Bizarrement la jalousie assez inhérente à la nature taïrienne les épargnait. Mieux, ils jouissaient d’un respect certain, non dénué d’une teinte d’envie et d’admiration en parts tout à fait inégales penchant largement vers la seconde.
C’est à l’issue de l’Humanandroid que la vérité éclata. Les auditeurs, auditrices, libres n’étaient ni plus, ni moins que le service de renseignement, le bras armé clandestin du gouvernement, l’exécuteur des basses œuvres, le nettoyeur. Je vous épargne l’historique complet mais ils disposaient de moyens illimités, illégaux dont le principal qui choqua au-delà de l’imaginable : tous ces êtres étaient modifiés ; tellement que certains pouvaient même se faire passer pour des androgenus.
Ces espions possédaient un armement pointu, pas toujours connu. A ce jour, nous n’avons toujours pas réussi à tout inventorier et certaines armes résistent à nos analyses, nos essais et même à nos tentatives de destruction.
L’ironie, le grotesque de l’histoire réside dans ce que toute aventure contée nomme le hasard, le destin. Ce complot fomenté en droite ligne par les androgenus (et quelques humanoïdes aussi, ne l’oublions pas), ils en ignoraient absolument tout. Ne le virent pas venir et en furent les premières victimes. Sans surprise, les androgenus connaissaient leur rôle et s’attachèrent à les détruire purement et simplement. Le seul échec de leur complot, l’issue fatale qu’ils n’avaient pas prévue, furent de ne pas avoir eu le temps de focaliser la culpabilité sur ce corps aujourd’hui disparu.
Pour revenir à ces modifications spécifiques, les auditeurs, auditrices, libres pouvaient endosser à loisir n’importe quelle identité, intégralement, ADN compris. Certains agents possédaient une banque d’identités pouvant atteindre plus de 50 rôles. Aucun contrôle de base ne pouvait les percer et il fallait un niveau 3 pour seulement commencer à détecter une anomalie. Cette détection avait une limite presque rédhibitoire : le délai permettant au contrevenant d’agir vite. Il n’était donc utilisé que dans les cas extrêmes, toujours en triplette afin de se protéger et d’opérer un contrôle visuel. Seuls, les polisociers chargés de la chasse aux réactionnants, frange de la population réputée non violente, avait le droit de l’utiliser couramment et sans risque avéré. Il n’y eut d’ailleurs dans ce corps qu’une seule victime qui, quelque part, est un héros puisqu’il est notoire qu’il fut le dérégulateur du scénario.

 La journée du lendemain allait être la plus importante de sa vie. Du moins depuis sa sortie du séminaire ! Elle serait longue. Pas tant dans l’action que dans la préparation active. Qui consisterait pour l’essentiel à voyager.

 Elle programma donc sa centrale pour un réveil à 3 heures. Alla se coucher aussitôt sans aide thérapeutique. Elle s’endormit sans problème comme d'habitude. Ouvrit les yeux complètement surprise de cet éveil non assisté, au contraire de l'habitude. Elle demanda à voix basse, en cause les cloisons infimes de sa résidence considérée comme haut standing, l’heure. La centrale lui répondit :

— Il est 1 heure, 12 minutes, 54 se…

— C’est bon, en abrégé, s’il te plait ! Météo ?

— En abrégé ?

— Oui ! Dit-elle en gardant son calme

— Couvert, sans pluie, température actuelle, 24°, maximum prévu, 35°, lever du jour dans 3 heures, coucher 21H15.

— Check-list de la journée !

— En abrégé ?

— Complet !

 Il ne lui aurait servi à rien de se mettre en colère.

— Taxi prévu à 4H30, direction l’aéroport. Navette, catégorie omnibus pour AfSu à 05H25, temps de voyage 2 Heures. Express pour Eurasie, durée 1H10. Retour Capitalis en navette directe, temps 35 mn. Métro, direction Centre de commandement ; réunion 20 mn ; retour métro, direction Palais des gouverneurs, quatre changements, 1H32 de trajet. Sortie boulevard des Libertés 5 mn à pied vers la cible.

— Switch identité à partir de maintenant.

— Laquelle prendrez-vous ?

— Aléanor !

— Déguisement ?

— Réactionnant !

— Armement ?

— Brouilleur à phasage proactif offensif !

— Champ étroit ou large ?

— Mixte !

— Camouflage !

— Oui, le livre Guerre et Paix !

— Humour noir…

 Sans commentaire de sa part, la centrale n’insista pas. Elle décida de se rendormir pour ne pas cogiter. Trop de choses dépendaient de son succès et il n'aurait servi à rien de tourner et retourner les évènements à venir. L'avenir de Taïra se jouerait demain même si ses habitants l'ignoraient. Réussite ou échec, tout changerait pour eux !

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Qu'est-ce que l'Amour ?
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Si on ne connaît pas l'Amour de soi, alors on risque tout simplement de sombrer dans les abymes néfastes d'un Enfer que l'on se crée, d'un Enfer que l'on se fait vivre, d'un Enfer que l'on se fait subir. Sans jamais pouvoir se relever réellement, sans jamais pouvoir envisager autre chose, sans jamais pouvoir passer à autre chose, sans jamais penser à autre chose. Les choses avancent sans nous, les choses continuent sans que l'on s'en sorte car on ne connaît réellement l'Amour véritable, l'Amour de soi.
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Mon amour,
C’est une étrange confession à quoi je m’en vais me livrer ici. Hier j’ai fauté. Ou plus exactement j’ai failli. Hier soir. Dans la lumière sublime des couchers de soleil dont nous sommes, en cette saison, par quelque faveur céleste si souvent gratifiés. Pardonne-moi.
Tu étais assise, attablée devant ton secrétaire, et tu écrivais une lettre à tes parents. J’étais, moi, allongé sur le divan et je venais de refermer le livre que je lis en ce moment. Je m’accordais un instant d’émerveillement.
Sais-tu comme tu peux être belle lorsque tu es, par toi-même, oubliée ? Je te l’ai dit déjà, mille fois, et chaque fois il me semble que j’échoue à le dire. Sans doute parce que je ne sais pas exprimer ce qui, finalement, ne relève pas de la démonstration mais de la foi. Peut-être aussi est-ce un peu ta faute ? Peut-être es-tu trop rationnelle ?
Le jour avait commencé de décliner. Je m’étais redressé, moi, sans un bruit et je suis resté de longues minutes ainsi, à te contempler. Toute à tes mots, tout appliquée à t’offrir, tu ne te doutais pas de ce qui se tramait dans ton dos. Tu étais au delà…
Derrière nous, le ciel jouait le dernier acte du jour. Nous n’en savions rien, ni l’un ni l’autre, et cependant il devait éclater des feux d’artifices dans le ventre de chacun des pauvres nuages qui se sont aventurés hier à nous menacer de leurs bravades pusillanimes. Et je sais qu’il devait y avoir, répandu sur l’horizon, le sang de la lumière qui éclaboussait jusqu’à nous.
Sur la courbe merveilleuse de ta nuque, découverte comme si elle eût été offerte à la hache d’un bourreau méticuleux, le dernier rayon de soleil avait trouvé son havre. Avec la même délicatesse que celle dont aurait fait preuve la main diaphane d’un ange consolateur, il caressait chacun de ces petits poils si doux qui couvrent ton cou d’un fin duvet d’or et de miel que j’aime tant.
Mon Dieu que tu es belle lorsque le jour se meurt.
Alors, lorsque cet ultime souffle de soleil a commencé de se retirer, j’ai soudain éprouvé le désir impérieux de m’en venir doucement prendre sa place. De déposer mes lèvres où la main de l’ange se fût si naturellement promenée. De te dire « je t’aime » à la simple force de ce tendre baiser.
J’ai laissé s’effacer la lumière. S’étirer imperceptiblement vers l’obscurité. Pour que tu me sois belle, rien qu’à moi, jusqu’au dernier instant de cette singulière éternité. J’ai attendu l’heure propice où je me fusse trouvé le plus riche de toi.
Et puis le téléphone a sonné…
En me levant, j’ai allumé la lumière et lorsque j’ai décroché, déjà, je n’y pensais plus. Pardonne-moi mon amour. J’ai laissé s’enfuir un baiser qui nous appartenait.
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