But

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 …Il ne faudrait pas croire que les andros, quel que soit le type, genus ou nurse comme moi, sommes dénués de capacités réflexives. Nos basiques programmations sont identiques à ce niveau-là.

 C’est dans les détails que les différences se font. Ainsi, moi, MPopinz459, je serais incapable d’une quelconque programmation. Je ne connais pas une seule ligne de code. Je serais même incapable de me réparer en cas de panne mineure. Il n’y a pas de honte, ni de sous métiers, comme dit notre code éthique « les bonnes pratiques de l’android »

 Si les genus savent coder, et plus encore, moi, je sais faire quelque chose, même plusieurs, dont ils ignorent complètement l’usage. Je sais écrire, pas eux. Accessoirement je sais m’occuper des enfants. Ils en sont loin. En mettre un entre leurs appendices, c’est s’assurer de leur décès !

 Comme tous les andros, y compris genus, j’ai plusieurs métiers. Nul besoin nous prend de dormir par exemple, ou manger, ou flâner, ou flemmarder. La nuit, je suis sécurit’aire en chef de l’Astrogale, le club le plus huppé du monde, sans exagération. En début de soirée, je suis présentateur d’un jeu de poursuite en temps réel. Je produis aussi, à titre privé cette fois, un concours de vitesse en milieu urbain. Nous utilisons de vraies personnes, les chauffards. Ils ont poussé les limites très loin. A tel point que le dernier record tient depuis exactement 100 ans 11 mois, 20 jours, 4 heures, 30 minutes et… Je m’égare. Je suis sûr que vous vous moquez totalement des détails.

 Au final, mon labeur préféré est de loin l’écriture. Dès ma mise en service, j’ai couché des kilomètres de signes. Sans jamais le publier, ni en parler ! Je ne me sentais pas prêt, pas à la hauteur des écrivains tant actuels que passés. Puis, un jour, au détour d’une navigation, je me suis laissé accrocher par une fenêtre, un site communautaire de publication, d’écrits et plein d’autres choses. Sa présentation semblait surannée. La charte graphique ne devait pas avoir été retouchée depuis au moins deux centaines d’années. Elle lui allait bien, un petit air nostalgique, un fond de naïveté, une impression de maladresse, lui confère un charme certain. Jusqu’à son nom, Scrib’1 et sa devise : « Toute histoire mérite un lecteur ! »

 Dans ce monde où déconnecter signifie mort, Scrib’1 est rassurant. Rien de moderne ne dépasse. J’ai d’abord observé, consulté. Tout y est positif. Je viens de franchir le pas et de m’y inscrire sous un pseudo ambitieux, ngeru pango, traduction en langue morte très ancienne d’un des plus grands écrivains du 21° siècle, méconnu maintenant, un peu injustement à l’époque aussi, il faut l’avouer, hormis des initiés. Je n’ai pas encore osé montrer un de mes textes.

 Je dois faire en sorte que ma publication soit originale ; qu’elle frappe un grand coup. Je ne cache nullement que j’ai des envies de gloire et, surtout, de reconnaissance. J’hésite en fait entre envoyer un de mes textes ou répondre à une particularité du site. Souscrire à un défi ! D’autant que je viens d’en voir un fort intéressant ma foi. Le thème ? "A partir d’un fait anodin, imaginez une suite en cascade. Chaque fait déclenche le second et ainsi de suite. Ecriture libre, genre indifférent, chute heureuse ou noire, à vous amis scrivains de laisser partir votre imagination."

 En promenant le petit d’humain, seule une partie de moi veille à sa sécurité. Le reste est entièrement orienté vers le futur récit. J’ai déjà une idée de départ.

*

 j’arrive dans un endroit sensible. Je le connais bien, carrefour des voies ultra rapides, routes normales, chemins piétonniers, pistes cyclones et, par-dessus tout, terrain de jeu des chauffards. En tant qu’andro modnurse, je ne risque pas grand-chose mais le petit d’homme, si. Il pourrait provoquer l’envie d’en faire une cible pour un striker. Retour donc à la vigilance qu’exige ce monde dont la devise inscrite au fronton de l’Ordre Nouveau Unifié, Mourir n'est rien, disparaître est tout.

 Sur Taïra, vous ne pouvez, normalement, mourir mais, il y a souvent des mais, l'imprudence peut vous mener aux handicaps pour la déroulé programmatique de votre cycle de vie. S’il fait partie du long cours, si vous ne possédez que peu de cartes créditielles, alors ce sera un enfer à côté duquel mourir semblera une angélique croisière. Comme toutes reconstructions nécessitent de gros crédits, je vous laisse tirer vos conclusions.

 J’initie l’ensemble de mes capteurs. Ils m’envoient deux alertes, une orange tirant vers le vert, simple vigilance ; l’autre orange rouge, attention obligatoire. Je panoramique. La vigilance réclamée concerne une femme à la sortie du souterrain d’un métro. Je sonde superficiellement. Rien d’anormal ! La vraie alerte est pour un glisseur au loin. Je demande l’identification. Un chauffard, célèbre, Aloysius. Détenteur de moult records, il est le dieu vivant actuel des humains. Un jour, il tentera le record de vitesse combinée à un strike. Peu de chances que ce soit pour nous. Il ne prendrait pas le risque avec un bébé. En cas d’échec même partiel sa popularité en perdrait au moins trois cartes de crédit. Pour ce fat imbu et méprisant, ce que sont tous les chauffards en réalité, aux portes du pouvoir, ce n’est pas envisageable. Je poursuis donc ma route tranquille. Il est l’heure de rentrer, de nourrir bébé et de lui injecter ses cours primaires.

 Je me dirige donc vers la sécurité des voies piétonnières. Une alerte message m’atteint. Scrib’1 m’avertit de l’imminence de la clôture du défi. Par l’intermédiaire du gouverneur du site, un dénommé Scrib’é, honneur rare, il me fait savoir qu’il serait vraiment honoré de ma participation. Bizarre ? En quoi ? Ils ignorent tout de moi. A moins d’avoir accès à mes mémoires ? Impossible sauf à faire partir de la gouvernance mondiale ! Vous pourriez penser qu’un andros n’est pas sujet à la stupéfaction. Faux bien entendu sauf qu’elle ne se voit pas sur nos faces, choix purement humain pour éviter l’assimilation complète, une forme ségrégationniste résiduelle des temps anciens qui perdurent sans raison objective. Sans les andros, les humains seraient condamnés à redevenir des mortels ordinaires ; plus ils deviendraient une espèce en voie d’extinction pourchassée par son prédateur naturel, autrement dit les androgenus.

 Un état d’équilibre existe entre humains et androgenus basé sur une interdépendance artificielle. Dit ainsi, il peut sembler aléatoire mais, de fait, il est solide, renforcé par des centaines d’années de présence. Reste que comme tout roc, parfois une simple croche, sur la partition existentielle, peut le faire choir. Le conseil supérieur présidé par S. Cri Bée est là pour veiller à sa bonne marche. Constitué de 4 androgenus, programmés uniquement sur la base de données de(s) objectivité(s) universelles et de 4 humains ad vitam reconstructibles, il détient le pouvoir absolu de vie, de mort, de déconnection. Le conseil réside dans l’espace, dans une station spatiale spécialement aménagée, dont l’accès n’est possible qu’aux vaisseaux non habités, fonctionnant uniquement sur des technologies obsolètes de guidage manuel. Le personnel est constitué d’andros spécialisés. Chacun ne sait faire qu’une tâche. Haiden, le surnom de TX436JkMI, est autonome, auto réparable.

 Bref, je m’égare dans des digressions que vous n’ignoriez probablement pas. Donc la stupéfaction me saisit. Inconsciemment, oui nous possédons une forme d’inconscience, j’ai ralenti mon pas. Il va me falloir enquêter dès ma vacation terminée.

 Soudainement tous mes capteurs virent rouges vifs. Je cherche l’origine. La femme, elle se comporte comme un antisociale. Elle s’engage sur l’accélérovoie. Une pure folie ! J’esquisse un mouvement pour me précipiter quand un de mes écrans internes, ceux de la veille non urgente, affichent une hérésie. Ce n’est pas une humaine, un androgenus, un conceptuel, nom de code THau56, Prime du site Scrib’1. Inconcevable qu’il courre au suicide au-devant du glisseur d’Aloysius.

 Il ne peut, il n’a pas le droit, pas le pouvoir. Ce sera(it) un acte de guerre, déclaré ! Le choc se produit. Le corps s’envole dans les airs. Mon scanner a détecté une déconnection. Prime s’est donc éjecté. Pour réaliser cette opération, il ne peut pas être seul. Il faut une maintenance coordonnée. Je suis témoin d’un complot évident. Le corps est parvenu à son apogée. Il va retomber. A qui appartenait-il ? Toutes pensées interrogatives d’un andros équivaut à une demande patente. Une sorte d’OK Gougel des temps préhistoriques. La femme s’appelait Aléanore, réactionnante déclarée, partisane d’un séparationisme humain/machine. Comme si nous étions des simples manufactures… Stupide ! Sans danger…

 je m’intéresse au glisseur. Il a raté son coup, tuant une humaine. Il n’y est pour rien mais l’effet sera garanti. Déjà la vidéo a fait trois fois le tour du monde. Les commentaires s’accumulent, tous négatifs. La dégradation d’Aloysius est déjà actée. Sa déchéance est associative. Les androgenus de bord seront recyclés. Mais, mais que se passe-t-il ? La navette a dévié. Le choc n’a pas pu l’abimer pourtant elle semble à la dérive. Elle s’écrase et explose en dépit de toutes vraisemblances. L’androgénus commandant de bord a eu le temps d’envoyer un SOS. Pas assez rapidement pour sauver Aloysius qui a donc effectué son ultime roadtrip. Assez pour signifier le piratage des cerveaumoteurs.

 Les débris de la navette montent droit dans le ciel ; heurtent le corps de l’humaine ; le dévient. Sa chute s’accélèrent dans un angle improbable. Devenu projectile, il heurte un cyclogène. Au lieu de tomber normalement, il s’élève, fait un tour sur lui-même et s’écrase sur la boutique roulante de souvenirs.

 Le choc pulvérise la bicoque, projetant des débris dans toutes les directions. Si tu avais connu le jeu de quilles des temps pré préhistoriques, tu aurais reconnu le même effet. La petite foule d’un petit matin ordinaire présente en ce lieu de promenade touristique s’effondre au fur et à mesure des rencontres avec les bribes devenues armes. Moi même j’en reçus une en plein torse. Pas de quoi me faire tomber mais la surprise m’a fait lâcher la poussette.

 Normalement, le simple fait de la rupture de contact avec mes appendices tactiles aurait dû déclencher la sécurité et l’immobiliser. Avec horreur, je m’aperçois que le voyant marche arrière s’est activé. Elle recule ainsi sans rencontrer d’obstacles, évitant même un corps par terre. La déduction est évidente. Comme la navette, le cerveaumoteur a été piraté. Je vais être coupable d’un traumatisme, d’une blessure, pire peut-être de la perte, d’un petit d’homme. Ma vie va s’arrêter là, brisant tous mes espoirs. Je m’élance vers la poussette. Il me faut la stopper coûte que coûte. Heureusement pour moi, je suis bien plus rapide. En un bond, j’enjambe presque la distance qui nous sépare. J’exécute le second après un rapide calcul qui me fera atterrir exactement devant le guidon. C’est au sommet de la courbe que me parvient le message : « En vertu de votre culpabilité, l’incapacité à veiller sur un bébé, vous êtes condamné à la recycle. La sanction est immédiatement exécutoire. »

— Non !

 Je viens de hurler. Vite je me mets en mode transcritpal, le mode d’urgence sociétale, en liaison directe avec le centre névralgique des polisociers. Sans précaution syntaxique je me lance :

— C’est un co…

 Trop tard ! MPopinz459, modnurse de son état, a cessé d’exister.

*

Notes du codir A Darcelade

C’est au cours de l’enquête que l’on comprit la raison qui fit basculer la poussette vers l’escalier mécanique descendant au métropolitain. Le modnurse parvenu au faîte de son second bond, se figea un instant puis entama un plongeon qui le mena droit sur la poussette. Il ne fit que l’effleurer mais son appendice droit heurta le guidon, impulsant l’élan et sa bascule.

Le néo directoire présidé par Sc Rib’Ay, dans ses préliminaires, déclare que l’andros MPopinz459, est probablement un des instigateurs du complot visant à anéantir les humains. Que son saut final est probablement une tentative désespérée après le constat de l’échec à terme probable. En effet Aloysius, le courageux chauffard, semblait avoir percé à jour les intentions maléfiques d’une association contre nature entre andros et réactionnant. Cette découverte l’aurait incité à supprimer l’humaine Aléanore en dépit de tous les conditionnements. Cette explication est étayée par l’indubitable fait que Aloysius, le plus grand chauffard de tous les temps, le plus précis, le plus humaniste, ne pouvait faire une telle erreur. La récupération des mémoires de la navette corrobore la précision mathématique des calculs de la trajectoire originelle. Aloysius l’aurait fait dévier à la dernière seconde.

Le directeur SC Rib’Ay recommande la plus grande prudence tant il semble évident que l’andros MPopinz459 a pu, avec l’assistance de ses complices, se transférer juste avant la fin de la chute. Certains indices mènent à une identité qui ne peut être publiée sur l’heure mais qui semblent sonner l’hallali de cette insane engeance. Enfin M le directeur s’engage personnellement à offrir deux cartes de crédit majeur à valeur constante et deux à valeur indexé pour tous renseignements utiles.

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Mon amour,
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Tu étais assise, attablée devant ton secrétaire, et tu écrivais une lettre à tes parents. J’étais, moi, allongé sur le divan et je venais de refermer le livre que je lis en ce moment. Je m’accordais un instant d’émerveillement.
Sais-tu comme tu peux être belle lorsque tu es, par toi-même, oubliée ? Je te l’ai dit déjà, mille fois, et chaque fois il me semble que j’échoue à le dire. Sans doute parce que je ne sais pas exprimer ce qui, finalement, ne relève pas de la démonstration mais de la foi. Peut-être aussi est-ce un peu ta faute ? Peut-être es-tu trop rationnelle ?
Le jour avait commencé de décliner. Je m’étais redressé, moi, sans un bruit et je suis resté de longues minutes ainsi, à te contempler. Toute à tes mots, tout appliquée à t’offrir, tu ne te doutais pas de ce qui se tramait dans ton dos. Tu étais au delà…
Derrière nous, le ciel jouait le dernier acte du jour. Nous n’en savions rien, ni l’un ni l’autre, et cependant il devait éclater des feux d’artifices dans le ventre de chacun des pauvres nuages qui se sont aventurés hier à nous menacer de leurs bravades pusillanimes. Et je sais qu’il devait y avoir, répandu sur l’horizon, le sang de la lumière qui éclaboussait jusqu’à nous.
Sur la courbe merveilleuse de ta nuque, découverte comme si elle eût été offerte à la hache d’un bourreau méticuleux, le dernier rayon de soleil avait trouvé son havre. Avec la même délicatesse que celle dont aurait fait preuve la main diaphane d’un ange consolateur, il caressait chacun de ces petits poils si doux qui couvrent ton cou d’un fin duvet d’or et de miel que j’aime tant.
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