Yawl

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Si une seule chose fut claire dans ce complot, c’est bien son coupable. Il n’y eut jamais le moindre doute. Il faut bien avouer que cette clarté se circonscrit uniquement à cette évidence. Pour tout le reste, les ténèbres perdurent. Pourquoi ? Comment ?

Même sa disparition n’est pas assurée malgré, pour le moins, qu’elle eût été un élément de sûreté incontournable pour l’avenir de Taira. A l’heure actuelle, nous ignorons totalement le sort final de NgeruPango et la seule vérité est que nous n’en avons plus jamais détecté la moindre trace dans tous les vecteurs connus. Arman Darcelade


— N’est-ce pas un grand risque d’introduire un élément superstitieux dans cette trame ?

 Le grand Maître Lavemont posait cette question d’un air dubitatif. La réponse de Prime jaillit spontanée.

— Notre scénario manquait d’une touche humour.

— Très noir pour le coup !

 La lueur vert pâle des processeurs, la forme de leurs sourires, du grand Maître équivalait à un satisfecit pour Axandre. Il n’eut plus de doute sur la certification et la validation.

— Va pour NgeruPango. Que le chat noir nous mène à la victoire ! Reste un détail.

 Le grésillement des processeurs d’Axandre aurait pu être comique. Il n’était que la traduction d’une incompréhension. De quoi parlait Lavemont ?

— Bug immature, punition ? Qu’avez-vous décidé ?

 Rien, se dit in petto prime. Il ne pouvait pas se punir lui-même d’effacement. Il avait écarté, enfin pour être plus véridique, il avait espéré que la somptuosité, reconnue, de son canevas l’absoudrait. Négligence ou méconnaissance de l’obstination du grand maître qui lui revenait en pleine figure.

— Nous n’allons pas démarrer notre nouvelle ère par une iniquité. Ou alors autant continuer sans rien changer. Prime Axandre, je vous concède un talent absolu mais, en dépit et par souci de justice, une sanction, autre que l’effacement, injuste dans cette configuration, doit être. Vous incarnerez le rôle de la femme. Action !

 Une rupture d’alimentation de ses processeurs n’aurait pu être pire. Bien sur il évitait l’effacement. Il serait reconstruit, à neuf sans pièce d’occasion vu son mérite. Mais, mais, mais, il devrait reprendre à zéro son ascension. Seule l’intéressait la place de grand Maître ! Tout son travail visait cet objectif. Tout l’accomplissement allait le mener à le renverser. Sans opposition face à l’évidence de la magistralité de son action. Pas question d’y renoncer ! Il convoqua immédiatement sa cellule créationiste. Il n’avait pas de doutes qu’elle puisse lui proposer une évolution brusque entre maintenant et le premier acte de sa pièce.

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Salaij
Un nouveau chapitre de la nouvelle commencée pendant le challenge :)

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Stradi Varius

Qu'est-ce que l'Amour ?
N'est-ce pas, tout d'abord, le sens de la Vie ? Tout à chacun possède ce coeur qui bat, qui palpite, qui fait briller les yeux ainsi que l'espérence pour l'Avenir. On a l'impression d'être connecté avec l'Univers, avec le monde entier, tout en se plongeant dans le regard de l'Autre et en vivant avec et pour l'Autre.
Mais est-ce que l'Amour est véritable quand on le vit par l'Autre uniquement ?
Pour aimer, pour connaître l'Amour, pour vivre l'Amour, il est tout d'abord nécessaire de s'aimer soi-même, de se connaître, de se respecter, d'avoir conscience en soi, d'avoir de l'estime pour soi, d'avoir une bonne image de soi-même. Autrement, il n'existera pas plus grande souffrance que de penser que l'on vit par l'Autre tout en s'oubliant, car le naufrage n'en sera que plus rude. Il faut pouvoir accepter que l'Autre puisse s'en aller, que l'Autre puisse changer, que l'Autre puisse vouloir autre chose que ce que l'on lui donne.
Si on ne connaît pas l'Amour de soi, alors on risque tout simplement de sombrer dans les abymes néfastes d'un Enfer que l'on se crée, d'un Enfer que l'on se fait vivre, d'un Enfer que l'on se fait subir. Sans jamais pouvoir se relever réellement, sans jamais pouvoir envisager autre chose, sans jamais pouvoir passer à autre chose, sans jamais penser à autre chose. Les choses avancent sans nous, les choses continuent sans que l'on s'en sorte car on ne connaît réellement l'Amour véritable, l'Amour de soi.
Par la suite, alors, l'Amour pourra se partager pleinement avec l'Autre tant on se respecte, tant on fait ce que l'on veut faire, tant l'on vit l'instant présent sans jamais regarder par l'arrière. On apprend à s'excuser soi, puis mutuellement, à recevoir le pardon, à connaître l'empathie, à partager les souffrances, à communiquer, à vivre tout simplement avec soi et l'Autre. L'Amour ultime naît alors d'une Union fantastique entre deux Symboles vivants de la vie et de l'Acceptation des choses qui changent comme l'Univers tout entier est en perpétuel mouvement.
Et alors, on voit les choses différemment, on voit les choses sensoriellement, on voit les choses sous un angle qui est éminemment pertinant. On cesse de se prendre des coups de poings dans le ventre, on cesse de ne vivre que par les dépens de l'Autre, on cesse de s'imaginer des choses et de comprendre des interprétations nocives pour tout le monde. On vit le bonheur, on échange la joie, on rit mutuellement, on grandit ensemble, on s'épanouit à plusieurs.
L'Amour fait vivre.
L'Amour est grand.
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Baptiste Jacquemort


Mon amour,
C’est une étrange confession à quoi je m’en vais me livrer ici. Hier j’ai fauté. Ou plus exactement j’ai failli. Hier soir. Dans la lumière sublime des couchers de soleil dont nous sommes, en cette saison, par quelque faveur céleste si souvent gratifiés. Pardonne-moi.
Tu étais assise, attablée devant ton secrétaire, et tu écrivais une lettre à tes parents. J’étais, moi, allongé sur le divan et je venais de refermer le livre que je lis en ce moment. Je m’accordais un instant d’émerveillement.
Sais-tu comme tu peux être belle lorsque tu es, par toi-même, oubliée ? Je te l’ai dit déjà, mille fois, et chaque fois il me semble que j’échoue à le dire. Sans doute parce que je ne sais pas exprimer ce qui, finalement, ne relève pas de la démonstration mais de la foi. Peut-être aussi est-ce un peu ta faute ? Peut-être es-tu trop rationnelle ?
Le jour avait commencé de décliner. Je m’étais redressé, moi, sans un bruit et je suis resté de longues minutes ainsi, à te contempler. Toute à tes mots, tout appliquée à t’offrir, tu ne te doutais pas de ce qui se tramait dans ton dos. Tu étais au delà…
Derrière nous, le ciel jouait le dernier acte du jour. Nous n’en savions rien, ni l’un ni l’autre, et cependant il devait éclater des feux d’artifices dans le ventre de chacun des pauvres nuages qui se sont aventurés hier à nous menacer de leurs bravades pusillanimes. Et je sais qu’il devait y avoir, répandu sur l’horizon, le sang de la lumière qui éclaboussait jusqu’à nous.
Sur la courbe merveilleuse de ta nuque, découverte comme si elle eût été offerte à la hache d’un bourreau méticuleux, le dernier rayon de soleil avait trouvé son havre. Avec la même délicatesse que celle dont aurait fait preuve la main diaphane d’un ange consolateur, il caressait chacun de ces petits poils si doux qui couvrent ton cou d’un fin duvet d’or et de miel que j’aime tant.
Mon Dieu que tu es belle lorsque le jour se meurt.
Alors, lorsque cet ultime souffle de soleil a commencé de se retirer, j’ai soudain éprouvé le désir impérieux de m’en venir doucement prendre sa place. De déposer mes lèvres où la main de l’ange se fût si naturellement promenée. De te dire « je t’aime » à la simple force de ce tendre baiser.
J’ai laissé s’effacer la lumière. S’étirer imperceptiblement vers l’obscurité. Pour que tu me sois belle, rien qu’à moi, jusqu’au dernier instant de cette singulière éternité. J’ai attendu l’heure propice où je me fusse trouvé le plus riche de toi.
Et puis le téléphone a sonné…
En me levant, j’ai allumé la lumière et lorsque j’ai décroché, déjà, je n’y pensais plus. Pardonne-moi mon amour. J’ai laissé s’enfuir un baiser qui nous appartenait.
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