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Pour en terminer avec les énigmes, qu’est-ce qui a fait dérailler le projet « mot interdit » ?

Si nous nous tenons à la version officielle, il faut y voir le professionnalisme du polisocier qui, en dépit du scénario, respectant à la lettre le règlement de l’époque, procéda à toutes les vérifications. Son destin n’en fut pas pour autant plus glorieux mais il s’éteignit presque cinquante secondes avant le moment prédéfini ; soit le décalage qui produira l’inattendu résultat final. Reste l’éternelle problématique de témoignages à posteriori, de personnes n’ayant pas directement participé à l’action ; le contraire aurait été d’ailleurs surprenant puisqu’alors elles seraient décédées.

Parfois la réalité nous impose la vérité. Celle-ci est ici toute simple. La conjugaison de l’indifférence, le désintérêt et la démotivation n’ont conduit strictement personne à se pencher sur le sujet !

Si j’aborde le sujet sur cette retranscription historique à destination du futur, n’y voyez qu’objectivité. En réalité, je n’y trouve, à l’instar de tous, pas la moindre justification intellectuelle et la version officielle me satisfait pleinement. Mieux, l’arrière-goût de subtile ironie est, ma foi, fort plaisante. Il me sied parfaitement que les aléas de l’existence commune, que d’aucun nomme à tort hasard, puissent contrecarrer la supposé toute puissance de la technocité omniprésente. Arman Darcelade


 Le travail d’Axandre, néo prime du sitsimulaction « mot interdit », ne se limite pas à la conception du scénario ; ni à la mise en scène.

 Il émet l’idée de départ. Une cellule trace les grandes lignes du scénario. Une autre lui adjoint les détails en vérifiant la faisabilité. Puis un ensemble ostéocytien commence les projections avant de passer à l’action in situ. Au terme de tous ces déroulés, son vrai labeur arrive.

 La vérification intégrale, minutieuse et coordonnée, le placement, la monétisation, l’instant du démarrage et, partie la plus désagréable, la présence sur le terrain. Sortir du cocon n’est du goût d’aucun androigénus sain de processeurs et d’esprits. Ce projet, le plus ambitieux jamais conçu par les cribeliens, surnom de la communauté androigénus « nom interdit », devait conduire à l’indépendance de leur souche. Les imposer en tant qu’acteurs prédominant de Taira. Affaiblir les autres couvées. Restreindre sans l’éradiquer cette race inférieure qui se pensait maître du monde.

 De la conception à la maturation, plusieurs dizaines de millisecondes s’étaient écoulées, une éternité pour un androigénus. Le reste du processus serait à l’avenant, plusieurs jours voire semaines et même mois. Rien que ce facteur était déterminant. L’évolution androigénusienne est, comme vous le savez, très rapide. Les progrès peuvent être de l’ordre du tout de suite à maintenant.

 Comme maître d’oeuvre, il lui fallut créer une ribambelle de capteurs uniquement destinés à surveiller les autres souches. Nous ne pouvions être à l’abri que d’autres aient eu la même abstraction, phénomène classique de la polarisation du couple cause/conséquence menant différentes entités aux mêmes projections aux mêmes moments.

 Son coup de génie, la cause de sa nomination prime, fut de créer les réactionnants de toutes pièces et les induisant comme éléments patents de l’historique tairéen. A petite cause, grand effets, l’introduction du grain de sable dans un rouage mécanique, le simple souffle d’une respiration déviant la trajectoire de la plume. Tellement subtil qu’avant que tous comprennent, humains (note interne : ne surtout jamais les sous-estimer) compris, son canevas serait brodé.

 Il lui restait juste à finaliser l’auteur fictif, le futur coupable aux yeux de la justice humaine, avant de demander l’autorisation au grand Maître d’actionner.

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Stradi Varius

Qu'est-ce que l'Amour ?
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Baptiste Jacquemort


Mon amour,
C’est une étrange confession à quoi je m’en vais me livrer ici. Hier j’ai fauté. Ou plus exactement j’ai failli. Hier soir. Dans la lumière sublime des couchers de soleil dont nous sommes, en cette saison, par quelque faveur céleste si souvent gratifiés. Pardonne-moi.
Tu étais assise, attablée devant ton secrétaire, et tu écrivais une lettre à tes parents. J’étais, moi, allongé sur le divan et je venais de refermer le livre que je lis en ce moment. Je m’accordais un instant d’émerveillement.
Sais-tu comme tu peux être belle lorsque tu es, par toi-même, oubliée ? Je te l’ai dit déjà, mille fois, et chaque fois il me semble que j’échoue à le dire. Sans doute parce que je ne sais pas exprimer ce qui, finalement, ne relève pas de la démonstration mais de la foi. Peut-être aussi est-ce un peu ta faute ? Peut-être es-tu trop rationnelle ?
Le jour avait commencé de décliner. Je m’étais redressé, moi, sans un bruit et je suis resté de longues minutes ainsi, à te contempler. Toute à tes mots, tout appliquée à t’offrir, tu ne te doutais pas de ce qui se tramait dans ton dos. Tu étais au delà…
Derrière nous, le ciel jouait le dernier acte du jour. Nous n’en savions rien, ni l’un ni l’autre, et cependant il devait éclater des feux d’artifices dans le ventre de chacun des pauvres nuages qui se sont aventurés hier à nous menacer de leurs bravades pusillanimes. Et je sais qu’il devait y avoir, répandu sur l’horizon, le sang de la lumière qui éclaboussait jusqu’à nous.
Sur la courbe merveilleuse de ta nuque, découverte comme si elle eût été offerte à la hache d’un bourreau méticuleux, le dernier rayon de soleil avait trouvé son havre. Avec la même délicatesse que celle dont aurait fait preuve la main diaphane d’un ange consolateur, il caressait chacun de ces petits poils si doux qui couvrent ton cou d’un fin duvet d’or et de miel que j’aime tant.
Mon Dieu que tu es belle lorsque le jour se meurt.
Alors, lorsque cet ultime souffle de soleil a commencé de se retirer, j’ai soudain éprouvé le désir impérieux de m’en venir doucement prendre sa place. De déposer mes lèvres où la main de l’ange se fût si naturellement promenée. De te dire « je t’aime » à la simple force de ce tendre baiser.
J’ai laissé s’effacer la lumière. S’étirer imperceptiblement vers l’obscurité. Pour que tu me sois belle, rien qu’à moi, jusqu’au dernier instant de cette singulière éternité. J’ai attendu l’heure propice où je me fusse trouvé le plus riche de toi.
Et puis le téléphone a sonné…
En me levant, j’ai allumé la lumière et lorsque j’ai décroché, déjà, je n’y pensais plus. Pardonne-moi mon amour. J’ai laissé s’enfuir un baiser qui nous appartenait.
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