Crise

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Les réactionnants, légende ou réalité ? La question n’est pas près d’être résolue ! Ont-ils seulement existé ? Le doute est plus que permis !

Nous avons affaire là à une parabole commune au mode d’action des androïgénus, l’exploitation d’à faire valoir…

Derrière le but noble et louable, la préservation de la qualité humaniste, une analyse, même sommaire, des faits démontre qu’ils n’étaient que le bras armé du complot. Il est d’ailleurs notable que depuis la mise à néant du « censuré » , plus aucune trace de ces fameux réactionnants ne subsite.

Pour le plus grand bien de l’humanité !

Reporter : Arman Darcelade


« Coupez, tonitrue la voix de Maître Lademan Cearda. »

Tous se tournent vers lui dans l’attente de boire ses paroles d’évangile, compliments comme remontrances ou humiliations. Personne n’irait contredire le Maître, inenvisageable…

Maître Cearda fait durer le silence. Volontairement ?

Pour Axander, c’est comme marcher sur des œufs avec des chaussures de clown. Ce projet, son premier en sa qualité toute nouvelle de prime, est un honneur, redoutable, mortel et terminal.

Son âge de fabrication, cinquante et un ans, est celui de la maturité cybernétique. Celui de la détermination du futur de leur existence… Il n’existe que deux options.

Soit l’atrophie léthargique d’un rôle subalterne, sans aucune mise à jour système, intégralement conditionné à l’inexorable d’une obsolescence technologique et sa conséquence immédiate, le hard recyclage qui ne préserve aucune mémoire. Qu’elles soient vives ou passives… Une perspective rien moins qu’absolument déprimante même pour un androïgénus à capacité consciente réduite.

Soit le départ de l’ascenseur bionique vers la matérialisation, l’octroi et l’administration d’un cluster en propre, la passerelle vers le pouvoir et les sphères des hautes classes dirigeantes. Ce programme est le test, unique et ultime qui lui octroiera les clefs de branchement sur tous les ports séries du réseau androïgénus, autrement dit l’accès à la liberté, l’autonomie et la culture des connaissances universelles.

Quand le grand maître lui a confié cette mission, sa première réaction, spontanée, a été de se frotter les fibres optiques. Avant de se dire que sa facilité apparente cachait très probablement un hiatus. Qui ne tarda pas à se révéler. Faire en sorte que le but final soit un labyrinthe absolu où chaque issue mène à un autre écheveau sans possibilité de revenir à son point d’origine.

Même défini ainsi, la tâche semblait relativement aisée, une simple variation de la valeur de un à la puissance infinie. Son application pratique, le déroulement d’évènements en forme cascade avec le risque de céder à la grandiloquence ainsi que d’outrepasser les critères de vraisemblance. Axander opta quand même finalement pour elle, en sachant que la mise en application serait fort longue.

« Bien ! »

 Le mot interrompt ses errements mnémoniques. Le grand maître n’en dit pas plus, laissant à Axander le choix d’une interprétation. S’agit-il de la qualification du contenu ou l’introduction policée avant un vrai jugement ? A l’évidence, il va y avoir une suite qui ne tarde d’ailleurs pas.

« Bien, globalement, mais j’y trouve nombre d’incohérences. Certaines flagrantes comme l’immobilisme étrange du premier personnage en sortie du réseau mobile. On dirait une cruche posée au milieu d’un passage. Un manque de crédibilité qui gâche un peu le bon effet d’ensemble.

— Un bug de débutant, grand maître, corrigé depuis.

— Prime, qu’il soit le premier et dernier de cette sorte infantile. Disons que l’enjeu est maintenant baptisé. Sur veillez votre équipe et punissez sans faille le coupable. Prochaine virtualisation dans six heures.

— Il en sera ainsi grand maître.

— Et corrigez-moi les autres erreurs. »

 Sans plus en dire, ni préciser sa pensée sur les erreurs commises à son sens, il sortit du flux. Inutile pour Axander de s’appesantir, il passe immédiatement à l’action. Encore heureux qu’il lui a fait crédit de ce bug. Il n’y en aurait pas de supplémentaire. La seconde présentation devrait être parfaite sous peine de sa dissolution immédiate et définitive.

 Seul point noir, la punition a infligé au coupable. Difficile quand on l’est soi-même… Que l’équipe le sait. Son pool ne dira rien. Pour le moment et tant que le rapport bénéfice/risque/coût s’avèrerait à leur avantage.


Notes :

Réactionnant : Secte ? Groupe politique ? Terroriste ? La société, même après les évènements, n’a pu se mettre d’accord sur une définition précise. Le nom conserve une aura de prestige romantique malgré les faits avérés de meurtres, collusion avec le pouvoir, manipulations, etc. Ce groupe d’origine inconnue s’imposa après une campagne médiatique intense. Il affichait des buts qui ne pouvaient que parler à l’humain lambda. Prééminence de l’humain, égalité des chances, travail pour tous, sans jamais faire de propositions concrètes hormis des actions de terrorisme.

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Mon amour,
C’est une étrange confession à quoi je m’en vais me livrer ici. Hier j’ai fauté. Ou plus exactement j’ai failli. Hier soir. Dans la lumière sublime des couchers de soleil dont nous sommes, en cette saison, par quelque faveur céleste si souvent gratifiés. Pardonne-moi.
Tu étais assise, attablée devant ton secrétaire, et tu écrivais une lettre à tes parents. J’étais, moi, allongé sur le divan et je venais de refermer le livre que je lis en ce moment. Je m’accordais un instant d’émerveillement.
Sais-tu comme tu peux être belle lorsque tu es, par toi-même, oubliée ? Je te l’ai dit déjà, mille fois, et chaque fois il me semble que j’échoue à le dire. Sans doute parce que je ne sais pas exprimer ce qui, finalement, ne relève pas de la démonstration mais de la foi. Peut-être aussi est-ce un peu ta faute ? Peut-être es-tu trop rationnelle ?
Le jour avait commencé de décliner. Je m’étais redressé, moi, sans un bruit et je suis resté de longues minutes ainsi, à te contempler. Toute à tes mots, tout appliquée à t’offrir, tu ne te doutais pas de ce qui se tramait dans ton dos. Tu étais au delà…
Derrière nous, le ciel jouait le dernier acte du jour. Nous n’en savions rien, ni l’un ni l’autre, et cependant il devait éclater des feux d’artifices dans le ventre de chacun des pauvres nuages qui se sont aventurés hier à nous menacer de leurs bravades pusillanimes. Et je sais qu’il devait y avoir, répandu sur l’horizon, le sang de la lumière qui éclaboussait jusqu’à nous.
Sur la courbe merveilleuse de ta nuque, découverte comme si elle eût été offerte à la hache d’un bourreau méticuleux, le dernier rayon de soleil avait trouvé son havre. Avec la même délicatesse que celle dont aurait fait preuve la main diaphane d’un ange consolateur, il caressait chacun de ces petits poils si doux qui couvrent ton cou d’un fin duvet d’or et de miel que j’aime tant.
Mon Dieu que tu es belle lorsque le jour se meurt.
Alors, lorsque cet ultime souffle de soleil a commencé de se retirer, j’ai soudain éprouvé le désir impérieux de m’en venir doucement prendre sa place. De déposer mes lèvres où la main de l’ange se fût si naturellement promenée. De te dire « je t’aime » à la simple force de ce tendre baiser.
J’ai laissé s’effacer la lumière. S’étirer imperceptiblement vers l’obscurité. Pour que tu me sois belle, rien qu’à moi, jusqu’au dernier instant de cette singulière éternité. J’ai attendu l’heure propice où je me fusse trouvé le plus riche de toi.
Et puis le téléphone a sonné…
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