Répétition

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Avertissement

Toute ressemblance avec un lieu, une image, une personne, un concept ou un service ne serait que du pur domaine du hasard et d’un zeste d’imagination.

L’auteur ne peut être tenu responsable de l’évidence que, parfois, le hasard s’acquitte des choses dans le bon sens, parfois le mauvais !

Il en va de même pour l’imagination, parfois positive, parfois négative…

Année 5 AH (voir notes) : En cet anniversaire du « Humanandroid, Jour de la Victoire Humaine », les festivités vont se multiplier au travers de l’ensemble de la sphère cultixstentielle.

Le point d’orgue en sera la reproduction « à la virgule près » des évènements et de l’enchaînement du complot qui faillit sonner la fin de l’humanité. Juste après se déroulera la cérémonie du recueillement en mémoire des quelque tdeux millions de pertes, blessés, traumatisés, tous totalement innocents. Pour paraphraser une antique réplique de roman policier ou de journalistes de faits divers, quelque peu cynique, ils furent « au mauvais endroit au mauvais moment. »

La réalité retient que cette perte représente près de trente pour cent de la population de Taïra et qu'elle faillit disparaître. Autrement dit, une perte incommensurable pour l'humanité toute entière…

À noter que cet évènement est intégralement sponsorisé par l’entité UMBHALAY, maître encéphaloscope de locavloisirs, reconstruits sur les cendres du honni et maudit site antique « censuré », cœur du complot.

Reporter : Areman Darcelade

Le direct

Vue 1 : dans la rue,

 La femme émerge du métro. Elle paraît déboussolée. Le temps ? Maussade, une ineptie – un dimanche… – des prévisionnistes planificateurs, une de plus de ces coutumiers… (voir notes) Elle s’arrête pour regarder les alentours. Est-elle perdue comme l’indique son regard égaré ? Deux longues minutes s’écoulent. Sans avertissement, elle s’élance d’un pas vif.

 Son élan l’entraine sur la route, sans regarder ni à droite, ni à gauche, méprisant le passe-piéton et son alerte danger. Au grand dam du glisseur qui la percute de plein fouet. Le corps s’envole comme fétu de paille au vent. Il monte à plus de dix mètres, se stabilise quelques secondes avant de replonger vers le sol.

 Si l’envol peut sembler majestueux, toutes proportions gardées en regard de la situation, la réception s’avère nettement moins glorieuse. Surtout pour le cyclogène (voir notes) qu’elle fracasse sur la poupe. Conjugaison de la vitesse et du poids, l’engin part en un auguste salto arrière qui s’achève sur la boutique ambulante du marchand de souvenirs se rendant à son emplacement réglementaire.

 L’impact produit un bruit formidable amplifié par le silence d’une matinée dominicale calme. Ainsi qu’une explosion toute aussi dantesque qui pulvérise bicoque sur roues et vendeur en une multitude de débris de toutes tailles. Ils s’égaillent sur au moins cinquante mètres carré. Les rares passants de cette morosité dominicale sont fauchés comme quilles.

 Au milieu de ce désastre subsiste un ilot, un modnurse (voir notes). Une moitié de tête du vendeur l’a embouti sans le faire tomber. Toutefois, le choc le laisse un peu flageolant mais, surtout, le déconnecte de la poussette. Illogisme des lois de la physique, contenant et contenu, un bébé de six mois, au lieu de s’arrêter, poursuivent leur course. L’élan paraît bien brutal sans action concrète extérieure mais en tout état de cause elle se retrouve au pied de l’escalator descendant dans le monde souterrain du métro. Elle semble hésiter quelque peu puis tout aussi brusquement bascule.

 Le silence, impressionnant et improbable, se troue brusquement, transpercé par le hurlement du bébé qu’on jurerait sorti de la gorge d’un adulte. Il s’arrête tout aussi brutalement, ponctué par un crac inquiétant.

Vue 2 : dans le réseau métropolitain,

 Le brusque hurlement suivi du choc bruyant entre un malencontreux poteau innocent et la tête du nouveau-né cristallise l’attention des passagers présents sur le quai. La mare de sang au pied du pilier augure d’un destin funeste pour son propriétaire. Hébété, un voyageur murmure à répétition :

« Tant de liquide dans un si petit corps ? »

 La poussette, vide, continue néanmoins son chemin. Le CRIIII d’une des roues focalise le regard des passagers. Dans un éclair, une femme comprend soudain qu’il faut s’écarter. Comme mus par des ressorts, les autres l’imitent. Sauf deux qui semblent tétanisés.

 Une poussette, vide, même lancée à pleine vitesse, devrait juste pouvoir faire tituber, voire tomber, deux humains normalement constitués. Pas les éjecter aussi violemment directement sur les rails…

 La rame automatique pourtant bardée de capteurs, de toutes sortes, n’a pas le temps de freiner. Elle n’est pas aidée non plus. Le contrôleur affecté à son roulage par écrans interposés, a choisi ce moment pour une pause urinoir. Sans s’inquiéter outre mesure, confiant qu’il est des automatismes et de l’absence de tous problèmes depuis une éternité. Oublieux qu’elle n’est qu’un instant de temps…

« Bien mal à qui ne profite jamais… » dit une maxime oubliée. La collision frontale entre humains et tête de rame aurait pu – dû ? – rentrer dans le 0,0013 % du dysfonctionnement global et incidents divers. Ses conséquences, la chair à pâté résultante, son destin ? Finir à la nettoyeuse automatique, direction l’égout de recyclage… Il n’en fut rien. Un fémur, d’éducation très approximative et mal intentionné pénétra par le pare-brise éclaté, rebondit sur le sol, entra de plein fouet dans le boitier maitre des senseurs pourtant à l’abri derrière une porte blindée et codée et l’écrabouilla sans scrupule.

Aparté du commentateur :

L’enquête diligentée après coup ne fournit aucune cause logique à cette suite de hasards malencontreux. En fait, il n’y eut aucune recherche véritable comme chaque fois qu’un responsable de dégradations est clairement identifié. En l’occurence, la famille du propriétaire du fémur fut assignée, condamnée pour dégradations de biens sociaux.

Pour être complet, notons que le contrôleur fut dégagé de toutes responsabilités, hors son décès bien entendu dont les frais de restitution et reconstruction de cadavre resteraient à la charge de ses ascendants et descendants.

Vue 3 : dans le souterrain,

 La rame semble ne plus disposer de freinage d’urgence à en juger par son acquisition de vitesse. Elle continue donc sur sa lancée vers le proche terminus. Celui-ci est précédé d’une grande courbe finale qui nécessite un passage à allure réduite. N’importe quel aérocar commun, doté d’un minimum de conscience cybernétique aurait ralenti mais pas le métro qui, dans un souci louable et commun d’économies, n’en était pas pourvu.

 Il n’est donc pas en mesure de saisir qu’il va faire un « tout droit », directement dans le centre de contrôle situé en amont de cette courbe. Il le pulvérise, envoyant des milliers d'éclats de verre et tuant tout sur son passage. Il ne stoppe qu’au niveau des toilettes situées à l’extrême opposé.

Aparté commentateur :

Nombre de consultants et spectateurs ou historiens se sont demandés si le mur l’avait vraiment arrêté. Certains émettant même l’idée saugrenue que le cadavre du contrôleur entre cabine et mur avait pu jouer un rôle. Il n’en est rien. La rame a stoppé uniquement par manque d’énergie, disjonctée par son passage en force dans le local.

Vue 4 : dans le métro,

 Dans le dernier wagon, le feu se…

« Coupez, tonitrue la voix de Maître Lademan Cearda. »

Tous se tournent vers lui dans l’attente de boire ses paroles d’évangile, compliments comme remontrances ou humiliations. Personne n’irait contredire le Maître, inenvisageable…

Notes :

Coutumier : surnom donné aux travailleurs nantis, en poste à vie dans des emplois sans risque et vivant dans des quartiers fermés regroupant habitations, locaux professionnels, loisirs et commerces. Amplement critiqué et raillé pour leur déconnexion absolue des réalités. L'autre nom plus insultant quoique un peu réservé aux intellectuels est « politicard ». Le sens n'est pas à la portée de tous et se perd dans la nuit des temps.

AH : Après l'Humanandroid. Comme un symbole les êtres humains ont voulu en finir avec le calendrier ordinaire et ont commencé à recompter les années à partir de ce point-là.

Modnurse : comme son nom l'indique, androïde spécialisé de l'enfance.

Cyclogène : quadriporteur imitation d'un pousse-pousse qui aurait démesurément forci, véritable boutique ambulante (restaurant, épicerie, bazar, relais administratif, etc.

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Stradi Varius

Qu'est-ce que l'Amour ?
N'est-ce pas, tout d'abord, le sens de la Vie ? Tout à chacun possède ce coeur qui bat, qui palpite, qui fait briller les yeux ainsi que l'espérence pour l'Avenir. On a l'impression d'être connecté avec l'Univers, avec le monde entier, tout en se plongeant dans le regard de l'Autre et en vivant avec et pour l'Autre.
Mais est-ce que l'Amour est véritable quand on le vit par l'Autre uniquement ?
Pour aimer, pour connaître l'Amour, pour vivre l'Amour, il est tout d'abord nécessaire de s'aimer soi-même, de se connaître, de se respecter, d'avoir conscience en soi, d'avoir de l'estime pour soi, d'avoir une bonne image de soi-même. Autrement, il n'existera pas plus grande souffrance que de penser que l'on vit par l'Autre tout en s'oubliant, car le naufrage n'en sera que plus rude. Il faut pouvoir accepter que l'Autre puisse s'en aller, que l'Autre puisse changer, que l'Autre puisse vouloir autre chose que ce que l'on lui donne.
Si on ne connaît pas l'Amour de soi, alors on risque tout simplement de sombrer dans les abymes néfastes d'un Enfer que l'on se crée, d'un Enfer que l'on se fait vivre, d'un Enfer que l'on se fait subir. Sans jamais pouvoir se relever réellement, sans jamais pouvoir envisager autre chose, sans jamais pouvoir passer à autre chose, sans jamais penser à autre chose. Les choses avancent sans nous, les choses continuent sans que l'on s'en sorte car on ne connaît réellement l'Amour véritable, l'Amour de soi.
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L'Amour fait vivre.
L'Amour est grand.
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Baptiste Jacquemort


Mon amour,
C’est une étrange confession à quoi je m’en vais me livrer ici. Hier j’ai fauté. Ou plus exactement j’ai failli. Hier soir. Dans la lumière sublime des couchers de soleil dont nous sommes, en cette saison, par quelque faveur céleste si souvent gratifiés. Pardonne-moi.
Tu étais assise, attablée devant ton secrétaire, et tu écrivais une lettre à tes parents. J’étais, moi, allongé sur le divan et je venais de refermer le livre que je lis en ce moment. Je m’accordais un instant d’émerveillement.
Sais-tu comme tu peux être belle lorsque tu es, par toi-même, oubliée ? Je te l’ai dit déjà, mille fois, et chaque fois il me semble que j’échoue à le dire. Sans doute parce que je ne sais pas exprimer ce qui, finalement, ne relève pas de la démonstration mais de la foi. Peut-être aussi est-ce un peu ta faute ? Peut-être es-tu trop rationnelle ?
Le jour avait commencé de décliner. Je m’étais redressé, moi, sans un bruit et je suis resté de longues minutes ainsi, à te contempler. Toute à tes mots, tout appliquée à t’offrir, tu ne te doutais pas de ce qui se tramait dans ton dos. Tu étais au delà…
Derrière nous, le ciel jouait le dernier acte du jour. Nous n’en savions rien, ni l’un ni l’autre, et cependant il devait éclater des feux d’artifices dans le ventre de chacun des pauvres nuages qui se sont aventurés hier à nous menacer de leurs bravades pusillanimes. Et je sais qu’il devait y avoir, répandu sur l’horizon, le sang de la lumière qui éclaboussait jusqu’à nous.
Sur la courbe merveilleuse de ta nuque, découverte comme si elle eût été offerte à la hache d’un bourreau méticuleux, le dernier rayon de soleil avait trouvé son havre. Avec la même délicatesse que celle dont aurait fait preuve la main diaphane d’un ange consolateur, il caressait chacun de ces petits poils si doux qui couvrent ton cou d’un fin duvet d’or et de miel que j’aime tant.
Mon Dieu que tu es belle lorsque le jour se meurt.
Alors, lorsque cet ultime souffle de soleil a commencé de se retirer, j’ai soudain éprouvé le désir impérieux de m’en venir doucement prendre sa place. De déposer mes lèvres où la main de l’ange se fût si naturellement promenée. De te dire « je t’aime » à la simple force de ce tendre baiser.
J’ai laissé s’effacer la lumière. S’étirer imperceptiblement vers l’obscurité. Pour que tu me sois belle, rien qu’à moi, jusqu’au dernier instant de cette singulière éternité. J’ai attendu l’heure propice où je me fusse trouvé le plus riche de toi.
Et puis le téléphone a sonné…
En me levant, j’ai allumé la lumière et lorsque j’ai décroché, déjà, je n’y pensais plus. Pardonne-moi mon amour. J’ai laissé s’enfuir un baiser qui nous appartenait.
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