Une nuit inoubliable - 9 (***)

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Tous deux se regardèrent dans les yeux. Teresa souriait, tandis que le virtuose porta subitement son attention vers la statue, à nouveau. Puis, il lui tendit la main. Elle essuya rapidement la sienne, moite d’émotion, sur son manteau. Le violoniste la prit et l’embrassa doucement.

— Sais-tu que tu ne laisses pas Albert indifférent ?

Si on l’avait arrosée d’un seau d’eau froide, Teresa aurait été moins choquée. Elle parut perplexe, comme si elle avait eu du mal à comprendre les paroles de Franz. Qui pourrait s’attendre à ce genre de révélation ? Surtout dans un moment comme celui-ci.

— C’est un brave homme, ajouta-t-il. Bien plus que moi, crois-moi. Largement. Je ne vaux rien à côté de lui.

— Pourquoi me dis-tu ça ? demanda-t-elle, étonnée.

Franz ne répondit pas. Il observa l’endroit où ils se trouvaient. Là où il avait reconnu son traqueur quelques heures plus tôt. Si au moins ce dernier pouvait réapparaître et le tuer d’une balle dans la tête !

— Mais il n’y a pas qu’Albert sur terre, n’est-ce pas ? Tu dois avoir tellement de soupirants. Tu es si belle ! s’exclama-t-il, extasié par l’éclat émeraude de ses iris. Pourrais-je mériter quelqu’un comme toi ?

Elle le fixa, ébahie, confuse. Franz ne détourna son regard du sien, espérant que, par miracle, elle lirait dans ses pensées. Si elle pouvait savoir tout ce qui l’étouffait. Teresa méritait quelqu’un de mieux. Surtout pas un meurtrier. Il aurait voulu s’apitoyer sur son sort, lui avouer son problème avec les femmes, lui qui avait passé les dix dernières années de sa vie à jouer, rabaisser, humilier, alors qu’il manquait de confiance. Elle ne le méritait pas.

— Je ne te comprends pas, Franz, répéta-t-elle.

Confuse, elle ne s’y attendait pas et imagina que ce désintérêt soudain faisait partie de l’une de ses innombrables tactiques de séduction.

Pour Franz, la magie s’était vraiment estompée. Brusquement. Subitement. Elle ne l’intéressait plus.

Il proposa de la raccompagner chez elle par galanterie. Ensemble, en silence, ils regagnèrent sa voiture. Il n’ouvrit la bouche que pour lui demander son adresse et la saisir dans le GPS. À deux ou trois reprises, Teresa tenta de briser le silence, lançant quelques phrases, des trivialités, pour obtenir une réaction de sa part. Sans succès.

La voix mélodieuse du navigateur annonça leur arrivée à la rue Lottgasse, de l’autre côté du Danube. Franz gara sa voiture au pied d’une petite résidence. Il se pencha vers l’avant, étira son cou jusqu’à frôler le pare-brise, scrutant autour de lui, en quête d’une plaque de rue, car il se méfiait encore de la navigation par satellite. Tout ça pour éviter de lui adresser la parole. Teresa lui indiqua que c’était bien là. Elle le remercia et ouvrit la portière. D’un geste rapide, il décrocha sa ceinture de sécurité pour avoir la liberté de l’approcher avant qu’elle ne sorte. Il lui planta un baiser sur la joue, puis huma lascivement son cou afin de mémoriser son arôme.

S’il avait su ce que son geste représenterait pour Teresa, il se serait retenu. Cette caresse ébranla la jeune femme. L’espace de quelques secondes, elle fantasma un autre scénario : il descendrait avec elle et ne la quitterait plus. Elle descendit et demeura figée, rêveuse, la main sur sa joue.

Ignorant la jeune femme, Franz ne dit rien, même pas au revoir. Il s’allongea quasiment sur le siège passager afin d’attraper la portière. Sans ménagement, il la referma et redémarra aussitôt.

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Défi
Tifenn Mha
Je crois que je n'ai jamais autant galéré pour répondre à un défi. J'avais plein d'idée mais finalement aucune ne me convenait alors j'avoue ne pas avoir fait dans l’originalité, désolée. J'espère, tout de même, que ce petit texte sera plaisant à lire !
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Jean Marchal

le neuf du 27 novembre 2017 est déjà périmé le 28 novembre, car le monde ne s'arrête pas de tourner. Emmanuel Macron est à Ouagadougou, et il est certain que Monsieur et Madame Zongo vont analyser et réanalyser tout ce que le président Français va rendre public. Mais c'est surtout en tant que membre du collectif de direction de l'Europe unie et désunie partiellement que ce que pense et communique Emmanuel Macron va être important. Je ne prends pas la place et je ne mobilise pas l'attention d'un lecteur sur le positionnement de l'ensemble de l'Afrique dans le monde, car tout cela est parfaitement indiqué et actualisé sur le site worldbank.org par des économistes du monde entier. Que chacun se pose cette question : Pourquoi le Nigeria est un pays si en avance sur ce qui est déjà en avance ? Pourquoi cela va si vite dans le domaine des cryptomonnaies en Afrique, dans un pays bien spécifique, le Nigeria ? Pour ma part, je n'ai pas la véritable réponse. Durant cette nuit où les personnes ont dormi en Europe, des fortunes ses sont amenuisées et d'autres ont augmenté encore. Des enfants ont perdu leurs maigres économies ou bien de l'argent qu'ils ont détourné de la carte de crédit de leur mère, ou de leur père. Et cela, partout où il y a des cartyes de crédits et des parents aimants et confiants. Spéculer avec de l'argent volé à ses parents, ce serait donc mal ? Ou ce serait bien? Je ne connais pas la réponse. Perdre 10 fois sa mise dans la cour de l'école, à 7 ans ou 8 ans, avec des billes, des voitures miniatures ou tout objet de valeur, est-ce bien ou est-ce mal ? Laissons à de savants moralistes de tout poil et qui ont le temps de s'étriper sur les réseaux sociaux reservés à l'univers de pédagogues ce soin. Je m'amuse à penser qu'un préadolescent Lituanien dépasse un jeune Estonien plus âgé que lui vers une conquête et une possession d'objets virtuels, que ces deux gaillards sont en compétition avec un jeune sénégalais dans un cybercafé de Dakar, et qu'ils n'émergent pas de quelques dizaines de milliers de leurs compatriotes englués en apparence, alors que la bonne question à se poser, seul un parmi 1000 se la pose, et que, de nouveau, à l'intérieur de cette population sélectionnée par l'usage qu'elle va faire de l'outil, seul de 1 pour 100 à 1 pour 1000 va s'en sortir. Cela n'est pas la compétition des Miss, mais cela y ressemble furieusement ! Et c'est bien amusant à voir. Je comprends bien sûr par ailleurs que les malheureux "laiderons" ou liassés pour compte de cette compétition bascuelent dans une forme de jalousie qui a ses raisons. Heureusement, nous progressons sur la voie d'un revenu universel, et il y a quelques débuts timides. L'essentiel reste bien de définir la meilleure façon d'affecter nos ressources humaines à la création de valeurs effectives, comme la durée de vie en bonne santé, le nombre raisonnable d'enfants pour optimiser cet objectif, et la diminution des souffrances humaines, inégalement réparties à la surface du globe. Omar Sy a-t-il la réponse tout seul ? Non, bien sûr, mais il mène son action et il est encouragé par son épouse...C'est déjà pas si mal de rendre son conjoint fier des actions communes et où le couple exprime sa solidarité.
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