La dette - 12 (**)

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Franz s’engouffra dans les allées. Ses mains parcoururent les murs crasseux à la recherche d’un interrupteur, sans succès. Le couloir se terminait sur un hangar, dans lequel s’alignaient de hauts rayonnages. Avec une caisse, il coinça la porte de façon à permettre le passage d’un faible faisceau de lumière extérieure.

Il se souvenait vaguement avoir traversé ce chemin lors de sa première visite pendant qu’il se demandait ce qu’il cherchait vraiment. L’endroit où il avait déposé le sac ? Les restes de l’intendant ? Il envisagea même qu’il pourrait retrouver son violon en laiton, comme s’il lui manquait.

Puis, il remit ses idées en ordre. Il était là pour ce fameux Tchavo.

Rapidement, il arriva devant le corps de chauffe éteint. Aucune trace de cadavre, pas plus que de son instrument. Dans cette atmosphère suintant le bois pourri et la poussière humide, la perspective de fouiller ne l’enchantait pas.

« Idiot. Quelle idée stupide ! », pensait-il, prenant enfin conscience de l’impasse.

Comment rentrer ? En stop ? songea-t-il, presque amusé.

Sa dernière expérience remontait à loin, lors d’une escapade en Russie. Irina, la seule amie qu’il ait jamais eue et lui avaient fait de l’école buissonnière. Ce souvenir d’adolescent égaya son présent.

Irina, une magnifique ballerine, époustouflante de beauté et de grâce sur scène, un véritable garçon manqué en dehors. Il aimait son côté intrépide et rassurant, et regrettait qu’ils se soient perdus de vue, contraints par des adultes ambitieux à suivre des voies différentes.

Un bruit sec l’extirpa de sa rêverie. La porte venait de se rabattre, plongeant le hangar dans le noir absolu. « Sûrement le vent », se consola-t-il. Ou alors, il y avait quelqu’un.

— Tchavo ? souffla-t-il, la voix étranglée par la peur.

Il réitéra son appel, certain qu’il parlait dans le vide. Il luttait pour se persuader qu’il devait l’obscurité à une rafale de vent. Or, au fur et à mesure de son avancée, il avait l’impression d’entendre une respiration haletante qui n’était pas la sienne.

— Tchavo ? répéta-t-il. Je ne vous veux pas de mal…

— Connard !

Il fut projeté à terre par un coup dans le dos, porté avec un lourd objet métallique. Puis, l’agresseur se défoula sur lui, enchaînant de furieux coups de pieds, le piétinant comme s’il n’était qu’un vulgaire insecte. Le violoniste profita du noir pour l’esquiver et s’écarter en rampant.

Ses côtes le faisaient souffrir, mais il dut ignorer sa douleur. L’autre ne le lâchait pas. Franz réussit à rassembler toutes ses forces pour se relever, en évitant ses attaques. Il parvint enfin à l’agripper par les épaules, puis le relâcha aussitôt, surpris par l’extrême finesse de ses bras.

— Je ne vous veux pas de mal… je veux juste…

Il ne termina pas sa phrase. Un coup de tête lui explosa le nez. Paniqué, son attaquant hurlait des mots inintelligibles tandis qu’il déversait sur lui une pluie de crochets et de directs, aussi rapides qu’étonnamment puissants pour quelqu’un de son gabarit.

L’agresseur l’acheva d’un coup de pied à l’entrejambe et Franz s’écroula, le souffle coupé. Sans lui laisser une once de répit, l’individu le frappa encore au visage jusqu’à ce qu’il fut certain de l’avoir mis hors de combat. Puis, il prit soin de lui vider les poches.

Soudain, les lampes de l’entrepôt s’allumèrent. À demi sonné, le violoniste aperçut son attaquant par la fente d’un œil amoché. Un gamin à peine ! Au son d’un coup de feu, celui-ci bondit comme un lapin et s’éclipsa d’un pas affolé, faisant trembler les étagères.

Poussé par l’adrénaline, Franz se redressa péniblement et tenta de se cacher derrière les allées formées par les étagères remplies des cartons et du matériel. Une douleur lancinante le saisit à nouveau. Impossible de se tenir debout ni d’avancer.

Des pas s’approchèrent. Sa respiration déchirait ses entrailles, alors qu’il s’efforçait de rester silencieux. Le bruit des pas s’intensifia, puis s’arrêta brusquement. Au sol, Franz découvrit, effrayé, une paire de Dr. Martens. Des hauts rayonnages le séparaient de lui. Le violoniste tenta de trouver refuge en rampant jusqu’à l’autre bout de l’allée, mais lorsqu’il l’eut atteint, l’homme aux Dr. Martens l’attendait, pistolet à la main.

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Défi
Tifenn Mha
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