La dette - 10 (*)

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Un bruit de bouteilles entrechoquées accompagna le réveil du violoniste. Il se découvrit étalé, face contre terre. À ses côtés, les prunelles mortes d’Émilie l’observaient d’un air accusateur. Un trou au milieu du front le fixait comme un troisième œil.

Dans la cuisine, près du bar, se tenait l’homme qui l’avait espionné jusque dans ses ébats avec sa victime. Il posa sur la planche une bouteille de whisky et servit généreusement deux verres.

— Avez-vous fait de beaux rêves ? demanda-t-il, aimablement.

Franz se releva lentement. Les informations se bousculaient dans son esprit embrouillé : la vue de cet intrus, pistolet à la main ; le cadavre de la jeune femme, affreusement contorsionné entre le sol et la table basse en verre ; enfin, sa nudité. Lorsqu’il s’aperçut de ce dernier point, il reprit possession de son corps.

D’un coup d’œil rapide, il chercha ses vêtements. Ils étaient éparpillés de la porte d’entrée jusqu’au canapé. Se rhabiller n’était pas une priorité. Enfin il saurait qu’est ce que cet individu lui voulait.

— Sans ma présence ici, je me demande comment vous vous seriez débrouillé, planta-t-il, nonchalant.

Franz le regardait avec défiance. Comme s’il avait anticipé un question, l’intrus poursuivit d’un ton calme.

— D’habitude, j’évite de tuer les femmes. Mais vous étiez paralysé. Elle souffrait.

Un long silence s’instaura. Le violoniste observait son interlocuteur, un type ordinaire, finalement. Imposant de carrure, regard bleu, froid et perçant. Néanmoins, il n’avait pas l’allure d’un gangster. Même son bec-de-lièvre lui paraissait plutôt banal et n’évoquait pas des bagarres en prison. Ses mains le surprirent. Pas tant par l’arme qu’elles tenaient, mais par leur délicatesse. Elles ne pouvaient pas appartenir à un truand.

— C’est comme ça que vous avez tué l’autre ? l’interrogea-t-il en pointant du menton le corps.

Franz attrapa le verre de whisky, le vida d’une traite, puis grimaça. Son gosier eut du mal à accueillir le breuvage. Son cerveau fonctionnait à cent à l’heure, forcé de se poser des questions sur cet homme et son propre devenir. D’un côté, il remerciait le destin de l’avoir envoyé, pour abréger les souffrances d’Émilie ; de l’autre, il redoutait d’avoir à affronter ce type. Il voulait être dévoré par un trou noir ou qu’une météorite géante détruise la ville. La fin du monde !

Faisant fi de son hôte, le mystérieux individu prit un torchon et se dirigea vers le cadavre. Il s’agenouilla, épongea la flaque de sang maculant le parquet, puis il s’attarda un instant devant ce macabre spectacle. Comme s’il admirait un chef-d’œuvre.

— Au moins, ce n’était pas la jolie rouquine du parc. J’avoue qu’avec elle j’aurais eu vraiment du mal à appuyer sur la détente.

Franz comprit l’insinuation. Teresa. Un sentiment d’horreur s’empara de lui lorsqu’il imagina l’issue de la soirée si celle-ci avait pris la place d’Émilie. Tout son être se mit à trembler et ses yeux ne purent réprimer ses larmes. Il n’avait plus rien à cacher à cet homme, de toute façon.

— Je… je ne comprends pas ! balbutia-t-il enfin, lui adressant un regard suppliant. Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?

— Je m’appelle Karl, Monsieur Schligg, juste Karl. Et je vous ai observé.

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