Une nuit inoubliable - 9 (****)

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Il roula jusqu’à la jonction de Florisdorf pour traverser le Danube avec une seule idée en tête : vérifier si cette sensation, ce mélange d’extase et de pulsions meurtrières reviendrait en compagnie d’une autre femme. Émilie. Il voulait en faire l’expérience avec elle et se demandait ce qui se passerait, maintenant qu’il avait brisé la barrière des plaisirs charnels.

Il fouilla dans ses poches, en quête d’un petit bout de papier avec ses coordonnées, récupérées quelques heures plus tôt. Réfractaire aux portables et smartphones, il regretta de ne pouvoir l’appeler sur le champ. Il décida de s’arrêter dans un bar où il trouva un téléphone. Hilare, il goûtait à l’ironie de la situation. Tous ces efforts pour la voir ? Alors qu’il venait de congédier Teresa ? Mais l’envie n’était pas la même. Émilie n’était qu’un test.

Il composa son numéro et laissa le destin choisir. S’il tombait sur sa messagerie ou n’obtenait pas de rendez-vous, il rentrerait sagement chez lui. Sinon, il se contenterait de penser qu’une fille capable d’accepter l’invitation d’un quasi-inconnu à une heure si tardive ne valait rien.

$Émilie l’attendait à l’extérieur d’une boîte de nuit branchée où elle avait commencé à profiter de sa soirée. Elle lui proposa de faire un tour sur la piste pour lui présenter ses camarades. « Surtout pas ! » se dit-il. Il détestait ce genre d’endroit. Rien que de contempler la ribambelle de jeunes surexcités, suppliant l’imposant videur de leur permettre d’entrer dans ce lieu infernal, le dégoûtait de la nature humaine.

— Viens, je vais te faire écouter de la véritable musique, proposa-t-il.

Elle ne se fit pas prier et accepta. Portable greffé à la main, elle s’empressa de tapoter un SMS, certainement pour prévenir ses amis. Avant qu’elle ne termine, il le lui arracha, affichant un sourire coquin, une telle force dans ses yeux qu’elle ne put que renoncer à son téléphone.

Il l’amena à son club de jazz préféré à Grinzing, où cette fois, une chanteuse égayait la soirée, accompagnée d’un piano et d’un contrebassiste. Il commanda aussitôt du Champagne et guetta le moment idéal pour l’entraîner chez lui. Cependant, son charme ne fonctionnait pas. Elle ne parlait pas, n’appréciait pas cette musique et n’était pas sensible à l’alcool. « Une hyperactive » se dit Franz, la cernant. Elle, c’est l’action qui l’intéressait. Peut-être qu’elle aurait aimé brûler la piste de danse quelques heures de plus, avant de s’envoyer en l’air. Tout, sauf rester là, assise à écouter cette musique agaçante.

Alors, il se vit contraint à accélérer le rythme.

Il la fixa de ses yeux d’acier, d’un air qui se voulait lascif, lubrique. Elle réagit en balayant ses cheveux frisés en arrière, comme si elle montrait les endroits qu’elle offrait au violoniste. Sa main effleura son décolleté, puis descendit jusqu’à ses cuisses, qu’elle gardait bien serrées.

— Si je dois finir cette bouteille à moi tout seul, je vais m’endormir dans tes bras. Ce qui ne me déplairait pas du tout, lança-t-il, faisant danser sa flûte.

Elle s’en empara et la vida d’une gorgée, sans effectuer la moindre grimace, et demanda à être resservie. Pendant quelques minutes, son attitude se transforma et devint un peu plus bavarde, se révélant une agréable compagnie. Son charmant accent français y était pour quelque chose. Malgré son prétendu désintérêt pour le jazz, elle se mit à fredonner les mêmes airs que la chanteuse.

Franz l’analysait, se livrait à une lutte interne. Poursuivre ou arrêter ? Il laissa ses impulsions le guider et s’approcha d’elle pour sentir la tiédeur de son souffle, la dévorant toujours du regard. Elle ne tarda pas à répondre et s’aventura à explorer sa bouche de ses lèvres, l’enlaçant comme si elle ne voulait pas qu’il lui échappe.

— J’ai envie de toi ! lui chuchota-t-elle à l’oreille.

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