Une nuit inoubliable - 7

2 minutes de lecture

Liesl avait disparu depuis une bonne semaine. Son corps n’avait toujours pas été découvert. Paradoxalement, il n’y avait plus de problème de chauffage dans l’immeuble.

Franz sentait qu’il pourrait enfin respirer si l’absence du gardien ne le tracassait pas. À chaque fois qu’il traversait le vaste hall, il fixait la porte rouillée du sous-sol, se demandant si la clé cassée séjournait toujours dans l’interstice. L’ancien concierge n’était pas revenu non plus. Le remplaçant l’intriguait et lui inspirait si peu confiance qu’il l’évitait. Néanmoins, il lui fallait obtenir des renseignements.

D’ordinaire hostile envers ses voisins, il se força à rompre son isolement en échange des informations.

Il discuta avec le vieil homme du deuxième étage, celui qu’il avait l’habitude de croiser lors de ses joggings matinaux. Il découvrit avec effroi que l’ancien gardien ne reviendrait plus, terrassé par une crise cardiaque et que la chaudière avait déjà été réparée depuis le début de la semaine.

Ces nouvelles faillirent lui retourner l’estomac. Est-ce que quelqu’un savait pour son crime et l’aidait en éliminant tout indice et témoin compromettant ?

« Pourquoi ? » se demanda-t-il en avalant une gorgée de vodka, une fois rentré chez lui. Pris de paranoïa, il parcourut son appartement à la recherche de la moindre preuve qui confirmerait ses craintes d’être épié. Il fut soulagé de ne rien trouver d’anormal.

Les interrogations sur l’état du corps de Liesl rongeaient ses nerfs. Ne pas partager cette inquiétude, l’accablait.

Sa solitude l’oppressait, bien qu’elle ne lui ait jamais posé de difficulté auparavant. Sa vie était devenue frivole, futile et sans amour. À cet instant, Andréa lui manquait comme une drogue. Elle lui aurait fait oublier tous ses ennuis. Mais elle était loin.

Lorsqu’il se rendit au Conservatoire, il croisa à nouveau la Française, elle descendait, majestueuse, le grand escalier. Son jeune visage rayonnait, éclairé par le faisceau de lumière pénétrant par la coupole vitrée. Il la gratifia d’un charmant sourire comme il en avait le secret, Franz s’enticha aussi subitement de cette inconnue.

Tel un écheveau, des images, des émotions se mêlaient dans son esprit : la mort de Liesl et l’extase avec Andréa ne devenaient qu’une seule et unique sensation. Le meurtre dont il avait été le témoin involontaire se confondait à un désir, une pulsion morbide de tuer. Plus il se reprochait ces terribles pensées, plus le désir grimpait. Un appétit viscéral, animal, comme celui qu’Andréa suscitait en lui.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 18 versions.

Recommandations

Défi
Quelqu'un DeMystérieux
Réponse à "Les Nouvelles, le retour !", les pensées d'un soldat.
2
3
9
1
Jaquie
Au commencement il n'était rien, si ce n'est le ciel et la terre. Un jour que la terre s'ennuyait, elle se fit féconde et devint mère de toute choses. Alors le ciel narcissique créa les océans pour y voir refléter son image. Et le vent me diras tu?
3
3
12
2

Vous aimez lire Gigi Fro ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0