Nouveau départ et petits jeux - 3 (*)

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Sur scène, l'orchestre attendait le la du hautbois pour s'accorder. Franz lança un coup d’œil furtif vers sa jolie flûtiste. Teresa rayonnait dans sa robe vert olive, mettant en valeur la couleur de ses yeux, ses cheveux et ses courbes dévoilées de manière sublime. Avant qu'il donne l'accord, leurs regards se rencontrèrent. Elle lui sourit timidement, puis se concentra sur ses partitions. Fasciné, il ne put s'empêcher de jeter un œil en direction des violoncelles, remarquant au passage l'allure fière et satisfaite de Liesl.

Soudain, il fut assailli par un doute. Qu’avait-il dit à Teresa ? Était-ce ce soir qu'ils devaient discuter des duos flûte-violon ? Qu’avait-il promis à Liesl ? Il venait de réaliser que, très probablement, il leur avait fait croire la même chose. S'il ne s'était agi de Teresa, il n’aurait eu aucune hésitation à les confronter, histoire de flatter son ego de mâle.

Les arpèges de la harpe accompagnèrent la Valse des fleurs de Tchaïkovski, faisant voyager le violoniste dès les premières notes. L’état d’excitation provoqué par sa courte discussion avec Teresa et le merveilleux massage de Liesl permirent à son esprit de s'évader le temps d’une mélodie.

Cette musique lui évoqua un accompagnement qu’il avait exécuté au Mariinsky à Saint-Pétersbourg, peu avant sa dernière tournée. Teresa lui rappelait la beauté et la grâce des ballerines du Mariinsky. Notamment Irina, une danseuse russe qu’il y avait connue, jadis. Sa seule véritable amie. Une belle rousse, comme Teresa... Accessoirement, Liesl était aussi rousse.

Le concert terminé, Franz s’éclipsa afin de fuir toute rencontre. Il ne se sentait pas capable de gérer les interactions sociales ce soir.

Liesl s'en aperçut et emboîta ses pas, confiant son instrument à son amie. Les deux violoncellistes se connaissaient depuis leur enfance, ayant vécu toutes les deux dans le même quartier à Sankt Pölten. Liesl représentait la grande sœur que Lili n'avait jamais eue. C’était elle qui l'avait encouragée à revenir au Conservatoire, lui faisant miroiter une possible vengeance. Elles voulaient donner à ce mufle une leçon qu'il n'oublierait jamais. Liesl connaissait la légendaire malchance amoureuse de son amie, qui tombait inéluctablement sur les pires spécimens. Sa mésaventure avec le violoniste fut la goutte qui fit déborder un vase rempli à ras bord des outrages passés.

Pour Liesl, la preuve d'amitié était d'autant plus belle, qu’accoster le violoniste représentait un grand sacrifice. En effet, elle appartenait à une minorité de femmes qui n’était pas obnubilée par son physique de mâle arrogant. D’une part, parce qu’elle le trouvait désagréable, d’autre part parce qu'elle éprouvait des sentiments pour Albert, le Chef d'orchestre. Son ami avec bénéfices, bien qu'elle ambitionnât davantage de leur relation. Séduire Franz sous le nez de son amant impliquait un immense effort.

Elle le rattrapa dans les coulisses, juste au moment où Teresa s'approchait également, de l'autre côté.

Franz cherchait à éviter la violoncelliste à tout prix et ne remarqua pas l’inexorable arrivée de la flûtiste. Peine perdue, la première le retrouva et lui rappela l'invitation. Elle caressa sa nuque avec un tel magnétisme qu'il ne put la renvoyer.

Malheureusement pour lui, ce fut l’instant même où Teresa les surprit. Croyant les déranger, elle s’arrêta net. Franz la remarqua, décontenancé, troublé. Incapable de réagir tellement sa muse le déstabilisait.

— Désolée, ma chère, il est déjà pris pour la soirée ! claironna Liesl d'un ton triomphant, ses doigts effleurèrent le cou du violoniste, le contrôlant comme une marionnette.

Franz se reprocha de n'avoir rien tenté. Sa crispation à l’encontre de la violoncelliste augmentait et il la détesta aussitôt. Elle devint pour lui une cible à abattre. Il sortirait avec elle et trouverait le moment parfait pour l'humilier.

Ironiquement, il tint sa promesse quelques minutes plus tard, lorsqu'ils quittèrent ensemble le Conservatoire. Liesl croisa fortuitement le regard médusé d'Albert.

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Défi
Tifenn Mha
Je crois que je n'ai jamais autant galéré pour répondre à un défi. J'avais plein d'idée mais finalement aucune ne me convenait alors j'avoue ne pas avoir fait dans l’originalité, désolée. J'espère, tout de même, que ce petit texte sera plaisant à lire !
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Jean Marchal

le neuf du 27 novembre 2017 est déjà périmé le 28 novembre, car le monde ne s'arrête pas de tourner. Emmanuel Macron est à Ouagadougou, et il est certain que Monsieur et Madame Zongo vont analyser et réanalyser tout ce que le président Français va rendre public. Mais c'est surtout en tant que membre du collectif de direction de l'Europe unie et désunie partiellement que ce que pense et communique Emmanuel Macron va être important. Je ne prends pas la place et je ne mobilise pas l'attention d'un lecteur sur le positionnement de l'ensemble de l'Afrique dans le monde, car tout cela est parfaitement indiqué et actualisé sur le site worldbank.org par des économistes du monde entier. Que chacun se pose cette question : Pourquoi le Nigeria est un pays si en avance sur ce qui est déjà en avance ? Pourquoi cela va si vite dans le domaine des cryptomonnaies en Afrique, dans un pays bien spécifique, le Nigeria ? Pour ma part, je n'ai pas la véritable réponse. Durant cette nuit où les personnes ont dormi en Europe, des fortunes ses sont amenuisées et d'autres ont augmenté encore. Des enfants ont perdu leurs maigres économies ou bien de l'argent qu'ils ont détourné de la carte de crédit de leur mère, ou de leur père. Et cela, partout où il y a des cartyes de crédits et des parents aimants et confiants. Spéculer avec de l'argent volé à ses parents, ce serait donc mal ? Ou ce serait bien? Je ne connais pas la réponse. Perdre 10 fois sa mise dans la cour de l'école, à 7 ans ou 8 ans, avec des billes, des voitures miniatures ou tout objet de valeur, est-ce bien ou est-ce mal ? Laissons à de savants moralistes de tout poil et qui ont le temps de s'étriper sur les réseaux sociaux reservés à l'univers de pédagogues ce soin. Je m'amuse à penser qu'un préadolescent Lituanien dépasse un jeune Estonien plus âgé que lui vers une conquête et une possession d'objets virtuels, que ces deux gaillards sont en compétition avec un jeune sénégalais dans un cybercafé de Dakar, et qu'ils n'émergent pas de quelques dizaines de milliers de leurs compatriotes englués en apparence, alors que la bonne question à se poser, seul un parmi 1000 se la pose, et que, de nouveau, à l'intérieur de cette population sélectionnée par l'usage qu'elle va faire de l'outil, seul de 1 pour 100 à 1 pour 1000 va s'en sortir. Cela n'est pas la compétition des Miss, mais cela y ressemble furieusement ! Et c'est bien amusant à voir. Je comprends bien sûr par ailleurs que les malheureux "laiderons" ou liassés pour compte de cette compétition bascuelent dans une forme de jalousie qui a ses raisons. Heureusement, nous progressons sur la voie d'un revenu universel, et il y a quelques débuts timides. L'essentiel reste bien de définir la meilleure façon d'affecter nos ressources humaines à la création de valeurs effectives, comme la durée de vie en bonne santé, le nombre raisonnable d'enfants pour optimiser cet objectif, et la diminution des souffrances humaines, inégalement réparties à la surface du globe. Omar Sy a-t-il la réponse tout seul ? Non, bien sûr, mais il mène son action et il est encouragé par son épouse...C'est déjà pas si mal de rendre son conjoint fier des actions communes et où le couple exprime sa solidarité.
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Serizawa Tamao
Premier jet, écriture d'une transcription presque instinctive d'images sombres inspirée par un avenir stérile.
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