New York

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C’était une agréable matinée ensoleillée. Idéal pour se balader dans les allées de Central Park. Au bord du lac, au milieu de joggeurs et des flâneurs, Albert se promenait en famille. Ils cherchaient une aire de jeux pour leurs enfants.

Il s’offrait une petite pause salutaire pour méditer. Plusieurs options d’avenir se présentaient à lui. À Vienne, Jakob Shahn se retirerait sous peu et l’avait encouragé à prendre sa place. Un grand honneur, qu'il hésitait à accepter. L'Anglais se trouvait de plus en plus sollicité en tant qu'invité auprès de prestigieux orchestres dans le monde. Face à ce dilemme, il avait préféré partir en vacances en famille pour réfléchir.

Il avait un mince espoir de profiter du séjour pour obtenir des nouvelles d’un vieil ami. Un ami perdu de vue, mais pas abandonné. Accablé par sa tentative de suicide, Albert lui avait proposé aide et soutien moral lors de son internement. Franz les refusa et opta pour la solitude, couper tous les ponts. À sa sortie, son ami ne s’étonna pas de le voir s’envoler vers d’autres cieux.

Malgré l'éloignement, il savait que Franz allait bien, puisqu'il n’avait pas abandonné la musique. Il enseignait même dans une prestigieuse école new-yorkaise, où sa réputation n’était plus du tout la même qu’à Vienne. Il semblait s’être assagi, au contact d'une étrange photographe, dont l’œuvre sordide l'avait stupéfié. Elle s'était fait un nom avec ses clichés consacrés aux blessures du violoniste. Bien qu’il trouvât le concept abject, il reconnaissait l'étrange beauté des photos. Il finit par comprendre leur sens : une création artistique évoquant la cicatrisation d’un esprit tourmenté, jusqu’à la guérison.

Albert n'obtint aucune réponse aux sollicitations pour le rencontrer, ni par le biais de Shahn, ni par l’école où il enseignait.

Il n’insista plus.

Les heureux parents trouvèrent enfin des balançoires et des toboggans pour les deux petits. À cet instant, son portable sonna. Il s’éloigna pour répondre, à la recherche d’un coin plus calme. Prit l’appel, sans intérêt. Lorsqu’il raccrocha, son ouïe fut surprise par une mélodie distante. Le jeu lui fit immédiatement penser à Franz.

La musique s’arrêta, puis recommença. En définitive, il ne s’agissait pas de la même personne. Avait-il rêvé ? Le morceau se répétait, comme un exercice. Il se laissa guider par les gammes et tomba sur un petit attroupement de jeunes. Au centre, il aperçut son ami, un violon dans les mains. Albert resta bouche bée, ravi de le découvrir avec cet instrument qu’il chérissait tant.

À part une courte barbe en bouc, il n’avait pas changé. Au contraire, il avait meilleure allure que la dernière fois. Il avait la même majestuosité que le jour de leur première rencontre, aux portes du Conservatoire.

Le violoniste donnait des explications à son auditoire, lorsqu'il aperçut son veil ami. Il prit congé de son public et s’approcha du Chef d'orchestre. Son visage ne reflétait aucune expression particulière. S’il fallait le définir en un seul mot, ce serait : apaisé. Ils se saluèrent comme s’ils s’étaient vus la veille.

— Je t’ai reconnu à ton jeu ! s’exclama Albert, enthousiasmé. Que fais-tu là ?

— Je ne jouerai plus jamais comme avant, répondit Franz, songeur. J’aime enseigner. Une fois par mois, je donne des conseils à ceux qui ne peuvent pas se payer des cours.

— Franz, je suis content que tu aies pu refaire ta vie...

— Je ne l’ai pas refaite. Je vais à peine la commencer, conclut-il en souriant.

Ce fantôme du passé ne pouvait plus l’atteindre. En partant pour l’Amérique, Franz s'était délesté de tout souvenir douloureux, resté au pays. Il avait accepté de vivre avec ses regrets et sa culpabilité jusqu’à la fin de ses jours. Le moyen d'expier ses fautes se présenterait un jour, mais, en attendant, il poursuivait sa guérison.

Une convalescence rendue possible par la distance et la compagnie de la seule personne à partager sa vision du monde. Sans amour, juste du détachement et du bien-être. Virginie répondait à son besoin. Pas de sentiments à part une amitié complice qui leur convenait. De toute façon, la jeune photographe, un esprit libre, souhaitait vivre sa vie comme bon lui semblait.

Cela convenait à Franz, car malgré tout, son cœur continuait à battre pour Lili. Loin de lui en vouloir, il comprenait même les raisons de son abandon. Cependant, il avait besoin de savoir qu’elle se portait bien et pour cela, avait chargé la seule personne qu’il jugeait capable de la trouver.

Depuis qu’il avait reçu la plus belle nouvelle imaginable, son existence avait pris un nouveau tournant. Une révélation inconcevable, qui aurait pu le détruire avant, mais plus maintenant. Il était prêt.

Alors qu’ils discutaient, Teresa les rejoignit, un bambin à chaque main. Elle fut surprise de revoir le violoniste, intimidée par son charme resplendissant, et ne put réprimer un léger rougissement. Franz riva son regard sur les deux enfants, souriant. Aussi bien dans son âme, qu’à l’extérieur.

FIN

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