La Symphonie expiatoire - 23 (***)

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À contrecœur, Shahn les laissa seuls. Ses inquiétudes pour son protégé s’évaporèrent dès que la jeune femme déploya ses charmes devant lui.

Franz proposa à l’homme politique de l’accompagner à prendre l’air. Il était persuadé que ce Krotz se trouvait dans le viseur de Karl.

— Quelle affreuse coïncidence ! renchérit Krotz. Monsieur Shahn m’a raconté pour votre amie ! Je comprends mieux votre réaction.

— Elle n’était pas mon amie…

— Ah ! Quelque chose de plus sérieux ?

Franz demeura silencieux, sans savoir que répondre.

— Moi aussi, j’ai perdu quelqu’un dans cet accident, poursuivit-il sur un ton plus grave. Georg, mon assistant, conseiller et ami. Il y avait également un journaliste avec nous. Nous revenions d’un meeting à Salzbourg. Je ne devais pas conduire la voiture…

— Ah bon ?

Son cerveau commençait à façonner des théories du complot.

— Georg se sentait indisposé depuis le déjeuner. J’ai pris le volant. C’est dur quand vous êtes le seul à survivre…

Des mots imprégnés d’émotion sortaient de sa bouche, son regard perdu dans le ciel nuageux, reflétant les lumières de la ville. De toute évidence, il cherchait à se livrer davantage. Peut-être voulait-il décrire le choc ? Parler du bonheur de se savoir en vie ou de la tristesse de découvrir ses passagers morts ? Ou dire tout simplement que, malgré tout, il faut s’estimer heureux.

L’homme politique ne dit pas plus. S’apercevant de ses larmes, le musicien n’osa pas le regarder en l’interrogeant de nouveau.

— Vous croyez qu’il s’agit d’un attentat ? s’aventura-t-il à demander.

— Un quoi ?! s’exclama Krotz, offusqué. Ne soyez pas ridicule, vous voyez politique et complots dans le même panier ? J’étais tout simplement au mauvais endroit au mauvais moment.

Krotz n’en rajouta plus. Il avait compris, d’après sa conversation avec Shahn, que le jeune homme souffrait également d’une perte. Celle de la femme découverte dans l’autre véhicule, Liesl. Il ne put s’empêcher de fixer la main du virtuose, son pansement.

— J’ai rencontré un certain Hans Jurgens, votre collaborateur à Vienne, avança le virtuose pour détourner leur conversation.

— Ah oui ? C’est curieux ! On dirait qu’il était écrit que nos chemins devaient se croiser ! À la mort de Georg, Hans a été nommé d’office pour le remplacer. Je n’ai pas à me plaindre, il est efficace. Vous le connaissiez ?

— Non, pas du tout. Il accompagnait une amie lors d’une soirée.

Le violoniste ne trouvait pas comment l’avertir du danger qu’il courait. Il sentait que quelque chose se tramait, mais quoi ?

— Si ce n’est pas indiscret, que faites-vous à New York ? s’enquit-il, timidement.

— Ah ! Ce n’est pas indiscret du tout ! On en parle dans les journaux ! Du moins à Vienne. Entre nous, pour l’argent et l’influence, c’est ici que ça se passe. N’est-ce pas ? Je rencontre des soutiens qui vont financer ma campagne. Officiellement, je dois assister à quelques conférences aux Nations Unies. Bref ! C’est bon pour mon image, vous savez ? Ça vous intéresse, la politique ?

— Pas du tout !

— Oh, je comprends. Vous, c’est la musique ! Ah ! Si vous saviez, ma femme serait enchantée de vous rencontrer ! Quand est-ce que vous rentrez à Vienne ? Nous serions ravis de vous recevoir !

Franz l’observa, circonspect. Soudain, il eut peur de lui, comme d’une bombe à retardement.

— Je vais rentrer le plus vite possible, répondit le violoniste.

— Parfait ! Je rentrerai avec vous ! Je n’ai plus rien à faire ici. De plus, un sponsor a mis à disposition son jet privé pour mon retour, ça vous tente ?

Non, se retrouver dans le même avion que cet individu ne le tentait pas du tout.

— Je ne veux pas profiter de la gentillesse de votre ami.

— Ne vous inquiétez pas, Maestro, je m’en occupe ! Je vous confirmerai ça demain.

Après leur conversation, Franz abandonna la fête et retourna dans sa chambre. Résolu à retourner à Vienne, il hésitait à tâter le terrain. Qui d’autre pourrait le renseigner à part Lili ?

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Défi
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