25 - Rafaël

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Rafaël

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   Sergio fait partie de ces hommes charismatiques qui pourtant devraient engendrer dégoût et répulsion. Sa stature, sa carrure, lui donnent un air imposant, un certain charme qui je n'en doute pas, doit lui être utile dans ses négociations. Sagement assis derrière un bureau moderne blanc, il nous fixe de ses yeux sombres marqués par l'âge. Quelques bagues à ses doigts, dont une alliance, un cigare à ses lèvres : caricature du mafieux de base qui me donne envie de sourire. Ses tempes grisonnantes trahissent son âge, bien que son visage reste plutôt lisse. Il nous sourit, j'ai envie de lui répondre.

Sauf que ce n'est ni le lieu ni le moment. J'ai en face de moi un type baignant dans le trafic d'enfants à prostituer.

Un frisson me parcourt, difficile à réprimer.

— J'ai été étonné que mon frère vous oriente vers moi, lance t-il en me proposant un cigare. Il est plutôt frileux d'ordinaire, surtout avec les mecs des states.

— Un bon feeling ? je hasarde.

— Sans doute. Vous m'avez dit au téléphone que vous étiez dans la mineure ?

Mon Dieu. Cette conversation, comme tout ce qui se passe depuis deux jours maintenant, est surréaliste. Le ton de sa voix laisserait à croire qu'il parle de la pluie et du beau temps avec un vieil ami.

Ce n'est définitivement pas le cas.

Nos yeux se croisent, j'attrape un cigare, et Hugo m'imite.

— C'est ça. Treize-seize.

Il hoche la tête, parcourt nos expressions d'un regard entendu, avant de croiser ses doigts sous son menton.

Imperturbable, je coule un regard à H pour prendre connaissance de son état : tranquille, il tire une bouffée sur son cigare, grimace un peu.

— Je vous avoue que ça fait longtemps que je n'ai pas travaillé avec des étrangers.

— Vraiment ? je tique en haussant un sourcil. Vous vous fournissez... ?

— Colombie principalement. Quelques réseaux internes, dans les zones touristiques. C'est pratique, j'arrive à proposer des européennes grâce à tous ces touristes friqués.

— Colombie ? Vous travaillez quand même avec l'extérieur du coup.

— Ah, oui. Je ne compte pas vraiment le sud dans ''étranger''. En réalité, c'est plus avec le nord que je suis frileux. La dernière fois que j'ai bossé avec un californien, il m'a ramené des gamins malades. Mes clients payent pas pour choper le sida.

Hugo touche ma jambe du bout de son pied sous la table.

Il a compris, et moi aussi. Cet homme, ce n'est pas celui qui détient Damian.

Maintenant, un dilemme s'impose : continuer à la jouer trafiquant, ou poser des questions sur le but réel de notre visite.

— Un californien vous dites ? demande Hugo. Je suis de Californie moi aussi. On s'est peut-être croisés.

— Je pense pas, non. Je connais ton gang gamin, Montgomery était un bon gars. On avait quelques contacts du temps où je faisais dans la cocaïne. J'ai appris pour son arrestation. C'est moche.

— Vous connaissiez mon père ?

Je me fige, et H sursaute : trop tard, le mal est fait. Ses mots sont sortis tellement rapidement qu'il n'a sans doute pas réfléchi avant de les prononcer. Porté par la curiosité et l'enthousiasme, ses paroles ont dépassé sa pensée.

Sergio a un petit mouvement de tête interrogatif. Il semble étonné de ce retournement de situation. De ses doigts, il se masse la nuque, défait quelques nœuds dans ses cheveux blancs avant de se racler la gorge.

— Hugo Cortez, marmonne t-il en hochant doucement la tête. Bah ça alors.

Mon sang rugit à mes tempes. Impossible de savoir si cet homme était en si bons termes avec Montgomery. J'espère, je prie pour que ce soit le cas. Dans le cas contraire, il est fort probable que nous finissions lui et moi avec le ventre troué.

Un dialogue en espagnol débute alors. Des questions de la part de Sergio, auxquelles Hugo répond le plus calmement possible. Son visage est crispé, il sait qu'il vient d'en faire une bonne. Néanmoins plus les secondes passent et plus il se détend. Au bout d'un certain temps, je vois même naître au coin de ses lèvres, un sourire entendu.

Son regard accroche le mien, semble hurler « On a pas merdé au final ».

— Donc c'est toi qui t'occupes des Cortez maintenant, d'accord.

Segio hoche la tête, à nouveau, puis se lève pour s'approcher d'un meuble en bois duquel il sort une bouteille de Wischy. Le liquide qui s'agite dans la bouteille me donne le tournis.

— Sergio connaît très bien mon père, me murmure H.

J'acquiesce, et décide de laisser H mener les échanges à présent ; j'ai joué mon rôle de faux trafiquant, à lui de jouer le sien.

— Et comment vont tes frères et sœurs ? La dernière fois que j'ai eu Monty au téléphone, vous veniez de fêter les sept ans des jumeaux.

Mon cœur tambourine plus fort dans ma poitrine, mais d'espoir cette fois-ci.

Cette coïncidence, cette bourde, pourrait au final, représenter notre meilleur espoir.

H se tend alors, commence à trembler au niveau des doigts. Sergio qui le remarque, réitère sa question. Alors, l'aîné Cortez explique tout, de Lina à Damian en passant par Ariana. La chronologie familiale se fait rapidement, en quelques secondes, sous le regard éberlué de notre hôte. Regard étonné qui mue en colère lorsque nous atteignons la partie relative à l'enlèvement. Je vois ses sourcils se froncer, sa lèvre s'agiter dans un frémissement colérique, avant qu'il ne prenne une grande inspiration.

— Damian, je vois bien, oui. Monty m'en parlait beaucoup au téléphone : il s'inquiétait pour lui, pour ce genre de... cas de figure.

Il se racle la gorge, se mord brièvement la lèvre avant de fermer les yeux. En les rouvrant, il me couvre d'un long regard peiné.

— Donni Ehler, murmure H. C'est le nom du type qui a enlevé Dam. On a réussi à les localiser, mais depuis ce matin cinq heures, le signal a été coupé. On sait pas où ils sont partis.

— À quoi il ressemble votre gars ?

Je suis soulagé qu'il ait oublié la partie selon laquelle j'étais censé lui proposer de jolies jeunes filles pour son trafic. J'imagine qu'il a compris, qu'il sait que ce n'était qu'un mensonge pour mieux s'infiltrer. Si c'est le cas, il n'en montre rien, s'immerge totalement dans notre principale tâche, la raison première de notre venue à Tijuana.

— Grand, black. Il... il faisait partie des King100 avant. Ou plutôt, il en fait partie, tout court.

Sergio acquiesce, et se penche en arrière. Son fauteuil de cuir grince, le silence se fait dans la salle.

— Si c'est un nègre, il ne peut travailler que pour les autres hijos de putas des quartiers sud.

Une lumière se fait enfin, le bout du tunnel devient visible. Au final, nous étions sur une fausse piste avec Sergio, qui nous a pourtant mis sur la bonne voie.

Mon torse se gonfle d'espoir et de mille attentes.

— En plus, ils font dans les jeunes eux aussi, marmonne t-il en sortant son portable.

Nous le regardons pianoter sur son téléphone, puis le porter à son oreille en nous faisant signe de rester muets. Hugo me lance un regard presque satisfait : à son air, on pourrait croire que Damian est déjà dans la voiture, prêt à repartir.

Une nouvelle conversation en langue latine démarre, à laquelle Hugo s'accroche avec attention. Je vois ses sourcils se froncer au fur et à mesure des paroles de Sergio, puis son air se crisper, se détendre, et se muer en grimace.

Moi, je reste impassible. Je parle très bien anglais, français, allemand, et un peu de russe, mais l'espagnol a toujours fait partie de ces langues que je déteste. Trop chantante, je n'aime pas ça. Dans le même sac que l'italien et le portugais.

Sergio raccroche, avant de se tourner vers nous.

— J'en dois une à Monty, je vais vous aider à récupérer le gamin.

Soulagé, je manque presque lâcher un soupir, avant de me rétracter : il s'agit quand même d'un gros bonnet de Tijuana, il me faut rester droit.

— Mon ami Alaric a longtemps côtoyé ces chiens, du temps où il vendait sur un quartier divisé. Selon lui, si le petit est chez eux, il se trouve à l'hôtel Riva.

— On y va alors, lance H en se relevant.

— Pas si vite gamin. Ce pan de leur activité représente la moitié de leurs revenus. L'hôtel est très bien protégé, y aller maintenant pour leur voler un de leurs... hum, pour récupérer Damian, ce serait du suicide.

H se tend, commence à trépigner sur place. D'un regard, je lui indique de se calmer et surtout, de se rasseoir.

— Vous êtes combien à être venu à Tijuana ?

— Quatre, répond H. Lui et moi, un autre gars, et Ariana.

— Ok. on va se donner deux jours, le temps de vérifier que votre gamin est bien là-bas. Si c'est le cas, je mettrai certains de mes hommes sur le coup, ça nous permettra de faire un peu de ménage dans le sud de la ville par la même occasion. L'important, c'est de réussir à entrer, mais surtout de pouvoir en sortir. Et avec le petit.

— Deux jours c'est énorme, je grommelle.

— Mais nécessaire. Je vais envoyer un de mes gars faire du repérage sur les lieux. Il se fera passer pour un client, et vérifiera si le petit est bien là-bas. Ça, ce sera demain. Ensuite, on préparera ensemble le déroulé de notre intrusion, à la minute. J'ai appris pour Lina, et je sais que bien qu'il ne soit pas très démonstratif, Monty tient à vous. S'il perd Damian de la même façon que Lina, il ne s'en remettra pas.

Mon cœur se serre, se mouve vite et me fait mal : on a une solution, espérons juste que Damian tiendra jusque là.

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De la musique au loin. Un tourne disque sans doute. Elle tend l'oreille, essaye de deviner l'artiste joué, du piano, de la musique classique. Elle ferme les yeux et se laisse guider par la mélodie. Bientôt tout son corps s'anime et elle esquisse quelques pas sur son balcon. Entre les géraniums et le basilic. Elle virevolte et ses pieds quittent le sol, elle s'envole. Elle est époustouflante. Et pourtant si fragile. Son corps frêle, caché sous son léger vêtement porte des cicatrices. La vie est dure dirait-on. Mais elle est là, dans son nouveau chez-elle, preuve vivante du renouveau. Elle a repeint la salle de bain en jaune. Pour éclairer la pièce comme un soleil a-t-elle déclaré. Un beau jaune tournesol qui a fait grimacer sa mère. Elle est aussi très fière de son tapis bariolé déniché le matin même dans une brocante. Il se marie parfaitement avec le canapé gris du salon. Parfait pour réchauffer ses pieds l'hiver, à défaut d'avoir une cheminée. Pourtant elle a espéré, dans sa naïveté enfantine, pouvoir trouver un appartement avec un petit poêle. Pour le crépitement du feu. Mais Paris et son petit budget en ont malheureusement décidé autrement. Tant pis, elle s'est promis, qu'un jour elle aurait une piscine et une cheminée. Et une véranda fleurie où elle pourrait s'installer tranquillement pour lire, dans un fauteuil aux gros coussins moelleux. Un hamac au fond du jardin, entre deux grands arbres majestueux. Elle rit. Pour tout et n'importe quoi à la fois. Et quand elle rit tout son visage resplendit. Elle est époustouflante. Elle a toujours attiré les regards. Des hommes célibataires, fiancés ou mariés. Ils l'abordent, la complimentent, cherchent à la charmer par des paroles doucereuses ou des promesses en l'air. Mais, d'un pincement des lèvres, d'un regard hautain ou d'un geste agacé de la main, elle les repousse. Et, déçus, ils s'en vont en conquérir d'autres. Plus abordables et plus sensibles à leurs charmes. Ces femmes, si fiévreuses de plaire et si avides d'attention, qui n'hésitent pas à gratifier leurs prétendants de regards en coin ou de paroles mielleuses.
Elle porte à ses lèvres son verre de cognac et ses bracelets au poignet tintent doucement. Une jeune fille ne doit pas boire d'alcool fort comme ça toute seule. Foutage de gueule. Elle n'a qu'à faire de ces principes de la bonne société. Pourquoi donc ne pourrait-elle pas profiter de ce petit plaisir ? Et puis les règles ne sont-elles pas faites pour être bafouées ? Ses doigts blancs et fins entourent délicatement le verre, ses ongles légèrement vernis sont coupés courts. En un coup d’œil on devine qu’elle n’a jamais vraiment été intéressée par les travaux manuels. Non, la peau de ses mains est beaucoup trop fine, n’a jamais été abimée par la sueur ou la crasse. Elle est plutôt du genre avocate. Ou quelque chose dans les livres peut-être. Elle est réfléchie et mesurée. Mais les yeux pétillants et le regard malicieux. Elle regorge de vitalité, de joie et de volonté.
Bientôt elle soupire. Peut-être est-il temps pour elle de retourner se coucher ? Elle hésite. Son lit l’attend, et, avec lui, ses draps propres aux senteurs de lavande et son bien-aimé. Et puis, le réveil sera difficile si elle tarde trop. Mais elle s’interdit de penser au lendemain, à la sonnerie de son téléphone qui viendra la tirer de sommeil, l’enlever à son repos. Elle s’accorde encore quelques minutes. Juste le temps de mémoriser cet instant. Elle ferme les yeux. Faites que le temps s’arrête, faites que demain n’arrive jamais.
Tout à coup, des bras forts et protecteurs l'encerclent. Un parfum aimé vient chatouiller son nez. Il est là, elle a dû le réveiller. « Pardon, tu dormais. » Il ne relève même pas et continue à la serrer contre lui. Ensemble ils observent la ville endormie. Même le petit couple du 6ème a finalement éteint. Le tourne disque s'est arrêté et le silence s'installe progressivement dans la rue. Le sommeil se fait sentir.
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"Viens mon amour, Rachel, viens te recoucher, il est tard." Chuchote-il. Elle sourit et lui emboite le pas, sa main dans la sienne.
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- Maman, qui m'a donné mon intelligence?
- Ce doit être ton père parce que moi je l'ai encore.
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