~ Départ ~

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Il était tard lorsque le groupe rejoint la cabane au milieu des bois, et c'est épuisée, qu'elle se laissa tomber sur son lit et s'endormit immédiatement.

La nuit fut courte pour tout le monde et la lumière apparaissait à peine au travers des feuillages que quelqu'un frappait déjà à la porte. Nelly soupira et hurla mentalement qu'on la laisse en paix mais, après s'être vaguement recoiffée du plat de la main, elle ouvrit finalement la porte, un sourire forcé sur les lèvres. Lorsqu'elle vit Anak, son sourire s'embellit et ses yeux se mirent à briller. Elle l'invita à entrer.

  • Je suis désolée je dormais encore... bailla-t-elle.
  • J'en suis persuadé, rit-il, mais il fallait que je vienne te voir avant ton départ.
  • Mon départ ?
  • Je n'ai pas eu le temps de t'en parler quand tu as terminé ton exercice, mais avant de partir Alfan a vu ce que tu as fait.
  • Et donc ?
  • Il a ordonné à Amarash de t'emmener avec lui.
  • Mais je … !
  • Tout va bien, c'est super au contraire !
  • Mais pourquoi ? Je viens à peine de te retrouver qu'on m'arrache déjà à toi, c'est injuste !
  • Princesse, on a toujours été ensemble... Il prit sa main et la posa sur son cœur, et quoi qu'il arrive, je serais toujours là.


Nelly ne se sentait pas le courage de lui poser plus de questions. Peu importe qu'ils se soient retrouvés depuis longtemps, ça n'existait pas dans sa mémoire donc à ses yeux, cela ne faisait que quelques heures.

Une nuit. Il aura fallu une nuit pour qu'elle rencontre son frère adoptif, et quelques heures pour qu'on décide de le lui retirer. Elle le prit dans ses bras, ne voulant plus le lâcher, le serrant si fort qu'il aurait pu se fondre dans son corps. Ils s'allongèrent ensemble et tandis qu'elle l'étreignait de toutes ses forces, il lui caressait les cheveux, le regard fixé au plafond.

  • Nelly, il faut que tu me promettes d'être forte quoi qu'il puisse se passer en compagnie d'Amarash, ce n'est pas un gars très attentionné mais il fera le nécessaire pour que tu restes en vie. Promet moi que tu vas faire attention à toi.
  • Je te le promet...


Anak se mit à sourire bêtement et ferma les yeux.

  • Tu sais Nelly, c'est la première fois que tu es si calme et calîne.
  • Ah oui ? S'étonna-t-elle, pourquoi tu dit ça ?
  • Quand tu étais encore une petite fille, tu étais vraiment une reb... une aventurière. Toujours à faire des bêtises et à courir partout, tu passais ton temps à te blesser. Même dans ses moments-là, jamais au grand jamais quelqu'un n'aurait eu l'autorisation de t'approcher... Quiconque voulait de prodiguer des soins était accablé par de vives menaces de mort et, pour les plus téméraires t'ayant capturée et te soignant malgré tout, de coups de pieds assez... douloureux.
  • Ahah ! Ricana Nelly en plaisantant, je comprends donc que tu en as fait les frais !
  • Hum... Oui effectivement. Ce que je veux dire c'est que tu t'es toujours entêtée à vouloir rester forte ou à tenter de le paraître plus que tu ne l'étais. Tu as loupé beaucoup de choses à cause de ça... Je n'avais encore jamais vu ton côté sensible et à vrai dire, je trouve ça dommage.

Nelly ne broncha pas.

  • C'est bien que tu sois devenue celle que tu es en ce moment. Tu es plus... Humaine.

Cette fois, elle se releva d'un coup, comme si elle avait reçu un coup en plein dans la poitrine.

  • Qu'est-ce que tu veux dire par « plus Humaine » ?
  • Ecoute Nelly, il y a énormément de choses dont tu ne te souviens pas et qu'il vaut mieux oublier, concentre-toi sur celle que tu es aujourd'hui et veille a rester... Quelqu'un de bien.


Sa gorge se serra. Les phrases d'Anak sous-entendait des choses qu'elle aurait préféré ne pas savoir. Elle avait dû être une véritable peste pour qu'il semble vouloir à tout prix qu'elle ne recommence pas... Ou peut-être avait-elle fait du mal ? Elle ne voulait pas y croire. Dans son histoire elle se sentait « dans le camp des gentils » comme elle se souvenait dire autrefois, mais se pouvait-il réellement qu'elle ait joué un double jeu ?

Les dernières paroles qu'avaient prononcé le garçon l'avait rendue morose, elle qui était de si bonne humeur à son arrivée. Ne voulant plus rester dans le mensonge, elle toussota et parvint à faire sortir de sa gorge serrée la simple phrase qu'elle aurait voulu poser la veille déjà.

  • Anak, raconte-moi s'il te plaît... Qui suis-je ?
  • Es-tu vraiment prête à l'entendre ?
  • Oui.


Anak soupira puis débuta son récit.

  • Tu te nomme Nelly EISEYPHIR, 2ème prin...


La porte s'ouvrit dans un claquement.

  • Salut Nelly, Salut Anak, je vous dérange ? J'en ai que faire, ne répondez pas. Nelly, sors du lit, emporte une gourde, on s'en va.


Nelly, extrêmement déçue, sortit du lit en fureur.

  • Pourquoi on ne me demande pas même mon avis ! S'agaça-t-elle en claquant la porte derrière elle, Alfan !


Anak était resté immobile, le dos contre le mur, à moitié couché dans un lit qui n'était pas le sien. Amarash ricana.

  • Anak... Tu ne crois pas que ce serait très mal vu que tu fasses les yeux doux à ta propre sœur ? Lança-t-il avec dédain, je pense que certaines personnes que nous connaissons ne seraient pas ravis de la chose.
  • Tais-toi, je sais bien que c'est ma sœur et elle s'en souvient également. Je lui apporte simplement du réconfort car j'ai la nette impression qu'ici, à part de vos propres intérêts vous ne vous souciez pas de grand chose.
  • Elle s'en souvient ? C'est impossible... a moins que tu n'aies encore fait une belle sottise ! Qu'a dit Alfan à ce sujet ?
  • Tu n'auras qu'a lui poser la question, il est aussi égoïste que toi, pas étonnant que le courant passe bien entre vous.
  • Cesse donc de ricaner. Peu importe, n'habitues pas trop notre « princesse » a tant de faveurs, elle n'aura pas les mêmes égards arrivée à notre trou.

Ils appelaient comme cela le lieu où lui et ses deux acolytes vivaient, à l'écart du groupe un peu plus au nord. Leur abri ressemblait fortement à un trou à Rwett (dit "Riwette", petits rongeurs nuisibles) et c'est pour cette raison qu'ils l'avaient baptisé ainsi.

C'était en ce lieu que Nelly allait devoir passer les prochains jours, jusqu'à ce qu'Alfan ou Amarash lui-même en décide autrement.

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