~ Le Complexe ~

4 minutes de lecture

Plus loin dans la forêt, Nelly tentait de s'épuiser en courant, afin de faire tomber sa colère. Elle avait vu son reflet... Qui était-elle ? Est-ce qu'elle pouvait faire ça avant ? Elle s'arrêta un instant et, à bout de forces, s'assit sur un tronc massif qui s'était écroulé. Elle souffla.

Elle s'était réveillée il y a seulement vingt-quatre heures mais tellement de choses s'étaient produites en si peu de temps ! Elle avait besoin de se retrouver seule un moment, respirer, juste vider sa tête qui lui faisait intensément mal à l'heure qu'il était.

« Récapitulons, se dit-elle »

En premier lieu il y avait eu la rencontre de Shadow... Shadow ! L'espace d'un instant elle l'avait oublié, elle devait absolument la retrouver. Alors qu'elle allait repartir en direction de la ville, une pensée lui vint pour son beau frère. Elle hésita. Si elle décidait de retrouver la jument elle abandonnait Anak, la seule personne dont elle se souvenait pour l'instant, un membre de sa famille qui plus est ! Elle se dit ensuite qu'elle risquait de mettre son amie en danger tant qu'elle ne connaissait pas les intentions d'Alfan.

C'est donc en traînant des pieds qu'elle décida de faire demi-tour... jusqu'à apercevoir une masse sombre qui ressemblait à un bâtiment, un peu plus à sa droite. Elle écarta les feuillages sombres qui lui barraient la route et arriva bientôt devant le bâtiment.

« Tout gris, macabre,... et tout moche, pensa Nelly en ricanant, comme Alfan. »

  • Tu ne peux pas m'échapper, dit alors quelqu'un dans son dos, la faisant sursauter.
  • Encore toi ?!

Le garçon aux cheveux gris balayés par le vent se trouvait là, à peine à quelques mètres d'elle. Ne daignant pas même la regarder dans les yeux il observait le complexe, comme elle l'avait fait durant plusieurs minutes.

  • Tu te souviens, Nelly ? dit-il en se rapprochant.
  • Eh ! Reste où tu es ! Ne t'approches pas de moi !
  • Voyons Nelly... Tu veux retrouver la mémoire n'est-ce pas ? Au point où on en est, laisse-moi te montrer ce que tu as oublié.
  • Je... Qui es-tu exactement ?
  • Moi ? Je ne suis personne, tout le monde le sait. Je ne suis rien pour toi, comme tu n'es rien pour moi. Cesses de poser des questions idiotes et suis-moi.


Il était passé à côté d'elle et ouvrit les grandes portes métalliques devant lesquelles elle se trouvait.

  • Entre.


Bien qu'elle n'aie aucune confiance en lui elle se décida à le suivre, et s'engouffra à sa suite, dans l'étrange bloc de pierre. Peu après son entrée, elle entendit d'autres pas derrière elle. Elle déglutit lorsqu'elle aperçut plusieurs silhouettes. Alfan l'avait mené tout droit dans un piège, elle en était certaine. Pendant qu'elle regardait dans une autre direction, son « guide » s'était volatilisé.

  • Alfan ?


Un claquement retentit et quelques faibles lumières s'allumèrent au plafond. Elle découvrit alors devant elle, une grande salle circulaire où se trouvaient diverses machines semblant être des cobayes d'entraînement. Alfan se trouvait à l'autre extrémité de la pièce tenant fièrement la manette qui lui avait permis d'allumer l'électricité.

  • Alors ? Impressionnée comme la première fois ?

Nelly n'écouta même pas son discours et s'avança vers les robots-combattants, admirative, les touchant un à un du bout des doigts.

  • Apparemment, continua-t-il en sautant de la plate-forme sur laquelle il avait dû grimper, ça marche à chaque fois... ça me fait plaisir de recevoir, une nouvelle fois je précise, ton admiration totale pour mon travail !
  • Tais-toi donc. Qu'est-ce que c'est que ça ? Où est-ce qu'on est ?
  • Dans ton lieu de prédilection : une salle d'entraînement. Les seuls souvenirs que tu dois vraiment récupérer, pour m'être à peu près utile en tout cas, se trouvent ici. Promènes-toi, fouine comme à ton habitude, mais trouve ce que je cherche.

Sans lui laisser le temps de répliquer il rajouta :

  • Tu me diras quand tu auras terminé !

Et il partit à la rencontre des personnes qu'elle avait entr'aperçues un peu plus tôt dans le couloir. Elle reconnu Ophir et Anak, qui lui adressa un signe de tête, ainsi que Reendar mais les trois autres lui étaient inconnu. Nelly restait là, sans bouger, indécise. Tout à coup un signal retentit. L'alarme venait à peine de se mettre en marche que les machines de combats autour d'elle commençaient déjà à se mouvoir...

Heureusement qu'ils étaient accrochés à un socle. Elle put constater qu'ils possédaient tous des fonctions différentes sans avoir envie de perdre son temps à les détailler. Il était terriblement bruyant, mais... elle aimait cet endroit. Les voir en mouvement lui rappellait quelque chose mais elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus.

« Un petit effort ! Allez, souviens-toi... SOUVIENS-TOI ! »

Elle avait beau fermer les yeux le plus fort qu'elle pouvait, elle n'arrivait à rien. Ce n'est que lorsque le groupe de jeunes commença son entrainement que le sentiment qu'elle connaissait si bien se fit sentir.

« C'est parti ! »

Elle ferma les yeux,... et fut propulsée dans une époque antérieure qui était complètement sortie de sa tête.

Annotations

Recommandations

Orion

C'est le soleil qui m'invite à danser
Lumière j'aime tes effets, ce jour est doré
Danse, défile sur les toits que rêve les parfums
Le calin tableau vibre, la note d'une joyeuse fin
C'est un brin de silence qui étoile la divine heure
Crépite joliement en feu d'harmonie, l'éloge demeure
Descend, mon sourire souhaite embrasser ton lit
Tel un cœur chanteur au bras de la vie
Déshabille, colore, parsème l'ange qui me cueille
Réchauffe les regards, afin que le bonheur s'effeuille
Rime ciel et fleur, passion douceur
Du bleu aux ailes, de l'or à la cité des grandeurs
Caresse la note éthérée, la bise sèche mes pleurs.
2
2
0
0
Défi
Enigma

Petite fille sage et timide, Alice rêvait d'être transparente. Elle souhaitait se retrouver à l'intérieur ouaté d'une des boules de verre qu'elle collectionnait. Leurs décors féeriques et miniatures étaient autant d'espaces qui la rassuraient. Ses parents s'émerveillaient d’avoir une enfant si discrète, toujours raisonnable, jamais capricieuse, une vraie poupée. Sa docilité se lisait sur son visage aux traits fins et réguliers. Ses deux sœurs avaient beau l’asticoter, elle n'entrait jamais dans leur jeu. Leur différence d’âge fit que ses aînées se désintéressèrent rapidement d’elle, lui offrant une grande tranquillité.
Elève modèle, se détournant des mauvaises fréquentations qui auraient pu l’entraîner à commettre quelques bêtises, on ne la remarquait jamais. A force de bons résultats, elle devint la meilleure de la classe et se retrouva trop exposée à ses yeux. Elle décida alors de ne plus obtenir que des notes moyennes pour rester dans l’anonymat.
Adolescente, son caractère réservé s'affirma. Régulièrement sur ses bulletins scolaires, lui était reproché son manque de participation, considéré comme un handicap pour sa vie future selon ses professeurs. Elle passa ses années collège à raser les murs, esquivant les meutes sauvages de ses congénères. Solitaire, elle développa un monde intime riche, peuplé de musique et de littérature. Elle conversait en secret avec les héroïnes romantiques de ses romans préférés, ses seules amies.
A l'aube de ses seize ans, il lui devint impossible de passer inaperçue au lycée. Sa silhouette se féminisa à outrance. Elancé, possédant les formes épanouies aux endroits stratégiques, son corps attirait les remarques des garçons, ce qui la mettait très mal à l'aise. Pour que cela cesse, il lui fallait se caser au plus vite, histoire d'être à l'abri des convoitises. Ses hormones étant de la partie, son désir d’invisibilité s’estompa au profit de celui de devenir un jour maman. Son aura mystérieuse lui permit d'accaparer le plus séduisant jeune homme de sa promotion provoquant la jalousie de toutes les pimbêches du coin.
Adulte, elle se débrouilla pour trouver un travail administratif ne demandant pas trop de contact avec les gens. Elle aima se rendre dans son bureau qu'elle avait aménagé comme un petit cocon jusqu'au jour où elle donna naissance à son enfant. Dès lors, elle se consacra entièrement à son éducation avec bonheur. De retour dans la vie active, elle n’eut droit qu’à un poste subalterne, bien contente qu’on la reprenne... Elle s'en contenta, elle n’était pas du genre à faire de vagues, et n’espérait aucune promotion.
Sa fille finit par prendre son envol, il fallait bien qu’elle vive sa vie. Alice souffrit en silence et ne dit plus jamais un seul mot. Son monde se fissurait.
Lorsque son mari, lassé de vivre avec une personne mutique, s'installa avec une autre femme, elle resta sur sa réserve légendaire. Petit à petit, elle se retira du monde et s’éteignit comme la flamme d’une chandelle.
Peu après la disparition d'Alice, sa fille découvrit des milliers d'écrits de sa main. Toutes les paroles qu'elle n'avait plus prononcées, étaient couchées sur le papier. La jeune femme, devenue sculptrice, créa un arbre en métal d'acier qu'elle installa sur la tombe de sa mère. Elle y accrocha en guise de feuillage, les textes maternels. Quelques pages furent lues par les visiteurs du lieu, curieux et admiratifs de cette oeuvre d'art et de la personne qui l'avait suscitée. Exposés aux aléas du temps, les mots s'effacèrent, les feuilles s'envolèrent, transportées au gré des vents et du hasard, jusqu'à de rares lecteurs ignorant tout de cette histoire.

36
64
170
19
Lisa.D
« Un homme, un animal, un lien indissociable. Ainsi se construit l’Equilibre du monde. »

Dans un monde où chaque humain est lié mentalement à un animal représentant un élément de la vie, elles sont une anomalie. Trois sœurs liées aux trois éléments de la vie : l'eau, l'air et la terre. Leur venue annonce des changements.


NDA: A date, vous avez la partie 1 qui constitue un ensemble fini. La partie 2 est en rédaction.
32
68
269
108

Vous aimez lire PixL ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0