~ Rencontre ~

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Nelly se réveilla sur un lit, avec un mal de tête carabiné. Sa vision était un peu floue mais elle se devina dans une petite cabane ou une maison de campagne en regardant le plafond en bois traversé par plusieurs poutres de bois massif.

Lorsqu'elle tourna son regard vers la fenêtre, elle vit un jeune homme assis sur un siège non loin d'elle, apparemment endormi. Qui était cet homme ? Pourquoi lui en voulait-il ? Elle tenta maladroitement de se lever en faisant le moins de bruit possible mais trébucha. Elle lâcha un juron dans un murmure avant de relever la tête et voir le mystérieux inconnu debout juste devant elle, la fixant droit dans les yeux d'un regard noir et sans âme.

Voyant qu'il ne semblait pas vouloir l'empêcher de se relever, elle tenta de reprendre une certaine contenance. Elle se releva, s'essuya, une nouvelle fois, sa...

  • Par Olphys... !


Elle se releva d'un coup et se précipita devant le miroir. A ce moment-là elle s'aperçut que la situation était pire que ce qu'elle venait de voir.

En effet, en plus de ne plus être vêtue de sa robe mais de tout un équipement taillé dans un cuir souple mais solide et de posséder de multiples tatouages de signes inconnus sur les avant bras, une fois devant son reflet, elle constata que ses yeux autrefois d'un violet sombre étaient désormais d'un doux doré-orangé.

Mécontente d'avoir été dévêtue à son insu et effrayée, elle se jeta sur Alfan en hurlant.

  • Qu'est-ce que vous m'avez fait ! Pourquoi vous faites ça ? Vous allez me dire qui je suis oui ou non ?!

Nelly sentait à nouveau cette colère bouillonner en elle, elle sentait que quelque chose allait encore se passer et elle laissa cette tempête intérieure l'emporter. Alors qu'elle agressait férocement l'homme qui était devant elle, lui ne faisait que se défendre en parant les coups ou en les esquivant, comme s'il ne voulait pas lui faire de mal.

La jeune fille se sentait de plus en plus forte à mesure qu'elle laissait sa haine et sa rancune l'envahir, elle devenait plus rapide, plus agile et plus souple. Sur ses bras, les tatouages commençaient à scintiller timidement, ses pupilles s'élargirent et sa peau commença à changer légèrement de couleur.

Ses yeux repérèrent dans un coin de la salle un sabre décoratif et elle sentit, en s'en emparant et en le braquant sur la gorge de son adversaire, ses poils se hérisser d'une excitation malsaine.

Alors qu'elle allait l'achever, elle vacilla : elle venait de réaliser qu'elle était sur le point de tuer un Homme, un parfait inconnu, simplement de sang froid. Elle recula et lâcha la lame.

  • Je... Je suis désolée...


A ce moment précis, son adversaire la regarda dans les yeux puis s'évapora, tandis que trois autres personnes entraient dans la pièce.

  • Une illusion ?...
  • Tu te bats extrêmement bien, lança un des jeunes hommes, tu n'es pas encore tout à fait opérationnelle mais tu vas vite progresser j'en suis sûr. D'ici quelques jours tout au plus il n'y aura plus aucune trace.
  • Mais... trace de quoi ? Je ne comprends pas, je...


Son interlocuteur ne la laissa pas continuer et s'approcha d'elle, il commença à se saisir de ses bras, les frôlant, comme pour lire ses nouveaux tatouages en relief. Il sortit des pommades et des bandages et semblait, bien que ce soit un garçon assez jeune, parfaitement savoir ce qu'il faisait.

Il devait tout juste être majeur mais possédait déjà sur le visage et les bras de grandes cicatrices. Il avait un visage un peu bouffi, encadré par des cheveux courts et décoiffés aussi verts que ses yeux. Elle s'intéressa ensuite aux deux autres personnes qui l'accompagnaient mais qui, depuis leur entrée, n'avaient pas prononcés un mot.

Elle reconnu immédiatement l'un des deux. Vêtu exclusivement de noir et le col remonté jusque sur sa bouche, ses cheveux et ses yeux, aussi clairs que la lune dans leurs reflets argentés n'était autre que la personne dont elle avait voulu tuer l'illusion.

L'autre portait une combinaison légèrement similaire à la sienne mais dans des tons plus noirs et il possédait une grande cape où étaient brodés des tas de signes positionnés de manière à former un symbole. Il avait de très longs cheveux blancs et le teint pâle. Ses yeux étaient d'un bleu très profond, parsemé de tâches légèrement plus violacées, une infinie sagesse émanait de lui...

Nelly se concentra à nouveau sur le premier garçon, celui qui lui prodiguait des soins qu'elle ne sentait pas indispensables. Elle le regarda et lui souffla, les larmes aux yeux :

  • Pourquoi vous me faites ça ?

Le garçon se releva et l'observa un instant avant de prendre la parole.

  • Je m'appelle Ophir. Voici Reendar, dit-il en pointant du doigt l'homme à la cape, et voici Alfan, notre chef.
  • Tu n'as pas répondu à ma question, coupa Nelly, qu'est ce que je vous ai fait pour que vous me fassiez ça ?
  • Tu t'es faite ça toute seule.


Nelly recula.

  • Comment ça ?
  • Tu sais, continua Ophir sans écouter plus longtemps les questions de la jeune femme en face de lui, tu guériras bientôt... Mais il faut te battre pour ça Nelly, il ne faut pas que tu nous laisse tomber.
  • Que... Quoi ?!
  • Il faut que tu te souviennes... chuchota-t'il en se relevant.

Une fois qu'il fut debout, tout le monde tourna les talons sauf celui qui lui avait été présenté comme le chef. Lorsqu'il prit la parole, Nelly sentit un long frisson lui remonter le dos. Il avait une voix très grave et intimidante, son ton glaçait le sang.

  • Maintenant, prépare-toi. Nous viendrons te chercher.

Puis il quitta la pièce sans un mot de plus.

Nelly s'adossa au mur et se laissa glisser ainsi jusqu'au sol où elle resta perdue dans ses pensées et dans l'incertitude pendant de nombreuses heures.

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