~ Premier affrontement ~

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Les tests et questionnaires en tous genres durèrent plusieurs heures avant qu’elle puisse enfin sortir et voir à nouveau la lumière du jour. Alors qu’elle profitait à peine des derniers rayons de soleil, deux hommes-serpent lui sautèrent dessus, lui entourant le torse et les jambes de leurs corps à rallonge.

Elle manqua de trébucher et se débattit de toute ses forces pour se dégager, mais plus elle se secouait, plus ils serraient leur étreinte mortelle. Alors qu’elle suffoquait, quelqu'un apparut à sa gauche.

Un homme ou plutôt une énorme bête, impossible de le savoir.

La créature mi-humaine mi-taureau était dotée d’une carrure impressionnante. Elle semblait avoir été assemblée en dépit du bon sens par un enfant qui aurait été un peu farceur. En effet, elle possédait la tête d'un ruminant, son apparence bestiale descendant jusqu'à ses avant-bras, ainsi que sur ses jambes et une longue queue qu'il balançait de toutes part derrière lui. Ses longs poils à l'odeur acre descendaient sur son torse, et ceux de ses cuisses, plus nombreux et plus sales pendaient sous son corps.

Lorsque Nelly baissa les yeux, elle hoqueta de surprise... il ne possédait non pas deux jambes mais bien quatre, ce qui expliquait sa démarche étrange lorsqu'il était apparu de derrière le bosquet où il se cachait.

  • Nelly, Princesse, on t'attendait avec impatience tu sais ?
  • Eh ! s'étonna Nelly, vous me connaissez ?


Le Taureau (on l’appellera ainsi) se mit à rire bruyamment, ignorant la question. Nelly quant à elle, bien décidée à obtenir des réponses insista sur un ton qui déplut immédiatement à son interlocuteur.

  • Je vous ai posé une question ! Qui suis-je ?!


Le taureau se retourna, il fulminait. Une lueur mauvaise et menaçante était née dans ses yeux. Il s'approcha et la gifla durement.

  • Ne me parles... plus JAMAIS... comme tu viens de le faire. Est-ce que c'est bien compris !


La jeune fille, surprise par le coup et par la puissance de celui-ci, était légèrement sonnée. Lorsqu’elle eût complètement repris possession de ses moyens, ce fût à son tour d'entrer dans une rage folle. Comme la première fois devant le soldat à la tête de boule, son esprit s'embuait, comme si elle sortait véritablement d'elle-même. Elle ne sentait plus rien.

Ni la douleur cuisante sur son visage, ni les hommes qui lui serraient les jambes à en couper la circulation sanguine, ni même sa lèvre qu'elle était entrain de mordre jusqu'au sang sans s'en apercevoir. Elle se sentait d'une légèreté infinie avant de se sentir balayée intérieurement par une vague de chaleur colérique.

Lorsque son agresseur surprit ce regard noir rivé sur lui, il entreprit de la gifler à nouveau mais son bras se bloqua à quelques centimètres de son visage. Tout d'abord intrigué, puis, le visage déformé par la douleur, il recula de plusieurs pas en tenant son bras, pendant que sa main,elle, se tordait et se contorsionnait comme broyée de l'intérieur par des petites mains invisibles.

Nelly fixais sa main du regard en fronçant les sourcils et de la sueur commença à perler sur son front. Elle ne savait pas ce qu'elle était en train de faire, ni comment, mais elle le faisait avec un naturel déconcertant. Les acolytes du Taureau s'étaient emballés, paniqués, ils s'étaient éloignés de plusieurs pas, fuyant le regard meurtrier de la jeune femme.

Tout à coup, un homme masqué arrivant par derrière, lui banda les yeux et lui envoya un coup puissant à l'arrière du crâne, ce qui lui fit perdre connaissance. Les hommes-serpent relâchèrent leur captive, qui tomba immédiatement sur le sol. C'est alors qu'un dôme protecteur se forma autour d'elle, transparent mais brillant aux reflets irisés.

Tandis que les assaillants de la jeune femme frappaient de toute leur force sur sa protection, l'homme masqué remarqua que le bouclier de Nelly commençait à frémir, comme une bulle caressée par un souffle de vent. Il décida alors de s'éclipser avant que les choses ne dégénèrent. Il s'éloigna lentement, à reculons, puis disparut dans l'ombre, comme s'il n'avait jamais été là.

Quelques secondes à peine s'écoulèrent avant qu'une détonation ne retentisse, projetant des éclats de cristaux meurtriers en tous sens. Comme l'avait prédit celui qui l'avait assommée, la protection de Nelly avait cédé et c'est ce moment que choisit un des deux hommes qui observait la scène depuis le départ, pour intervenir.

Se faufilant entre les blessés et les agonisants, il se saisit de la jeune fille inconsciente par l'aisselle, la jeta sans grand soin sur son épaule puis tourna les talons, accompagné de son acolyte.

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