~ L'interrogatoire ~

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Elle ouvrit les yeux, tout était revenu à la normale. La douleur fulgurante qui avait traversé son crâne avait disparu aussi vite qu’elle était arrivée. Elle restait là, confuse. Quelque chose dans son esprit lui envoyait un signal d’alerte. Ses rêves étaient trop précis, semblaient trop réels pour n’être que des songes, laissaient derrière eux comme un sentiment de déjà-vu. Si c’étaient ses souvenirs qui revenaient dans ces moments, cela voudrait dire que sa mère était effectivement en grand danger et qu’elle-même était recherchée...

Elle devait a tout prix faire quelque chose pour rentrer chez elle mais elle n’avait absolument aucune idée d’où elle venait, elle allait devoir chercher par tous les moyens. Chacune de ses crises mémorielles semblaient ouvrir une porte vers sa mémoire. Si seulement elle pouvait parvenir à reproduire les mêmes sensations, retrouver cette porte qu’elle avait sentie s’ouvrir dans son esprit, elle pourrait sûrement la franchir et vagabonder au milieu de ses souvenirs pour enfin retrouver la mémoire et savoir qui elle était vraiment ?

En tout cas, c’est ce qu’elle pensait à ce moment précis.

Perdue dans ses pensées, elle ne remarqua pas la paire d’yeux en train de la scruter de haut, un peu plus loin de l’endroit où elle se trouvait assise, à la pointe d’un toit.
« Bon, la bonne chose, mis à part que je serais bientôt une professionnelle de l’époussetage de vêtements, c’est que si j’arrive à passer dans un maximum de lieu j’aurais plus de chance qu’ils me rappellent encore une fois quelque chose »


Elle se releva puis se dirigea vers le guichet à l’entrée du bâtiment devant lequel elle était tombée à genoux. Personne. La petite cabine était vide. Pourtant, d’un coup, une voix nasillarde commença à résonner à l’intérieur.

  • Entrez, première salle à droite.
  • Attendez, excusez-moi mais j’ai quelques questions à vous poser !
  • Entrez, première salle à droite, répéta la voix.


Puis un « CLOC » retentit comme si une personne ou une chose avait coupé le micro de l’intérieur. Nelly comprit que c’était le signal de la fin de leur communication et qu’elle n’aurait rien à tirer de plus d’un haut-parleur répétant sans doute la même phrase inlassablement.

Elle s’avança donc dans le bâtiment, bien que l’extérieur soit assez joli, l’intérieur lui, était à l’opposé. Se retrouver dans ce couloir étroit et humide rendait Nelly nerveuse. Il lui semblait qu’à tout moment une créature pouvait surgir de nulle part, pourtant, le corridor était longiligne, sans un seul recoin où aurait pu se dissimuler quoi que ce soit, ni qui que ce soit. Malgré ça, il demeurait oppressant et bien qu’elle marchait depuis plusieurs minutes elle n’avait toujours pas vu la moindre porte. Pile au moment où elle se disait que la voix s’était sans doute moquée d’elle, elle aperçut une porte légèrement éclairée. Soulagée de quitter l’atmosphère pesante du couloir elle s’engouffra à l’intérieur de la pièce.

La première chose qu’elle remarqua en refermant la porte - sans regarder derrière elle - était les murs, d’une belle couleur rouille mais tâchés de sang par endroits.

Elle lâcha précipitamment la poignée.

La deuxième chose qu’elle remarqua fût le silence. Un silence dérangé et observateur. Elle pouvait sentir ces dizaines d’yeux l’observer, la détailler lentement comme s’ils cherchaient une faille, comme s’ils essayaient de comprendre si la personne entrée dans l’arène était une proie ou un chasseur. Un long frisson lui parcourut tout le corps.

Elle ne se retourna pas immédiatement, réfléchissant à toute vitesse, mais pas assez vite.

Quelqu’un lui empoigna l’épaule, la retourna sèchement puis la plaqua contre la porte qu’elle venait de refermer. La dernière chose qu’elle vit fût un énorme poing venir s’écraser à toute vitesse sur son visage.

Elle reprit ses esprits quelques instants plus tard. Allongée sur le sol, elle se releva non sans peine. Le coup avait été rapide mais surtout très violent, elle en garderait sûrement un hématome bleu à souhait, d’un beau violet ou peut-être noir. Étrangement, cette idée la fit sourire… Jusqu’à ce qu’elle constate que tous les regards étaient tournés vers elle.

Le problème n’était pas que les autres personnes et créatures présentes la fixent intensément, mais plutôt que leurs regards étaient effarouchés, obscurcis par une peur certaine, à peine dissimulée.

  • Mademoiselle, vous allez devoir me suivre, lança tout à coup une voix dans son dos.


Nelly sursauta. Elle n’avait pas vraiment le choix, pas vraiment d’issue, elle suivit donc l’inconnu dans une salle à l’autre bout de là où elle se trouvait…

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