~ L'arrivée au Palais ~

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Nelly se réveilla en sursaut, le visage en sueur et le cœur battant la chamade.

Que venait-il de se passer ? Étais-ce un cauchemar, ou des souvenirs enfouis trop loin dans sa mémoire qui ressurgissaient tout à coup ? Haletante, elle se redressa doucement.

  • Tout va bien ? s’enquit Shadow visiblement inquiète, tu avais un sommeil très agité.
  • Euh, oui je crois, répondit Nelly, tout va bien un simple cauchemar.
  • Tu… Tu marmonnais des choses étranges, des choses que je n’ai pas réussi à comprendre.
  • Vraiment ?
  • Oui, et,… ce n’était pas notre langue. Je n’ai jamais entendu des paroles comme celles que tu as tenues de toute ma vie. Je serais curieuse de savoir d’où tu viens réellement.
  • Moi aussi…

La côte était désormais toute proche, elle pourrait poser pied à terre dans quelques minutes.

Nelly s’émerveilla du spectacle qui s’étendait devant elle, il y avait un port auquel étaient amarrés une dizaine de bateaux plus étranges les uns que les autres et des maisons de toutes formes, de toutes tailles et de toutes les couleurs. Ce paysage respirait la paix et montrait la diversité de ses habitants. Elle aurait pu passer des heures à regarder ce décor et à détailler chaque petit recoin de ce qu’elle pouvait apercevoir, mais Shadow était désormais sur la terre ferme.

Elle la déposa juste devant un grand palais taillé dans un diamant à la couleur étrange. Il brillait dans des tons violacés, orangés, verts et bleus mais ces reflets donnaient l'impression d'être animés de vie car on pouvait les observer se déplacer d’un endroit à un autre, et parfois même, entrer en collision, ce qui les faisait changer de couleur en dépit du bon sens.

Ce palais ne possédait apparemment aucune fenêtre, seule une grande porte dans une matière noire et grouillante, similaire de par sa couleur au liquide qui entourait l’île sur laquelle elle s’était réveillée quelques heures auparavant, se trouvait au milieu de cette montagne de diamant. Quelques pierres précieuses y étaient incrustées de manière à former ce qui semblait être un triangle orné de pointes. Le plus étrange était que si l’on regardait attentivement, on pouvait discerner comme trois paupières closes disposées en arc de cercle en haut de cette majestueuse entrée.

Un frisson lui remonta le dos en imaginant cette porte ouvrir soudainement les yeux, des yeux qu’elle imaginait noirs avec une pupille rouge comme dans son cauchemar. Malgré l’appréhension, il était temps d’affronter son destin.

  • Voilà je dois te déposer ici, souffla la jument en se couchant lentement. Je ne peux pas passer par là, j’espère que tout se passera bien pour toi et que je te reverrais vite.
  • Je l’espère aussi, je te remercie pour tout ce que tu as fait pour moi. Ne t’en fait pas.

Alors que Shadow commençait à s’éloigner Nelly se dressa devant elle.

  • Attends ! Comment je fais pour te revoir… ?
  • Tu me retrouveras devant les écuries, j’ai beau faire douze mètres je reste un cheval comme les autres, répondit-elle, un sourire dans la voix.
  • D’accord... Bon, il est temps que j’y aille. Souhaites-moi bonne chance.
  • La bonne chance porte malheur, ne t’en fait pas, je suis sûre qu’ils verront que tu es quelqu’un de gentil et que tu ne causeras pas de problèmes.
  • Espérons-le.
  • Tu as intérêt ! N’oublies pas qu’on doit trouver d’où tu viens, je ne pourrais pas mener l’enquête sans toi, répondit la jument avec humour.

Nelly répondit par un sourire et s’avança lentement vers la grande porte. Son impression se révéla être exacte quant aux paupières puisqu’à son approche, la chose ouvrit son œil central et sa paroi se mit à frémir en dégageant une voix aussi sombre et terrifiante que si elle descendait tout droit des enfers.

  • Ne bougez pas.


C’est alors que la paupière cligna et émit une légère lumière rouge qui commença à passer sur tout son corps, de haut en bas.

Ce qui la mettait mal à l’aise n’était non pas le scanner en lui-même, mais plutôt le fait qu’elle ne sache pas ce que cette « porte - chose » pouvait apprendre d’elle, rien qu’avec ce petit rayon lumineux. Après une poignée de minutes qui lui semblèrent une éternité, la paupière se referma et il n’y eût plus un bruit.

Nelly attendait toujours devant cette entrée monstrueuse, la boule au ventre, que quelque chose se passe, le temps coulait au ralenti et elle commençait à être prise de nausées, effet commun d'un stress important. Un bruit sourd se fit entendre, la porte s’était mise à trembler de haut en bas, semblant se déchirer par son centre.

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