LE PERCEPTEUR ou la descente aux enfers... (4)

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Où notre héros apprend que la chasse est fermée.

« Non, Monsieur Lamotte, vous confondez, je ne suis pas Paulette, moi. » Ils avaient l’air de jouer comme des enfants autour du lit que Thérèse tentait de faire malgré les avances insistantes du percepteur. « Allons Thérèse, ne soit pas mauvaise langue, et...appelle-moi Guy, comme tout le monde. » « Justement, personne ne vous appelle Guy, pas même votre femme. » « Comment ça, pas même ma femme, tu ne tiens pas la chandelle, qu’est ce que t’en sais ? » « J’en sais, c’est tout. D’abord vous êtes pas mon genre. » « Ah, c’est quoi ton genre ? » « C’est pas vous, c’est tout, et puis profitez pas de l’absence de votre femme pour chasser comme ça dans mes jupes. » « T’exagères Thérèse, tu vas pas faire la bégueule, à ton âge. » « Comme je vous l’ai déjà dit, occupez-vous plutôt de Paulette. Cette pauvre fille se languit dans le bureau. Je suis sûre qu’elle préférerait être à ma place. Et c’est pas du lit qu’elle s’occuperait. » « Allez Thérèse, fait pas l’enfant. » « Vous avez un sens de l’humour particulier, M’sieur Lamotte. Si vous continuez, je le raconte à votre femme. » « C’est vrai que tu es plutôt copine avec Maryse. Toujours à faire des messes basses. A vous arrêtez de parler quand je rentre et que vous êtes toutes les deux. » « C’est parce qu’on s’entend bien. Entre femmes c’est normal quand même. »


Thérèse avait ralenti le train, et peut être par inadvertance, peut être par calcul, elle s’était laissée rattrapée. Maintenant, il la tenait par la taille. Elle se défendait, mollement. « Vous êtes fou, complètement fou. » Il essaye de l’embrasser tout en la caressant. « Ah mais non. »

Elle rouspète, mais ne cherche pas à s’échapper. Il finit par caler sa bouche sur ses lèvres. Quand ils se séparent elle laisse tomber : « Notez que vous m’avez attrapée par surprise, et que je ne suis pas d’accord. » « Tu as fini de mentir ? » « Je ne mens pas, je me suis fait surprendre. Regardez...Vous m’avez cassé un bouton...J’ai intérêt à le recoudre avant que votre femme et les enfants reviennent. J’aurais pas le temps de tout faire...Si Madame me fait une remarque...Qu’est ce que je réponds, moi ? » « Tu te fous de moi Thérèse ? » «  Non M’sieur Lamotte, et puis il n’y a pas que le bouton...D’abord je ne le trouve pas. » Elle est à quatre pattes par terre, faisant semblant de chercher l’objet perdu. Il en profite pour lui soulever les jupes. Elle n’est pas d’accord du tout. Son regard se durcie. L’affaire se règle promptement d’une gifle. « Je veux bien chahuter un peu...Mais stop...J’irai pas plus loin avec vous...C’est clair ? » Le ton avait changé. L’atmosphère devint sèche et froide.

Guy Lamotte trouva la situation sordide. Il eut soudent honte de lui. Une honte comme après un excès éthylique. Sa bouche devint pâteuse. Thérèse lui apparu comme ce qu’elle devait être. Du moins voulait-il s’en persuader. C’est à dire une belle garce. Il n’eut plus envie de jouer, ni au séducteur, ni au violeur de bonne. Il avait comme une chape de plomb sur la tête et les épaules. Il tourna les talons sans un mot, et se dirigea vers la sortie, vers son bureau. Quand il ouvrit la porte, Paulette avait son sourire avenant, habituel. Elle n’était pas belle. Dans l’intimité elle était pas terrible, comme disent les jeunes. Mais c’était une chouette fille. Il savait qu’il pouvait compter sur elle. Ça lui fit chaud au cœur. Il entendit la porte de l’appartement s’ouvrir. Sûrement Maryse qui rentrait d’on ne sait où.

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Je me souviens que mon père racontait qu’à ses huit ans, il avait traversé la rivière, enveloppé dans son habituelle cape blanche, et qu’il lui avait remis un sifflet creusé dans un bout de noisetier.

A mes huit ans, il m’a remis un autre sifflet, en bouleau cette fois.

Il vivait là, dans la forêt du Domaine, depuis des milliers d’années, semble-t-il ; Il ne parlait à personne mais tout le monde l’observait.
Il n’avait jamais changé d’apparence depuis près de cent ans.

Son grand gabarit portait beau. Sa longue soutane bleu nuit était rehaussée de ladite cape. Bien souvent, il ne portait pas de chaussures mais des chaussons à peau veloutée.

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Il n’était ni mince, ni gros, il n’était pas. Il était souple, élancé et musclé - d’après les femmes qui l’avaient croisé, un jour, au bord du ruisseau au fond du domaine.

Il portait une longue cicatrice le long de sa jambe gauche, avait noté ma mère.

Ses cheveux étaient châtains, courts, avec quelques boucles folles qui lui donnaient des airs d’angelots.

Pourtant, il était craint par les seigneurs des autres domaines. Il avait été un « grand », comme disait le seigneur de la forêt des Bois. Il avait été terrifiant sur les champs de batailles, avait coupé des têtes, des mains et éviscéré femmes, hommes et enfants, sans une once de répulsion.
Il était connu, également, pour sa propension à affronter les tournois, les joutes et autres jeux guerriers, une épée à la main, les pieds au sol, nus, sans baisser le menton.

Il était un ange auprès des enfants de notre domaine, un protecteur auprès des femmes et des hommes de notre village, mais, aussi, un exterminateur froid et patient.

On disait que lorsqu’il avait une proie dans son viseur, il n’y avait plus aucune issue, aucun échappatoire.

Il était, en outre, l’un de magiciens les plus connus de notre siècle ; maudit pour certains, enchanteur pour d’autres ; brutal pour beaucoup, bienveillant pour peu.

Il était comme sa mère, une fée du Lac Troublé, aimable, affable et envoûtant, tout en étant le double de son père, Le Scribe Noir, celui qui apportait le soufre, la sécheresse et le vent glacial les longues soirées d’été.

On disait de lui qu’il oscillait entre le calme et la tempête et qu’il réagissait à l’instinct… Instinct qui pouvait autant tuer que caresser… comme le vent et l’eau.

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