CHAPITRE 3 : la mouette 2/3

10 minutes de lecture

  Il n'y a pas longtemps à marcher pour rejoindre la maison des Trévien. Il suffit de remonter entre les dunes, longer quelques mètres une route bordée de maisons basses aux façades effritées de couleurs vives. Puis la rue s'élargit, se pave, s'habille de trottoirs et d'une allée de cercis en fleurs. Les maisons gagnent deux étages et s’apprêtent de briques rouges et d'ardoises. Une ceinture de fer forgé protège le numéro 4. Une ancre penchée, comme adossée, scellée dans le portail, la désigne comme la demeure de l'armateur.

 La porte d'entrée est ouverte, comme toujours, et l'on peut voir les domestiques aller et venir, rire parfois en repoussant les feuilles tombantes et les mulots qui tentent de se glisser à l'intérieur. Par la fenêtre du salon de musique, on peut entendre la voix de madame Trévien s'accompagner au piano. Une voix qui chevrote, s'étire dans les aiguës et se sécurise dans les graves. Léandre s'arrête devant cette maison si vivante, ouverte aux quatre vents, traversée des parfums naissants de l'automne. Une maison qui danse à chaque geste, qui chante pour chaque parole, où l'on mange et rit si facilement, et où l'on aime en le disant.

 Maarjani le pousse dans le dos pour qu'il franchisse le portillon. Enora est déjà sous le porche en bois peint, appelant son père d'une voix urgente, n'osant pas s'avancer plus à l'intérieur avec son triste fardeau. Léandre reste au ras des marches du perron et la peur retient son souffle. Et si monsieur Trévien se fâchait contre eux ? Peut-être ont-ils fait une bêtise, peut-être était-ce mal, peut-être qu'il les disputerait et jetterait les œufs ? C'est ce que sa mère ferait, il le sait. Et elle le punirait sûrement.

 Le visage du père d'Enora ne s'assombrit pas lorsqu'il paraît. Ses traits s'écartent sous l'effet de la surprise, se courbent par une sympathie sincère. Léandre hésite encore devant cette vulnérabilité ; il a depuis peu compris que les adultes peuvent se sentir blessés par elle. Mais monsieur Trévien entoure la tête de sa fille de sa main et dépose un baiser sur ce front têtu que tous deux partagent. Léandre s'en excuse et fuit son regard, comme si ce geste de tendresse nécessitait une intimité qu'il était en train de voler. Une timidité honteuse lui barre les joues de grenat lorsqu'il entend la voix souriante du père d'Enora, soudainement plus proche de lui :

 « Et voici le nid. Très bien les enfants. Enora, chérie ? »

 Par dessous une mèche de cheveux, il ose poser les yeux sur l'homme et sur sa fille qui le rejoint d'un seul grand pas.

 « Que dirais-tu de me laisser cet oiseau ? Léandre et moi allons nous occuper des petits et préparer un cercueil approprié aux événements. Pendant ce temps mademoiselle Maarjani t'aidera à te changer et tu prendras ton cours de harpe avec madame Daniel. Et ensuite, nous organiserons des funérailles avant le thé. Cela convient-il ? »

 Enora cherche l'approbation de Léandre, et c'est bien la première fois qu'elle attend de lui une quelconque décision. Monsieur Trévien le voit et le comprend. L'instant s'étire jusqu'à lui. Léandre hoche maladroitement la tête. Avec douceur, l'oiseau passe des mains de la fillette à celles de l'armateur. En raccompagnant Enora à l'intérieur, Maarjani inspecte ses mains qu'elle devra laver bien vite, car la mort est une souillure tenace. Monsieur Trévien se lisse la moustache.

 « Bien, suis moi. »

 Ils font le tour de la maison par le jardin, suivant une allée qu'accompagnent des azalées et des sapinettes taillées à l'orientale, jusqu'au bâtiment indépendant que forment les écuries. Elles n'abritent plus désormais qu'un jeune cheval plutôt petit, un âne qui lui tient compagnie, ainsi qu'une voiture légère que le couple utilise lors de promenades champêtres. Il leur arrive encore, quoique cela tende à se raréfier, de sortir en ville à son bord, par nostalgie du pas des chevaux sur les pavés bosselés. Près de l'attelage se trouve maintenant une voiture à moteur pour l'heure recouverte d'une grosse toile de chanvre. L'ancienne sellerie pend désormais aux poutres du plafond, et un établi jonché de pinces, de marteaux, de limes, de fusibles et de taches d'huile occupe la troisième partie de l'espace. Une étroite fenêtre à croisillon permet qu'un rai de lumière tombe sur le plan de travail et rend visible les poussières suspendues à l'atmosphère chaleureuse et textile. Monsieur Trévien y dépose l'oiseau mort pour se mettre à chercher, dans les différents rangements qui encombrent la partie basse du plateau, un objet particulier dont il ne s'est pas servi depuis longtemps.

 « Ça doit bien être là, quelque part... »

 Léandre l'observe sans s'approcher, tenant toujours contre lui le cordage et le nid. Il n'ose pas demander ce qui, de toute évidence, a été rangé ailleurs.

 « J'espère qu'Armélie ne l'a pas jeté... »

 Il se lisse la moustache, un geste parasite acquis depuis peu. Tout comme cette pilosité choisie et soignée. Léandre ne s'en étonne plus : son propre père a adopté cette mode jusqu'à peu désuète, et les adultes, parfois, sont des enfants à leur façon. Ils font ainsi que leur amis, voulant leur ressembler par des efforts touchants d'indiscrétion et de maladresse.

 « Mais non, elle n'aurait jamais fait ça. Ah ! La voilà ! »

 À deux mains, il sort de son recoin obscur un caisson de bois dont le vernis s'écaille, moucheté de céruse. Léandre tend le cou. Cela semble bien lourd, et monsieur Trévien se dépêche de le poser sur l'établi en soufflant dans l'effort. Il sourit avec fierté, sa moustache piquant ses joues, alors qu'il s'emploie à défaire les toiles d'araignées et chasser les cadavres de cloportes et de coccinelles de l'intrigant coffret.

 Le jeune prince serre un peu plus le nid contre son torse.

 « C'est pour faire quoi ? »

 L'homme a un sourire dont l'authenticité ride ses tempes.

 « Ça, c'est une couveuse. Cela sert à garder les œufs au chaud le temps qu'ils éclosent. Exactement comme le font les parents quand ils couvent. »

 Son regard est engageant. La lumière douce, l'odeur de paille et de foin, la respiration profonde des animaux somnolant participent à sa confiance. Léandre accepte de laisser une chance à cette couveuse et dépose son précieux fardeau près de l'incubateur. Le frottement des mains du père d'Enora l'une contre l'autre alors qu'il s'apprête, après avoir brancher l'appareil, à en régler le thermostat, éveille une chaleur presque coupable en bas de sa nuque. C'est d'une telle quiétude que ses yeux veulent se fermer, mais il se l'interdit strictement.

 « Tu vois, ici, tu règles les degrés, puis c'est une résistance électrique qui assure le maintien de la température, et tu n'as plus qu'à placer les œufs ici. »

 En forçant un peu, l'armateur ouvre le ventre de la couveuse qui cachait un tiroir au fond grillagé. Léandre hésite un peu avant de s'autoriser d'y déposer les œufs, soigneusement, les uns contre les autres. Le tiroir refermé, monsieur Trévien place ses poings sur ses hanches et sa satisfaction rayonne.

 « Et voilà, il n'y a plus qu'à attendre maintenant, et veiller l'heure de l'éclosion. »

 Léandre imite maladroitement sa pose. Mais le cheval s'ébroue. Le corps de la mère mouette tombe sous son regard et lui enlève toute joie. Ils peuvent bien naître, ces oisillons, ils n'en seront pas moins orphelins. La main de l'armateur semble deviner la tristesse de sa pensée et enveloppe son épaule par une pression et un poids d'une familiarité simple qui surprend souvent le garçon.

 « Tu as raison, occupons-nous d'elle. Voyons, il nous faudrait une boîte assez grande, un tissu blanc, et sans doute quelques fleurs. Je dois bien avoir une caisse dans tout ce fatras qui conviendra parfaitement. Et toi, que dirais-tu de trouver un linge et de quoi lui rendre hommage ? »

 Léandre acquiesce gravement, la bouche serrée, alors que dans son esprit un plan se prépare : les cuisinières lui trouveront très certainement un torchon blanc qui servira de linceul. Il quitte l'écurie en courant et s'arrête avant de franchir la porte de service qui mène aux cuisines. Courir dans la maison est interdit. L'armateur ne cache pas son sourire, l'index et le pouce aux bords de sa moustache.

 En franchissant le seuil, Léandre trouve la cuisinière et ses aides en train d'éplucher des pommes tandis qu'une pâte à tarte précuit dans le four. L'odeur éveille sa gourmandise, il ne se trouve déjà plus si pressé. Alors quand elles l'invitent à s’asseoir, après avoir épousseté la farine de la table, et lui donnent chacune un quartier de fruit, Léandre fait le choix d'énoncer plus tardivement sa demande et de profiter un peu de la chaleur et du confort des cuisines.

 Mâchant la chair juteuse et croquante, il observe leurs gestes simples et généreux qui chassent sans effort le tracas de son front. Il écoute leur conversation légère et profite qu'elles se tournent et surveillent la pâte pour tremper un doigt dans le grand saladier de compote. Le goût du sucre et de la cannelle arrondit l'acidité des pommes, leur texture granuleuse fond sur sa langue et il n'a plus qu'une hâte : que sonne l'heure du goûter.

 Alors que les trois femmes s'en reviennent pour disposer la compote et les tranches finement ciselées, Léandre pose enfin la question qui l'amène. Un linge propre, entièrement blanc si possible, et dont le manque ne serait pas trop regrettable. La cuisinière désigne la partie basse du gros buffet à la plus jeune de ses aides qui va y chercher un torchon répondant à ces critères. Elle demande :

 « Et qu'allez-vous faire de ça, monsieur Léandre ?

 – C'est pour les funérailles. »

 La servante échappe sa surprise.

 « Les funérailles ? Mon dieu, mais de qui ?

 – De la mouette, celle qu'Enora a trouvé sur la plage. »

 Les femmes se rassurent, la cuisinière se signe. Léandre ne comprend pas leur soulagement. Il ajoute :

 « Vous devriez venir, c'est important des funérailles. »

 Elles rient ensemble mais acceptent : leurs robes de domestiques sont déjà noires, prêtes pour le deuil.

 Léandre les quitte, un peu vexé que cela ne leur paraisse pas plus sérieux. Son torchon sous le bras, il cherche dans le jardin des fleurs qu'il pourra cueillir discrètement, sans alerter les jardiniers occupés à tailler les hortensias que l'automne a fané. Il en prend des bleues et des jaunes dans un parterre discret ; le ciel et la plage. La sève lui poisse les doigts.

 Lorsqu'il revient vers l'écurie, il trouve l'armateur une pelle à la main, occupé à creuser un trou dans la terre. Il a ôté son veston et retroussé les manches de sa chemise sous l’œil vigilant d'un valet de pied, inquiet du devenir des habits de son maître.

 « Ne vous inquiétez donc pas ainsi Edouard ! J'ai servi sur plus d'un navire je vous rappelle, j'ai les os plus solide que vous ne semblez le penser ! »

 Monsieur Trévien arrête son geste.

 « Léandre ! Je vois que tu as tout ce qu'il nous faut. »

 La sincérité de son enthousiasme est quelque chose que Léandre essaie d'apprendre.

 « Bien, nous sommes prêts dans ce cas. Il ne manque plus que ma fille. »

 Madame Daniel ayant jugé bon d'écourter sa leçon de musique, sentant bien que sa jeune élève souffrait d'une irrépressible impatience, ils n'ont pas à attendre longtemps. Après que les ont rejoint la professeur de harpe, les cuisinières ainsi que le reste du personnel de maison convié par monsieur Trévien à la mise en bière du désormais célèbre volatile, Enora, sa mère et mademoiselle Maarjani paraissent à leur tour. Toutes trois ont couvert leurs cheveux tressés d'un châle sombre et soyeux, suivant les prescriptions et les coutumes de Shindra. La robe écrue que la fillette portait ce matin sur la plage pend sur le dossier d'une chaise, attendant d'être dûment lavée. C'est désormais un tissu propre et noir qui l'habille.

 Léandre se glisse au côté d'Enora. Une idée soudain l'anime ; un détail, un manque qui pourrait se transformer en regret s'il ne lui demande pas :

« Tu as des coquillages ? Pour qu'elle se rappelle toujours la mer ? »

 La fillette le regarde avec intensité et effroi. Elle lui attrape la manche et l’entraîne à toutes jambes dans la maison. Ils traversent les cuisines, le couloir de service, le hall, se jettent dans les escaliers avec un vacarme de talons précipités jusqu'à la porte de la chambre d'Enora. Léandre s'y arrête, n'y entre pas. Il la regarde chercher en renversant ses livres dans le tiroir de sa table de chevet. Victorieuse, elle lui lance, par dessus le lit, un amas cliquetant de coquilles blanches passées à un fil qu'il réceptionne à deux mains, les yeux fermés craignant son échec. Mais le poids est là, dans sa paume, alors il court. Enora le presse dans son dos tandis qu'ils dévalent les marches et dérapent sur un tapis.

 « C'est bon ! crie-t-elle dans un souffle qui aurait dû être un murmure, lorsqu'ils jaillissent en trombe dans le jardin. »

 Monsieur Trévien pose un index sur sa bouche, en signe d’apaisement, avant de proposer quelques mots à l'assistance :

 « Nous sommes ici réunis, cet après-midi, pour rendre hommage quelques instants à cette mouette libre et marine. Quiconque regarde l'océan peut partager les pays qui les habitent et rire avec elles de l'immensité du monde. Celle-ci s'est tue, et c'est avec tendresse que nos enfants l'ont recueillie pour sa dernière demeure. La tendresse que nous devons à nos plus vieilles camarades. Qu'elle se repose de ses voyages. »

 Il tend la main vers sa fille et Léandre. Ensemble, ils enveloppent le corps de la mouette dans le torchon, le dépose dans la boite. Enora entoure sa tête du collier chargé de coquillages, Léandre place les fleurs jaunes et bleues, monsieur Trévien s'agenouille pour poser le cercueil au fond de la tombe et les enfants se reculent. Le jeune prince regarde les premières poignées de terre jetées dans le trou, les mains jointes devant lui. Enora y glisse la sienne, et entremêle leurs doigts. Elle serre si fort, mais il ne dit rien. Il est heureux que ce soit sa main à lui qu'elle ait saisi.

Annotations

Recommandations

Nazia nex

Elle était si belle si precieuse et si naïve, mais personne ne l'aimer. Elle a jamais compris pourquoi, noe était toujours gentille avec les gens mais personne n'était gentille avec elle, Ce qu'elle aimait le plus c'était de faire plaisir au gens et de les rendre heureux mais malheureusement aucune personne ne la rendait joyeuse, noe a commencé à sentir cette méchanceté que le monde lui donnait et qui lui a brisé le cœur.
La vie après plusieurs expériences a montré à noe la raison de son malheur la raison pour laquelle le monde lui traitait comme ça..
Noe était tellement naïve qu'elle laissait tout son entourage profiter en elle, elle croyait qu'elle fessait des amis alors qu'elle en fessait des faux, ils prennent tous ce qu'ils veulent et up ils se débarrassent d'elle, et defois les ses amis lui demandent des choses mauvaises et juste pour les faire plaisir elle les fessait. Noe était tellement mal fréquenté qu'elle voyait rien. Quand la vie lui as appris une sacré bonne leçon elle a continuée sa vie sans personne, elle s'est lever toute seule.
Noe a jamais regardé derrière vers son passé c'était sa révolution.
0
0
0
1
Véro

 Comme tous les matins, je regarde le soleil se lever. Le ciel s’ourle de rose, la ville à mes pieds se réveille peu à peu dans l’or du levant. J’aime cette heure où tout est calme.

   Une voiture passe tout près de moi et s’arrête au feu rouge. Je sens les regards  curieux de ses occupants me détailler sous toutes mes coutures. Je reste de marbre. Sûrement des gens de passage. Les habitués ne font plus attention à moi, je fais partie du paysage. Au début, cela m’amusait de me sentir ainsi observé. Surtout par la gent féminine dont je sens le regard souvent admiratif. Je me sentais fier. Mais après toutes ces années figé sur mon socle, je suis las de contempler jour après jour le flot monotone des voitures. Fatigué d’attendre en vain un hypothétique géant qui ne viendra jamais. Mes muscles sont crispés dans une attente interminable et inutile. Je sens la mer dans mon dos, si proche. J’imagine la caresse bienfaisante des vagues sur ma peau. J’aimerais tant dénouer mes muscles dans l'eau fraîche et m'enivrer d'embruns iodés. Malheureusement, je ne peux pas bouger.
    Parfois des oiseaux viennent se percher sur ma tête. Ils me racontent leurs voyages, les pays lointains où ils ont fait escale. Comme je les envie.
  Ah, si je le pouvais, comme j’aimerais quitter pour de bon ce carrefour malodorant où je me sens si seul. Mes amis les oiseaux m’ont dit qu’ailleurs, d’autres, comme moi, s’ennuient à mourir aux carrefours ou sur les places. Si je pouvais enfin me dégourdir les jambes, rouillées par des années d’immobilité, pour aller les trouver et leur parler. Ensemble, nous vagabonderions au hasard des rues, au hasard des villes. Je remplirais mes poumons de pierre d’air iodé, traverserais l’océan, et même peut-être rencontrerais-je là-bas cette grande Dame en acier, dont m’ont parlé mes amis ailés. Elle a un nom magnifique : Liberté. Je m’imagine, parcourant avec elle les grands espaces d’une terre sans limites.
 Je rêve, je rêve… Mais je sais que je ne pourrai jamais bouger de mon carrefour.
—     Oh, maman, regarde, il pleure, le monsieur ! 
—    Mais non, Théo, ce n'est pas possible, voyons, une statue, ça ne pleure pas… Il pleut, c’est tout. 
 
 
Alors? Avez-vous deviné quelle statue je suis? Non? A Marseille, on m'appelle « Le David ». Un certain Michel-Ange m'a créé, il y a plus de cinq cents ans.
 
8
15
0
2
Défi
Nonosh
Ma première publication sur Scribay! Une réponse au défi du portrait... Voici celui d'un homme qui m'a marquée ces dernières semaines.
8
9
1
1

Vous aimez lire C. Kean ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0