Mémoire, texte 1 : La barque de l’insouciante jeunesse.

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Ces quelques chapitres sont l’exutoire de mon passé sans mémoire. Un besoin d'écrire mon histoire, alors que j'ai pris connaissance de ce passé...Il m'est nécessaire de mette un point final à ma vie.

Tout commença le jour où un pêcheur sonna à ma porte. Il m'annonça, l'oeil humide :

  • Petit, je sais que la vie est dure depuis ton accident. Mais tu vas devoir affronter autre chose que tes troubles de mémoire.

J'avais quatorze ans et des poussières, quand, sur la plage où j'aimais me balader, on me montra le corps de ma mère, échoué. J'étais resté droit devant sa chair gonflée. Elle était difforme, presque méconnaissable, pourtant ses cheveux trop long et ses tatouages de créatures marines me certifiaient que c'était elle : la belle sirène, comme le voisinage l'appelait. Il y avait encore son bracelet nacré à son poignée. Celui, qu'elle disait avoir eu en offrande par une vague ressemblant à un homme. Je compris alors que ma mère était morte, probablement, emportée par une mer déchaînée puis ramenée sur les terres. Peut-être avait-elle rejoint cet homme vague. Il n'empêche qu'elle m'avait laissé seul au pied du gouffre. Seul. Ignorant encore mon passé.

L'analyse faite, je repartis chez moi ave Mariat la voisine. Elle me laissa un moment pour moi. Je m'assis sur le muret du potager, attendant qu'elle recontacte mon oncle. La seul famille qu'il me restait.en l'attendant, je repassais en boucle cette année passée.

Avant sa mort, j'avais déjà la sensation de cohabiter avec un fantôme. Sa voix double était un lointain souvenir. Ses yeux ne se posaient plus sur moi, ses mains ne me caressaient plus les joues. Son cœur était sec. Elle m'en voulait d'avoir perdu la mémoire. Je sentais son mépris quand parfois nos regard se croisaient, ce qui était rare. Je n'avais plus de mère depuis... ce jour où j'ai dévalé la falaise. Que faisais-je la-bas en pleine soirée, alors que la mer était en fureur ? Tous on cru à un suicide... Mais pourquoi ? C'était là, la question...En vain, j'essayais de me souvenir de mon enfance, de tout...Mais où que je cherche, je ne trouvais que des brides de sons, des tableaux flous qui passaient dans ma tête les soirs d'orages. Je me sentais vide, comme si on m'avait retiré l'essence de ma vie. Isolé, perdu, je devenais ces mots. J'étais hors du temps. Un cahier aux pages déchirées.

Sur mon muret, je revis maman dans le cimetière, près du potager. Elle parlait avec nos aïeux, puis elle s'éloignait vers un peuplier où deux autres tombes reposaient. Sa bouche se mouvait, je désirais entendre le son de sa voix, alors je m'approchais et écoutais un dialecte breton, sans le comprendre. Mon cœur se tordait de douleur alors que jamais plus elle ne m'adressait un mot. Face à son fils, elle ne daignait pas ouvrir la bouche. Qu'avais-je fait ? Pourquoi ? Le saurai-je ? Bien sûre, mais pas d'elle.

Lorsque les larmes lui coulaient sur le visage, je rejoignais la maison. Elle en aurait pour des heures, à étendre son chagrin. Mes recherches pouvaient reprendre leur cours. Je me précipitais dans le salon et retournais la maison en entier pour trouver un indice de mon passé. Néanmoins, mes inspections se soldaient par plus de questions... Ni lettre, ni album photos, rien n'existait. J'étais une énigme. Je l'avais bien compris, le jour de mon retour de l’hôpital. J'avais clairement remarqué les démarcations d'anciens cadres sur les murs, de même que le vide de ma chambre. On avait retiré des éléments, comme le lit au-dessus du mien ou du bureau jouxtant le second. Il y avait des étagères vides dans ma bibliothèque où des empreint de livres renforçaient mon pressentiment. Une présence manquait à l'appel. Un autre semblait avoir vécu avec nous. Un frère, une sœur, un cousin, un voisin ? C'était comme si une tierce personne ne voulait pas que je me rappelle.

Longtemps, j'ai cru que ma mère me faisait payer mes oublis. Mais, elle avait juste peur que je me souvienne. Sinon, pourquoi garder le silence ? J'avais fini par abandonner, me résignant au mutisme à mon tour. Je devenais une coquille vide et ma mère un secret éternel. Incapable de me tendre la main, elle avait préféré rejoindre les bras de la grande bleue. « Quoi de plus beau que de se faire engloutir par la mer ? » C'est ce que j'ai cru entendre le soir de sa fin, lorsqu'elle ferma la porte de ma chambre. J'aurais dû comprendre ce murmure. Mais j'avais sommeil d'avoir trop réfléchi. Je m'étais endormis ; elle était partie.

Trois jour plus tard, elle fut enterré. Mariat s'était occupée de tout, même d'apporter sur le seuil de ma maison l'assistance sociale qui se chargerait de moi, le temps qu'on joigne mon oncle hors du territoire. Mariat venait me visiter tout les matins, mais le reste du temps je restais avec la femme. Elle était froide, malgré ses grands sourires et ses phrases toutes faites. Je n'aimais pas sa compagnie, d'ailleurs je ne lui parlais pas. Un soir, éprouvé par un cauchemar, je hurlai ma terreur. Effrayée, elle vint à moi. En sueur, des larmes me coulaient sur le visage. Pourtant, elle ne me consola pas. Elle posa juste un verre d'eau sur ma commode en me disant :

ça va passer avec le temps ! Tous ira mieux.

Avait-elle compris que j'étais brisé ou souhaitait-elle en finir au plus vite avec sa mission ?

Blessé, je couru dans la chambre de ma mère et m'enferma. Je jetais tous les vêtement de maman au sol, pour m'y plonger et inhaler son odeur. Je pleurai à m'en rompre la voix. J'étais bien sûr de jamais me relever. Pourtant quand un courrier me parvint cinq jours plus tard, je me sentis mieux, moins solitaire. Mon oncle, Jackabel, était prêt à m'accueillir. Il m'avait envoyer des lettres et des photo par dizaines dans une seule enveloppe. J'ai encore en mémoire, ces premières phrases.

« Mon tout petit, mon Lorne,

pardonne-moi de n'être venu te consoler. À l'instant je t'écris de Bangkok. La nouvelle me fut apprise au téléphone par Mariate. À l'annonce, mon cœur est partit en fumé une nouvelle fois. Ma grande sœur est morte à son tour. Nous ne sommes plus que tout les deux. Je ne sais pas si tu te souviens de moi, alors je t'envoie des photos que je garde précieusement dans mon porte-feuille. Fils, attends-moi !

... »

Jackabel, « mon père » comme j'aime à l'appeler, me sortit de la torpeur. Un mois plus tard, les morceaux de mon cœur tentaient de se recoller. Mon oncle, coincé en Thaïlande, m'envoyait des courriers en pagaille, m'appelait deux fois par semaine. Au fil des lectures et des discussions, il réussit à me décrocher de timides sourires. La tristesse était toujours là mais elle devenait consolable, je me ressaisis peu à peu.

Je cessais de me morfondre et construisis une carapace épaisse entre moi et mon passé. J'érigeai une forteresse que seule mon inconscient pouvait traverser. Personne n'avait la force de se relever indemne d'une telle pagaille émotionnelle, par conséquence, après m'être raconté des histoires, bercé d'illusions, je m'accrochais à ce que je pouvais.

C'est pourquoi, à quinze ans, je posais mes valises sur le bord ensoleillé de la Méditerranée. La chaleur réconfortante de la Provence était au rendez-vous, prête à me redonner goût à la vie. Le soleil brûlait sur ma peau. Le ciel bleu éclairait ma route. J'étais dans un univers transcendant. Dans un lieu propice pour écrire la suite de mon histoire.

Seul face aux nuits du sud, le chant des cigales me berçait d'agréables sentiments et estompait la peine dans mon cœur. Les préoccupations d’adolescents remplacèrent progressivement le souvenir de ma mère, de même que la misère s'évapora. Le temps s'envola, maman s'éloigna, surgissant par instant. Son absence se transforma en une renaissance qui s'imposa à moi. C'était inévitable, je devais reprendre le chemin. Il n'était plus possible de vivre avec l'image d'une mère qui n'était que l'ombre d'elle-même.

Ainsi, je vécu avec mon oncle qui me fit héritier de son âme. Je me souviens de ma sortie du train. J'étais encore incertain. Lorsque je vis mon oncle, cet homme grand qui courut vers moi, je ne pu m'empêcher de pleurer. Il m'attrapa dans ses bras et me serra fort, comme si je fus un trésor. Son odeur était la même que maman, mais en plus chaude, plus masculine. Les yeux dans les yeux, je constatai ce même teint, ces même traits. Son sourire éclaira mon cœur. La main dans la sienne, nous nous sommes accepté, sans difficulté, et sur le trajet, il me parla de notre visite à la pointe du rat quand j'avais treize ans. Une pluie torrentielle nous était tombé dessus et nous étions tout malade pendant une semaine. Je souris, il ébouriffa mes cheveux.

Son amour inconditionnel me permit d'évoluer dans le bon sens. Il fut le père que je n'avais jamais connu : l'être adoré. Son attention à me rendre heureux était sans bornes. Dès que je baissais les yeux, dès qu'un voile les embuait, il me portait sur ses chalutiers et nous admirions les gestes élégants des flots. Il détournait mon regard de mon mal, pointant la beauté de la nature ou des éléments. Il tentais de me faire rire, et les soirs, lorsque je pleurais en cachette, il me menait dans le jardin. Posés sur la terrasse, les nuits étaient tout aussi fascinantes que les jours. Nous observions la ligne entre la mer et le ciel. Ni proche, ni loin de la plage, j'écoutais les histoires, où sirènes et navires se pourchassaient. Il me rabâchait des mises en garde tout comme ma mère avant lui. Était-ce là un lien familial qui ne m'avait jamais quitté ? J'étais dans un cocon de chaleur.


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Nonobest911


I think I'm gonna lose my mind, something deep inside me I can't give up, I think I'm gonna lose my mind I rule and I rule till...

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