Enzo {Angoulême-Bordeaux}

2 minutes de lecture

[L’auteur conseille vivement de découvrir cet écrit succinct avec cette musique en arrière-plan : https://youtu.be/zI-YR4LBzL0

Apaisante lecture.]

Samedi 7 octobre 2004. 14h14. Voiture 2. Place n°47. Côté fenêtre.

Je ne me suis pas encore remis d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind, le nouveau long-métrage de Michel Gondry sorti la veille. Une véritable histoire d’amour hors du commun et intemporelle, mettant en évidence que la douleur, la souffrance et l’erreur ne sont pas séparables de la joie, l’euphorie, la plénitude et le bonheur. Qu’il n’y a pas d’amour constamment heureux et que la mélancolie s’invite immanquablement…

Cette pépite originale m’a tellement marqué et bouleversé, que je n’ai pu m’empêcher d’aller fouiller dans les secrets de tournage du film sur AlloCiné, avide d’anecdotes et de potins.

Somme toute, j’ai appris que c’est au cours d’un dîner entre Michel Gondry et son ami Pierre Bismuth que se dessina le projet. Ce dernier lança au réalisateur français une idée aussi provocante que riche en possibilités : que dirait-il s’il recevait une carte lui annonçant qu’il a été effacé de la mémoire d’une certaine personne, et qu’il devait désormais s’abstenir de tout contact avec elle ?

C’est quelques années plus tard que Gondry décidera de mettre en chantier, – en sa compagnie – un film d’après cette pensée plutôt singulière.

Loin de moi l’idée de réaliser une œuvre cinématographique, j’avais bien envie de me pencher sur cette thématique, durant les deux heures de train qui m’attendaient jusqu’à Bordeaux.

Je vais être bref. (J’ai enfin réussi à me procurer le second Kill Bill ! Il paraît que c’est un des films de l’année, je ne peux plus attendre…)

Nous sommes bien plus attirés par ce que l’on nous interdit que le contraire, n’est-ce pas ? Me connaissant, je commencerais à me remettre en question. Qu’ai-je donc fait pour que cette personne cherche à m’oublier ? A-t-elle appris quelque chose sur moi ? L’ai-je déçue ? Ai-je tant changé ces derniers temps ? ….

Après avoir trouvé les réponses à mes interrogations – ou m’être suffisamment penché dessus pour me lasser – j’essayerais à tout prix de reprendre contact avec cette personne. Je tenterais tant bien que mal de lui rappeler nos moments passés ensemble ainsi que tous nos points communs et différences.

Après avoir échoué une multitude de fois, je finirais par m’interroger. Sur la mémoire.

Admettons. Dans un cadre plus réaliste, se faire oublier par un individu est un fait davantage dramatique que jovial, cela va de soi. Or, cela revient également à être le seul et l’ultime protagoniste de vos instants partagés ensemble.

De cette façon, nous pourrions – presque – assimiler cela à un songe. Un rêve auquel nous seul croyons.

Dans tous les cas, je pense que je désirerais oublier. Oui, c'est bien dans ma nature : se protéger de la souffrance au maximum, comme dans les relations sentimentales. Je céderais allègrement à la facilité en me soustrayant à la douleur de la solitude.

Au-dehors, la vitre se vêt de centaines de gouttes de pluie, tissant un miroir de larmes. Les esprits doivent marquer leur plaisir ou mécontentement envers mon assertion lilliputienne. Quoiqu’il en soit, ce n’est que mon point de vue. Et, comme le dit si bien Eugène Marbeau, « On ne se console pas, on oublie. »

Maintenant à nous deux, Tarantino !

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