Au secours !

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Le sable. Dans les bottes, les vêtements, les cheveux. Il perce le cuire et le métal, vous mord la peau rentre par vos yeux et vos ongles. Il s'incruste, creuse son chemin à travers vos veine et vos muscles jusqu'à votre coeur, dans votre tête.

Je suis née dans le sable. Il a remplit mes poumons bien avant que l'air n'y pénètre. C'est avec lui que j'ai appris à marcher et à parler.

Les vieux parlent d'un temps où les humains dominaient la terre et le ciel, abusant de leurs pouvoirs alors sans limites. Puis vint le sable. La légende raconte que, dans une pluie d'éclairs, le ciel aurait puni les humain. Je ne crois pas aux légendes. Ceux qui s'y racrochent trop longtemps finissent par s'y perdre, emportés par le sable.

Je réajuste mon foulard sur mon visage, j'entend le claquement des grains contre mes lunettes de potection. La structure se dessine à quelques dizaines de mètres devant moi.

C'est une relique du passé. Une tour informe de pierre et de fer qui s'élève au dessus des dunes venant lécher sa carcasse. Je m'accroupie pour observer l'entrée en détail. Comme prévu, même avec la tempête, les gardes restent en factions devant la grande double porte métallique. Impossible de passer par là. Je contourne le bâtiment en rampant jusqu'à ma seul issue possible : la sortie des condamnés. Comme une grand bouche de féraille ajoutée sur la face est de la tour, c'est par là qu'ils évacuent les "indésirables". Je glisse jusqu'au bas de la structure, juste en dessous de la bouche, là je repose mon dos contre la pierre rèche et chaude. Plus qu'à attendre.

Je n'ai pas à patienter longtemps. Un crissement de taule rouillée accompagné du cliquetis des chaines et des cris étouffés m'avertissent de l'ouverture de la bouche.

— Y m'fallait cette flotte ! Ça fait des semaines qu'on a à peine une demi ration pour tenir jusqu'à la prochaine distribution !

— Alors sois pas triste ! On t'donne une belle gourde rien que pour toi avant d'partir.

Suivi du choc froid de l'ouverture de fer qui heurte la paroi de pierre. Je dépli lentement mes membres attendant le bon moment pour grimper.

— Pitié ! Je connais les histoire sur les monstres des sables. J'veux pas finir bouffé ! J'veux p...

Un hurlement. Je distingue une forme humaine tomber tomber avec un bruit mat pas loin. Ils ont parlé d'un gourde, ça fera une bonne monnaie d'échange. Je cours jusqu'à la forme allongée dans le sable, il se tient la jambe en sanglotant, couché dans le sable. Il n'aurait jamais survécu de toute façon. La gourde est accrocée à son cou par une lanière de cuir, je me penche sur lui.

— Les monstres des sables... Les monstres des sables... Au secours ! P-p-pitié...

Il gémit de plus belle lorse que je lui retire la gourde. Je suis déjà en train de m'accrocher à la bouche qu'il est toujours recroquevillé sur lui même, tremblant comme une feuille. La tempête avalant ses lamentations.

La bouche se referme avec moi dessus. Il y a une petite ouverture juste au dessus, presque jamais gardée. Je grimpe sur le bord et me retrouve nez à nez avec une paire d'yeux hagards.

— C'est quoi ce...

J'empoigne mon surin, un morceau de fer taillé et aiguisé à moitié enveloppé dans du tissu épais en guise de poignée. La lame inégale s'enfonce dans sa gorge à la peau rendue trop blanche par le manque de soleil. Du sang épais envahi sa gorge alors qu'il agite inutilement les mains en hoquetant. Je l'agrippe et le fait basculer par l'ouverture. Il tombe en me jetant toujours un regard d'incompréhension totale. Un autre corps que le sable aura vite fait de digérer.

J'essuie ma lame et pénètre dans la tour.

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