Le Chat à neuf queues

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Lola dut aller chercher elle-même deux tonneaux dans la caverne des contrebandiers, ce qui n’était pas une sinécure étant donné l’étroitesse du chemin qui louvoyait contre la falaise jusqu’à la plage. Ses hommes emportèrent les barils alors qu’elle se chargeait de rappeler à leur fournisseur qu’on le payait assez pour qu’il produise la marchandise en heure et surtout en lieu.

Elle ne le rudoya cependant pas plus que nécessaire car l’homme n’avait visiblement pas pris en compte qu’il aurait affaire à elle : le capitaine Sinclair ne s’occupant jamais de trivialités, le contrebandier avait pris le plis de traiter directement avec son ancien cambusier, auquel il manquait de respect en toute impunité. Mais l’homme qu’il connaissait avait été remplacé par un homme de la Mariada, qui se déplaçait et n’était pas commode, elle. Il offrit, pour se faire pardonner, deux bonnes bouteilles de rhum, une lueur dans le regard. Sinclair les sifflait comme du lait, et il se doutait aussi que la célèbre capitaine pirate ne comptait pas rester bien longtemps sous-fifre sur un navire. Elle lui rendit son regard en acceptant, et le contrebandier souriait en prenant congé : « au plaisir de faire affaire, capitaine. »

Ses hommes installaient les tonnelets dans leur chaloupe alors que Lola regardait la mer. Son oeil droit, le vert, était de la même couleur que les vagues sous la chape de nuages grimaçants. Le corbeau de Sinclair avait croassé toute la nuit, et une fois au réveil ; il annonçait la tempête. Le vent agitait sa chemise et ses longs cheveux noirs ; il ne faudrait pas tarder à prendre le large.

Elle se détournait du spectacle lorsqu’une main la saisit par le coude ; elle retint à temps son coup et se contenta de lui faire lâcher prise : le mousse lui arrivait à peine à l’épaule et, malgré son regard dur, ne représentait pas une grande menace. Lorsqu’il aurait terminé sa croissance et développé sa musculature d’adulte, peut-être… Pour l’instant ce n’était qu’un champ de taches rousses sous une tignasse couleur de paille fanée.

« On ne t’a pas appris à t’annoncer, marmot ? » demanda-t-elle en lui donnant une petite tape sur le crâne. « J’ai failli te faire rouler la tête loin des épaules. »

« Qu’est-ce que tu lui veux, à l’Hirondelle ? »

Lola lui assena une nouvelle claque. « C’est comme ça que tu parles à tes aînés ? »

« Quand mes aînés trainent autour des gamins de mon âge, je leur fais bien pire » rétorqua-t-il.

Il était mignon, avec ses histoires de matelotage.

« Si tu crois que je traine mes jupes dans le jeu des enfants ! » Elle rit. « Tu as peur que ton petit oiseau s’envole à tire-d’ailes ? Dis-lui d’abord de tenir sa langue, avant qu’il ne passe à la trempe. On n’a besoin que de ses mains pour écrire, et Sinclair serait plutôt du genre à lui casser les jambes. »

« Je ne parle pas du capitaine ! » s’emporta le mousse. « Je parle que tu lui tournes autour comme un moustique autour d’une chandelle ; qu’est-ce que vous complotez tout les deux ? »

« Garde le nez dans tes affaires, si tu ne veux pas que je te le coupe » répliqua la Mariada en lui prenant l’oreille, assez fort pour qu’il ait à courber l’échine. « C’est d’un gratteur de papier dont j’aurai besoin dans mon équipage, pas d’un mousse à qui battre la plante des pieds. »

Elle le relâcha et il se redressa sans mot dire en ravalant ses larmes. « Des mousses, j’en recrute à la pelle. Alors si tu te mets en travers, je t’enverrai dire bonjour aux poissons. J’ai besoin d’un petit oiseau qui me chante les lignes sur le papier, pas d’un gringalet hargneux et pleurnicheur. »

« Il ne te rejoindra jamais si je ne suis pas à ses côtés ! »

« Ça, je n’en suis pas si sûre… et toi non plus. »

*

Elle pensa à le faire s’accrocher à la barque comme un mollusque pour le retour, mais préféra lui confier la rame. Ses hommes se moquèrent gentiment de lui, mais il se débrouillait plutôt bien et on devinait, dans ses bras secs et longs comme des branchettes, la courbe des muscles qui se formaient.

La mer chantonnait doucement en tricotant des vagues et le soleil, par-dessus son ouvrage, brodait en fils d'or l'embrun en liseré. La barque s'élançait sur ce long drap plissé, piquant rythmiquement ses rames dans le voile de l’eau, y brodant des motifs légers, presque invisibles.

Adossé contre un tonneau, Lola regardait le mousse pensivement. Il serait difficile de le rallier à elle puisque, comme il l’avait deviné, elle avait des vues particulières sur l’Hirondelle.

La Mué ne serait jamais aussi fort qu’un de ses hommes mais c’était une vigie agile, sauvage dans les combats, et très fine mouche malgré le fait qu’il ne sache pas tenir sa langue. Il avait le potentiel d’un grand pirate, et à ce moment Lola préférait l’avoir sur son navire plutôt que dans celui d’en face. En plus de cela il savait lire, compétence étrangère à la Mariada et à son équipage.

Il n’était pas difficile d’entrevoir non plus qu’il ferait un adulte magnifique, et c’est sur ce point que Colin s’attendait au plus de concurrence. La Mariada mesurait toute l’importance des apparences. Magnifique et sauvage, de quoi secouer les plus rudes marchands.

Leur barque tangua, secouée par les vaguelettes qui venaient s’écraser contre la coque du navire. Ses hommes manoeuvrèrent pour arrimer l’embarcation près de l’échelle de corde toujours déroulée ; Lola fit passer le mousse devant, pour rappeler qu’on embarquait du fret. En attendant qu’on leur lance des cordes, elle sortit son couteau pour décrocher une coque des planches humides.

Les bras de Colin tremblaient car il avait dû ramer seul la plus grande partie du trajet. La maudite femme ne serait pas plus tendre avec lui que son présent capitaine, sauf que Sinclair n’avait pas dans l’idée de le bouter hors de son propre hamac.

Le vent qui sifflait à ses oreilles transformait sa chevelure en fin fouets d’aiguilles, ses mains et ses pieds couverts de sels se griffaient au cordage rêche de l’échelle mais il refusait de ralentir malgré sa fatigue, par entêtement et par principe. S’il avait été adulte, il aurait pu simplement passer Sinclair par-dessus bord, et la Mariada par la même occasion. Pour l’instant chaque moment de sa vie lui rappelait de manière cuisante que si on n’avait pas de force dans ce monde, on n’était rien. Il se hissa donc sur le pont en forçant le plus possible sur ses muscles, pour les inciter à se développer ; c’est là qu’il entendit le premier cri.

Tout l’équipage était réuni autour du grand mât et il dut jouer des coudes pour se frayer un passage ; le Tatoué le remarqua juste à temps et le retint de ses grands bras ornés avant qu’il n’ait l’occasion de se jeter sur le quartier-maître pour lui arracher son fouet.

Le chat à neuf queues retomba en laissant derrière lui une traînée de griffures sanglantes sur un canevas de chairs désormais plus rouges que brunes.

« Pourquoi est-ce que vous faites ça, qu’est-ce qu’il a fait ? »

Il cria tellement fort qu’il se fit mal à la gorge, mais il avait beau se débattre le grand marin se contentait d’accompagner ses mouvements en resserrant autour de lui ses bras pleins de muscles.

« La flûte de pan du capitaine a disparue » murmura-t-il de sa bonne voix chaude —ce n’était pas un méchant homme. En le retenant ainsi, il voulait simplement éviter au mousse de subir le même châtiment. Colin cessa de se débattre au troisième coup qu’il vit tomber, incapable de se libérer de cette étreinte, et se laissa glisser à terre en sanglots ; même là, le marin ne le lâcha pas.

C’était un bon petit mousse, qui n’avait pas le coeur pour cet endroit.

L’Hirondelle s’était recroquevillée au pied du mât, autant que possible étant donné que ses mains y étaient liées ; certains de ses longs cheveux noirs, rabattus par-dessus son épaule, se glissaient dans ses blessures comme autant de nouvelles coupures. « Laissez-moi au moins lui attacher les cheveux » supplia Colin en recommençant à se débattre. Il avait l’impression que les fils noirs creusaient derrière eux des rigoles profondes.

Le bras du quartier-maître, un des corsaires de Sinclair, se leva à nouveau, mais ne s’abattit jamais.

« Qui a voté pour ça ? » demanda la Mariada en rejetant brusquement le bras dont elle venait d’interrompre le geste. « Comment avez-vous pu voter pour ça alors qu’il vous manquait la moitié de l’équipage ? »

Pour la première fois Colin eut l’occasion de jeter un oeil aux autres visages : gêne indécise chez les nouvelles recrues, colère ouverte chez les corsaires. L’équipage de la Mariada affichait une satisfaction goguenarde.

« Il a agit sur mon ordre » répondit la voix glaciale de Sinclair. « Ce petit vaurien a volé un de mes effets personnels et refuse de dire où il l’a caché. »

Colin jeta un regard à Vivien qui, toujours replié sur lui même, semblait avoir du mal à respirer. On ne voyait pratiquement que la lueur de ses yeux derrière le voile obscur de ses cheveux, mais il eut tout de même la force de lui adresser un clin d’oeil. Heureusement, toute l’attention était dirigée vers le bras de fer entre les deux capitaines.

« Quand j’ai accepté de te prendre à bord, Mariada, ce n’était pas pour que tu remettes en question ma façon de diriger mes affaires. »

« Tu m’as engagée parce que tu n’avais plus de Maître Pilote ! » rappela-t-elle avec humeur.

« Et je pourrais tout aussi bien décider de vous jeter cul par-dessus bord, toi et ta troupe de va-nu-pieds ! »

Sinclair avait toujours du mal à accepter qu’un pirate ne fréquente pas le meilleur de l’aristocratie. En outre, il venait sans doute de finir une bouteille de rhum.

« Et comment ? Avec le reste des va-nu-pieds que tu viens de recruter, qui n’ont pas connu d’abordage ? Ou avec tes quatre corsaires qui se trainent encore en frocs de coton sur leur cul de soie ? Nous sommes des pirates ici, pas des larbins au service de ta reine ! Nous sommes des pirates et on vote, quand il s’agit de punir un des nôtres. Tu n’es plus un des caniches pomponnés de la cour ! Personne, ici, ne te doit obéissance. »

Sinclair était ivre mais point sot. Si ses corsaires restaient fidèles, il voyait l’hésitation poindre dans le regard des nouvelles recrues, à qui on avait vendu cette fable du pirate démocratique. Eh bien, pas à son bord ! Pourtant, ce n’était pas le moment de faire des vagues. Il avait entendu parler des capitaines destitués à la suite de ce genre de vote, et il n’avait pas envie d’avoir à se contenter d’eau salée.

« Très bien, un vote, alors. Qui est pour que l’on poursuive la punition ? »

La main de ses hommes se levèrent (y compris, et c’en était presque comique, celle qui tenait le fouet).

La Mariada l’affronta du regard un instant, mais dut comprendre qu’elle avait perdu cette manche. Il la ferait débarquer dans le prochain port si elle continuait à le défier ainsi. Dommage qu’il en ait autant besoin —comment une femme avait-elle pu atteindre une telle renommée ?

« En faveur de l’arrêt des coups ! »

En levant sa propre main, Lola prit bien garde de mémoriser les visages : ceux qui avaient immédiatement suivi et ceux qui hésitaient encore. Ses trois hommes affrontaient les corsaires du regard ; Colin, évidemment, lui était acquis mais, et c’est ce que Sinclair oubliait, elle avait également la main sur tous les anciens domestiques et sur les visages bruns que les envahisseurs continuaient de mépriser. Les voyous déshérités se rangèrent du côté de l’aristocratie dans laquelle ils auraient voulu naître, mais les autres levèrent la main pour elle.

Puissants sans un coeur, songea-t-elle avec un sourire. Puissants sans un coeur, vous êtes la lèpre de ce monde ; mais vous rongez le bras qui vous sert et s’il tombe, vous aussi, vous tomberez.

Colin n’avait pas attendu qu’on annonce le résultat du vote pour détacher son petit oiseau au dos balafré de bandes rouges.

Le regard de Sinclair lançait des éclairs blancs et la Mariada les lui rendait bien de ses yeux vairons. Alors que l’équipage se séparait lentement pour retourner à ses occupations, il lui fit un signe, allons dans ma cabine.

« J’ai encore du fret à embarquer, capitaine » répondit-elle sans sourire. Il pensait l’avoir aussi facilement, insinuer le doute sur leurs rapports dans l’esprit des marins ? À d’autres ! Elle n’était pas devenue la Mariada, une légende des mers, en se laissant balloter par l’esprit aviné des hommes.

Désormais, ce serait à Sinclair de mesurer ses gestes. L’équipage l’avait à l’oeil, n’attendait qu’une occasion de se convaincre que sa tranquillité valait bien une mutinerie. Mais les hommes sont lâches ; il faudrait attendre un peu. Laisser ce qui restait de son équipage leur parler du bon vieux temps à bord de La Reine Teuta, où tout le monde prenait part équitable sur le butin, où personne ne s’accaparait de cabine et où, en théorie, le capitaine ne commandait que durant les batailles…

*

« Tresse mes cheveux. »

Accroupi au pied de leur hamac, Vivien mesurait sa respiration pour ne pas trop souffrir. Colin ramena la masse obscure en prenant soin de ne pas en oublier un fil ; Vivien grimaça lorsque certains d’entre eux tirèrent sur les caillots de sang qui les engluaient. Puis Colin trempa son mouchoir dans le baquet qu’il venait d’aller remplir, grimaçant au contact du sel contre ses mains échauffées par la rame.

« Il faut que je te lave le dos. »

Vivien respirait par à-coups, les dents serrées sur sa douleur, les bras croisés autour de son corps dans une position de grenouille. Colin souffrait pour lui et pourtant, c’était presque agréable.

Le sentir poser son front contre sa clavicule, les yeux fermés, pour se rasséréner.

« Ça va aller… » murmura doucement le mousse.

Il écarta une mèche de cheveux noirs qui restait collée au front moite. Il l’essuya du dos de la main puis fit couler le liquide salé sur la peau abîmée. Elle n’était pas trop déchirée, seulement par endroits, et violette autour. Brûlante et boursoufflée.

« Tu t’y attendais, n’est-ce pas  ? Étant donnée ta manie de voir jusqu’où l’on peut pousser le bouchon, c’était inévitable. » Colin essuya ses yeux, puis l’embrassa à la tempe. Il n'en faisait qu'à sa tête, ne se préoccupant de rien ni de personne lorsqu'il avait décidé quelque chose. De rien, ni de personne.

« Tu ferais peut-être mieux de pleurer au lieu de renâcler ton frein. La peste soit de ses chats à neufs queues ! La prochaine fois que je croiserai l’une des ces bêtes, je la tuerai neuf fois, pour faire bonne mesure. »

Sous le front brûlant s’annonçaient les gémissements d’une fièvre. « Colin...  » Vivien passa ses bras bruns en collier autour de son cou et poussa un soupir. « Tu te souviens, sous les planches ? Quand je te soufflais la réplique ? Tu devenais tout rouge, et le public riait. »

« C’est parce que tu me sortais toujours des obscénités ! Je me souviens surtout de la fois ou le poète du moment t’a entendu retravailler ses lignes et qu’il a faillit s’étouffer. »

Vivien laissa passer un silence.

À vrai dire, il ne s’appelait même pas Vivien ; Colin n’était pas bien sûr de son prénom. Au début, on lui avait donné un nom de jeune fille, et il jouait les petites paysannes aussi bien que les nobles.

« Je sais que tu aurais voulu rester » murmura l’Hirondelle. « Je suis heureux que tu m’aies suivi. »

« Ça m’arrangerait mieux si tu ne te faisais pas tuer. »

Il le sentit sourire, se presser davantage contre son corps, puis ses lèvres trouvèrent le côté de son cou et s’attardèrent, sous l’oreille. « Ce n’est pas le moment, tu es brûlant de fièvre. »

Il n’avait pas la force de le repousser.

« Colin, je vais avoir besoin de toi. »

« Tu as toujours besoin de moi » fit remarquer le mousse sans y mettre de coeur.

« Je ne pensais pas qu’ils me frapperaient si fort. J’ai encore tant de travail… Et Sinclair va probablement m’enfermer dans sa cabine pour rédiger son fichu journal. Mais je sais que je peux te faire confiance. »

Confiance. Colin passa précautionneusement les bras autour des hanches presque intactes de son compagnon de matelotage. Combien de fois s’était-il demandé s'il n'aurait pas été meilleur pour le monde d'exorciser d'une lame l'âme obscure de l'Hirondelle ?

Il ferma les yeux lorsque le corps brun se déplia pour venir s’asseoir sur ses jambes, trouvant ses lèvres des siennes.

Le coup ne viendrait jamais de lui.

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