Mon Oasis

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Papa venait de rentrer tard du travail pour monter et me faire un bisou comme il avait toujours l'habitude. C'était un petit rituel que nous avions tous les deux et j'attendais le bruit de ses pas sur les marches en verre de l'escalier qui l'amenait vers moi. Depuis que j'étais tout petit, il me faisait toujours un petit bisou sur la bouche, j'espère que vous ne serez pas choqué. Ce n'était pas un bisou d'amoureux, mais d'amour et qui rendait souvent ce petit moment si particulier avec mon papa. Même les petits bisous de Cole que j'aime particulièrement n'ont pas cette même douceur rassurante qu'avaient les siens. C'étaient ces moments si attendus chaque soir qui rendaient mes nuits formidables et qui m'apaisaient toujours.

Je m'en rends compte encore aujourd'hui avec la douleur et le vide engendrés par cette absence. Même en étant très croyant, il m'arrive de douter de celui qui habite là-haut et qui néglige, à mon sens, un peu trop l'amour que je lui porte par ses volontés qui font de ma vie une épreuve que j'ai beaucoup de mal à traverser. J'ai parlé d'un petit buisson qui roule dans le désert. C'est le jardin dans mon cœur qui parfois revient et se présente à moi de cette façon. J'ai toujours l'impression que je n'arriverai jamais à atteindre cette Oasis qui rend la traversée d'un désert plus douce et possible.

Alors qu'il venait de m'embrasser pour me souhaiter une nuit merveilleuse et pleine de rêves, il me chuchota tout bas pour ne pas réveiller Cole, à qui j'avais confié mon doudou :

- Je sais pour vous deux et j'en suis très heureux, mais j'espère que tu ne lui feras jamais de mal.

Mon papa avait compris avant moi que j'aimais les garçons et surtout ce garçon.

Je ne savais pas quoi lui répondre à ce moment et la vie a  fait que je n'aurai jamais l'occasion de le lui dire pour le remercier.

Il avait toujours fait en sorte que ma vie soit la plus belle possible et son message sonnait bizarrement dans ma tête, car pour une fois il prenait la défense de quelqu'un d'autre et semblait attendre de moi une chose que je n'avais pas comprise.

Aujourd'hui, j'ai enfin compris, malgré son absence, qu'il me souhaitait à sa manière que je sois toujours heureux. Il savait que Cole était mon havre de paix et qu'en lui faisant du mal, je me rendrais malheureux.

Cole est un garçon formidable et j'oublie régulièrement qu'il n'a encore que 15 ans. J'avoue que je lui demande souvent plus que ce qu'on est en droit d'attendre d'un enfant. Pourtant, il n'a jamais manqué d’y répondre sans jamais me le faire remarquer.

Bien sûr qu'il est très beau et grand, même un peu trop grand pour moi, mais je ne m'arrêterais pas à ces détails, se serait trop réducteur de le considérer et de l'aimer que pour cela. Je vous laisse donc le soin de l'imaginer tel que vous le voulez et surtout tel que vous l'espérez.

Bien entendu, il a la chance, tout comme moi, d'être une personne que l'on qualifie souvent comme étant très privilégiée et j'ai souvent remarqué que plus on possède et moins on donne. Les adultes, et même certains enfants qui peuplent et polluent ma vie, sont souvent décevants par l'arrogance et le mépris qu'ils ont envers ceux qui ne partagent pas notre chance. Pour une majorité d'entre eux, cette chance vient du travail d'une autre personne et non d'eux-mêmes. Ils se réunissent dans des repas coûtant plus que le salaire annuel d'une personne au bénéfice d'une œuvre de charité en laquelle ils ne croient pas, mais en espèrent la rédemption. C'est un peu comme conduire une voiture à plus de 200 mph, percuter un enfant et seulement l'emmener aux urgences de ma maison blanche en sortant la belle carte Platinum pour prouver qu'on va payer pour sa faute sans penser un instant à la vie de cet enfant. Mais en appelant son avocat pour s'assurer des détails de cette infraction. Oui, j'en ai entendu rire en parlant de conseils pour éviter les problèmes grâce aux avocats. Ils avaient beaucoup bu et la discussion était étrange. Cela m'a beaucoup dérangé et c'est pour cela que j'essaye d'oublier cela.

J'en connais malheureusement certains prêts à dégainer leurs millions de dollars pour espérer rejoindre cette belle assemblée, car ils ont tous cette belle phrase qu'ils chantent en cœur après plusieurs bouteilles de Dom Pérignon : « No Millions, No Way ! » Qui dans votre belle langue doit se traduire par : « Si tu n'as pas des millions, alors n'espère même pas ! »

Mais mon Cole n'est pas comme cela et c'est encore un autre trait de sa belle personnalité que j'aime beaucoup.

Quand je ferme les yeux, je sais qu'il est près de moi et toujours quand j'en ai le plus besoin. Il est l'épaule et le refuge qui m'aident à me sentir chaque jour un peu plus fort que je ne le suis et ne le serais jamais. Il m'aide à gravir l'escalier de ma vie marche par marche. C'est au travers de lui que ma vie prend un sens, car il m'aide à grandir à mon rythme sans jamais me laisser tomber. Je suis fragile et Cole est ma force et notre amour est notre Oasis.

Voilà qui est Cole et je vous souhaite un jour de tous trouver votre Cole.

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