Quand Lany s'ouvre à la vie

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Mon papa est mort il y a deux ans dans un accident d'avion alors qu'il revenait à la maison. Cela a été une dure période. Cole s'est installé auprès de moi pour m'aider et m'apaiser. Les assurances ont versé des indemnités, mais cela ne remplaçait pas ses bisous qui encore aujourd'hui, me manquent tellement.

J'avoue que je le pleure encore régulièrement, par exemple en écrivant cette phrase. Un chapitre sera consacré à papa dans ce Tome 2. Nous avons changé de maison, car l'autre rappelait trop papa à maman. J’ai eu du mal, mais je préfère la nouvelle qui est plus jolie et encore plus grande. J'ai rencontré beaucoup d'amis qui aiment tous Cole.

***

Je reprends le fil de l'histoire avec le dernier chapitre du Tome 1 :

Il y avait beaucoup de réveils comme cela à présent et maman s'est habituée à la présence de Cole dans ma vie. Elle avait compris que je l'aimais et avait fini par l'accepter et l'aimer autant que moi.

Il avait beaucoup grandi et je devais un peu lever les yeux pour le regarder. Il était devenu encore plus beau et j'étais très fier de lui. Maman, qui aimait mon apparence qui restait très enfantine, venait enfin de s'inquiéter à ce sujet.

Elle avait pris un rendez-vous chez le pédiatre à Santa Monica pour en parler. Ce qui était gênant, c'est quand il vérifiait ma croissance et celle de mes testicules.

Ce jour-là, il m'avait reçu à cause de ma taille qui ne progressait pas normalement. À cette époque, j'avais 13 ans et la taille d'un enfant de 11 ans, je crois. Je pesais 33 kg alors que je mangeais bien. C'est comme si ma croissance ne se faisait pas normalement.

Il avait demandé un séquençage ADN et nous avait envoyés chez un confrère réputé.

Nous habitons dans un quartier chic de LA où tout le monde se connait et se partage les bonnes adresses. Dans ma rue, il y a Ryder (nous avons le même âge), le fils d'une dame connue dont je tairai le nom par respect pour sa vie privée (chez nous, aux États-Unis, comme chez vous, le respect de la vie privée est important). Il voyage beaucoup, car son papa n'habite plus ici.

C'est un ami que j'aime beaucoup et que j'embrasse quand je le vois. Je sais qu'il lit actuellement mon histoire, qu'il connait déjà, car il parle aussi le français. Le dernier mois, nous sommes allés ensemble voir son papa en Grande-Bretagne. C’est une star dans la musique. Il est gentil avec lui et j'aime cela, car il me rappelle un peu mon papa par les câlins qu'il lui fait. Il sait pour moi et il est toujours gentil. Il a même commencé à m'apprendre le piano. Il joue surtout de la guitare, mais je trouve que c'est compliqué et je n’ai pas envie d’apprendre deux instruments.

J'ai fait plein de tests et un jour quand je suis rentré de chez Ryder avec Cole, maman m'a dit que le docteur voulait me voir demain pour parler des résultats.

Cole avait toujours le sentiment d'être exclu de mon parcours médical, car le docteur me recevait qu'avec ma maman. Il vivait comme une frustration de ne pas savoir en même temps que moi ce que l'on me disait.

Quand je suis sorti, j’avais compris pourquoi je ne grandissais pas comme Cole et surement comme vous. J'ai 47 chromosomes, avec XXY : c'est le syndrome de Klinefelter. Une des conséquences est l'impubérisme, d'après ce que j'ai trouvé sur Google. Maintenant, je sais que j'ai cette maladie.

Je ne veux pas trop en parler. Si certains veulent savoir, « Google is Ur Friend ! »

Maman a toujours refusé le traitement avec les stéroïdes, car c'est controversé chez nous. En plus, je suis allergique et intolérant à tellement de choses.

Cole a compris mon désintérêt pour le sexe, car je n'en ressens ni le besoin et ni l'envie. Il sait que je le fais pour lui et il le comprend sans me juger.

Mon corps et mon sexe restent toujours comme avant. Il me manque quelque chose qui m'aiderait à me sentir complètement en vie. J’ai 15 ans et je vais très bien, les amis, mais j'ai l'impression de ne pas grandir comme les enfants de mon âge. Depuis trois mois, maman a commencé enfin à vouloir arrêter les couches en journée pour m'aider à me sentir mieux dans ma tête. J'ai commencé à réapprendre la propreté une deuxième fois de ma vie, mais ce n'est pas facile et j'ai toujours des accidents chaque nuit et encore le jour.

Le problème maintenant, c'est que je dois accepter la maladie et vivre avec. Je sais que je serai toujours plus petit que Cole, alors qu'avant c'était l’inverse. Ma voix reste celle d’un enfant et c'est parfois embarrassant : les copains que je fréquente rigolent de temps en temps. J'attends et j'espère la puberté qui viendra, ou pas. J'ai l'impression qu'on m’a volé tellement de choses dans ma vie et que même mon corps refuse aujourd'hui le droit que je revendique par ce récit : celui de grandir.

PS : Pour répondre une bonne fois pour toutes à vos messages : aujourd’hui, j'ai 15 ans, je mesure 1,49 m et je pèse 34,2 kg (si je ne me suis pas trompé dans les calculs).

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LanyHU
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