Fricain, il Paladino do Brasil

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Fricain était un fier guerrier conchylicole.

Il se rendit compte qu'il était devenu un non-dragon dès sa plus tendre naissance. Sa chère mère qui valait trois-milliards déjà, lui demandait de ranger sa chambre, ce qu'il ne faisait pas, et laissait ça à sa soeur pas née. Elle fit le mort, tel un poisson. Mais Fricain avait plus d'un tour dans sa couche et sa (trop) chère maman avait de grands projets pour lui. Mettons de côté la villa de luxe à Saint-Tropez. Non, elle voulait que son fils cultive un amour inconsidéré pour le grand (enfin peut-être, elle ne savait pas), le beau (pareil) : Dieu.

Fricain n'était pas contradictoire, sauf quand il s'agissait de traire des chèvres, là il préférait traire des vaches, le coquin. Il décida tout de même de partir en croisade, lui qui avait toujours rêvé de rencontrer Dieu, histoire de savoir à qui il parlait depuis tout ce temps, et pour être sûr qu'en fait, il ne se foutait pas de sa gueule en scred. Ni de celle de sa mère d'ailleurs, cela lui était exclusivement réservé. En parlant de réserve, il avait oublié de s'en faire une au moment de partir. Ah, je viens d'avoir un message du scénariste qui me dit de vous dire qu'à cet instant de l'histoire, Fricain a déjà dix-neuf ans, et toujours un amour du French Cancan. Plusieurs fois n'étaient pas coutume, il s'arrêtait dans les villages en disant mener sa quête pour Dieu (les plus vieilles excuses sont les meilleures) afin de mettre la main (enfin pas que) sur quelques vierges voulant bien salir leur âme pour aider un preu chevalier en quête de Dieu. Les pauvres n'atteignaient pas le septième ciel, bien que cela aurait été de rigueur. Fricain, comme à sa naissance ratée, se montrait plutôt pas adroit. Ni trop gauche, il faut dire. Nous racontrons surtout qu'il était un jeune homme courageux et qui savait prendre les devant. Ce que toutes ces gentes dames confirmèrent.

Une fois les Françaises la France traversée, il décida de se rendre à Venise, afin de parfaire son éducation. Religieuse, d'une part, et un moelleux au chocolat, d'une autre part. Le cardinal Peligrinacchiotinolli le fit nommer "il Paladino" au bout de sept années, histoire de s'en débarasser, car il bouffait pour trois, et que ça suffisait, au bout d'un moment. La galère... Dans laquelle il voguait durant des semaines arrivait dans les premières vagues qui la retourna. Il arrivait ainsi, à la nage, à Alexandrie. Heureusement que maman avait un étang qui en emportait le vent. Son entrainement, tout comme lui, avait été suffisant. Là, il fit la connaissance de son chat Misphinxie qui resterait son fidèle compagnon durant plusieurs heures. Mais la triste épidémie de faim à laquelle il fit face seul eut raison de ce pauvre chat. Par chance, il se rendit compte à cet instant que de nombreux chrétiens étaient là, frais, dispos, chauds comme la braise pour s'enjailler comme des petits oufs. De quoi lui redonner une pêche d'enfer afin de bouffer de l'Ottoman, comme on disait.

Lorsqu'ils se rendirent compte que Fricain ne savait pas magner une arme, si ce n'était une qui n'ait jamais fait ni de bien ni de mal à personne (on ne dira pas que le narrateur parle de son entre-jambe), les Alexandriens (haaaaaaa) se décidèrent à l'entraîner au maniement de sa lame. Sans se lamenter, il fit preuve de beaucoup de vaillitude et magnait le manche comme personne. Enfin comme lui-même, elle est con cette expression... Bref. Fricain se sentait prêt et sapé comme jamais. Un vrai croisé de la hype à la Assassin's Creed. Il pensait souvent à sa mère, et profitait des prises Ethernet d'Alexandrie (vous pensez bien qu'il n'y avait pas le WiFi !) pour lâcher un peu de time pour un Skype, car bon, c'était quand même elle qui avait pondu la bête.

En quête d'action, tel un reporter sans frontières, il décida d'emprunter le chemin qui lui apporterait le plus de folies, et le plus d'expériences. Il ne croyait pas si bien penser. Fricain fit, durant sa marche d'Alexandrie à Jérusalem, qui dura plusieurs années, des rencontres bouleversantes... Et parfois traversantes, pour ses ennemis. L'épée aguisée, il déambulait tel un matador mal lêché à travers les campagnes arabes. Il y trouvait des peuples auxquels il réussit à apprendre les rudiments de la chrétienté. Ainsi, de nombreux valeureux et fidèles guerriers le suivaient désormais.

Il ne devait pas sa réussite qu'à lui-même, évidemment. Martinho De Oliveira Santos Almeida Da Costa Ferreira, un prêtre venu des Indes offrait la charité à tous les enfants, et prêchait la bonne parole avec lui. Il maitrisait toutes les langues du monde. Tout comme Fricain et cette histoire, Martinho était drôle. Par son humour, il parvenait à convaincre les plus récalcitrants. Des centaines de milliers de fidèles étaient devenus chrétiens grâce à sa technique pyramidale : il racontait partout que chaque personne qui arriverait au paradis sans dire que le Fils de Dieu du Brésil lui a montré la voie, en ayant convaincu au moins dix autres personnes, finirait en enfer. Fricain devint de cette façon un de ses disciples.

La légende était née : Fricain il Paladino do Brasil. Une mauvaise langue aurait dit : le bon (en terme religieux) gros (en matière de volume) pigeon. Mais Fricain prenait la vie du bon côté, comme Brian. Il continuait d'avancer sans relâche, transportant avec force et bravitude toute sa nouvelle famille. Ils s'apprêtaient maintenant à marcher sur Jérusalem, le chien de Martinho, qui n'en avait plus pour longtemps. Passé cela, ils traversèrent les collines de Galilée avec Jérusalem, la ville cette fois, en vue. De nombreux guerriers tombèrent en chemin, saletés de racines. Haut perché comme le Corbeau, Fricain voyait la mer, ce qui lui rappelait son amour tendre pour les huitres et pour sa mère (similitude phonétique oblige). L'arrivée dans la ville sainte fut géniale : des dizaines de milliers de Fatimides furent massacrés, au nom de Dieu (pas "Oh nom de Dieu", pas de blasphème svp). Martinho pria des nuits durant sur tous ces morts : il n'y avait point de femmes pour faire le ménage. Fort heureusement, des esclaves remirent vite fait tout cela en place.

Fricain connut des jours heureux jusqu'à la fin de sa vie, à Jérusalem, où il ne rencontra jamais Dieu, il avait oublié cet objectif et pensait, avec sagesse, que Dieu était en chacun de nous, bien profond, mais dans le genre très profond, invisible. Du haut de ses quarante-et-un ans, il avait suffisamment bien vécu. Il laissait derrière lui une légende, et, malheureusement pour la France, des dizaines d'enfants.

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