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— Allons-nous en, fit Abby après voir pris un maximum de photos.

— Oui. Nous n'avons plus rien à faire ici, répondit Craig en jetant un dernier regard à la créature immonde qui flottait dans le liquide verdâtre.

Ils retournèrent au Hummer en silence. Craig balança nonchalamment son sac dans le coffre, puis il monta dans le véhicule, bientôt imité par Abby. Ils s'engagèrent de nouveau sur la petite route défoncée.

— J'ai tout ce qu'il me faut.

— Comment ça, tout ? releva Craig.

— Informations, photos... Tout pour relater l'événement.

— C'est très bien, fit Craig d'un regard neutre.

Il sortit son téléphone portable, composa un numéro, puis porta le combiné à son oreille.

— Qui appelez-vous ? fit Abby.

— Les secours. Et la police.

Abby acquiesça en silence. Craig gérait l'affaire comme il le fallait. Elle attendit qu'il en ait fini avec ses explications en russe au téléphone.

— Que leur avez-vous dit ?

— J'ai été succinct, fit-il. Ils verront bien par eux-mêmes.

— Vous les avez quand même prévenus que ça pouvait être dangereux ? Il y a ces créatures, et puis...

— Je leur ai dit de faire très attention.

— Il ne faudrait pas aussi faire venir des scientifiques compétents ? Je veux dire, ces créatures, là, il n'y a pas de risque de nature biologique ?

— Je ne pense pas. Et puis, il y a déjà eu bien assez de «science» là-bas. J'ai contacté les secours, en leur disant qu'il y avait peut-être aussi un risque de santé publique. La balle est dans leur camp. Il faut laisser les choses se faire, maintenant.

Le Hummer fonçait dans la nuit. Les mains crispées sur le volant, Craig dévorait la route et semblait investi d'une force et d'une volonté surhumaines.

— Qu'allons-nous faire ? demanda-t-elle.

— Vous, vous allez écrire votre article, faire votre reportage.

— Et vous ?

— Moi, je suis attendu.

— Attendu ?

— Les flics, la presse, tout ça. Mon retour à Moscou va être un bordel pas croyable. Ils vont me poser des questions.

— Et qu'allez-vous leur dire ?

— Tout. Je vais tout leur dire.

— Vraiment tout ?

— Oui. J'ai pris trop de risques, et trop de libertés avec l'éthique. Tout ça doit cesser.

— Et vous ? Que deviendrez-vous ?

Craig lut dans le regard de la jeune femme une inquiétude sincère, une attention et une douceur qui lui firent chaud au cœur. Il soupira.

— Ca, c'est une autre histoire, conclut Craig.

Des véhicules de police, toutes lumières allumées, suivies d'ambulances aux sirènes hurlantes apparurent devant eux, surgissant de la nuit noire et fonçant à toute allure dans le blizzard. Le cortège de sons et lumières disparut aussi vite qu'il avait surgi, comme s'il n'avait jamais existé. Abby se sentait flotter. Comme si tout ça n'était qu'un rêve. Et puis, elle repensa à Craig.

Abby prit son téléphone qu'elle n'avait pas décroché depuis tout ce temps, malgré les centaines d'appels désespérés qu'elle avait reçus. Tout le monde à la rédaction devait être mort d'inquiétude. Elle décida qu'elle s'en fichait.

Elle envoya un SMS à Dimitri.

Après tout ce qu'il avait fait, il méritait d'être aux premières loges pour couvrir l'événement de leur retour à Moscou. Puis elle chercha un numéro dans son répertoire.

Celui de Richard Brown.

— C'est Abby. Il faut qu'on parle.

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Des vers, des vers et encore des vers,
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Les ornements comptent six parties, dans l'ordre :
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- Nouveaux haïkus qu'elle me réclame : (terminé)
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Et sont suivis de deux recueils de vers divers :
- Vrac : (en cours, réunit certains de mes anciens défis)
- Vers glanés : (en cours)

Couverture : My Winnipeg, 2007 (photogramme, détail).
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Papillon blanc


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Qui signe la fin et le début...

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En honneur à la défunte.

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Qui brise les choses
Et s'enfonce dans l'intangible et l'ineffable.

Le convoi moteur éteint
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