Craig

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Nathan Craig finit d’avaler son copieux petit-déjeuner ultra vitaminé. Fruits frais, céréales, fibres et laitages, Craig était soucieux de son alimentation. Il prenait soin de son corps comme nul autre sur terre, aimait-il à penser.

Entre les séances de musculation quotidiennes, la nourriture ultra diététique et toutes ses activités sportives comme l’escalade, l'apnée, le squash, l’escrime ou même le K1, Craig était un homme incroyablement bien bâti. Il ne faisait pas cela par vanité, mais par pur plaisir. Il aimait le sport et les sensations extrêmes et faisait tout pour pousser son organisme jusque dans ses derniers retranchements.

 Avec sa grande taille d’un mètre quatre-vingt-dix et sa belle gueule, Craig était un roc, un véritable monument de beauté sauvage, et il le savait.

Ses succès professionnels, ses talents d’orateur hors pair, sa culture d’une grande finesse et, bien sûr, son argent ne gâchaient rien à l’affaire. Il avait eu les plus belles femmes du monde à ses pieds.

Et il en avait bien profité.

Il aimait repenser à son ascension, se remémorer comment il avait bien pu en arriver là. Craig n'était pas né dans ce que l'on pourrait appeler une famille modeste, mais il n'était pas non plus issu d'un milieu extrêmement aisé. Son père était médecin généraliste et sa mère enseignait la philosophie à l'université, assurant des revenus confortables à leur foyer. Craig était né et avait grandi dans les paysages à couper le souffle du Montana. Il avait hérité de son père la passion des sciences, tandis que sa mère l'avait initié aux « joies » de la condition humaine et de la philosophie. Les grands espaces où il aimait monter à cheval lui avaient offert des moments d'intenses réflexions, à la fois grandioses et privilégiés.

Elève doué, Craig avait décroché des bourses intéressantes pour suivre des études qui le rendirent encore plus brillant. Il avait quitté le Montana à seize ans pour aller à l'Université des Sciences de la Vie de Harvard. Il avait travaillé comme un fou, aussi bien pour ses études que pour ses petits boulots qui lui ramenaient l'argent nécessaire à ses voyages. Car en quittant son Montana natal, Craig s'était mis en tête de découvrir le monde.

Cela faisait sûrement un peu cliché, mais Craig n'en avait cure. Il n'était vraiment pas du genre à raconter qu'il faisait ça pour découvrir les peuples et les cultures. Non. Ca n'était pas son truc. En fait, il avait même une douce aversion pour toutes ces idées ultra préconçues sur la découverte du monde, sur la poursuite d'un idéal humain, la découverte des civilisations, le partage des cultures et autres conneries. Non, lui voulait voyager de par le monde pour sa pomme, pour se découvrir lui-même. C'était égoïste, mais il le savait.

Et il s'en fichait éperdument.

Pour se découvrir, il n'y avait rien de mieux qu'un bon trekking en solitaire, loin de tout, à l'autre bout du monde, perdu au milieu de la caillasse, avec pour seul compagnon un yak puant ou un bouquetin solitaire. Pour se sentir vivre. Pour se ressentir. Savoir ce qu'il était, ce qu'il aimait.

Ce qu'il voulait.

Alors bien sûr, cela supposait, en filigrane, de rencontrer ces fameux « peuples » et ces tout aussi fameuses « cultures ». Il avait beau dire que tout ça n'était que des conneries, en fait, Craig se devait d'être tout à fait honnête avec lui-même : il appréciait ces moments-là. Vraiment. Simplement, il ne supportait pas les discours bien-pensants sur ce sujet, et il abordait chaque rencontre sous un angle plus ou moins opportuniste. Il voulait s'enrichir spirituellement. Mais était-ce plus lié à la spiritualité ou... à l'enrichissement ?

Là était toute l'ambiguïté du personnage.

Peu lui importait que sa démarche soit fondamentalement honnête car pour lui, en bon généticien, le propre de l'Homme était justement l'égoïsme. Et il n'était pas du genre à essayer de le cacher. Ni même à essayer de le combattre.

Bien au contraire, il l'affichait ouvertement.

Ses détracteurs aimaient à dire que Craig puait l'arrivisme. Qu'il suait l'opportunisme par tous les pores de sa peau.

C'était clairement exagéré, mais cette expression contenait en elle quelque vérité. Lui, bien sûr, préférait dire que son comportement n'était que l'éclatant reflet de sa parfaite honnêteté spirituelle. Etait-il égoïste ? Probablement un peu. Mais au moins, pensait-il, il ne s'en cachait pas.

Craig avait pas mal galéré pour réunir l'argent nécessaire à ses voyages. Il avait fait la plonge, vendu des hamburgers dans toute une série de fast-food, collé des affiches, fait des inventaires, déménagé des trucs, trimbalé des machins. Et avec tous ces petits boulots à la con, il avait beau être brillant, ça n'avait pas toujours été évident de se maintenir à niveau à l'Université.

D’autant plus qu’il avait dû se construire un physique en béton armé. Car son corps, bien que relativement bien façonné par l'équitation intensive qu'il avait pratiquée pendant déjà des années, lui avait fait douloureusement défaut lors de ses premiers trekkings au Tadjikistan.

Il en était revenu sur les rotules.

Complètement meurtri.

La fatigue immense, totale, ainsi que les multiples blessures l'avaient par la suite encouragé à se bâtir un corps d'athlète pour pouvoir encaisser. Oui. C'était pour ça. Son incroyable physique lui provenait tout simplement d'une volonté de résistance. De résistance physique. A la douleur, à la fatigue. Au froid. A l'épuisement.

Alors, il s'était mis à courir comme un fou, à nager comme un taré, à soulever des seaux de peintures dans le garage d'un pote, à se sangler les pieds à un poteau pour faire des abdos. Et autres délires dont il n'avait plus trop le souvenir. A un moment, il se serait même presque cru jouer un rôle dans le prochain Rocky. Il était aujourd'hui loin de ces bricolages d'étudiants, puisqu'il avait sa propre salle de musculation dans son gigantesque appartement grand luxe de Moscou. Mais toujours était-il qu'à ses débuts, il s'était fait violence pour pouvoir ainsi traverser sans effort les expéditions suivantes, qui l'avaient emmené dans des pays comme le Honduras, le Costa-Rica, l'Islande, la Patagonie et tant d'autres.

Mais au fond, toutes ces aventures du bout du monde n'étaient que de ridicules parenthèses de quelques semaines à peine, noyées dans l'immense océan des années d'étude au cours desquelles Craig était devenu un généticien émérite. Passionné, si ce n'est hanté par les mystères de la Vie, il s'était mis en tête de remonter jusqu'aux dernières briques élémentaires du Vivant pour tenter d'en saisir l'essence.

Tenter de déchiffrer la grande énigme de la Vie.

 Il avait su vendre ses compétences et sa passion pour effectuer des stages déterminants dans des laboratoires de génie génétique.

Il avait bâti son exceptionnelle compétence sur une connaissance encyclopédique de la génétique et un rare sens de la débrouillardise pour les protocoles expérimentaux. Sa grande aisance verbale et son ambition, palpable mais toujours mesurée, lui avaient rapidement ouvert toutes les portes.

En 1996, Craig avait fini par intégrer l'équipe de renom du Human Genome Project, voulue par le président Bill Clinton et mise sur pied par le Ministère de la Recherche. Là, il n'avait pourtant pas fait les étincelles escomptées. Plus que le manque de budget, Craig avait déploré l'inaptitude de ses collègues à faire mieux avec moins. Le maigre budget fondait comme neige au soleil, saigné à blanc de tous côtés par des expérimentations inutilement coûteuses et redondantes. Mais le pire, pour Craig, était définitivement les orientations conceptuelles des algorithmes de séquençage. Elles ne lui plaisaient pas du tout.

Pour être tout à fait clair, il les avait même en totale aversion.

La Human Genome Team avait décidé de ne séquencer qu'une partie du génome humain, arguant qu'elle « saurait » se focaliser sur les segments intéressants. Pour Craig, c'était du grand n'importe quoi. Comment prétendre comprendre les mécanismes régissant notre espèce en n'en connaissant qu'un infime pourcentage prétendument représentatif ? C'était aussi stupide qu'illusoire.

C'était un pur non-sens.

Alors, Craig avait préféré renoncer.

Mais il n'avait pas quitté le projet les mains vides. Il avait su s'entourer d'une petite équipe de généticiens qui, comme lui, étaient révoltés. Parvenant à lever des fonds, vendant son équipe et son talent auprès de sponsors séduits par son intelligence, sa belle gueule et ses promesses qui n'avaient évidemment pas manqué d'être mirobolantes, Craig avait finalement fondé son propre laboratoire de recherche en génie génétique. L'objectif était clair : séquencer l'intégralité du génome humain dans les plus brefs délais. Craig n'avait pas peur de la concurrence du Human Genome Project.

Il savait qu'il allait les pulvériser.

En ce sens, le nom de son entreprise se devait d'être parfaitement éloquent. En quelques instants, le nom  Futura Genetics fut adopté, présentant clairement une ambition de progrès dans le domaine de la génétique.

Et ça avait marché.

Lui et son équipe avaient proprement atomisé la concurrence. Pendant le séquençage, Craig avait été profondément meurtri par les soupçons pesants sur lui liés à l'appropriation du génome humain.

Comme s'il allait oser ! Qui aurait pu prétendre s'approprier le contenu génétique de l'Humanité ? Il n'avait rien dit et avait laissé les pires rumeurs se propager. Et quand le travail fut terminé, il se contenta de publier très sobrement les résultats sur Internet, rendant ainsi gratuite et libre d'accès la séquence du génome, tordant le coup à ses détracteurs sans le moindre mot.

Une fois le génome séquencé, Craig s'était tout naturellement attelé à son analyse. Mais l'argent ne coulait plus à flots comme à la courte époque du séquençage. Le coup de maître presque trop rapidement joué, il devenait difficile de lever des fonds. Craig aurait mieux fait de prétendre aller moins vite pour lever plus de dons.

En fait, il avait littéralement trop bien joué son coup.

 Privées de budget, les recherches de Futura Genetics avaient alors connu un point mort.

Craig avait cependant su avoir la réactivité nécessaire pour sortir son laboratoire de l'impasse. Il avait su varier les activités de Futura Genetics pour que son déclin ne soit pas à l'image de sa fulgurante ascension. Les nouveaux axes de recherche l'avaient amené à s'intéresser à la thérapie génique, aux organismes de synthèse et à la production de cellules-souches. Ce faisant, il s'était heurté de plein fouet aux difficultés liées à l'éthique du clonage.

Pour alléger ses charges, décupler son pouvoir financier et se dérober dans une certaine mesure aux lois éthiques, Craig avait délocalisé Futura Genetics en Russie. Tout fonctionnait de nouveau parfaitement, et cette fois-ci le succès était parti pour durer des années.

Craig finit méticuleusement la vaisselle du matin. C'était absurde de la faire lui-même alors qu'il avait un appartement grand luxe tout équipé, mais il aimait ça. Ca le détendait. Il s'essuya les mains, puis enfila son grand blouson de cuir noir, passa la main dans ses mèches blondes puis il quitta son appartement. Craig était un vainqueur né qui avait toujours obtenu ce qu’il voulait.

Et rien de tout cela ne devait changer.

En démarrant en trombe son véhicule, jetant un regard à son reflet dans le rétroviseur, il sourit à cette délicieuse idée.

 

Lorsque Carole Jesler vit la Lada arriver dans le parking, elle sentit un léger frisson lui parcourir la nuque. Après toutes ces années, rien n’avait changé. Derrière la grande baie vitrée du vingt-septième étage, elle vit la portière s’ouvrir et Craig sortir de son véhicule. Il serait là d’ici quelques minutes.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent lentement, découvrant un Nathan Craig tout de noir vêtu, impeccable dans son sublime costume italien. Barbe faussement mal rasée, cheveux châtain clair, courts, en bataille, parsemés de mèches blondes, regard bleu acier perforant et, toujours, ce même sourire charmeur.

— Bonjour, Carole. Comment allez-vous ? demanda-t-il, plein d’entrain.

— Très bien, merci. Et vous ? répondit-elle du tac au tac.

— Admirablement bien. Rien de spécial ?

— Eh bien… monsieur Youri Tchoukov est dans votre bureau. Il dit que c’est important.

— Très bien, fit-il, l’air soudainement renfrogné.

Carole vit Craig entrer dans son bureau et refermer la porte derrière lui. Elle poussa un long soupir. Le même depuis des années. Mon Dieu que cet homme est beau, se dit-elle à elle-même. Comme tous les jours depuis dix ans qu’elle travaillait pour lui. Lorsqu'il lui avait proposé de le suivre en Russie, elle n'avait pu que dire oui. Petite femme seule avec peu d'amis, rien ne la retenait aux Etats-Unis. Elle soupira, se trouvant misérable d'avoir abandonné son pays puis traversé la moitié de la planète simplement pour pouvoir apercevoir quelques secondes par jour l'homme qu'elle ne pourrait jamais avoir. Elle essaya de chasser ces idées noires qui lui embrumaient l'esprit pour se recentrer sur l'instant. Elle avait remarqué que, comme tous les jours, avec son magnifique costume, Craig portait des Rangers blindés. Des fois qu’il y ait du grabuge, avait-il un jour plaisanté. Avec sa Lada rustique, son costume sublime et ses Rangers acérés, Craig était décidément l’homme de tous les contrastes.

Craig trouva Youri Tchoukov, le chef de la sécurité de Futura Genetics, en train de faire les cent pas dans son bureau. Ils échangèrent une brève poignée de main. Tchoukov attendit que Craig se soit assis.

— Eh bien, Youri ? Un problème ? lança Craig, renfrogné.

— Un regrettable incident. Cette nuit. Je ne sais pas encore ce qu’il s’est passé, mais on ne sait pas où est le numéro 101. On a trouvé des traces de lutte, et puis du sang. Apparemment pas le sien. Quelques morceaux de vêtements déchirés. C’est tout. Je ne saisis pas.

Craig resta silencieux quelques instants.

— Vous ne savez pas ce qu’il s’est passé ? fit-il, passablement énervé. Vous avez perdu le numéro 101 ?

— Eh bien…

— Taisez-vous ! Faites venir Mikhaïl. Immédiatement ! Vous avez intérêt à démêler vite cette histoire, sinon…

— Très bien, monsieur ! coupa Tchoukov, presque au garde-à-vous. Il tourna les talons et quitta le bureau.

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Papillon blanc


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