41 – Qui s’intéresse à ce qu’il y a derrière

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Le paysage, malgré la neige encore présente dans cette région, commençait à lui paraître familier. Cette longue route au milieu de nulle part, un champ d’éoliennes, puis cette succession de vallons… L’entrée au fond d’un tunnel confirma ses soupçons.

— Marc, quand j’ai parlé du premier endroit où j’ai été soigné, je ne pensais pas à celui-là.

— Je sais…

— Mais il n’y a plus personne, ici.

— Pour le moment, en effet. L’autre complexe étant en phase finale de construction, nous avons fait évacuer les lieux dès le début, avant leur attaque surprise. Et c’est bien là-bas que nous t’avions ramenés. Mais ici, nous serons plus au calme, et en terrain familier. C’est un des chirurgiens qui viendra nous rejoindre.

Elle descendit du van, retrouva ce grand hall où elle venait parfois s’asseoir pour observer les va-et-vient, trompant l’ennuie dans une autre vie. Elle prit une partie des affaires qu’ils avaient récupérées lors de leur dernière escale, s’avança dans la planque, suivit Yahel. Elle retrouva la chambre, cette chambre qui l’avait accueillie plusieurs fois. Le mobilier avait disparu, mais rien n’avait bougé dans la salle d’eau. Pas même une certaine marque de coup dans le mur de la douche.

— On devrait aussi nous ramener un peu de confort. En attendant, on devra se débrouiller. Tu veux y rester ?

— J’y suis habituée, si on a le choix des places…

Cette pièce, où son corps avait autant connu la souffrance que des sensations bien opposées… C’est alors qu’elle se rappela de cet endroit où elle n’avait même pas daignée aller lors de son dernier passage en ces lieux, alors trop envahie de sombres pensées. Elle sortit, finit par trouver une lampe portative dans le hall, se dirigea vers ce passage naturel existant toujours au bout d’un couloir vide. Yahel l’y suivit, intriguée, d’autant plus lorsque Tara retira tout ce qu’elle avait aux pieds, allant ainsi pieds nus sur la terre, un instant comme si ses jambes n’avaient rien.

— Si j’avais su qu’il y avait cela au bout, souffla-t-elle alors que Tara s’avançait dans la cavité, marchant sur la roche jusque sous le puits de lumière naturel.

Éclairée par les rais du soleil, son visage sembla s’illuminer un instant. Le dragon tissé dans son dos contrastait, ressortait plus que jamais au contre-jour.

— Tu n’étais jamais venue là ? C’est lui qui me l’a fait découvrir la première fois, ajouta-t-elle lorsqu’elle répondit par la négative. Il aimait bien cet endroit… La nuit, on peut y contempler les étoiles sans être vu.

Yahel hésita encore à la laisser seule la nuit.

— Ne t’inquiète pas, j’ai l’habitude. Et si tout va bien, il n’y en aura plus pour longtemps. Profitez-en pour vous prendre un moment tous les deux. Ce que vous faites est déjà énorme.

Elle se blottit sous une belle couverture en fourrure naturelle, semblable à cette autre qu’elle avait connue.

— Ça va encore me rappeler le bon vieux temps…

— On savait qu’elle te plairait. Elle vient de notre refuge de la forêt. Il a déjà retrouvé des premiers occupants. Certains n’ont pas eu la patience d’attendre et y sont retournés. Et ils ont pensé à toi. Ils t’attendent pour une prochaine chasse.

La compagnie arriva dès le lendemain. Elle ne parvint pas à se rappeler celui qui se présenta comme un de ses soignants.

— Désolée, je n’étais pas au mieux de ma forme…

— Non, tout va bien. C’est moi qui suis heureusement surpris. Vous vous êtes extrêmement bien remise.

Yahel resta pour assister à leur échange. Ils s’étaient installés dans ce qui avait été une salle d’examen, entourés de rétroprojecteurs pour les radios et d’écrans reliés à des ordinateurs. Le médecin inséra une carte mémoire dans l’un d’eux.

— C’est bon, ça devrait fonctionner. Je me demandais, vu l’ancienneté de ces appareils.

Il se concentra sur Tara.

— Vous êtes sûre de vous ? Cela va être difficile, il est encore temps de changer d’avis.

— Allumez-moi ça.

Voulant démarrer en douceur, il lui montra d’abord ce qui apparut comme une liste de blessures, symptômes et autres défaillances de son corps. Ce n’était que des mots, certains obscurs, accompagnés de chiffres. Pas grand-chose de significatif pour elle.

— Vous aviez plusieurs marques de piqûre, à différents endroits. Ils ont dû vous maintenir en vie en vous injectant des produits adéquats. Mais à la lumière de vos résultats sanguins, je dirais qu’ils ont dû aussi vous droguer pour vous garder en pleine confusion, ou vous faire parler… Plusieurs fois.

— … Fort possible. J’ai tout essayé pour garder une certaine notion du temps, mais je n’ai tenu que quelques jours à peine… Probablement grâce à cette femme. Elle m’amenait de l’eau en cachette, du moins je crois.

— Tu peux, intervint Yahel. Elle nous a aidés. Elle avait l’air de confiance, vu ce qu’elle a fait. C’est elle qui a fait en sorte qu’ils te croient morte pour de bon.

Tara hocha la tête, écouta calmement l’histoire du point de vue de Yahel. Elle découvrit enfin les détails de sa récupération et le rôle que cette personne y avait joué.

— Tout est si embrouillé dans ma tête, si… Vous avez quoi d’autre ? Je veux pouvoir comprendre l’origine de certaines de mes cicatrices, pourquoi mes jambes sont dans cet état. Peut-être que j’y trouverais des souvenirs.

— Je peux en effet vous montrer des radios, des scans, et même des photos que nous avons prises juste avant ou pendant votre première opération.

— J’ai donc été opérée plusieurs fois, c’est cela ?

— Oui. Vous aviez des hémorragies internes. Certaines dues à vos côtes cassées, d’autres à des chocs, sûrement le résultat de coups que vous avez reçus. Et nous avons aussi traité les brûlures de votre dos et de votre torse. Elles étaient très graves, et pas soignées, quoique étonnamment pas si infectées que cela…

— Et mes jambes ?

— Aussi. En parant au plus pressé la première fois, mais un autre collègue a tenté plusieurs opérations pour les réparer au maximum. Vous aviez également des fractures non soignées ayant commencé à se ressouder, brisées à nouveau, avec d’autres s’étant ajoutées par-dessus, laissant vos os parfois en miette. Nous vous aurions eu quelque temps plus tôt, nous n’aurions pas pu les sauver. Nous n’aurions même pas pu vous sauver, vous. Et encore, vous avez sacrément bien récupéré !… Quelque chose vous revient, lui demanda-t-il lorsqu’il la vit mettre le dos de sa main sous son nez.

— Non, répondit-elle sombrement. Montrez-moi. N’ayez pas peur, j’en ai vu sur les champs de bataille.

— Oui, mais là, il s’agit de vous.

Il lui présenta une liste de fichiers.

— On va y aller à votre rythme. Chaque fichier a un titre identifiant le cliché s’y trouvant. Choisissez celui que vous voulez et ouvrez-le quand vous serez prête. Et dites-moi si vous avez des questions.

Yahel se leva, mit ses mains sur ses épaules. Elle commença à ouvrir les photos. Certaines dévoilaient ce qu’elle attendait plus ou moins. Elle se força tout de même à contrôler son souffle, respirant profondément alors qu’elle faisait passer sa main sur l’image des marques autour de ses poignets et de ses chevilles, comme si elle pouvait les toucher. Elle en aurait entendu les chaînes chanter.

Elle découvrit ses blessures. Ses os sortant de sa chair, une côte à un endroit, idem dans ses jambes tordues en tous sens. Au milieu des estafilades, des coulées de sang, de nombreuses ecchymoses et autres restes de petites brûlures, des marques sombres sur sa peau, probablement des traces de coup. Quoique certaines étrangement régulières, comme de larges bandes.

Yahel pressa plus fortement ses épaules, fermant ses yeux sans qu’elle le remarque, refusant de revoir toutes ces horreurs.

— Vous avez une idée de comment ils ont fait ça ?

— Écrasement, pression… J’avoue que je n’ai jamais trop compris.

Elle ouvrit alors un aperçu de son cou. Sur le cliché, l’angle de vue donnait sur la gauche, rendant la brûlure invisible.

Quelles peuvent être ces étranges marques sombres, si larges… sur tout le tour, semble-t-il.

Une de ses mains se posa sur l’écran, l’autre près de son cou.

Cette impression d’étouffer dans mes cauchemars… Ou d’être pendue…

— Et ça ?

— Idem. Je dirais tentative d’étranglement, mais comme ça, je n’avais encore jamais vu.

Elle balada son doigt sur les fichiers restants, hésitant sur leur utilité. Un avait l’air différent. Une vidéo.

— Non ! Pas ça, dit Yahel en interrompant son geste, soulagée d’avoir rouvert les yeux alors qu’elle était intriguée par le long silence. Regarder ça ne t’aidera pas. Tu t’en rappelles suffisamment.

Tara ne fit pas attention au regard noir qu’elle jeta au médecin. Il confirma en secouant la tête. Yahel aurait prié un dieu si elle avait été croyante.

Hors de question qu’elle voit cela. Jamais. Qu’elle ne sache jamais que la tête de son roi était tout ce temps au bout d’une pique à côté d’elle, alors que la flamme consumait sa peau. Et qu’elle ne sache jamais qu’ils l’ont collée contre son corps, contre son visage, simulacre sordide de baiser, alors qu’elle gisait inanimée sous les huées de la foule.

— Alors j’en ai vu assez.

— Peut-être que cela éveillera vos souvenirs dans les prochaines heures ou les prochains jours. Désolé de ne pas pouvoir vous aider davantage. Par contre, on peut tenter autre chose. Je connais quelqu’un qui peut vous aider à vous rappeler. Il pratique l’hypnose… Si vous le voulez, bien sûr.

Elle ne prit pas le temps de réfléchir.

— À une époque, je vous aurai envoyé balader. Mais pas aujourd’hui. Appelez-le.

La nuit suivante, son passager était toujours là.

— Tu es là depuis longtemps ?

Tara s’était installée dans la grotte, allongée face au ciel sous le puits de lumière, enroulée dans sa couverture de fourrure, la tête appuyée sur ses bras croisés. Elle revenait d’une courte balade dans la neige. Une averse avait eu lieu dans la nuit, dernier soubresaut de l’hiver dont elle avait eu la bonne idée de profiter, l’air matinal vite radouci lui confirmant que tout allait fondre rapidement. Étonnamment, elle n’en souffrait pas plus que ça, de cet exercice, pas plus dur que de marcher dans le sable. Et comme le vélo, l’habitude de la pratique avait fait le reste. Combien de fois Mahdi l’avait tanné avec ça, et Adama aussi à sa façon. Sa chair gardait en mémoire ce qui pouvait lui faire mal, et le transmettait au cerveau. Elle devait donc partir de là, le rééduquer. D’avoir parcouru ce paysage, profitant du reflet de la lumière du soleil, sans penser à rien d’autre qu’au fait d’être chez soi, là où elle le voulait, cela avait marché. La douleur n’était réapparue que quand elle y avait pensée, et encore, si faible, si ténue…

Elle se détendait là depuis un moment quand elle s’était sentie observée.

— J’hésitais à te déranger, dit Yahel.

— Dis-moi.

— Tout est prêt, c’est quand tu veux.

— Alors inutile de retarder l’inéluctable.

Elle se leva, prête à la suivre. Elle laissa tout sur place, harnais, châle, pull, chaussures, restant uniquement en caleçon et débardeur.

— Je reviendrais y chercher plus tard, il fait bon depuis que tout s’est remis en route. Et je crois que je vais avoir chaud… Si ça marche.

Yahel l’emmena jusqu’à la pièce où s’était installée la personne envoyée par le chirurgien. Cet homme l’attendait à côté d’un large fauteuil en position relax, suffisamment moelleux pour avoir l’impression d’être enveloppé dans un cocon. A l’abri, pensa-t-elle en s’y asseyant, se laissant couler dedans. Son amie n’abandonna pas la partie, se mit sur une chaise à côté.

— Installez-vous confortablement, comme vous vous sentez à l’aise. Laissez-vous aller.

Sa voix était calme, posée, un peu traînante, parfaite pour vous emporter ailleurs.

— Vous souhaitez vous rappeler ce qui vous est arrivé, c’est cela ?

— Je m’en souviens, mais pas dans la totalité. Comment expliquer… J’ai des manques, des moments de confusion, et sur la fin… Je crois que cela ne se termine pas là où je le pense. Si je calcule bien, il y a un blanc entre le moment où j’ai craqué et celui où on m’a retrouvé. Quelque chose bloque ma mémoire. Dans mes cauchemars, un élément se passe un peu différemment, et tout est parfois si trouble que je n’arrive plus à différencier ce qui tient du rêve de ce qui est réellement arrivé. Sans parler de… J’ai eu des blessures dont je n’ai aucune explication, et la nuit, mon corps semble se rappeler, mais au réveil, tout a disparu.

— … Bien, on va voir ce qu’on peut faire. Je vais essayer de vous guider. Relâchez-vous. Détendez-vous. Respirez bien calmement, bien profondément… Pensez à un endroit où vous vous sentez vraiment bien, reposée, en sécurité… Ne me regardez pas, imaginez-vous là-bas.

Il attendit une minute. Elle fixait le vide.

— Vous êtes arrivé là-bas ?

— Oui.

— Où êtes-vous ?

— Sur l’île, face à la mer… Il fait bon, une chaleur agréable. Le sable est doux…

— Qu’entendez-vous ?

— La mer, le bruit du ressac, les oiseaux qui appellent l’immensité.

— Bien, allongez-vous sur le sable, écoutez ces sons, concentrez-vous… Vous êtes bien, le sable vous porte… Le ressac vous berce.

Ses yeux se fermèrent progressivement. Il attendit un long moment.

— Vous vous sentez bien, vous êtes en sécurité.

Il attendit encore.

— Vous aimez cet endroit.

— Oui, c’est son pays. Un bel endroit pour mourir.

Sous la surprise d’entendre cela, Yahel goba une grande goulée d’air en fermant les yeux.

— Vous vous y êtes bien, la sérénité vous gagne.

— Oui.

Son œil remuait sous sa paupière.

— Alors quand vous vous sentez prête, vous quitterez cet endroit pour rejoindre votre lieu de détention.

— À l’ouest ?

— Oui. Et si jamais cela devient trop difficile, revenez sur votre île. Vous retrouverez la sécurité… Quand vous voulez. Retrouvez ce moment où tout est devenu confus.

Son visage bascula brusquement sur le côté, se crispa, afficha une grimace de douleur pendant un instant.

— Que vous arrive-t-il ?

— J’ai senti une piqûre dans mon cou. Il n’est pas seul. Ça doit être cet autre qui m’a fait boire de force… Probablement une sorte de médecin. Dommage, je partais.

Elle se relâcha, remua étrangement, presque lascive.

— Je me sens bien… Je n’ai plus mal. Et il dit qu’il veut discuter.

— Vous parlez de quoi ?

— Ah, je vois… J’explique à mon cher bourreau qu’il a eu tort de vouloir jouer, qu’il a perdu. Parce qu’il a trop attendu. Il a mal joué ce pion que j’étais, ce pion sacrifié. Autant me tuer tout de suite. Je le lui explique… Oh, il n’est pas content. Il aurait dû comprendre que j’étais plus forte que lui.

— Qu’a-t-il fait ensuite ?

— Il s’est vengé. Il m’a prise en traître une première fois. Il m’a fait attendre son bon vouloir, longtemps, jouant encore un peu avec moi pour me faire patienter, et quand j’ai cru qu’il allait enfin me tuer, en un joli spectacle, il paraît, il…

La voix de Tara baissa d’un ton, devint plus rauque, son corps se raidit, son visage à nouveau figé, dents serrées, prêtes à mordre.

— L’enfoiré, le salaud ! Le feu sur ma peau… Mon dragon !

Elle ouvrit la bouche, s’apprêtant à crier, ses doigts s’enfonçant profondément dans les larges accoudoirs du fauteuil.

— Tout va bien, vous n’avez pas mal. Seul votre corps a eu mal… Respirez, essayez d’avancer. Vous dites qu’il vous a trahi une première fois. Qu’est-ce qui s’est passé la deuxième ? Allez-y quand vous êtes prête… Ou vous préférez retourner sur l’île ?

— Non, réussit-elle à dire, un peu moins tendue, mais toujours la respiration saccadée, commençant à trembler. Je peux tenir, il me le dit à nouveau.

— Qui ? Celui qui vous fait mal ?

— Non, lui il m’a déchirée, le salopard ! Il me viole avec son bâton, et maintenant, il me brûle de l’intérieur. Il ne s’arrête pas… Un démon qui brûle un démon, quelle ironie, n’est-ce pas ? Il n’arrêtera que si je le supplie.

— Qui est avec vous ?

— Il est là, il est venu me soutenir. Il prend mon visage entre ses mains… Mahdi, j’ai si mal… Emmène-moi !

Tara avait perdu ce ton de bête sauvage, acculée mais toujours coriace. En l’entendant l’appeler ainsi d’une voix déchirante, alors qu’elle se cabrait en tous sens, après tous ces mots crus dévoilant la cruauté de son supplice, Yahel se retint difficilement d’éclater, le cœur fracassé.

— En sa présence, vous n’avez plus mal.

Son corps retomba, se détendit, cessa de trembler.

— Il vous emmène ?

— Oui. Et non. J’ai fini par le supplier lui, mon roi, de me prendre, de me laisser partir, n’importe quoi pour que tout s’arrête… Non, dans mon rêve, je n’ai même pas le temps de le supplier. Chaque fois, il ne cesse de me dire non, de le crier, de le tonner, comme un ordre. Non !

— Et que se passe-t-il ensuite dans votre rêve ?

— Je me réveille. Là, il m’a renvoyée sur l’île.

— Alors revenez à l’ouest, le véritable ouest. Revenez au moment où vous suppliez votre roi.

— Mahdi ? Maintenant ? Je t’en prie, je vais céder…

— Qu’est-ce qu’il fait ?

— Il me tend sa main, mais je ne la prends pas… Je sais qu’il n’est qu’une illusion. Alors… Tuez… moi, tuez-moi, répéta-t-elle plusieurs fois d’une voix éraillée, très faible, avant de reprendre. C’est là que mon bourreau me trahit à nouveau. Rien de surprenant, pourtant.

— Il continue, c’est ça ?

— Oui. Il me fait répéter, alors qu’il ne cesse d’enclencher son appareil et de détruire mon intérieur.

— Et ensuite ?

— Je prends la main que Mahdi me tend.

— Cela s’arrête là ?

— Non… Je ne sais pas… Il doit y avoir autre chose, mais je quitte mon corps. Je sens juste cette odeur immonde !

— Essayer de retourner dans votre corps.

Un moment, puis…

— Mahdi ?

Elle sursauta, lâchant cette plainte rauque que Yahel l’avait entendu faire dans son rêve.

— Que se passe-t-il ?

— C’est Mahdi ! Il me crie non à nouveau. Il est revenu.

— Demandez-lui pourquoi.

Mahdi, dis-moi !

Non !

Mahdi, je ne vais pas mourir. Je veux juste me souvenir.

Non !

— Il ne veut pas. Il me tend la main.

— Si vous voulez savoir, il va falloir que vous lui résistiez.

Mahdi, laisse-moi. Tu es mort…

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