Condamnée

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Lorsqu'elle se réveilla, Azmin était enchaînée dans une pièce sombre sans fenêtre. Une odeur de moisi flottait dans l'air, comme si les lieux n'avaient pas été occupés depuis des décennies. Une musique agréable résonnait dans le couloir, de l'autre côté de la grille de fer qui lui barrait la sortie.

L'esprit embrumé, elle se tortilla pour observer l'endroit où elle se trouvait. Elle n'avait aucun souvenir de ce qu'il s'était passé après qu'elle était rentrée dans la tente de la voyante. Ses chaînes tintèrent sur la pierre froide, et la musique s'arrêta aussitôt.

— Où suis-je ? interrogea-t-elle faiblement, la bouche pâteuse.

Elle entendit une personne se lever à l'extérieur et s'approcher de la grille.

— Nous nous trouvons dans la prison du temple.

Azmin tressaillit ; soudain, tout lui revint en mémoire, la prophétie, sa transformation, la terreur de Tiên, ses mains violettes.

— Que... balbutia-t-elle. Pourquoi ? Je... Laissez-moi sortir...

Le choesang soupira. Vu de près, il semblait encore plus vieux qu'il ne l'était, avec ses cheveux blanchis par des années de loyaux services et son visage creusé par les rides. Ses mains calleuses tremblaient lorsqu'il trouva la force de croiser le regard de la prisonnière.

— Le Conseil a délibéré et t'a condamnée à mort. Tu seras exécutée à l'aube, annonça-t-il sombrement.

— Comment ? Mais, je...

Azmin examina ses jambes : sa peau avait retrouvé son teint pâle et sa texture lisse, plus aucune plaque écailleuse ne la recouvrait.

— Pourquoi voulez-vous me tuer ? Je... Je suis humaine, ça se voit ! protesta-t-elle en tirant sur ses liens.

Le prêtre détourna le regard, les yeux embués.

— Je suis navré, mais la décision est prise, Azmin. Tu es un Imura, tout le monde peut en témoigner. Nous t'avons vue, sous ta forme de démon, attaquer une jeune fille...

— Tiên ! s'écria Azmin. Est-ce qu'elle va bien ? Je vous assure, je ne voulais pas...

— Elle est indemne. Mais elle ne s'est pas encore réveillée, alors nous n'avons pas pu entendre sa version de l'histoire. Personnellement, je ne pense pas que tu aies pu vouloir lui faire du mal, même en tant que démon. Cependant, ce n'est manifestement pas l'avis du Conseil, puisqu'il a tranché sans attendre son témoignage.

Azmin serra les dents, au bord des larmes.

— Choesang, que m'est-il arrivé ? Pourquoi suis-je devenue ainsi ?

— Tu ne peux nier que tu es un Imura : cela signifie que tu te transformeras en démon dans mille ans. D'ici là, des crises comme celle-ci surviendront, au cours desquelles tu te changeras temporairement en monstre incontrôlable. Cependant, ce genre de chose ne peut pas apparaître du jour au lendemain sans raison, cela résulte toujours d'une malédiction. Or, tu n'as jusqu'à présent jamais dégagé une telle aura maléfique. C'est vraiment très étrange, constata le prêtre.

— Comment je vais faire ? Dites-moi qu'il y a un moyen de m'en sortir ! supplia Azmin, désespérée.

Il secoua tristement la tête.

— Hélas, il n'existe aucun remède contre cette malédiction qui ronge le corps et le cœur... Seule la mort peut délivrer l'âme torturée des malheureux imuras, déclara-t-il.

— Non...

Une larme roula sur la joue exsangue de la prisonnière. Sa tête retomba sur sa poitrine et elle se tourna pour cacher sa faiblesse.

— Je... Je n'ai rien fait de mal... Je ne comprends pas... hoqueta-t-elle d'une voix éraillée.

— Non, ma fille, tu n'as pas péché, pour l'instant. Mais l'avenir que t'a prédit la voyante te destine à tuer d'innombrables innocents, tu ne peux le nier.

— Mais pourquoi ferais-je une chose pareille ? Choesang, vous me connaissez pourtant, je ne suis qu'une apprentie vannière, jamais je ne...

— Les oracles sont formels. Ce qui est écrit par les dieux est immuable, Azmin. Bien que cela m'afflige, nous devons faire un choix. Et dans la balance, l'existence d'un futur démon instable pèse moins que des centaines de vies humaines. J'espère que tu comprendras et que tu nous pardonneras.

Il s'éloigna de la grille, le visage voilé de douleur.

— Attendez ! l'appela Azmin en essayant de se lever. Est-ce que je pourrais voir mon frère ? Est-ce qu'il sait ?

— La musique apaise les démons et permet à la nature humaine de reprendre le dessus, éluda le vieil homme. Je jouerai du luth jusqu'au dernier moment, afin que tu conserves ta dignité d'être humain, ou du moins, ce qu'il en reste.

— Arun ! Laissez-moi voir Arun ! Je vous en prie... implora Azmin.

Ses menottes de métal lui entaillèrent les poignets et les chevilles tandis qu'elle tirait dessus comme une forcenée.

Pour toute réponse, le prêtre alluma un bâtonnet d'encens et se mit à jouer du luth en psalmodiant des prières de rites purificatoires.

Des larmes de rage et d'incompréhension inondèrent les joues d'Azmin.

"Démons, malédictions... Tous les contes sont réels ? Pourquoi les dieux me haïssent-ils autant ? Qu'ai-je fait pour les offenser et mériter une telle punition ?"

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