Le monstre

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Azmin avait écouté la voyante, le souffle coupé. Les mots résonnaient dans sa tête et lui déchiraient les tympans.

Elle porta les mains à ses oreilles, dans l'espoir de ne plus les entendre, mais cela ne fit qu'augmenter leur intensité.

À côté d'elle, elle percevait la respiration saccadée de Tiên qui fixait le mur opposé ; la tente avait disparu avec Nearidei et plus rien ne les séparait du reste du temple. Étrangement, cela ne soulagea pas Azmin, qui espérait pourtant en sortir depuis qu'elle y avait mis les pieds.

Tout était confus, les paroles de la voyante s'entremêlaient avec les tintements aigus des grelots et son visage terrifiant se superposait à celui de la comédienne maudissant l'homme qui l'avait trompée.

— Décidément, les dieux ont une dent contre toi... lui chuchota la voix de Nearidei. Perdre le contrôle devant autant de monde... Tu ne pourras pas cacher ton secret bien longtemps...

Azmin se retourna mécaniquement, mais la femme qui parlait aux esprits s'était évanouie parmi les ombres.

"Perdre le contrôle ? Non, ça ne peut pas arriver..."

Ses émotions étaient confuses, elle ne savait plus quoi penser. Une tempête intérieure faisait rage et elle cherchait désespérément quelque chose auquel elle pourrait s'accrocher.

Elle se concentra sur les battements désordonnés de son cœur ; tant qu'elle avait un cœur, elle était toujours humaine.

Non, les démons n'existent pas... Ce n'est pas possible. La voyante a menti... murmura-t-elle. Ce n'est pas rationnel.

Azmin se tourna vers son amie qui avait conservé le silence tout ce temps.

— Tiên... l'appela-t-elle en lui secouant l'épaule.

L'interessée poussa un cri perçant à son contact et bondit de sa chaise. Surprise, Azmin eut un mouvement de recul.

— Tiên, qu'est-ce qu'il y a ? interrogea-t-elle, inquiète.

Son amie ne lui répondit pas, l'air terrifiée. Les yeux révulsés, elle hoqueta avant de s'effondrer, sans connaissance.

Le cœur serré, Azmin s'accroupit à ses côtés. Elle avait beau chercher, elle ne comprenait pas ce qui avait pu susciter sa réaction.

— Qu'est-ce qui ne va pas, Tiên ? Réponds-moi, s'il te plaît...

Elle avança une main pour toucher le dos de la jeune fille, dont la coiffure soignée s'était défaite dans sa chute. Lorsqu'elle posa ses doigts sur la peau ambrée de Tiên, elle retira prestement sa main avec un cri d'horreur. Sa peau avait perdu sa blancheur pour devenir violacée, exactement comme celle des démons représentés sur les tapisseries du temple. Hagarde, elle écarquilla les yeux en réalisant ce que cela signifiait.

Une grande clameur s'éleva dans le temple lorsque les visiteurs, à peine revenus de leur surprise, découvrirent qu'un démon menaçait de dévorer une jeune fille sans défense au sein même du sanctuaire.

La créature avait tout d'un monstre : une peau violette, des plaques d'écailles éparses, des billes écarlates profondément enfoncées dans des orbites soulignées par des cernes et des traits noirs sillonant des joues creuses. Des canines acérées pointaient par-dessus des lèvres charbonneuses tordues en un rictus sanguinaire.

— Hiii, un démon ! Appelez le choesang !

— Quelle horreur ! Qu'il est laid !

— Oh, mais c'est la petite Tiên, là-bas !

— C'est terrible ! Pauvre Tiên...

— Azmin n'était pas avec elle ? Où est-elle ?

— Oh mon dieu, il a déjà dû la dévorer !

— Fuyez, sinon, il va nous tuer nous aussi !

— Que fait le choesang ?

Les cris fusaient, et la panique se répandait comme une traînée de poudre parmi la foule qui se précipitait vers la sortie du temple, abandonnant à leur sort ceux qui n'étaient pas assez rapides pour suivre le mouvement.

— Azmin ? Azmin ! appela Arun en cherchant sa sœur du regard. Dites, vous n'avez pas vu Azmin ?

Mais personne ne lui prêtait attention ; ils ne pensaient qu'à une seule chose : s'échapper. Quelques minutes plus tard, le hall et la cour du temple étaient déserts.

— Arrière, créature du mal ! s'écria le prêtre des Saisons qui venait d'arriver en agitant un encensoir dans sa direction.

Le démon n'avait pas bougé d'un pouce depuis que l'alerte avait été donnée.

Bat arok, bat arok, bat arok, psalmodia le choesang. Par les sept dieux de la lumière, éloigne-toi de nos foyers, esprit malfaisant !

Il frappa deux fois dans ses mains pour conclure son incantation.

L'attaque spirituelle toucha immédiatement la créature, qui ne tenta même pas de l'éviter et tomba avec un bruit sourd sur le sol de pierre nue.

Le prêtre s'approcha prudemment, intrigué par son manque de réactivité. Il fut rassuré de constater que sa victime n'était qu'évanouie et ne portait aucune trace de blessure.

Il se tourna ensuite vers le démon, dont l'enveloppe terrifiante avait disparu, révélant le corps frêle et la longue chevelure rousse d'Azmin.

— Rasmey tout puissant, est-ce possible ? s'exclama-t-il en levant les mains au ciel. Je n'en crois pas mes yeux... Azmin Ahn est un démon !

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