[Scénario] Construction dramatique

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Dans ce billet, je vais reprendre les bases. Ça ne fait jamais de mal.

La construction la plus classique pour un récit repose sur trois actes.

La structure tripartite est selon le modèle antique (Aristote) :

- exposition — péripétie — catastrophe.

Certains, plus tard, ont nommé ces temps :

- exposition — conflit — résolution

ou

- exposition — nœud (nouement) — dénouement

ou encore

- introduction — développement — conclusion

Les trois actes de la structure dramatique classique se décomposent ainsi (je cite Anaël Verdier, scénariste et romancier) :

- Un acte de mise en place dans lequel sont présentés les personnages de l'histoire, posée la question dramatique, installée la motivation du personnage et la majeure partie de ses obstacles. Ce premier acte se clôt par un nœud dramatique, moment où les tensions sont telles que le protagoniste est obligé de réagir et de se lancer dans l'histoire.

- L'acte deux est le véritable déroulement de l'histoire. C'est le plus dur à écrire. C'est celui où toutes les résolutions de conflits sont installées, développées et montées à leur paroxysme. L'acte deux est souvent le théâtre d'un ventre mou à éviter à tout prix. Là encore, un nœud dramatique, où toutes les tensions sont à leur comble, clôt l'acte. En fin d'acte deux, le protagoniste est prêt à baisser les bras. Il a tout essayé, tout semble perdu, il a essayé sans succès toutes les options. Mais un nouvel événement vient redonner espoir, c'est la relance de l'acte trois.

- L'acte trois est celui de la résolution. Souvent très court, il fait éclater les tensions. C'est là qu'a lieu le climax, pendant lequel tous les conflits sont résolus et à l'issue duquel la réponse à la question dramatique est donnée. C'est là que l'on sait si oui ou non le héros a atteint son objectif.

Ça, c'est la base. En réalité, on peut écrire des histoires comportant autant d'actes qu'on le souhaite. Mais cette structure ternaire se retrouve régulièrement comme plus petit dénominateur commun d'un récit. Au final, c'est la forme qui va créer l'originalité, le style narratif et la structure. On peut citer différentes formes de structures dramatiques, en partant de la plus simple pour aller vers des constructions alternées avec flashback ou par « enchâssement » :

- Construction linéaire : le temps de la fiction épouse le temps chronologique ;

- Construction simultanée ou alternée : deux ou plusieurs récits se déroulent dans le même temps ;

- Construction à rebours : on remonte le temps ;

- Construction avec flashbacks : le récit alterne un déroulement chronologique et des retours en arrière ponctuels ;

- Construction avec enchâssement : une histoire se greffe à l'intérieur d'une autre histoire, etc.

Je vais citer ici un exemple tiré du blog de Marc-Olivier Louveau que j'ai trouvé très intéressant (sur son site High Concept) :

1 — 2 — 3

Exposition — Action — Résolution

C'est la structure classique, appelée aussi linéaire. Généralement, l'exposition occupe le premier quart du scénario. Le nœud la moitié et la résolution le quart restant.

1 — 2 — 1 — 2 — 3

Exposition — Action — Exposition — Action — Résolution

Cette structure permet de mieux faire passer l'information. Elle met de l'action qui nous intrigue et retient notre attention, ce que nous appelons exposition différée.

2 — 1 — 2 — 1 — 2 — 3

Action — Exposition — Action — Exposition — Action — Résolution

Scènes d'action et d'exposition alternées donnent un récit plus fluide et plus dynamique. Là encore, l'exposition est différée.

1 — 2 — 1 — 3

Exposition — Action — Exposition — Résolution

Structure qui demande beaucoup de maîtrise car la très grande partie des infos nécessaires à la compréhension ne seront données qu'à la fin. Exposition différée tendue à son maximum. Une structure qui apporte beaucoup de mystère et joue sur l'attente spectateur au risque de le perdre.

3 — 1 — 2 — 3

Résolution — Exposition — Action — Résolution

Une partie du dénouement précède sensiblement l'exposition. Récit sous forme d'un retour en arrière, flash-back. Quels évènements, quelles circonstances ont amené ce dénouement. A l'inverse du récit classique.

3 — 1 — 2 — 3 — 2 — 3

Résolution — Exposition — Action — Résolution — Action — Résolution

Récit policier, enquête, film psychologique... La résolution exige sa propre résolution comme le jugement final à la fin du procès.

3 — 2 — 1

Résolution — Action — Exposition

Structure à l'envers, très particulière et très difficile. Voir le film Irréversible de Gaspard Noé.

Astuce :

Accentuer le “turning point” de l’acte 2 du schéma 1 – 2 – 3 permet d’obtenir une fin de 2 plus forte lorsque le héros trouvera ce qu’il était venu chercher, mais que cela ne correspondra en rien à ce qu’il imaginait…

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