Règle #17

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Règle #17 : on ne gâche jamais du travail. Si ça ne marche pas, lâchez prise et passez à autre chose. Ça vous sera utile plus tard.

Aucun travail n’est une perte de temps. On en revient à la sacro-sainte problématique du blocage. Si on bloque, autant passer à autre chose, momentanément, et y revenir plus tard.

Au-delà de ça, un travail, même abandonné, correspond à des idées qu’on couche sur le papier, ce qui leur permet de prendre corps. On peut ainsi les « tester », les évaluer et éventuellement les affiner ou les développer. Sinon, les écarter, en acceptant qu’elles n’étaient pas adaptées.

« […] travailler sur votre art, quel qu’il soit, crée une expérience. Et celle-ci ne découle pas de la croyance en sa propre infaillibilité. L’expérience naît de la capacité à comprendre que ce que l’on est en train de faire ne marche pas. Ainsi qu’à en identifier la raison et à tester des alternatives pour résoudre ce problème. »

[...]

« S’accrocher à l’espoir que toutes les idées sont bonnes à partir du moment où vous trouvez simplement un endroit correct où les caser, est une pure perte de temps. Si l’idée convient à une autre section du récit, ou à une future ébauche, ou même à une histoire totalement différente, elle vous reviendra à ce moment-là. »

L’idée finale, derrière tout ça, c’est d’apprendre à accepter les détours, l’évolution de notre écriture, de ne pas pleurer sur les projets ou idées qu’on range dans nos tiroirs. Peut-être en ressortiront-ils un jour, si on sait bien les classer, mais il ne faut pas s’imposer de les réutiliser à tout prix. Leur simple existence nous a permis de progresser, d’essayer des choses, d’écarter ce qui nous empêchait d’aller de l’avant.

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mav


Je ne saurais situer le jour exact de notre rencontre, de la première fois où je fus troublé par l'un de ses regards. Je devais avoir 11 ans, il animait un cours de danse dans une petite salle de mon quartier à Paris et mon coeur d'enfant se souvient avoir eu immédiatement confiance en lui. À 11 ans que sait-on du désir, ou plus simplement, du trouble ?J'insistais auprès de ma mère pour participer à son cours. Avais-je alors déjà l'espoir de le revoir ? Etait-ce simplement la naissance d'une passion pour la danse classique ou un caprice d'enfant ?
J'écris ici la première fois où j'assistais à l'un de ses cours. J'entre dans sa salle, son lieu, son endroit, son sanctuaire. Blond et bouclé je porte mon collant de danse noir, enfantin presque féminin, timide comme tous les enfants. Les petits garçons et les petites filles se mettent en rangs contre la barre. Nos petites épaules se frôlent.
Il vient corriger ma posture et je sens la chaleur de ses mains sur ma peau vierge d'enfant.
Le cours commence. J'écoute, non j'absorbe tout ce qui sort de sa bouche et quand il commence à danser je voudrais ne plus abaisser mes paupières, ne plus cligner des yeux et laisser mon oeil se dessécher pour ne pas perdre une minute de lui. J'observe ses mouvements et la fluidité de son corps avec l'impression de contempler la grâce, pure. La musique lui donne vie. Ou peut-être que c'est lui qui la lui rend, il lui donne un corps et une âme, il lui fournit une mobilité et elle ne s'appartient plus. Il a fait sienne la musique. Il est le vent et soleil, la vague qui s'écrase sur le rocher, il est lumière et mélodie, le temps d'une danse.
J'ai depuis rencontré d'autres danseurs, bien d'autres peintres, acteurs, chanteurs, écrivains, infiniment plus gracieux et talentueux que lui. Personne ne m'a jamais fait vibré comme ce jour-la.
La musique s'arrête avec lui, je me rends compte que j'ai retenu ma respiration tout ce temps et je dois reprendre mon souffle. Je suis ébahie, ahuri, pantelant.
Je le regarde s'incliner légèrement, de la sueur perle sur son front, il nous salue comme si nous étions un public prestigieux.
Etait-ce en raison de mon jeune âge, ou du fait qu'il était ma première expérience avec la danse, à l'époque mon éveil à l'art se confondant avec mon éveil au désir.
J'ai 11 ans et je suis vierge de tout, vierge de lui. J'ai 11 ans et une petite étincelle vient de jaillir en moi, elle donnera vie à un brasier. Je ne suis encore qu'un enfant mais sais que quelque chose vient de s'allumer en moi, quelque chose qu'il vient tout juste de réveiller, c'est la première sensation quand quelque chose nous touche, franchit nos barrières et viens se loger en nous.
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